"Avoir le petit doigt sur la couture du pantalon", "Avoir le doigt sur la couture du pantalon" ou" Avoir le doigt sur la couture".

"Le petit doigt sur la couture du pantalon" ou "Le doigt sur la couture"

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotisme corporel, d'idiotisme textile et d'idiotisme militaire signifient, au sens figuré : obéir sans discuter, être respectueusement soumis à une autorité que l'on craint un peu.

On dit par exemple : "On a vu le Premier Ministre, nous expliquer le doigt sur la couture, avec quelle efficacité le chef de l'État s'était investi dans cette lutte contre la pandémie".

Ou : "Comme souvent, les députés de la majorité ont le petit doigt sur la couture du pantalon lorsqu'ils commentent les propos du gouvernement".

Ces formules font naturellement référence au "garde-à-vous" dans l'armée, une position dans laquelle on doit se tenir debout, droit, les talons joints, la tête haute, immobile, les bras serrés le long du corps et les doigts touchant la couture du pantalon. Et qui est un signe de respect, d'obéissance et de soumission à l'autorité.

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Dessiller".

Ce verbe (qui se prononce dé-si-yé) signifie :

  • au sens propre, en fauconnerie : découdre les paupières d'un faucon ou d'un oiseau de proie, après les lui avoir cousues (on dit "Ciller" des paupières) afin de le dompter, de le dresser,
  • par extension : séparer les paupières jointes d'un être humain,
  • et au sens figuré : ouvrir les yeux d'une personne, la détromper, lui faire prendre conscience de quelque chose et notamment de la réalité, de la vérité.

On dit par exemple : "Il faut absolument dessiller les yeux à ton frère : il vit dans son monde, loin de toute réalité".

Ou : "Dessiller les yeux de ma meilleure amie devient urgent : elle seule ignore que son mari la trompe régulièrement".

Le grand Émile Littré lui-même s'indignait de cette orthographe illogique dans son "Dictionnaire de la langue française "(1872-1877) : "Dessiller est une mauvaise orthographe, puisque le mot vient de cil".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Avoir la main", "Avoir la main baladeuse", "Avoir la main croche", "Avoir la main heureuse", "Avoir la main malheureuse", "Avoir la main légère", "Avoir la main leste", "Avoir la main lourde", "Avoir la main sûre" ou "Avoir la main verte".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes corporels possèdent naturellement des significations très différentes :

  • "Avoir la main" (langage courant) :
    • au sens propre, lorsque l'on joue aux cartes :
      • être le premier à jouer.
      • ou : être celui qui distribue les cartes.
    • et au sens figuré : avoir la balle dans son camp, être celui qui a l’initiative.

On dit par exemple : "Tu as la main, c'est toi qui contrôle la situation".

  • "Avoir la main baladeuse" (registre familier) (sens figuré) : être enclin aux caresses intempestives.

On dit par exemple : "Le chef de service de ma copine avait la main balladeuse. Mais elle l'a dénoncé auprès sa direction".

Une main baladeuse

  • "Avoir la main croche" (registre familier) (sens figuré) : être d'un naturel rapace.

On dit par exemple : "Mon patron a la main croche : impossible de lui faire acheter le moindre équipement !".

  • "Avoir la main heureuse" (langage courant) (sens figuré) : avoir de la chance au jeu, être chanceux, avoir bien choisi ; faire un choix avisé ; réussir dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "Tu as eu la main heureuse avec cet achat : moi je ne fais que de mauvaises affaires".

  • "Avoir la main malheureuse" (langage courant) (sens figuré) : ne pas avoir de chance au jeu, être malchanceux, avoir mal choisi ; échouer dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "J'ai eu la main malheureuse : je gagnerai une autre fois".

  • "Avoir la main légère" (langage courant) (sens figuré) : ne pas mettre trop de quelque chose ; opérer adroitement, agir sans brutalité.

On dit par exemple : "Ma tante utilise de l'engrais, mais elle a la main légère".

Ou : "Tu peux lui confier tes vases : il a la main légère".

  • Avoir la main leste" (langage courant) (sens figuré) : être prompt à infliger des gifles ou des coups en guise de réprimandes.

On dit par exemple : "Mon grand-père avoir la main leste avec ses enfants : mon père a reçu des centaines de gifles quand il était jeune".

Avoir la main leste

  • "Avoir la main lourde" (registre familier) (sens figuré) :
    • verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire.

On dit par exemple : "Le serveur a eu la main lourde : je n'ai jamais bu autant de pastis de ma vie !".

Ou : "Tu as eu la main lourde : il y en a deux fois trop !".

Avoir la main lourde : verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire

    • frapper fort, punir sévèrement.

On dit par exemple : "Mon oncle a eu la main lourde avec mon cousin : il a failli l'assommer !".

Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
  • "Avoir la main sûre" (langage courant) : avoir la main ferme, qui ne tremble pas.

On dit par exemple : "Tu peux lui faire confiance s'il te dit qu'il tient la corde : il a la main sûre".

  • et "Avoir la main verte" (langage courant) (sens figuré) : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.

On dit par exemple : "Mon épouse a la main verte mais pas moi : il suffit que je touche à une plante pour qu'elle meurt dans la semaine !".

Et nos amis québecois utilisent un autre idiotisme chromatique : "Avoir le pouce vert".

"Avoir la main verte" ou "Avoir le pouce vert"

Sources : wiktionary.org, www.littre.org, www.linternaute.fr, www.languefrancaise.net, dictionnaire.reverso.net, Le Robert et www.larousse.fr

"Forcer la main".

Cette locution verbale du langage courant en forme d'idiotisme corporel signifie, selon le contexte, au sens figuré :

  • obtenir par la force, forcer ; contraindre une personne à agir contre sa volonté et ses intérêts propres, à faire quelque chose ; imposer quelque chose à quelqu'un contre son gré ; lui mettre la pression.

On dit par exemple : "Mon voisin n'a vendu sa propriété que parce que ses enfants lui ont forcé la main".

  • et, en équitation : agir à l'encontre des indications de son cavalier, pour un cheval.

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Ne pas en croire ses oreilles" ou "Ne pas en croire ses yeux".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels relèvent du langage courant.

Et elles signifient respectivement :

  • "Ne pas en croire ses oreilles" : être extrêmement surpris par ce que l'on entend, stupéfait ; ne pas parvenir là l'imaginer.

 On dit par exemple : "J'ai dû lui faire répéter la nouvelle car je n'en croyais pas oreilles".

  • et "Ne pas en croire ses yeux" : être extrêmement surpris par ce que l'on voit, stupéfait ; ne pas parvenir là l'imaginer.

On dit par exemple : "Mon patron n'en croyait pas ses yeux en recevant le courrier du ministère et il a dû relire le message plusieurs fois avant de prendre véritablement conscience de la nouvelle".

On dit également, dans le registre populaire : "Être sur le cul" ou "Rester sur le cul" et "Laisser sur le cul" ou "Mettre sur le cul".

Ou, dans le registre vulgaire : "Trouer le cul".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Rester les deux pieds dans le même sabot" et "Ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Ne pas rester les deux pieds dans le même sabot".

Ces différentes locutions verbales du registre familier en forme d'idiotismes numériques, d'idiotismes corporels et d'idiotismes vestimentaires appartiennent au registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Rester les deux pieds dans le même sabot" : attendre sans rien faire ; être embarrassé, incapable d'agir, passif ; ne pas faire preuve d'initiative.

On dit par exemple : "Tu dois réagir, tu ne peux pas rester les deux pieds dans le même sabot !".

  • "Ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot" ou "Ne pas rester les deux pieds dans le même sabot" : être débrouillard, dynamique, actif, entreprenant ; agir, prendre des initiatives.

On dit par exemple : "Mon gendre n'est pas resté les deux pieds dans le même sabot : il a très vite lancé un nouveau projet".

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.languefrancaise.net

"Voir d'un bon oeil" ou "Voir de bon oeil" et "Ne pas voir d'un bon oeil" ou "Ne pas voir de bon oeil" quelque chose ou quelqu'un.

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels appartiennent au registre familier.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Voir d'un bon oeil" ou "Voir de bon oeil" quelque chose ou quelqu'un : apprécier favorablement, avoir à l’égard de quelque chose ou de quelqu'un, des dispositions favorables.

On dit par exemple : "Mon père voit d'un bon oeil mon choix de devenir avocat".

Ou : "La mairie voit de bon oeil l'arrivée de nouveaux habitants venus de la ville";

  • et "Ne pas voir d'un bon oeil" ou "Ne pas voir de bon oeil" quelque chose ou quelqu'un :

On dit par exemple : "Ce directeur d'usine ne voit pas d'un bon oeil les emplyés retardataires".

Ou : "On ne voyait généralement pas de bon oeil, autrefois, les personnes n'ayant pas fait leur service militaire".

Sources : wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

"Au doigt mouillé".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle signifie : très appproximativement, au pif, au pifomètre ; au hasard, au petit bonheur la chance ; de manière empirique, très imprécise.

On peut en effet évaluer le sens du vent en mouillant son index dans sa bouche et en le levant à la verticale.

Le vent refroidit le côté du doigt sur lequel il souffle. Et l'on sait donc à peu près d’où il vient. Mais la méthode est imprécise et la direction du vent, changeante.

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Être sur le cul" ou "Rester sur le cul" et "Laisser sur le cul" ou "Mettre sur le cul".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes corporels appartiennent au registre populaire.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Être sur le cul" ou "Rester sur le cul" : être très étonné, extrêmement surpris, stupéfait.

On dit par exemple : "J'étais sur le cul quand j'ai appris que ta femme t'avait quitté".

Ou : "Je suis resté que le cul quand mon fils m'a appris votre déménagement".

  • et "Laisser sur le cul" ou "Mettre sur le cul" : beaucoup étonner ou surprendre, stupéfier.

On dit par exemple : "Ça m'a laissé sur le cul d'apprendre que tes vieux divorçaient !".

Ou : "Mon licenciement m'a mis sur le cul !".

On dit également, dans le langage courant : "Ne pas en croire ses oreilles" ou "Ne pas en croire ses yeux".

Ou, dans le registre vulgaire : "Trouer le cul".

Source : wiktionary.org

"Un pied-à-terre".

Un pied-à-terre (photo © Zahara Dabo)

Ce curieux substantif masculin invariable du langage courant en forme d'idiotisme corporel se prononce pié-ta-ter.

Et il ne manque pas d'étonner nos amis étrangers ou nos jeunes enfants !

Il désigne en effet : un logement que l'on n'occupe que de manière occasionnelle, où l'on ne réside que pour de courts séjours.

Il s'agit généralement d'un appartement de taille modeste, mais cela peut également être une petite villa, généralement situé au coeur d'une grande ville, ou dans sa banlieue, à une certaine distance de sa résidence principale.

On dit ainsi souvent : "Je possède un pied-à-terre à Paris".

Ou : "Nous avons acquis un pied-à-terre dans le Midi, où vivent nos trois enfants".

Sources : www.cnrtl.fr et wikipedia.org

"À vot' bon coeur m'sieurs dames !" ou "À votre' bon coeur messieurs dames !"

Cette expression française en fome d'idiotisme corporel appartient au registre populaire (si elle est prononcée "À vot' bon coeur m'sieurs dames !") ou au registre familier.

Et elle est traditionnellement utilisée lorsque l'on fait appel à la générosité publique.

En particulier lorsque - étant mendiant ou venant d'effectuer une prestation artistique - on sollicite les passants ou les spectateurs en faisant la quête pour obtenir de l'argent.

"Un tape-cul" ou "Un tapecul".

Ce substantif masculin du registre familier en forme d'idiotisme corporel, possède deux graphies différentes.

Celle avec un trait d'union ("Un tape-cul") est de nos jours considérée comme désuète ou vieillie. Mais elle a naturellement - comme toujours - ma préférence.

"Un tape-cul" est un mot polysémique pouvant désigner :

    • différents véhicules ou objets :

Un tilbury à deux places ou "tape-cul"

      • un petit tilbury à deux places,
      • une voiture mal suspendue où l'on est durement secoué.

Sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Une automobile", "Une vieille automobile" ou "Une automobile en très mauvais état".

Un tape-cul pour enfants, sur une aire de jeux

      • une balançoire constituée d'une longue planche de bois basculant de part et d'autre de son point d'appui central,
      • une porte à bascule que l'on adaptait principalement aux poternes, au Moyen Âge,
      • un mât établi tout à l'arrière de certains voiliers, tels que les ketchs et les yawls,
      • ou une petite voile aurique de ce mât.
    • ou différentes pratiques :
      • une brimade, consistant à taper le derrière de quelqu'un par terre en le tenant par les bras et les jambes,
      • et, en équitation :

Monter sans étriers ou "faire du tape-cul".

        • un exercice d'équitation consistant à monter sans étriers pour acquérir une bonne assiette,
        • ou un trot assis, lorsqu'il n'est pas correctement effectué.

Source : www.larousse.fr