"Dos au mur", "Mettre dos au mur", "Être dos au mur" ou "Se retouver dos au mur".

Ces différentes locutions en forme d'idiotismes architecturaux appartiennent au langage courant et nous viendraient des combats d'escrime.

Elles signifient, au sens figuré : contraindre ou être contraint d'agir, n'avoir plus d'autre choix que d'affronter son adversaire, devoir faire face à des difficultés, parce que ne pouvant plus reculer face à un problème ou une responsabilité, n'ayant plus d'échappatoire ; étant dans l'impossibilité de pouvoir faire marche arrière.

Et l'on dit par exemple :"Cette fois je suis dos au mur : si je n'enclenche pas la précédure de divorce cette semaine, elle vient présenter à mon épouse les deux enfants hors mariage que j'ai eu avec elle il y a sept ans".

Ou : "Mon voisin se retrouve dos au mur car son propriétaire veut récupérer le logement pour son fils d'ici la fin de l'été".

On dit également "Au pied du mur", "Mettre au pied du mur", "Être au pied du mur" ou "Se retrouver au pied du mur".

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Laisser des plumes" ou "Perdre des plumes".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme animalier relèvent du registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré : ne pas sortir indemne de quelque chose, subir des pertes ou des dégâts ; prendre des coups ; être perdant.

À l'image d'un oiseau ayant dû se débattre.

On dit par exemple : "J'ai réussi à conserver le contrôle de ma société mais j'ai laissé des plumes dans cette aventure".

Ou : "Ton projet est risqué : prend garde à ne pas y perdre des plumes".

Sources : wiktionary.org, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"La soupe est bonne".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire signifie, dans le registre familier et au sens figuré : la situation est très favorable et ne donne guère envie d'aller voir ailleurs.

Par exemple lorsqu'une société propose d'excellentes conditions salariales et sociales, ou/et un cadre de travail agréable.

On dit ainsi : "La soupe est bonne au PSG : ce joueur ne risque pas de quitter le club avant la fin de son contrat".

 

"Se remettre la tête à l'endroit".

Cette locution verbale en forme d' idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : retrouver ses esprits, reprendre confiance en soi, après un temps de surprise où l'on n'a pas été capable de réagir convenablement à une situation donnée.

On dit par exemple : "Les français sont enfin parvenus à se remettre la tête à l'endroit, après un début de rencontre catastrophique".

"Un client", "Un gros client", "Un sacré client" ou "Un sérieux client".

  • Le substantif masculin "Client" désigne, dans le langage courant, au sens propre : une personne qui achète contre paiement, des fournitures commerciales ou des services,
  • tandis que les locutions nominales  "Un gros client", "Un sacré client" et"Un sérieux client" désignent, dans le registre familier et au sens figuré, dans le domaine sportif : un adversaire expérimenté et redoutable, dont on connait le parcours et le palmarès, et dont on prévoit qu'il va réaliser une performance excellente  voire exceptionnelle.

On dit par exemple : "Le prochain tireur est un gros client : vice-champion d'Europe et médaillé de bronze aux précédents Jeux olympiques".

Ou : "Cet athlète est un sérieux client : détenteur du record d'Europe, vice-champion du monde et vice-champion olympique en titre".

Elles ne doivent surtout pas être confondues avec la locution nominale "Un bon client", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

"La symbiose" ou "Une symbiose".

Ce substantif féminin nous vient de l'association des mots grecs "syn" ("ensemble") et "bios" ("vie").

Et il désigne :

  • au sens propre : une association biologique intime et durable entre deux organismes qualifiés de "symbiotes" ; le plus gros pouvant être nommé "hôte".

La durabilité de l'association est relative et recouvre une part significative de la durée de vie d'au moins un des deux organismes. La symbiose sous-entend le plus souvent une relation mutualiste, dans laquelle les deux organismes bénéficient de l'association, mais l'indique l'étymologie du mot, les deux partenaires "vivent ensemble", en sorte que la symbiose peut être parasitaire, profitant à l'un des deux organismes mais étant nuisible ou neutre pour l'autre.

La "symbiologie" est la discipline scientifique cherchant à comprendre toute la gamme des interactions entre les organismes. Et le chercheur en symbiologie est un "symbiologiste".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : une association étroite et harmonieuse entre des personnes ou des groupes de personnes, une étroite communauté d'idées ou d'intérêts ; une union, une fusion de plusieurs choses.

On dit par exemple : "Ma femme et moi avons vécu en symbiose durant plus de trente ans".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré au mot "Osmose".

Sources : wikipedia.org, dictionnaire.sensagent.leparisien.fr, www.lalanguefrancaise.com et Le Robert

"Porter au crédit" ou "Porter quelque chose (un acte) au crédit de quelqu'un".

  • "Porter (une somme) au crédit (d'un compte)" est une locution verbale relevant du jargon bancaire, économique et financier signifiant, au sens propre : créditer ce compte, c'est à dire constater que l'avoir du détententeur augmente ; garantir au  détenteur la somme correspondant à cette augmentation sur le crédit de l'établissement bancaire ou financier concerné,
  • et "Porter quelque chose (un acte) au crédit de quelqu'un" signifie donc, au sens figuré : reconnaître quelque chose de favorable à quelqu'un ; lui reconnaître le mérite de cet acte.

On dit par exemple : "On peut porter au crédit de notre président de ne pas chercher à éviter le débat".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"La tête dans le guidon" ou "Le nez dans le guidon".

Ces deux locutions adverbiales en forme d'idiotismes corporels et d'idiotismes sportifs nous viennent naturellement du monde du cyclisme, puisqu'elles évoquent toutes deux l’image du cycliste en plein effort, courbé sur son vélo, qui n'a guère le loisir de penser à autre chose.

"Avoir le nez dans le guidon"

Et elles signifient, dans le registre familier et au sens figuré : très occupé, concentré sur un objectif ou une tâche, débordé par ses occupations, incapable de prendre du recul par rapport à la situation où l'on se trouve.

"Avoir le nez dans le guidon"

On dit par exemple : "Je ne t'ai pas appelé depuis un mois car j'avais la tête dans le guidon".

Ou : "Ce n'est peut-être pas le moment de t'inviter si tu as le nez dans le guidon actuellement ?".

Source : wiktionary.org

"Emberlificoter" ou "S'emberlificoter".

J'aime beaucoup ce joli verbe du registre familier qui signifie :

  • "Emberlificoter" :
    • au sens propre : gêner dans ses mouvements.

On dit par exemple : "Ma fille avait un costume tellement tellement compliqué qu'il l'emberlificotait et l'empêchait de danser correctement".

    • et au sens figuré :
      • embarrasser quelqu'un, l'entortiller (registre familier).

On dit par exemple : "Ma voisine m'a emberlificoté avec ses histoires familiales".

      • ou : amener quelqu'un à ses propres vues, en le séduisant par des paroles ou des promesses ; le circonvenir (registre soutenu), l'embobiner (registre familier).

On dit par exemple : "Mon associé a réussi a emberlificoter notre principal créancier, mais il va vraiment falloir que nous trouvions de l'argent rapidement".

  • "S'emberlificoter" :
    • au sens propre : s'emmêler, s'empêtrer, s'entraver.

On dit par exemple : "Mon chien s'est emberlificoté dans les ficelles du colis que je venais de déballer".

    • ou au sens figuré : s'embrouiller.

On dit par exemple : "Mon grand-père s'emberlicote parfois dans ses souvenirs".

Source : www.cnrtl.fr

 

"Un bric-à-brac".

Ce joli substantif masculin désigne selon le contexte :

  • au sens propre :
    • un ensemble de vieux objets hétéroclites, de vieilleries disparates, de peu de valeur et de provenances diverses, collectés de-ci, de là et présenté dans le plus grand désordre : vieilles ferrailles, vieux cuivres, vieux tableaux, etc,

On dit par exemple : "Je suis allé chez un petit brocanteur de province et je suis parvenu à repérer un petit vase de valeur dans tout le bric-à-brac qu'il exposait".

Un bric-à-brac dans une boutique de brocanteur

    • par extension : un ensemble d'objets divers entassés en vrac,

On dit par exemple : "Le grenier de mon père ne contient qu'un bric-à-brac sans valeur".

Un bric-à-brac dans un grenier

    • et au sens figuré : un ensemble hétéroclite de connaissances ou d'idées réunies sans lien entre elles.

On dit par exemple : "Le programme de ce parti n'est qu'un bric-à-brac sans intérêt".

Étonnamment, le mot est utilisé en anglais depuis l'époque victorienne, pour désigner :

  • à l'origine : des objets d'art de faible valeur, formant des collections de bibelots, tels que des tasses à thé et des petits vases richement décorés, des compositions de plumes ou de fleurs de cire sous des dômes de verre, des coquilles d'œufs décorées, des figurines en porcelaine, des miniatures peintes ou des photographies dans des cadres, etc.

Dans les maisons bourgeoises, le bric-à-brac était utilisé comme ornement sur les cheminées, les tables et les étagères, ou était exposé dans les cabinets de curiosités, parfois dans des armoires dotées de portes vitrées, afin d'y exposer les objets tout en les protégeant de la poussière.

Un bric-à-brac dans une vitrine

On retrouve par exemple cette acception dans "Les six Napoléons" ("The Adventure of the six Napoleons"), l'une des cinquante-six nouvelles de l'écrivain britannique Arthur Conan Doyle mettant en scène le célèbre détective Sherlock Holmes, parue pour la première fois le 30 avril 1904 dans l'hebdomadaire américain Collier's Weekly, avant d'être regroupée, en 1905, avec d'autres nouvelles, dans le recueil "Le retour de Sherlock Holmes" ("The return of Sherlock Holmes").

  • et de nos jours, par extension : un ensemble de bibelots ou d'articles de faible valeur, vendus dans les brocantes ou vide-greniers.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article "On se console comme on peut..." ou "Les francismes ; ces mots français ou locutions françaises utilisés par les anglophones".

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"Avoir peur de son ombre".

Cette amusante locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : être très craintif, peureux, poltron, froussard (registre familier).

On dit par exemple : "Ne demande pas à Thomas de se promener seul dans le parc ou de descendre à la cave : il a peur de son ombre".

Sources : www.lerobert.com et www.languefrancaise.net

""Ne pas savoir où donner de la tête", "Ne plus savoir où donner de la tête" ou "Ne savoir où donner de la tête".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré, selon le contexte :

  • être très occupé, très affairé, débordé, surmené, avoir trop de travail ; ne pas suffire à la tâche ; n'avoir aucun temps libre, avoir toujours quelque chose à faire,

On dit par exemple : "Je ne sais pas où donner de la tête : je n'ai jamais eu autant de commandes et mon assistant est en congé paternité",

Ou : "Ma femme ne sait où donner de la tête avec nos jumeaux :je devrais peut-être songer à lui donner un coup de main".

"Avoir la tête dans le guidon" ou "Avoir le nez dans le guidon"

  • ou : être désemparé, ne plus savoir que faire (pour se sortir d'une situation, et notamment d'une mauvaise situation financière), ne voir aucun remède à ses problèmes.

On dit par exemple : "Ma soeur ne sait plus où donner de la tête depuis que son principal client a fait faillite".

Une femme inquiète, ne sachant "plus où donner de la tête"

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org