"Être jeté aux oubliettes", "Jeter aux oubliettes" ou "Tomber aux oubliettes".

Une oubliette

Ces différentes locutions verbales relèvent du langage courant.

Et elles signifient, au sens figuré :

  • "Être jeté aux oubliettes" : être oublié de tous, disparaitre,

 

  • "Jeter aux oubliettes" : plonger dans l'oubli, faire disparaître,

 

  • "Tomber aux oubliettes" : sombrer dans l’oubli, tomber dans l'oubli ; être progressivement oublié de tous.

Elle nous vient en droite ligne du Moyen Âge, puisque les "Oubliettes" étaient alors de petites pièces isolées, situées au coeur des châteaux forts médiévaux, sous le donjon, c’est à dire la tour principale du château, dans de grandes salles souterraines.

Ces petites pièces sans portes ni fenêtres n'étaient accessibles la plupart du temps que par une trappe et une échelle. Et pouvaient ainsi servir de grenier pour stocker les réserves de nourriture à l'abri des rongeurs ou des insectes.

Une oubliette

Et non pas, comme l'historiographie officielle du XIXe siècle nous l'a longtemps fait croire, en raison d'une malheureuse erreur d'interprétation des cachots souterrains ou des fosses, dans lesquels on enfermait les condamnés à la prison perpétuelle et où les seigneurs précipitaient ceux dont ils voulaient se débarrasser secrètement..

Sources : wiktionary.org, www.chosesasavoir.com et www.lumni.fr

"Disparaître des écrans radar", "Disparaître des radars", "Passer sous le radar", "Passer sous les radars" ou "Rester sous le radar", "Rester sous les radars".

Ces différentes expressions relèvent originellement du vocabulaire et du jargon aéronautique, du vocabulaire et du jargon militaire ainsi que du vocabulaire et du jargon de la police et de la sécurité.

Et elles s'utilisent :

  • au sens propre, à propos des appareils volant à très basse altitude, sous l'horizon des radars, qui, ne pouvant être détectés, échappent ainsi à leur surveillance,
  • et au sens figuré, à propos d'un individu ou d'un ensemble de personnes passés inaperçus, ayant échappé à la vigilance de ceux qui auraient dû les voir.

On dit par exemple : "Il semble désormais évident que malgré le déploiement d'un très important dispositif policier au cours de ces derniers mois, les deux survivants du commando soient parvenus à passer sous les radars et à quitter la région parisienne, voire le territoire national".

"Les arbres ne grimpent pas jusqu'au ciel" ou "Les arbres ne grimpent jamais jusqu'au ciel"..

J'aime beaucoup cet adage boursier, d'origine apparemment états-unienne, qui signifie, au sens figuré, :

  • qu'un investisseur doit savoir prendre ses gains et vendre (ses actions) à un moment car la hausse ne peut pas être éternelle ; le marché (boursier) ne peut pas monter indéfiniment.

Et il convient par conséquent de savoir se montrer prudent, raisonnable.

  • ou- par extension - : que tout à une fin, qu'il existe des limites à tout. 

On dit par exemple : "Tu devrais vendre ta collection car les prix actuels sont déjà  vraiment très élevés".

Ou : "Les sondages du président sont toujours excellents, mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel".

 

"Dans le droit-fil de" ou "Dans la droite ligne de"

Ces deux expressions du langage courant ont une signification identique.

  • Au sens propre, le "droit-fil" désigne - dans un tissu - le sens de la trame ou de la chaîne, par opposition au biais.
  • Par extension, au sens figuré, "Dans le droit-fil de" ou "Dans la droite ligne de" signifie "En suivant scrupuleusement la ligne indiquée", "Dans la suite logique de", "En respectant l'orientation de".

On dit par exemple : "Cette décision s'inscrit dans le droit-fil des précédentes".

Ou : "L'auteur a écrit ce roman dans la droite ligne de ses précédents livres".

Source : www.larousse.fr

"Ne pas peser une once" ou "Ne pas avoir une once de".

Ces deux expressions du registre soutenu signifient respectivement :

  • "Ne pas peser une once" :
    • au sens propre : être léger, ne pas peser très lourd.

On dit par exemple : "Ce gilet de sauvetage ne pèse pas une once".

On pourrait également dire : "Être léger comme une plume".

    • au sens figuré : n'être d'aucun poids.

On dit par exemple : "Son objection n'a pas pesé une once".

  • et "Ne pas avoir une once de" : n'avoir qu'une très petite quantité de, en avoir extrêmement peu.

On dit par exemple : "Il n'a pas une once d'intelligence" lorsque souhaite dire de façon élégante que quelqu'un est complètement idiot.

J'utilise d'ailleurs régulièrement pour ma part cette formule qui fait partie de mes façons préférées de dire "Être idiot".

Source : www.cnrtl.fr

 

 

"Escagasser".

J'aime beaucoup ce verbe du parler marseillais et provençal, appartenant au registre familier, qui signifie :

  • au sens propre :
    • démolir, abîmer, détériorer quelque chose.

On dit par exemple : "Peuchère ! J'ai prêté ma voiture à mon mari et il me l'a toute escagassée !".

    • ou corriger physiquement quelqu'un de façon assez rude, l'assommer à force de coups.

On dit par exemple : "Fais gaffe ! Si tu as le malheur de crier Vive le PSG devant mon vieux quand il rentre du Vél' et que l'Ohème s'est pris une branlée, il va t'escagasser !".

  • et au sens figuré :
    • s'efforcer de, produire des efforts en vue de.

On dit par exemple : "Cela fait deux heures que je m'escagasse à monter ce buffet KRÜPFNIG !"

    • ou fatiguer, ennuyer, importuner, agacer.

On dit par exemple : "Allez, file ! Tu m'escagasses avec tes fichus articles de J'aime les mots ! Il se moque de nous ce parisien !".

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Énerver" en français.

 

"Endémique".

Cet adjectif qui nous vient du vocabulaire médical qualifie, selon le contexte, :

  • au sens propre : une maladie infectieuse persistant au sein d'une population ou d'une région,

On dit par exemple : "Le paludisme est une maladie endémique dans de nombreux pays de l'afrique subsaharienne".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu :
    • un phénomène économique ou social néfaste sévissant de manière constante, régulière ; régnant en permanence.

On parle par exemple de "chômage endémique".

    • ou une espèce vivante propre à un territoire bien délimité ; dont l'aire de répartition est limitée à une région donnée.
      • Il peut s'agir d'une espèce animale : le kangourou est une espèce endémique de l'Australie.
      • Ou d'une espèce végétale : le baobab est une espèce endémique du continent africain.

Source : www.larousse.fr et wiktionary.org

"D'une main de fer" ou "D'une poigne de fer".

Ces deux expressions du langage courant en forme d'idiotismes corporels signifient, au sens figuré, :"Avec une autorité inflexible".

Et lorsqu'elles sont utilisées en matière politique, elles sous-tendent le plus souvent l'idée d'un régime autoritaire et répressif.

On dit par exemple :

  • "Ce directeur dirige son établissemnt d'une main de fer",
  • ou "Le maréchal Mobutu a dirigé son pays d'une poigne de fer durant 31 ans".

La formule "Main de fer" évoquée ici ne doit pas être confondue avec l'outil appelé "Main-de-fer" avec des tirets "-".

Source : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Faciliter le transit intestinal".

J'adore cette locution du langage courant, utilisée au sens figuré, permettant de signifier très clairement à quelqu'un de manière extrêmement correcte qu'il vous indispose profondément.

Ainsi, dire à votre interlocuteur "Tu me facilites le transit intestinal", vous évite de recourir au classique "Tu me fais chier", qui relève naturellement du registre vulgaire.

"Une capilotade".

Ce terme de cuisine désigne :

  • au sens propre : un ragoût fait de restes de volailles ou de viandes déjà cuites.

On parle par exemple d'une "capilotade de faisans".

  • et, au sens figuré, dans le registre familier, :
    • une mise en pièces de manière à produire une impression de mélange confus, de gâchis.

On dit par exemple : "Fin juin 1940, la France était en capilotade".

    • ou une mise en pièces, produite par des coups et blessures.

On dit par exemple : "Après son arrestation musclée, le malfaiteur était en capilotade".

Le mot "capilotade" s'utilise en effet dans les formules "Être en capilotade" "Faire une capilotade de quelqu'un" ou "Mettre quelqu'un en capilotade".

Source : www.cnrtl.fr

"Faire le gros dos" ou "Faire le dos rond".

Ces deux expressions du langage courant signifient :

  • au sens propre : pour un chat, selon les circonstances :
    •  hérisser le poil et arrondir son dos en voûtant l'échine, face à un danger, afin de paraître plus grand, plus imposant.

Chat faisant "le gros dos"

    • ou voûter l'échine pour s'étirer ou manifester sa satisfaction au moment des caresses.
  • et au sens figuré, pour un humain, :
    • céder, se résigner à ce qui arrive de fâcheux, dans l'attente ou l'espoir d’une amélioration.
    • ou sembler ignorer une situation, se prêter à ce que l'on vous dit ou à ce qui vous arrive, afin de mieux vous protéger.

On dit par exemple : "Lorsque j'ai été l'objet de toutes ces critiques, j'ai fait le gros dos. Il sera toujours temps de réagir vigoureusement d'ici quelque temps".

L'expression "Laisser passer l'orage" a une signification relativement proche.

Source : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Laisser passer l'orage".

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré, : "Attendre qu'une situation devienne moins risquée, attendre une accalmie, attendre la fin d'un conflit".

On dit par exemple : "Mon père était furieux de constater que j'avais enfoncé tout l'avant de sa voiture neuve : j'ai laissé passer l'orage".

Les expressions "Faire le gros dos" ou "Faire le dos rond" ont des significations relativement proches.

Source : www.languefrancaise.net