"Déterrer la hache de guerre" et "Enterrer la hache de guerre".

Une "hache de guerre" ou "tomahawk"

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes militaires relèvent du lange courant.

Elles font référence à une pratique symbolique des guerriers amérindiens, et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Déterrer la hache de guerre" : entrer en conflit ouvert avec quelqu’un,

On dit par exemple : "La SNCF déterre la hache de guerre à l'encontre des fraudeurs".

  • et "Enterrer la hache de guerre" : cesser les hostilités, faire la paix ; décider une trêve avec une personne avec laquelle on est en conflit.

Sources : wiktionary.org et www.dictionnairedesfrancophones.org

"Clap de fin".

Cette locution nominale masculine désigne :

Une claquette ("clap") de cinéma

  • et au sens figuré : l'arrêt de quelque chose.

On dit par exemple : "Clap de fin pour le dispositif d'aide aux éleveurs".

Ou : "Clap de fin pour ce gouvernement, nommé il y a deux ans".

Source : wiktionary.org

"Un coryphée".

Ce superbe substantif masculin nous vient du grec ancien "koruphé" ("sommet de la tête").

Et il désigne :

  • au sens propre :
    • dans la tragédie et la comédie grecque antiques : un chef de choeur.

Le coryphée se situe le plus souvent au milieu de la scène, et est chargé de guider le choeur auquel il répond, dont il répète les propos ou qu'il questionne. Il prend parfois la parole au nom du choeur et se trouve être le seul à dialoguer avec le personnage en scène.

Comme tout acteur dans la Grèce antique, le coryphée est un homme (éventuellement déguisé en femme), un citoyen (éventuellement déguisé en barbare), qui porte masque et costume

    • dans le théâtre et l'opéra : un chanteur faisant partie du choeur, et s'en détachant pour s'adresser au public ou aux personnages en un solo plus ou moins développé, avant de rentrer dans le rang,
    • dans le ballet classique : un danseur auquel on confie parfois un court rôle de soliste,
    • dans la danse : un danseur ayant atteint le 4e échelon de la hiérarchie, après avoir été quadrille,
  • et, par extension, dans le registre soutenu : celui qui tient le premier rang ; un chef.

On dit par exemple : "La foule est souvent dans l'attente d'un coryphée, dont elle pourra admirer la admirer la fougue et la vaillance".

Sources : Le Robert et wikipedia.org

"Une levée de boucliers".

Une levée de boucliers

Cette locution nominale féminine en forme d'idiotisme militaire relève du langage courant.

Et elle désigne :

  • au sens propre, dans l'Antiquité :une démonstration par laquelle les soldats romains témoignaient leur résistance aux volontés de leur général,
  • et au sens figuré : une manifestation d’opposition violente et générale d’un groupe vis-à-vis d’une autorité ou d’une personne dont on critique les décisions, les opinions, etc. ; un tollé.

Source : wiktionary.org

"À géométrie variable"

Cette locution adverbiale, qui relève du jargon aéronautique signifie :

  • au sens propre : pouvant adapter son angle, pour une aile d'avion,
  • et au sens figuré : variable en fonction des circonstances.

On dit par exemple, lorsque l'on trouve qu'un arbitre sportif a tendance privilégier une équipe plutôt que l'autre : "Les décisions de cet arbitre sont à géométrie variable !".

"Un démarrage en fanfare" ou "Démarrer en fanfare".

Une fanfare, en train de défiler

La locution adverbiale "En fanfare" fait référence au substantif féminin "Fanfare", qui désigne un ensemble de musiciens, jouant souvent en extérieur, de manière très sonore.

Et elle signifie, au sens figuré : spectaculairement ; rapidement ; remarquablement.

On dit par exemple : "Démarrage en fanfare pour ce nouveau film, avec déjà 3 millions d'entrées en 2 semaines".

Une fanfare, à l'arrêt

"Couper l'herbe sous le pied"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme corporel s'utilise fréquemment dans le registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • supplanter quelqu'un dans une affaire ; l'empêcher de réussir dans une entreprise ; le priver d'un avantage attendu,

On dit par exemple : "En nommant l'un des leurs à ce poste, nous allons couper l'herbe sous le pied de l'opposition".

  • ou : devancer ; prendre de vitesse.

On dit par exemple : "Mon concurrent m'a coupé l'herbe sous le pied en proposant son produit quelques semaines avant le mien".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Envoyer aux pelotes".

Cette locution verbale relève du registre argotique et du registre désuet.

Et elle signifie : éconduire, renvoyer ou repousser (un solliciteur), ne pas accéder à la demande d'une personne ; l'envoyer promener (registre familier).

On dit par exemple : "Riton m'a envoyer aux pelottes quand j'i ai demandé une rallonge".

Elle nous vient de l'argot militaire, au sein duquel le mot "pelote" désignait le peloton disciplinaire ou de punition, qui regroupait les soldats punis et soumis à des corvées.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Envoyer balader" quelqu'un en français.

Sources : Le Robert, www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Scier la branche sur laquelle on est assis".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle fait naturellement référence, au sens propre, à la personne qui par bêtise, provoquerait sa propre chute, en sciant elle-même la branche d'un arbre sur laquelle elle serait assise.

Et elle signifie par conséquent, au sens figuré ; se faire du tort à soi-même ; compromettre sa propre situation par des actions inconsidérées ; supprimer ou affaiblir délibérément un soutien indispensable ; s'attaquer à une situation dont on bénéficie pourtant.

On dit par exemple : "Attention : à trop vouloir augmenter ainsi tes prix, tu risques d'affaiblir les finances de tes clients et de scier la branche sur laquelle tu es assis".

Et l'on utilise également l'idiotisme corporel : "Se tirer une balle dans le pied".

Sources : www.linternaute.fr, www.expressio.fr, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Aux petits oignons".

Des petits oignons glacés à blanc et à brun (© chefsimon.com)

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire signifie, dans le registre familier, au sens figuré :

  • exécuté ou préparé avec beaucoup de soin et d'attention, avec des égards particuliers, en y mettant tout son coeur.

Et donc : agréable, joli, beau, confortable, parfaitement, très bien.

On dit par exemple : "Mes amis parisiens m'avaient préparé un séjour aux petits oignons".

Ou : bien soigné dorlotté, choyé.

On dit par exemple : "J'étais aux petits oignons".

  • ou, tout au contraire, de façon ironique : bâclé, mal fait, fait en dépit du bon sens, ni fait ni à faire ; mal accueilli.

On dit par exemple : "Tu aurais vu le travail : ils m'ont laissé un chantier aux petits oignons !".

Cette formule fait référence aux petits oignons primeur, finement coupés et dorés à la poêle (on parle de "glaçage à blanc et à brun"), que l'on utilise par exemple pour une blanquette de veau traditionnelle ou pour accompagner du foie de veau.

Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)
Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)

Sources : www.edilivre.com, www.laculturegenerale.com, savour.eu et www.lalanguefrancaise.net

"Ronger son frein".

Cette locution verbale très ancienne, puisqu'elle semble remonter au XIVe voire au XIIe siècle, relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : contenir difficilement son impatience, supporter avec peine l'inactivité ; être contraint de retenir sa colère, de refouler en soi son dépit face à une situation désagréable.

Elle fait référence au "Frein", ce morceau de la bride, ujourd'hui appelé "Mors", qui entre dans la bouche du cheval et permet de l'arrêter, mais qu'il a tendance à ronger lorsqu'il est contraint de se reposer et perd patience.

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Des clous !"

Cette interjection qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants relève du registre populaire.

Et elle signifie, selon le contexte :

  • Pas question !

On dit par exemple : "Partir en vacances avec toi ? Des clous !".

  • ou : Rien !

On dit par exemple : "Mais alors, que comptes-tu me donner ?" "Des clous !".

Source : dictionnaire.sensagent.leparisien.fr