"Avoir mangé du cheval".

Cet idiotisme animalier relève du registtre familier.

Et il signifie, au sens familier : faire preuve d'un dynamisme inhabituel, d'une énergie inaccoutumée.

On dit par exemple : "Et bien dis-donc, toi qui d'ordinaire passe ton samedi allongé sur le canapé, tu as tondu la pelouse, réparé la gouttière et emmené la voiture au contrôle technique : tu as mangé du cheval aujourd'hui !

Sources : www.larousse.fr et contre-galop.com

"Avoir des cannes de serin".

"Avoir des cannes de serin" (© Bestimage)

Cette locution verbale en forme d'idiotisme animalier appartient au registre argotique.

Et elle signifie tout simplement : avoir de longues jambes très maigres.

On dit par exemple : "Tu verrais la nouvelle copine de mon frangin : toute en longueur, avec des cannes de serin".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés :

  • ainsi qu'aux locutions nominales "Être en jambes", "Être très en jambes" et "Être tout en jambes".

"Un renard des surfaces".

Le joueur de football international italien Filippo Inzaghi, archétpe du "Renard des surfaces"

Cette locution nominale féminine en forme d'idiotisme animalier désigne, dans le jargon du football : un type de joueur - et même de buteur - souvent expérimenté, parfois également appelé "Une terreur des surfaces", se caractérisant par une capacité hors du commun à profiter de la moindre occasion pour marquer.

Le renard étant considéré comme l'archétype de l'animal rusé, l'image évoque la capacité du joueur à toujours bien se placer, dans la surface de réparation de l'adversaire, à se faire oublier, à se faufiler, traîner, toujours en embuscade, prêt à marquer, dès lors que survient la moindre opportunité.

Des joueurs tels Rudi Völler, David Trezeguet, Filippo Inzaghi (en illustration), Ruud van Nistelrooy, Delio Onnis, Gerd Müller, Pedro Miguel Pauleta, Hakan Şükür, Miroslav Klose, Adrien Hunou sont d'illustres représentants de ce type d'attaquant dit "à l'ancienne".

Sources : horsjeu.net et wikipedia.org

"Le syndrome de la cabane", "Le syndrome de l'escargot" ou "Le syndrome du prisonnier".

Une jeune femme anxieuse à sa fenêtre

Ces trois locutions masculines entièrement synonymes ont été utilisées en mai 2020, à l'issue du premier confinement  par certains organes d'information, afin de désigner la peur sociale ou l'angoisse de sortir de chez soi, en particulier après une période de confinement.

Cette terminologie a notamment été utilisée à la fin du premier confinement lié à la pandémie de maladie à coronavirus 2019, pour évoquer la peur de se déconfiner et de se confronter au monde extérieur.

Une personne masquée, accoudée à une rembarde et assise sur un rebord de fenêtre

Et cela, en France mais aussi, préalablement, en Espagne ("sindrome de la cabana").

Ces différentes appellations ne sont normalement pas utilisée en psychiatrie. Mais mon psychiatre a employé la formule "syndrome de la cabane" me concernant.

  • La formule "syndrome du prisonnier" évoque naturellement l'angoisse des détenus confrontés au monde réel après avoir purgé une longue peine,
Un surveillant pénitentiaire ouvrant une porte, à la Prison de la Santé, à Paris (75) (© Dominique FAGET / AFP)
Un surveillant pénitentiaire ouvrant une porte, à la Prison de la Santé, à Paris (75) (© Dominique Faget / AFP)
La porte de sortie principale d'une prison française
La porte de sortie principale d'une prison française
  • celle de "syndrome de l'escargot" renvoit à l'image symbolique de l'escargot, un petit animal capable de vivre recroquevillé et reclus dans sa coquille, sans en sortir, en cas de sécheresse ou de danger,

Deux escargots dans leur coquille, fixés sur le tronc d'un arbuste

  • et celle de "syndrome de la cabane" proviendrait du ressenti des chercheurs d'or à l'issue de leur long isolement dans des cabanes pendant leurs campagnes de prospection.

Un trappeur, dans sa cabane, en Alaska

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mes articles consacrés au "Syndrome de Hikikomori" et au "Syndrome de Diogène" et à la "Syllogomanie".

Sources : sante.journaldesfemmes.fr et wiktionary.org

"Être coiffé comme un dessous-de-bras" ou "Être coiffée comme un dessous-de-bras".

Enfant, j'avais adoré découvrir cette expression en forme d'idiotisme corporel.

Appartenant au registre populaire, elle signifie : ne pas être coiffé(e) du tout, être complètement décoiffé(e), avoir les cheveux en désordre, ébouriffés, "en pétard" (registre familier).

À l'image des poils des "dessous-de-bras" (registre populaire), c'est à dire des aisselles, lorsqu'ils sont très longs.

On dit par exemple : "Tu auras vu la tête de ma frangine au réveil : les yeux gonflés, coiffée comme un dessous-de-bras".

"Être coiffé comme un dessous-de-bras"

"Un hobereau".

Ce substantif masculin appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

Un faucon hobereau

  • un oiseau rapace diurne du genre faucon, mais plus petit que celui-ci, son envergure ne dépassant pas 70-84 cm.

Cet oiseau migrateur, que l'on appelle souvent "Faucon hobereau" hiverne en Afrique du Nord et dans quelques lieux d'Europe du Sud.

Et migre en Europe d'avril à septembre, en bordure de forêt ou dans les boqueteaux, chassant pour se nourrir de petits oiseaux (alouettes, cailles) qu'il capture en vol, ainsi que des insectes (libellules, hannetons).

Un faucon hobereau

  • par analogie et de façon péjorative : un gentilhomme campagnard de petite noblesse vivant sur ses terres.

Un hobereau

Sources : www.cnrtl.fr et Le Robert

"Pleurer comme un veau" et "Beugler comme un veau"

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme animalier appartiennent au registre familier.

Et elles signifient respectivement :

  • "Pleurer comme un veau" : pleurer abondamment et bruyamment,

On dit par exemple : "À peine avait-elle perdu sa tétine, que ma fille pleurait comme un veau, lorsqu'elle était petite",

  • et "Beugler comme un veau" : hurler, gueuler (registre argotique),

On dit par exemple : "Tu n'as pas fini de beugler comme un veau : ils vont te le rendre ton ballon".

"Pleurer comme un veau "

Ces deux formules font naturellement référence au veau, le petit de la vache, qui, lorsqu'il appelle sa mère, émet un son bruyant appelé "Beuglement".

Elle est très proche de l'idiotisme religieux "Pleurer comme une Madeleine" et des idiotismes corporels "Pleurer à chaudes larmes" et "Pleurer toutes les larmes de son corps".

"Ouistiti !".

Une jeune femme en train de sourire

Cette curieuse interjection en forme d'idiotisme animalier s'utilise souvent, en France, afin d'obtenir un joli sourire de la part des personnes que l'on s'apprête à photographier.

Chaque langue possède son petit mot ou sa locution interjective, qui, prononcé face à l'objectif d'un photographe, est supposé assurer un sourire radieux.

La sublime actrice états-unienne Marilyn Monroe et son éblouissant sourire
La sublime actrice états-unienne Marilyn Monroe et son éblouissant sourire

Les italiens disent ainsi "Famiglia !" ("Famille !"), les hispanophones "Patatas !" ("Pommes de terre !"), les polonais "Marmolada !" ("Marmelade !"), les néerlandophones "Zaag Eens Kaas !" "Dites fromage !") et les anglophones, leur célèbre "Cheese !" ("Fromage !").

Mais une étude réalisée en 2010 par le fabricant japonais d'appareils photos, dans le cadre du lancement de sa nouvelle gamme d'appareils photo compacts Nikon Coolpix, sur 26 locutions européennes, a démontré que le plus beau sourire s'obtient avec le "Ouistiti !" français !

Cocorico !

Un ouistiti à pinceaux blancs en captivité, étendu sur un tronc d'arbre
Un ouistiti à pinceaux blancs

Les ouistitis ou "callitriches" sont un genre de singes de toute petite taille, présent dans le Nouveau Monde.

Le long de la côte Est du Brésil et au Sud de l’Amazone, les ouistitis se sont diversifiés en une vingtaine d'espèces ne pesant que de 120 à 400 g et dont le pelage peut être blanc, sombre ou bien encore agouti.

Il est cependant probable que d’autres espèces de ouistitis existent dans certaines régions encore mal connues du Brésil et de la Bolivie.

Ainsi, le "ouistiti pygmée", également appelé "ouistiti mignon" ou "ouistiti nain" n'a-t-il été découvert qu'en 1998.

Un ouistiti pygmée accroché à un doigt d'homme

Sources : itrnews.com et wikipedia.org

"Une taille de guêpe".

Une femme avec une "taille de guêpe"

Cette locution nominale en forme d'idiotisme animalier appartient au langage courant.

Elle signifie : avoir une taille très fine.

Et elle utilisée pour désigner un type de silhouette (essentiellement féminine) caractérisée par une différence de proportion très marquée au niveau de la taille, entre un buste relativement étoffé et des hanches larges.

"Une taille de guêpe" est naturellement une formule qui tire son nom de la similitude entre ce type de silhouette et le corps segmenté de la guêpe, dont le thorax (sur lequel sont fixées six pattes et quatre ailes) et l'abdomen (arborant des couleurs vives avec à son extrémité un aiguillon relié à une glande à venin) sont très nettement séparés :

Une guêpe

Avoir une "taille de guêpe" est généralement rendu possible grâce au port prolongé :

  • d'un corset,
Un corset
Un corset
  • d'une gaine,
Une gaine affinante
Une gaine affinante
Une guêpière
Une guêpière

Quelques célébrités féminines dotées d'une "taille de guêpe" :

  • La chanteuse et actrice française Polaire, nom de scène d'Émélie Marie Bouchaud (14 mai 1874 - 11 octobre 1939),

La chanteuse et actrice française Polaire, nom de scène d'Émélie Marie Bouchaud (14 mai 1874 - 11 octobre 1939), célèbre pour sa "taille de guêpe"La chanteuse et actrice française Polaire, nom de scène d'Émélie Marie Bouchaud (14 mai 1874 - 11 octobre 1939), célèbre pour sa "taille de guêpe"

  • l'actrice belge Antoinette Clifford (29 juin 1885 - 28 juin 1971) est une actrice belge,

  • ou l'actrice britannique Audrey Hepburn, nom de scène d'Audrey Ruston (4 mai 1929 - 20 janvier 1993).

L'actrice britannique Audrey Hepburn

"Taille de guêpe" est également une marque de thés de Chine ainsi qu'une marque spécialisée dans la vente de gaines et de produits aidant au maintien de la forme de la femme.

Logotype de la marque de thés de Chine "Taille de guêpe"

Source : wikipedia.org

"La cuisse de poulet du Poitou" ou "La cuisse de dinde".

Des échalions "Cuisse de poulet du Poitou"

Ces différentes locutions nominales féminines en forme d'idiotismes animaliers ne désignent absolument pas un morceau de volaille, mais... un "échalion" !

Et non une "échalote" comme on peut souvent le lire ou l'entendre, à tort.

L'échalion est une variété comestible d’oignon, de forme allongée, ressemblant à l’échalote, mais se reproduisant par semis.

Il est constitué d'un bulbe allongé et renflé comme une cuisse de poulet (ou de dinde), habillé d’une tunique cuivrée qui se pèle facilement.

Des échalions "Cuisse de poulet du Poitou"

Parfois appelé "Échalote zébrune" ou "Échalote cuisse de dinde", et fréquemment "Échalote cuisse de poulet du Poitou", il s'agit d'une variété traditionnelle dotée d'un très bon rendement et ayant le mérite d'être peu sensible à la pourriture.

D'une longueur de 10 à 18 centimètres en moyenne, il a une chair blanche rosée au goût prononcé.

Plus il grossit, et plus son goût s'adoucit. Et il est donc récolté en primeur, afin de conserver toutes ses potentialités gustatives et sa fine saveur sucrée.

Des graines d'échalions "Cuisse de poulet du Poitou"

Il est originaire du Poitou, une région dont les sols sableux et calcaires sont très favorables à sa production, mais est cultivé dans bien d'autres régions.

Localisation du PoitouCarte du Poitou

Consommé en général cru, en vinaigrette ou en salade, il est également apprécié avec des huîtres.

Sources : www.fabre-graines.com, wikipedia.org et www.lasocietedesplantes.com

"Une guêpière".

Une guêpière

Ce substantif féminin désigne : un sous-vêtement féminin du domaine de la corseterie, qui regroupe, en une seule pièce de lingerie, les fonctions du bustier (ou du corset) et du porte-jarretelle.

Orné de dentelles, il serre et amincit la taille, permettant de modeler la silhouette en l'affinant comme avec une gaine et lui donner ainsi l’apparence de ce que l'on appelle une "taille de guêpe".

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr