"Garder l'église au milieu du village" ou "Remettre l'église au milieu du village".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme religieux relèvent du langage courant.

"Remettre l'église au milieu du village" (L'église de Saint-Martin d'Oydes (09 ))
L'église de Saint-Martin d'Oydes (09 )

Et elles signifient, au sens figuré :

  • garder les priorités en vue, construire la vie civile autour de la réalité spirituelle,
  • en Alsace : agir pour respecter les convenances,
  • en Belgique : se prévenir des extrémismes, des heurts, garder l’ordre,
  • et en Suisse : donner toutes les précisions, y compris les plus détaillées, expliquer très clairement et fermement quelque chose à quelqu’un qui ne comprend pas ou ne veut pas comprendre.

Sources : witionary.org

"Un fléau".

Ce substantif masculin nous vient du latin "Flagellum" ("Fouet").

Et il désigne, selon le contexte :

  • au sens propre :
    • un instrument utilisé pour battre les céréales, composé de deux bâtons (un manche et un battoir), reliés l'un à l'autre par des courroies.

Un fléau en châtaignier

    • une arme redoutable, le "Fléau d'armes", formé d'une ou de plusieurs boules hérissées de clous, reliées à un manche par une chaîne.

Un fléau d'armes

    • une pièce métallique constituée de deux parties mobiles reliées entre elles par un anneau, utilisée dans un broyeur à fléaux,

Un fléau de tondo-broyeurUn broyeur à fléaux

    • la pièce oblongue, pivotant autour d'un axe horizontal, aux extrémités de laquelle sont suspendus les plateaux d'une balance,

Un fléau de balanceUne balance à fléau

    • la bascule chargée d'un contrepoids, qui sert à fermer une écluse,
    • ou : l'armature sur laquelle les vitriers portent leur verre à vitres. Il s'agit d'espèces de crochets formés de tringles de bois plates, assemblées carrément et arasées, servant à porter le verre.
  • et au sens figuré :
    • une grande calamité publique, un cataclysme, une catastrophe, un désastre, un malheur.

On dit par exemple : "L'alcool est un fléau".

    • ou : une personne ou une chose catastrophique, de par son caractère nuisible, importun ; une calamité, une plaie.

On dit par exemple : "Ce type est un véritable fléau : il a don de me pourrir la vie".

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Agir au flan" ou "Y aller au flan", "C'est du flan" et "Comme deux ronds de flan".

Ces différentes locutions relèvent du registre populaire.

Contrairement à ce que l'on croit le plus souvent, elles ne sont nullement des idiotismes alimentaires, puisqu'elles ne font nullement référence au gâteau "Flan",mais au mot "Flan", homophonographe de celui-ci désignant -en numismatique - le morceau de métal utilisé pour fabriquer une pièce de monnaie.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Agir au flan" ou "Y aller au flan" (locutions verbales) : à tout hasard, sans se préoccuper du résultat.

On dit par exemple : "J'y suis allé au flan et j'ai décroché le boulot !".

  • "C'est du flan" (locution verbale) : ce n'est pas sérieux, ce n'est pas vrai.

On dit par exemple : "Je ne crois plus une ligne de ce que raconte ce gouvernement : c'est du flan !".

  • et "Comme deux ronds de flan" (locution adverbiale) : ébahi, stupéfait ; peut être par allusion aux yeux ronds d’une personne stupéfaite.

On dit par exemple : "J'en suis resté comme deux ronds de flan quand j'ai vu que mon mari avait vidé le lave-vaisselle".

Sources : www.larousse.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"J'espère que tu es bien assis ?" ou "J'espère que vous êtes bien assis ?".

J'aime assez cette formule qui relève du registre familier.

Et qui signifie, au sens figuré : attention, je vais t'annoncer une nouvelle très surprenante !

On dit par exemple : "J'espère que tu es bien assise car tu vas être grand-mère de triplés !".

"Frileux" ou "Frileuse".

Cet adjectif relève du langage courant.

Et il signifie :

  • au sens propre : craignant le froid, très sensible au froid.

On dit par exemple : "Ma tante est une des personnes les plus frileuses que je connaisse : même en plein été elle porte des gilets à manches longues".

  • et au sens figuré :
    • manifestant une réserve craintive à l'égard de tout événement ou action qui l'implique.

On dit par exemple : "On a rarement vu ministre plus frileux que celui-ci : incapable de prendre une véritable décision".

    • dans le registre soutenu : manquant de chaleur ou de passion.

On dit par exemple : "Mon frère n'a guère connu que de frileuses amoures".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Donner sa main à couper" et "En mettre sa main à couper".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme corporel relèvent du langage courant.

Et elles signifient, au sens figuré, par hyperbole :

  • "Donner sa main à couper" : être sûr et certain de quelque chose.

On dit par exemple : "J'aurais donné ma main à couper que j'avais posé mes lunettes ici !".

  • et "En mettre sa main à couper" : certifier quelque chose, en répondre à ses risques et périls.

On dit par exemple : "Je te garantis que tu seras couvert en cas de problème avec les autorités locales".

Sources : wiktionary.org

"Édifier".

Ce verbe polysémique signifie, selon le contexte :

  • dans le langage courant :
      • au sens propre : bâtir, élever, construire quelque chose d'assez considérable.

On dit par exemple : "Parvenir à édifier les pyramides il y a 4 600 ans avec les moyens rudimentaires dont bénéficiaient les Égyptiens ne cesse de m'esbaubir".

      • au sens figuré : composer, créer, fonder, mettre sur pied un ensemble assez important.

On dit par exemple : "Édifier une théorie aussi complexe ne s'est pas fait en un jour".

  • et dans le registre soutenu :
    • exercer sur quelqu'un une influence morale salutaire par l'exemple ou par le discours ; faire oeuvre utile, constructive ; porter à la piété, à la vertu.

On dit par exemple : "Deux années durant, j'ai pris beaucoup de plaisir à édifier de jeunes migrants en prenant la peine de discuter sérieusement et régulièrement avec eux".

    • ou : instruire quelqu'un, le renseigner et, en particulier, dissiper chez lui toute illusion sur un point quelconque .

On dit par exemple : "Dès sa première campagne présidentielle, en 2016-2017, Emmanuel Macron m'a édifié sur ses intentions".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un aboyeur".

Ce substantif masculin polysémique désigne selon le contexte :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • dans le domaine de la chasse à courre : le chien qui aboie à la vue du sanglier, sans en approcher,
    • et par extension : tout autre animal ou être humain qui aboie, ou qui pousse des cris semblables à un aboiement.

Ainsi, le "Chevalier aboyeur" est un oiseau limicole européen,<présent sur la majorité du littoral atlantique français.

Un "chevalier aboyeur" (© Gilles Adt)
Un "chevalier aboyeur" (© Gilles Adt)
  • et au sens figuré :
    • dans le langage courant:
      • la personne qui, à la porte des théâtres, hôtels, cafés, restaurants, etc., appelle les voitures ou attire les clients,
      •  l'huissier qui annonce à voix haute le nom des visiteurs, lors d'une réception,

      • le cuisinier se tenant généralement au passe d'un restaurant pendant le service, annonçant à voix haute les plats et vérifiant la bonne exécution des commandes,

 

      • et enfin : celui qui fatigue par des criailleries importunes, par des injures,
    • et, dans le registre argotique : une arme à feu de poing.

 

 

Sur un sujet contingu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article, consacré à toutes les façons de dire "un arme à feu de poing" en français.

Sources : Le Robert, wiktionnary.org et www.linternaute.fr

"Ouvrir le bal".

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre : être les premiers à danser, dans un bal, souvent en temps qu'invités d'honneur,

"Ouvrir le bal", à Vienne

  • et au sens figuré : être le premier à faire quelque chose ; commencer le premier ; débuter avant tous les autres.

On dit par exemple : "C'est le skieur suédois qui va ouvrir le bal de cette épreuve de descente".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.com

"Un coup de billard à trois bandes".

Le "Billard à trois bandes" (également appelé "Carambole")  est une discipline du billard français, dans laquelle la bille du joueur doit rebondir sur au moins trois bandes (nom des bordures intérieures du plateau de billard) avant de toucher la dernière bille pour que le point soit validé. Ou toucher au moins trois bandes avant de caramboler les deux autres billes.

Découvrez dans cette vidéo quelques coups de billard à trois bandes réalisés par Frédéric Caudron, un joueur belge de billard carambole, né le 27 janvier 1968, vainqueur de nombreux titres dont celui de champion du monde de 3 bandes :

Au sens figuré, "Un coup de billard à trois bandes" désigne de ce fait : une stratégie mise en place pour arriver à ses fins de façon détournée.

On dit par exemple : "Nombre d'observateurs estiment que ce coup de billard à trois bandes du ministre pourrait avoir des conséquences désastreuses".

Source : wikipedia.org

"Défriser".

Des cheveux crépus partiellement défrisés

Ce verbe signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : faire cesser d'être frisé, défaire la frisure des cheveux ou de la moustache.

On défrise notamment les cheveux crépus.

Des cheveux crépus défrisés

  • et au sens figuré, dans le registre familier : désappointer quelqu'un, le contrarier en le décontenançant, le décevoir, lui déplaire, le chiffonner (registre familier).

On dit par exemple : "Ça te défrise, mais tu sais très bien que j'ai raison !".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Une poire pour la soif" et "Garder une poire pour la soif".

Une poire
  •  "Une poire pour la soif" est une locution nominale féminine relevant du registre familier.

Elle fait référence à la poire, un fruit plein d'eau et donc juteux, capable d'étancher la soif d'une personne n'ayant pas d'eau.

Et elle désigne, au sens figuré : une chose ménagée ou préservée pour les besoins à venir.

L'expression est apparue au cours du XVIe siècle, faisant de la poire un symbole de la prévoyance et de l'économie.

  • et "Garder une poire pour la soif" est donc une locution verbale signifiant : ménager ou réserver quelque chose pour les besoins à venir ; qu'il s'agisse d'argent, d'aliments, etc.

On dit par exemple : "Tu as les moyens de faire grève en ce moment, toi ?" "Oui, car j'ai toujours une poire pour la soif, au cas où".

Sources : wiktionary.org, dictionnaire.notretemps.com et www.linternaute.fr