"Une armoire à glace".

Cette locution nominale féminine désigne :

  • dans le langage courant : une armoire comportant un miroir sur sa ou ses portes.Ce type de meuble, souvent de taille imposante et fabriqué avec des bois très solides renfermait autrefois tout le linge de la maison.
    • Une armoire à glace
  • dans le langage familier, au sens figuré : une personne dotée d’une très grande force et pourvue d’une imposante carrure.

On dit par exemple : "Le videur de cette boîte de nuit est une armoire à glace".

On dit également : "Un golgoth", "Un stremon", "Une baraque", "Un gars baraqué" ou "Un type baraqué".

"Une armoire à glace" ou "Une baraque" : l'acteur et sportif islandais Thor Björnsson 200 kg pour 2,05m
"Une armoire à glace" : l'acteur et sportif islandais Thor Björnsson 200 kg pour 2,05m
  • et dans le registre argotique :  le sac à dos des fantassins de la Première Guerre mondiale, appelés "poilus".
Exemples de paquetages de poilus de la Première Guerre mondiale
Exemples de paquetages de poilus de la Première Guerre mondiale

Source : wiktionary.org

"Fleurer bon".

Cette locution verbale du langage courant signifie :

  • au sens propre : avoir une bonne odeur, sentir bon.

On dit par exemple : "Comme il fleure bon chez vous !".

Étrangement, "Fleurer bon" n'est nullement considéré comme un pléonasme, alors même que le verbe fleurer signifie déjà
embaumer, exhaler ou répandre une odeur agréable, sentir bon !

  • et au sens figuré :
    • par analogie : ressembler à ou rappeler quelque chose d’agréable.

On dit par exemple : "Voilà un plat qui fleure bon la Provence".

Ou : "Ce film fleure bon le cinéma français des années 1950-1960".

    • ou, par extension : être une bonne nouvelle.

On dit par exemple : "L'annonce du retour à l'écran de cet immense acteur sous la houlette de cet excellent réalisateur fleure bon".

Source : wiktionary.org

"Poivre et sel".

Le banquier portugais Antonio Borges

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire relève du langage courant.

Et elle qualifie, au sens figuré : une chevelure ou une pilosité grisonnante, car ayant commencé à blanchir ; un mélange de cheveux ou de poils, blancs ou ayant conservé leur pigmentation.

Le poivre est en effet une métaphore du cheveu ou du poil demeuré coloré et le sel du cheveu ou du poil blanc.

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Des mille et des cents".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme numérique appartient au registre familier.

Et elle signifie, selon le contexte, au sens figuré :

  • beaucoup d'argent.

On dit par exemple : "Certains vieux disques peuvent valoir des mille et des cents".

  • ou : un grand nombre, une grande quantité.

On dit par exemple : "Des DVD j'en possède des mille et des cents : 40 mètres de rayonnage !".

Sources : wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

 

 

 

 

Source : wiktionary.org

"D'entrée de jeu".

Cette locution adverbiale signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : dès le début du jeu, sitôt la partie commencée.

On dit par exemple : "L'équipe adverse nous a, d'entrée de jeu, fait comprendre qu'il allait être difficile de leur résister";

  • et au sens figuré, dans le registre familier : d'emblée, dès le commencement, dès le départ, dès l'origine ; depuis le début ; immédiatement, sans délai.

On dit par exemple : "J'ai su, d'entrée de jeu, que cet appartement serait le bon".

Sources : www.expressio.fr, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Sortir de ses gonds".

"Sortir de ses gonds" au sens figuré

Cette locution verbale en forme d'idiotisme architectural fait référence aux gonds, ces pièces métalliques autour desquelles pivote le battant d'une porte ou d'une fenêtre.

Un gond de porte

Et elle signifie donc :

  • au sens propre : soulever afin de l'extraire de ses gonds (ou "dégonder"), en parlant du battant d'une porte ou d'une fenêtre,

Un gond de porte

 

  • et au sens figuré, dans le langage familier : se mettre brutalement en colère ; s'emporter ; perdre son sang-froid ; n'être plus maître de soi-même ; être hors de soi-même ; devenir fou.

On dit par exemple : "Je suis sorti de mes gonds lorsque l'on m'a expliqué que le chauffard qui avait écrasé ma fille avait pris la fuite".

Ou : "Mon patron est sorti de ses gonds en apprenant que les ventes avaient chuté de plus de cinquante pour cent".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Devenir fou".

Sources : www.expressio.fr

"Passer à la moulinette".

"Passer à la moulinette"

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : réduire en morceaux, broyer, écraser un aliment (le plus souvent un légume ou des pommes de terre) en le passant dans une moulinette.
  • et au sens figuré, dans le registre familier, selon le contexte :
    • réduire en morceaux, détruire, soumettre à rude épreuve, au point de rendre méconnaissable,

On dit par exemple : "J'ai fini par récupérer mon vélo, mais dans quel état ! Les voleurs l'avaient passé à la moulinette".

    • critiquer férocement, impitoyablement,

On dit par exemple : "La presse a été très sévère avec ce film qu'elle a véritablement passé à la moulinette".

    • interroger méticuleusement, voire torturer.

On dit par exemple : "Mon père m'a surpris dimanche matin, aux aurores, lorsque je suis rentré de boîte de nuit et il m'a passé à la moulinette pour savoir ce que j'avais fait".

Ou : "Le commissaire nous a dit de passer le suspect à la moulinette et qu'il nous couvrirait en cas de problème".

Sources : www.cbrtl.fr et www.languefrancaise.net

"Être dans les choux".

L'expression française "Être dans les choux"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : avoir échoué, figurer parmi les derniers d'une compétition ou d'un classement.

On dit par exemple : "Ce coureur avait pris un bon départ, mais il est dans les choux à l'arrivée".

Ou : "J'espérais que mon fils réussirait son concours mais il est dans les choux".

L'expression française "Être dans les choux"

"Les affaires reprennent".

Cette expression du registre familier signifie, au sens figuré : cela va mieux, il y a une amélioration notable.

Et elle s'utilise par conséquent tout aussi bien :

  • lorsqu'un sportif ou une équipe sportive, très largement mené au score jusque-là, recommence à marquer,
  • lorsqu'un pêcheur recommence à avoir du poisson au bout de sa ligne, après une longue période sans aucune prise,
  • lorsqu'une personne, seule depuis longtemps, est aperçue en galante compagnie,
  • etc.

"Avoir la main", "Avoir la main baladeuse", "Avoir la main croche", "Avoir la main heureuse", "Avoir la main malheureuse", "Avoir la main légère", "Avoir la main leste", "Avoir la main lourde", "Avoir la main sûre" ou "Avoir la main verte".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes corporels possèdent naturellement des significations très différentes :

  • "Avoir la main" (langage courant) :
    • au sens propre, lorsque l'on joue aux cartes :
      • être le premier à jouer.
      • ou : être celui qui distribue les cartes.
    • et au sens figuré : avoir la balle dans son camp, être celui qui a l’initiative.

On dit par exemple : "Tu as la main, c'est toi qui contrôle la situation".

  • "Avoir la main baladeuse" (registre familier) (sens figuré) : être enclin aux caresses intempestives.

On dit par exemple : "Le chef de service de ma copine avait la main balladeuse. Mais elle l'a dénoncé auprès sa direction".

Une main baladeuse

  • "Avoir la main croche" (registre familier) (sens figuré) : être d'un naturel rapace.

On dit par exemple : "Mon patron a la main croche : impossible de lui faire acheter le moindre équipement !".

  • "Avoir la main heureuse" (langage courant) (sens figuré) : avoir de la chance au jeu, être chanceux, avoir bien choisi ; faire un choix avisé ; réussir dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "Tu as eu la main heureuse avec cet achat : moi je ne fais que de mauvaises affaires".

  • "Avoir la main malheureuse" (langage courant) (sens figuré) : ne pas avoir de chance au jeu, être malchanceux, avoir mal choisi ; échouer dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "J'ai eu la main malheureuse : je gagnerai une autre fois".

  • "Avoir la main légère" (langage courant) (sens figuré) : ne pas mettre trop de quelque chose ; opérer adroitement, agir sans brutalité.

On dit par exemple : "Ma tante utilise de l'engrais, mais elle a la main légère".

Ou : "Tu peux lui confier tes vases : il a la main légère".

  • Avoir la main leste" (langage courant) (sens figuré) : être prompt à infliger des gifles ou des coups en guise de réprimandes.

On dit par exemple : "Mon grand-père avoir la main leste avec ses enfants : mon père a reçu des centaines de gifles quand il était jeune".

Avoir la main leste

  • "Avoir la main lourde" (registre familier) (sens figuré) :
    • verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire.

On dit par exemple : "Le serveur a eu la main lourde : je n'ai jamais bu autant de pastis de ma vie !".

Ou : "Tu as eu la main lourde : il y en a deux fois trop !".

Avoir la main lourde : verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire

    • frapper fort, punir sévèrement.

On dit par exemple : "Mon oncle a eu la main lourde avec mon cousin : il a failli l'assommer !".

Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
  • "Avoir la main sûre" (langage courant) : avoir la main ferme, qui ne tremble pas.

On dit par exemple : "Tu peux lui faire confiance s'il te dit qu'il tient la corde : il a la main sûre".

  • et "Avoir la main verte" (langage courant) (sens figuré) : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.

On dit par exemple : "Mon épouse a la main verte mais pas moi : il suffit que je touche à une plante pour qu'elle meurt dans la semaine !".

Et nos amis québecois utilisent un autre idiotisme chromatique : "Avoir le pouce vert".

"Avoir la main verte" ou "Avoir le pouce vert"

Sources : wiktionary.org, www.littre.org, www.linternaute.fr, www.languefrancaise.net, dictionnaire.reverso.net, Le Robert et www.larousse.fr

"C'est Belfast !" ou "Être Belfast", "C'est Beyrouth !" ou "Être Beyrouth", "C'est Sarajevo !" ou "Être Sarajevo" et "C'est Bagdad !" ou "Être Bagdad".

"C'est Bagdad !"

À chaque génération sa ville martyre : Belfast, Beyrouth, Sarajevo, Bagdad... l'horreur se déplace géographiquement au fil des années, faisant ainsi évoluer nos expressions.

Ces locutions interjectives parfaitement synonymes relèvent toutes du registre familier.

Et elles ont eu malheureusement eu tendance à se succéder au cours des 40 dernières années pour signifier, au sens figuré :

  • à tout le moins : c'est la pagaille totale !, c'est le bazar !, c'est le cirque !

On dit par exemple : "Après deux jours de fête, tu verrais mon appart' : c'est Belfast !".

Ou : "Tu aurais vu l'état de la place après le carnaval : c'était Beyrouth !".

  • voire : c'est l'horreur !, c'est un cauchemar !

On dit par exemple : "J'ai vu un reportage sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 : c'était vraiment Sarajevo !".

Ou : "Le train de passagers a déraillé en gare : c'était Bagdad !".

Elles font naturellement référence aux capitales de l'irlande du Nord (Belfast), du Liban (Beyrouth), de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) et de l'Irak (Bagdag), quatre villes ravagées par des années de troubles et de guerres civiles :

  • De 1968 à 1998 pour Belfast,
1969 : Belfast ravagée
1969 : Belfast ravagée
  • de 1975 à 1990 pour Beyrouth,
"C'est Berouth !"
Beyrouth ravagée
  • du 6 avril 1992 au 29 février 1996 pour Sarajevo, dont le siège de 1 425 jours par les forces serbes a fait plus de 11 000 morts et pulvérisé le record du durée du siège de Léningrad redevenue Saint-Pétersbourg depuis le 6 septembre 1991 (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944).
Sarajevo ravagée durant la guerre civile
Sarajevo ravagée
  • et depuis 2003 pour Bagdad.
"C'est Bagdad !"
Bagdad ravagée

Source : wikipedia.org

"Le délire des grandeurs" ou "Avoir le délire des grandeurs" et "La folie des grandeurs" ou "Avoir la folie des grandeurs".

"Le délire des grandeurs" et "La folie des grandeurs" désignent, depuis le XIXe siècle, au sens figuré : une sorte de mégalomanie consistant à vouloir "épater la galerie" en faisant de grandes choses, en affichant un train de vie démesuré, dépassant les moyens dont on dispose.

On dit par exemple : "Une piscine dans le jardin de ton pavillon de banlieue : ma fille tu as vraiment la folie des grandeurs !".

"La folie des grandeurs" est un film franco-hispano-italo-allemand réalisé en 1971 par Gérard Oury, adapté de la pièce de Victor Hugo "Ruy Blas" (1838).

Affiche du film français "La folie des grandeurs" de Gérard Oury (1971)

Sources : www.expressio.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org