"Un trompe-l'oeil" ou "En trompe-l'oeil".

Un tableau en trompe-l'oeil

Ces deux formules en forme d'idiotismes corporels relèvent du langage courant.

Et elles désignent ou signifient respectivement

  • "Un trompe-l'oeil" (locution nominale) :
    • au sens propre : une peinture ou un décor donnant, à distance, par divers artifices, l'illusion de la réalité (​relief, matière, perspective).

Et cela, en jouant sur la confusion de la perception du spectateur qui, sachant qu'il est devant une surface plane peinte, est malgré tout, trompé sur les moyens d'obtenir cette illusion.

La façade du Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, à Paris, dans le 9e arrondissement, avant d'être peinte en trompe-l'oeil par Dominique Antony. Le réalisateur François Truffaut y avait tourné, en 1980, son film "Le dernier métro"
La façade du Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, à Paris, dans le 9e arrondissement. Le réalisateur François Truffaut y avait tourné, en 1980, son film "Le dernier métro"
La façade du Théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, à Paris, dans le 9e arrondissement, peinte en trompe-l'oeil par Dominique Antony. Le réalisateur François Truffaut y avait tourné, en 1980, son film "Le dernier métro"
La même façade, peinte en trompe-l'oeil par Dominique Antony.
Une étonnante fresque murale en trompe-l'oeil, à Poznan (Pologne)
Une étonnante fresque murale en trompe-l'oeil, à Poznan (Pologne)
Portrait en trompe-l'oeil du neurologue autrichien Sigmund Freud (6 mai 1856 - 23 septembre 1939), fondateur de la psychanalyse, révélant "ce qu'il y a dans l'esprit d'un homme"
Portrait en trompe-l'oeil du neurologue autrichien Sigmund Freud (6 mai 1856 - 23 septembre 1939), fondateur de la psychanalyse, révélant "ce à quoi pense un homme"

Il s'agit d'un procédé très ancien, puisque Pline l'Ancien rapporte l'anecdote selon laquelle Zeuxis avait peint des raisins si réalistes que des oiseaux, trompés par l'exécution parfaite, s'étaient précipités contre le tableau !

Et malgré la pauvreté des moyens techniques dont ils disposaient, les décorateurs romains sont parvenus à imiter le relief à même les murs pour simuler la sculpture et les éléments d'architecture : colonnes, chapiteaux, soubassements, statues, enrichissant à moindres frais les intérieurs.

Assez étonnamment, le mot "Trompe-l'oeil" est utilisé dans toutes les langues - y compris l'anglais - la seule exception étant l'espagnol, qui utilise le mot "Trampantojo".

L'idée de cet article m'est d'ailleurs venue en regardant en VOSTF un épisode du feuilleton états-unien "Les Soprano", dans lequel Carmine Lupertazzi Jr. dit "Little Carmine" (Ray Abruzzo), récemment devenu le chef de famille mafieuse new yorkaise, à la mort de son père, explique à ses collègues - en anglais - que la fresque murale du salon de sa villa de Miami (Floride) est un "trompe-l'oeil".

Mais il prononce ce mot d'une telle façon ("Trompay lay oil" soit trom-pi-li-oï-le) que j'ai dû utiliser à deux reprises la fonction retour arrière de mon lecteur de DVD pour m'en assurer !

Jugez-en plutôt :

Alors qu'il convient naturellement de le prononcer (presque) comme nous, ainsi que l'attestent deux petits enregistrements du Cambridge Dictionnary donnant des exemples de prononciation états-unienne et anglaise pour "Trompe l'oeil".

Mais ce qui est encore plus drôle, c'est que les anglophones ont inventé un pluriel pour ce mot - rappellons-le invariable en français - qu'ils écrivent... "Trompe-l'oeilS", en prononçant le "s", ignorant manifestement le pluriel irrégulier en "Yeux" de ce mot.
  • et au sens figuré : un faux-semblant, un leurre.

On dit par exemple : "La sérénité actuelle de l'équipe de France ne serait-elle qu'un trompe-l'oeil ?".

    • et "En trompe-l'oeil" (locution adverbiale) :
      • au sens propre : exécuté(e) en recourant à ce procédé.
      • On parle par exemple de "Façade peinte en trompe-l'oeil", de "Décor en trompe-l'oeil", de "Mur en trompe-l'oeil" ou de "Paysage en trompe-l'oeil".
      • et au sens figuré : d'apparence trompeuse ; faisant illusion.

On dit par exemple : "Je ne suis pas inquiet car il me semble qu'il s'agit d'une fébrilité en trompe-l'oeil".

  • Sources : www.linternaute.fr, wikipedia.org, sopranos.fandom.com, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"TDC", "Trou du cul", Troudu" ou "Trouduc".

Ces différents mots relèvent du registre vulgaire.

Et ils signifient selon le contexte :

Un anus en très gros plan

  • au sens propre : l'anus, c'est à dire l'orifice du rectum donnant passage aux matières fécales.

On dit par exemple : "J'ai le trou du cul en feu à force de bouffer des piments".

  • et au sens figuré :
    • une personne idiote, stupide.

On dit par exemple : "Ce trou du cul voulait m'expliquer mon boulot !".

    • ou : une personne prétentieuse, hautaine.

On dit par exemple : "Ce trou du cul vient en costard pour bosser dans un atelier de mécanique".

Dans les deux cas, cette formule injurieuse à caractère sexuel, en forme d'idiotisme corporel, s'emploie davantage pour les hommes que pour les femmes.

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

 

"Se saigner aux quatre veines".

Cette curieuse locution verbale en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme corporel m'avait beaucoup impressionné lorsque, très jeune, je l'avais entendu pour la première fois prononcée par ma mère !

Et elle ne doit pas manqué d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Elle relève du langage courant et signifie, au sens figuré : se priver de tout, en sacrifiant son bien-être au profit d'un être cher (souvent ses enfants). Ou dans un but bien précis tel qu'un achat conséquent.

Ainsi lorsque des parents peu fortunés préfèrent sacrifier leur confort et leurs loisirs, afin d'utiliser leur peu d'argent pour permettre à leurs enfants de faire de bonnes études.

On dit par exemple : "Je sais que mère s'est toujours saigné aux quatre veines pour moi".

Ou : "Avec leurs revenus des plus modestes, mes voisins se sont saignés aux quatre veines pour acquérir leur petite maison".

Sources : www.expressio.fr, wiktionary.org et www.larousse.fr

"La mousse espagnole", "La fille de l'air", "La barbe de vieillard" ou "Les cheveux d'ange".

Tillandsia usneoïdes : une plante également appelée "La mousse espagnole", "La fille de l'air", "La barbe de vieillard" ou "Les cheveux d'ange"

Ces différentes locutions verbales désignent une plante épiphyte originaire d'Amérique du Nord et d'Amérique Centrale appelée "Tillandsia usneoïdes".

On l'a souvent aperçue dans les films se déroulant en Louisiane, car cette fille de l’air croît accrochée aux branches d’arbres des milieux humides.

Tillandsia usneoïdes : une plante également appelée "La mousse espagnole", "La fille de l'air", "La barbe de vieillard" ou "Les cheveux d'ange"Tillandsia usneoïdes : une plante également appelée "La mousse espagnole", "La fille de l'air", "La barbe de vieillard" ou "Les cheveux d'ange"

Dans les forêts, cette espèce se retrouve fréquemment sur les branches des chênes de Virginie et de cyprès chauves, l’eau de ruissèlement qui dégouline de leurs feuilles étant particulièrement favorable aux cheveux d’anges.

Tillandsia usneoïdes se retrouve aujourd’hui partout dans le monde, soit introduit dans les forêts, soit cultivé dans les maisons, serres, vérandas, ou en extérieur.

Tillandsia usneoïdes : une plante également appelée "La mousse espagnole", "La fille de l'air", "La barbe de vieillard" ou "Les cheveux d'ange"

Description

Tillandsia usneoïdes se présente sous forme tiges filiformes, souples et ramifiées indéfiniment, recouvertes de fines écailles argentées. Elles portent des feuilles fines, parfois redressées, parfois bouclées, de même texture que la tige. Les minuscules écailles qui recouvrent l’ensemble ont un rôle important dans l’absorption de l’eau et des nutriments. Tillandsia usneoïdes n’a pas de racine, c’est une plante à fleur épiphyte qui se nourrit exclusivement du ruissèlement de l’eau sur ses tiges et feuilles.

L’ensemble pend d’une branche ou d’un support sur un à plusieurs mètres, comme une longue barbe de vieillard.

Tillandsia usneoïdes : une plante également appelée "La mousse espagnole", "La fille de l'air", "La barbe de vieillard" ou "Les cheveux d'ange"

Les petites fleurs à trois pétales apparaissent parfois en été, uniques, bien ouvertes et de couleur verte, parfois jaune. Elles produisent des graines soyeuses.

Culture

Tillandsia usneoïdes peut être gardé en intérieur toute l’année, ou cultivé sous les arbres en extérieur pendant l’été et rentré en hiver. En régions méditerranéennes, la plante est parfois conservée toute l’année dehors.

Les cheveux d’anges demandent une bonne luminosité en évitant le soleil direct aux heures les plus chaudes, qui les dessèche trop vite. Ils sont maintenus dans une atmosphère relativement humide, habituellement entre 15 et 25 °C, bien qu’ils soient capables de subir des températures beaucoup plus fraiches.

"La barbe de vieillard" et "Les cheveux d'ange" sont des idiotismes corporels. Et "Les cheveux d'ange" est un idiotisme religieux.

Source : www.aujardin.info

"Entre quatre yeux".

Cette expression en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle signifie : en tête à tête, face à face, seul à seul.

On dit par exemple : "Je ne vais pas faire un scandale devant toute ma famille : je m'expliquerai avec mon frère plus tard, entre quatre yeux".

Elle devrait normalement se prononcer : an-tre-ka-tre-ieu .

Le substantif masculin "Yeux" ne se prononce en effet zieu que précédé des articles "Ces", Des", "Les", "Leurs", "Mes, "Nos, "Tes", "Vos", etc.

Mais pas devant des nombres tels que "Quatre", "Cent", "Cinq", "Sept", "Huit", etc.

De façon très exceptionnelle cependant, parce qu'il est pratiquement impossible de prononcer en-tre-ka-tre-ieu, l'Académie Française admet que l'on prononce en-tre-ka-tre-zieu, voire en-tr-kat-zieu.

Ce qui est normalement une prononciation fautive (ou "cuir").

"Au pif".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme corporel appartient au registre argotique.

Et elle signifie : approximativement ; à vue de nez ; au doigt mouillé ; au hasard ; au pifomètre ; au jugé ; à l'estime ; à peu près.

On dit par exemple : "Je ne sais pas vraiment quel âge à mon prof de maths... au pif je dirais 40 ou 45 piges".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Tape-à-l'oeil".

Une chambre "tape-à-l'oeil"

Cet adjectif invariable en forme d'idiotisme corporel ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Appartenant au registre familier, il signifie, au sens figuré : éblouissant mais trompeur, criard, clinquant, tapageur, trop voyant.

On dit par exemple : "Je déteste le coté tape-à-l'oeil des maisons de nouveaux riches.

Un salon "tape-à-l'oeil"

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Prendre son courage à deux mains".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel et d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : rassembler toutes ses forces pour entreprendre quelque chose ; faire un effort sur soi-même afin d'accomplir un acte ou une tâche difficile, face auquel on a longtemps hésité ; surmonter ses craintes pour faire quelque chose ; oser ; se dépasser malgré sa peur.

On dit par exemple : "Prenant mon courage à deux mains, j'ai écrit à mon père, que je n'avais pas revu depuis plus de trente ans".

Ou : "Il faut que tu prennes ton courage à deux mains et que tu sortes de ta penderie tous les vêtements de ton épouse : il y a plus de deux ans qu'elle est morte".

Enfant, cette expression me faisait sourire, à l'instar de "N'écouter que son courage".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Un homme de main".

L'acteur états-unien Dwayne Johnson dit "The Rock"

Cette locution nominale en forme d'idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle désigne : un exécutant, un individu préposé aux coups durs, qui exécute des ordres ou effectue des actes violents, des actions criminelles, commandités par une autre personne, pour le compte de celle-ci.

On dit par exemple : "Je connais ce type là, l'armoire à glace, près de la porte : c'est un homme de main de Riton le Stéphanois".

Sources : Le Robert, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"Avoir le cul propre" ou "Avoir le cul sale".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme corporel appartiennent au registre argotique.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Avoir le cul propre" : ne pas être fautif, être innocent ; être exempt de tout reproche.

On dit par exemple : "Tant mieux pour toi si t'es certain d'avoir le cul propre dans cette affaire".

  • et "Avoir le cul sale" : être fautif, coupable ; pouvoir être mis en cause dans une affaire.

On dit par exemple : "C'que j'sais m'sieur l'commissaire, c'est qu'moi j'y suis pour rien dans c't'histoire. Par contre j'crois bien qu'pour le casse du casino Riton le stéphanois il a le cul sale !".

"L'entendre de cette oreille", "Ne pas l'entendre de cette oreille" ou "Ne plus l'entendre de cette oreille".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes corporels appartiennent au registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "L'entendre de cette oreille" :
    • bien compter là-dessus ; s’attendre à cela,

On dit par exemple : "Je l'entends bien de cette oreille : tu seras toujours le bienvenu chez moi".

    • à ma connaissance, l'expression n'est en revanche pratiquement jamais utilisée pour dire : d'accord, approuver,
  • tandis que sous sa forme négative, "Ne pas l'entendre de cette oreille" signifie : ne pas être d'accord, désapprouver,

On dit par exemple : "J'ai essayé de coucher mon fils tôt ce soir, mais il ne l'entend malheureusement pas de cette oreille".

  • et "Ne plus l'entendre de cette oreille" signifie : ne plus être d'accord, désapprouver.

On dit par exemple : "La majorité des français ne l'entendent plus de cette oreille et gouvernement va donc devoir faire quelques concessions".

Source : www.languefrancaise.net