"Dépasser les bornes".

Cette expression, basée sur la métaphore de la borne comme synonyme de limite, signifie, au sens figuré "exagérer, aller trop loin, au-delà des règles établies, des limites de la bienséance ou du raisonnable, en faire trop".

Sources : www.linternaute.fr et ww.expressions-francaises.fr

"La course à l'échalote" ou "Faire la course à l'échalote".

Cette expression désigne :

  • au sens propre, un jeu ou une brimade enfantine consistant à pousser un camarade en le tenant d’une main par le col et de l’autre par le fond du pantalon,
  • au sens figuré, forcer quelqu’un à partir en le tenant d’une main par le col et de l’autre par le fond du pantalon,
  • et, par extension, une fuite ou une débandade, chasser ou faire s’enfuir quelqu’un.

"Une syncope".

Ce terme polysémique peut désigner différentes choses, selon le contexte :

  • c'est ensuite, dans le domaine musical, un effet de contretemps par prolongation d'un temps faible sur un temps fort,
  • et c'est enfin, dans le domaine linguistique, un métaplasme consistant en la disparition d'un ou plusieurs phonèmes au sein d'un même mot.

"Un procédé".

Ce mot peut revêtir, selon le contexte, deux significations fort différentes :

  • il s'agit d'abord d'une méthode, d'une technique, utilisée pour la réalisation d'une tâche, ou la fabrication d'un matériau ou d'un produit fini.
  • mais également, on l'ignore le plus souvent, je pense, l'extrémité de la queue de billard ; celle avec laquelle on frappe les boules ou billes.

Et sur laquelle on appose régulièrement de la craie bleue ou "bleu", afin de lui donner une meilleure adhérence.

"Prévaloir".

La signification de ce verbe varie légèrement, selon que le sujet soit une personne ou une chose :

Il signifie ainsi :

  • Avoir l'avantage, prendre le dessus, l'emporter, triompher, lorsque le sujet est une personne.

On dit par exemple : "Le jeune ministre a prévalu contre ses différents concurrents".

  • et Avoir plus d'importance, jouer un rôle prééminent, lorsque le sujet est une chose.

On dit par exemple : "L'utilisation des cartes bancaires prévaut désormais sur celle des chèques ou des espèces".

Et la caste journalistique a de plus en plus tendance a utiliser le verbe "prévaloir" dans le sens de :

  • Exister, se produire.

On entend par exemple souvent désormais : "Contrairement à ce qui prévalait autrefois".

Le verbe "prévaloir" s'utilise également de manière pronominale ("Se prévaloir").

Source : www.cnrtl.fr

"Levant" et "Le Levant".

  • "Levant" est le participe présent du verbe "lever" ou un adjectif signifiant "qui se lève" (en parlant par exemple du soleil),
  • tandis que "le Levant" (avec une majuscule), désignait autrefois tous les territoires méditerranéens à l'Est de l'Italie, puis les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée.
    • La locution "États du Levant" correspondait alors au Liban et à la Syrie.
    • Tandis que la "Région du Levant" incluait également Israël, la Palestine, la Jordanie, l'Anatolie, la Mésopotamie et l'Égypte.

De nos jours il s'agit de la région le plus souvent désignée sous le nom de "Proche-Orient".

Source : wikipedia.org

On n'écrit pas : "Faire bonne chair" !

Mais : "Faire bonne chère" !

Cette locution verbale signifie bien manger, ripailler.

Les variantes "Faire petite chère" (ne pas bien manger) et "Faire grande chère" (bien se nourrir, offrir un grand repas, bien nourrir ses invités, bien vivre) sont sensiblement moins utilisées.

Ces trois locutions sont construites sur la base du mot "Chère", venant du latin "Cara" (visage, face), qui signifiait autrefois "visage" ou "bon accueil".

Mais l'expression "Faire bonne chère" n'a pris son sens actuel qu’au XVIIe siècle, le sens premier signifiant "Faire bonne figure" ou "Faire bon accueil".

Source : wiktionary.org

"Pisseux" ou "Un pisseux".

  • L'adjectif "Pisseux" désigne :
    • au sens propre, dans le registre argotique, ce qui sent ou est imprégné d'urine.

On parle par exemple de "vêtements d'enfants tout pisseux".

    • et, au sens figuré, dans le registre familier, ce qui est d'une couleur passée, jaunie.

On parle par exemple d'un "vieux papier peint pisseux".

  • Et le substantif "Pisseux" désigne, chez nos amis suisses, dans le registre familier, un peureux.

On dit par exemple : "Ce pisseux s'était réfugié aux toilettes tant il avait eu peur de l'orage !".

Voir également mon article "Pisseuse" ou "Une pisseuse".

"Comme par un fait exprès" et "On le dirait fait exprès pour vous".

Ces deux locutions homographes n'ont absolument pas la même nature ni la même signification :

  • Dans "Comme par un fait exprès", le mot "fait" est en effet un substantif et "fait exprès" est donc une locution nominale, qui désigne un fait favorisant ou - le plus souvent - contrariant un projet. Et qui, bien que dû au hasard, semble voulu et concerté.

Ainsi, "fait exprès" exprime souvent, de manière ironique, la contrariété face à un empêchement.

On dit par exemple : "C'est tout de même incroyable : je dis que je veux voir une émission à la télévision et, comme par un fait exprès, tu me demandes de t'emmener faire des courses !".

  • Tandis que dans "On le dirait fait exprès pour vous", le mot "fait" est un adjectif et "fait exprès" est donc une locution adjectivale, qui désigne une adaptation naturelle, des dispositions naturelles pour ce dont il s’agit".

On dit par exemple : "Ce tailleur vous sied à ravir : on le dirait fait exprès pour vous".

Dans les deux cas le mot "fait" se prononce "faite" car le "t" final est suivi d'une voyelle.

Voir à ce sujet mon article sur la prononciation du mot fait.

"Escompter".

Ce verbe a deux significations très différentes :

  • en matière financière, escompter un effet de commerce ("traite"), c'est en obtenir le paiement avant l'échéance, moyennant une retenue ("agio"),
  • sinon, escompter quelque chose c'est la prévoir, l'attendre, l'espérer, compter dessus et se comporter, agir en conséquence.

On dit par exemple : "J'escompte bien obtenir mon diplôme en 5 ans."

"Rendre l'appareil" et "Rendre la pareille".

Ces deux locutions verbales homophones n'ont évidemment absolument pas la même signification :

  • rendre l'appareil à quelqu'un (langage courant) c'est lui restituer une machine,
  • tandis que rendre la pareille à quelqu'un (registre familier), c'est le traiter de la même manière qu'il nous a traité, lui offrir un traitement semblable à celui que l'on a reçu :
    • et cela, que ce soit en bien : il s'agit alors de retourner une faveur.

On dit par exemple : "Après l'accueil chaleureux que j'avais reçu chez mes amis, je me devais de préparer leur séjour chez moi avec soin, afin de leur rendre la pareille".

    • comme en mal : il s'agit alors de se venger, de riposter ; d'user du même procédé.

On dit par exemple : "Si tu voyais l'état pitoyable dans lequel Jacques m'a rendu mon voilier ! Je te garantis que je vais lui rendre la pareille lorsqu'il me prêtera son chalet".

Et on dit également : "Rendre la monnaie de sa pièce".

Aussi étonnant que cela puisse sembler, il semble malheureusement que de plus en plus de personnes aient tendance à également écrire "rendre l'appareil" et non "rendre la pareille" dans ce second cas.

"Un minot".

Ce mot peut désigner différentes choses :

  • c'est d'abord, pour les provençaux et les marseillais, dans le registre familier, un enfant, un adolescent, un jeune (*),
  • mais c'est également, dans la marine, une pièce de charpente spécifique,
  • et c'était enfin, autrefois, une mesure de capacité pour les matières sèches telles que le grain, équivalant à 18,5 litres.

(*) Concernant les enfants, je vous recommande la lecture de mon article sur toutes les façons de dire "Un jeune enfant ou "Un enfant".