"Quatre à quatre".

Monter quatre à quatre

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme architectural et d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Elle s'utilise à propos de la montée ou de la descente des escaliers.

Et elle signifie, par ellipse, au sens figuré : à grandes enjambées, très rapidement ; quatre marches par quatre marches, mais en pratique plutôt deux par deux.

On dit par exemple : "Je suis descendu quatre à quatre mais le facteur était déjà parti !".

Ou : "Je suis monté quatre à quatre mais j'ai raté la remise de la coupe !".

Source : www.languefrancaise.net

 

"Une tarte à la crème".

Cette locution nominale féminine relève du langage courant.

Et elle désigne :

Une tarte à la crème

  • au sens propre : une pâtisserie garnie de crème fouettée ou de crème pâtissière servant éventuellement à entarter de grands noms médiatiques avides de notoriété.

Un entartage

  • et au sens figuré :
    • un cliché, une idée reçue, une réponse toute faite, une banalité, un poncif, une platitude,

On dit par exemple : "J'en ai assez de cette tarte à la crème des américains qui ne seraient que de grands enfants illettrés".

    • ou : un thème rebattu, un sujet ramené sur le tapis de façon fatigante ; un marronnier, un thème martelé par les médias, inlassablement répété par les journalistes et leurs invités, sans jamais rien apporter de nouveau.

On dit par exemple : "Je ne comprends pas l'intérêt de cette émission : ce n'est qu'un ramassis de tartes à la crème".

On l'ignore souvent, mais cette utilisation nous vient tout droit du grand Molière.

Le comédien et dramaturge français Jean-Baptiste Poquelin dit Molière

En 1662, effet, Molière, dans L'École des femmes (acte I, vers 97), fait dire à Arnolphe qui se méfie des "tours rusés et les subtiles trames / Dont pour nous en planter savent user les femmes" : "j’aimerais mieux une laide bien sotte / Qu’une femme fort belle avec beaucoup d’esprit". Si "avec elle on joue au corbillon / Et qu’on vienne à lui dire à son tour : Qu’y met-on? / Je veux qu’elle réponde: Une tarte à la crème".

Le corbillon est un jeu de société consistant à inventer des rimes faciles. À la phrase "Je vous passe mon corbillon", suivie de la question "Qu'y met-on ?", les joueurs doivent répondre par des mots terminés en "on". Il convient donc de dire "Une tarte au citron" et non "Une tarte à la crême".

L'usage de l'expression triviale "tarte à la crème", provoque de violentes critiques, reprochant à Molière le prosaïsme de sa comédie. Comment" soutenir une pièce où l'on a mis tarte à la crème ? disait-on alors, en ville comme à la Cour.

Molière, très affecté, répond alors, dans La Critique de l'École des femmes, en 1663, par une avalanche de "tarte à la crème", qui met les rieurs de son côté et ridiculise ses critiques  :

- Le marquis : Ah, ma foi, oui, tarte à la crème! Voilà ce que j'avois remarqué tantôt; tarte à la crème. Que je vous suis obligé, Madame, de m'avoir fait souvenir de tarte à la crème!

- Dorante : Hé bien, que veux tu dire? Tarte à la crème!

- Le marquis : Parbleu, tarte à la crème, Chevalier.

- Dorante : Mais encore?

- Le marquis : Tarte à la crème.

- Dorante : Dis-nous un peu tes raisons.

- Le marquis : Tarte à la crème.

Le duc de La Feuillade, visé, agresse physiquement à Molière ("tarte à la crème Molière, tarte à la crème" disait-il en lui écrasant le visage) dont le roi Louis XIV prend la défense.

Depuis, une tarte à la crème est devenue un cliché, une réponse toute faite : "comme les marquis de La Critique de l'École des femmes : tarte à la crème est leur réponse à tout".

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"Décrépi" ou "Décrépie" et "Décrépit" ou "Décrépite".

Ces deux adjectifs ne doivent pas être confondus :

  • "Décrépi" ("Décrépie" au féminin) sans "t" signifie en effet :
    • au sens propre (participe passé du verbe décrépir) : dont on a retiré le crépi ou qui a perdu son crépi,

 

On parle par exemple d'un "mur décrépi".

Un vieux mur décrépi

    • et par extension : qui, avec le temps, a pris un aspect misérable, délabré.

On parle par exemple d'une "bâtisse décrépie".

Une bâtisse décrépie

  • tandis que "Décrépit" ("Décrépite" au féminin) avec un "t" signifie :
    • au sens propre : atteint de décrépitude, affaibli par l’âge, parvenu à un état complet de déchéance physique ; sénile, usé.

On parle par exemple d'un vieillard décrépit.

Un vieillard décrépit

    • et par extension : qui, avec le temps, a pris un aspect misérable, délabré.On parle par exemple d'une "bâtisse décrépite".

Une bâtisse décrépie

Sources : www.projet-voltaire.fr et www.larousse.fr et www.academie-francaise.fr

"Un vieux tableau" ou "Une vieille peau".

"Un vieux tableau" ou "Une vieille peau" : l'actrice états-unienne Mélanie Griffith

Ces deux locutions nominales relèvent du registre familier lorsqu'elles sont utilisées au sens figuré et désignent, de façon désobligeante : une personne âgée et en particulier une vieille femme exagérément fardée et maquillée pour son âge, jugée décatie.

Sources : www.lalanguefrancaise.com, www.larousse.fr et et www.cnrtl.fr

"Un pétrin" ou "Le pétrin".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • dans le registre désuet : un coffre de bois au fond parfois arrondi, fermé d'un couvercle à charnières, et dans lequel le boulanger pétrissait autrefois manuellement la pâte à pain.

Pétrir

On dit également "Une huche" ou "Une maie".

Un pétrin ancien en chêne massif
Un pétrin ancien en chêne massif
Un pétrin ancien en merisier
Un pétrin ancien en merisier
    • ou, plus récemment : un appareil industriel composé d'une cuve (d'abord en bois puis métallique) parfois fixe, parfois rotative, et de bras actionnés mécaniquement, utilisé pour pétrir la pâte à pain ou pour malaxer d'autres produits.

Un ancien pétrin de boulangerUn pétrin mécanique de boulanger

Un pétrin-mélangeur professionnel de boulanger
Un pétrin-mélangeur professionnel
Un pétrin à spirale
Un pétrin à spirale
  • et au sens figuré, dans le registre familier : une situation difficile, inextricable, très embarrassante, pénible, d'où il semble impossible de sortir.

On dit par exemple : "Avec cette crise économique je me retrouve dans le pétrin".

Source : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert

"À un moment donné".

Cette locution adverbiale relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • dans le langage courant : "À un certain moment", "En un temps déterminé".

On dit par exemple :  "Les ruines de Pompéi nous permettent de connaître en détails la vie des Romains à un moment donné".

  • et dans le registre familier : "Tout à coup", "Soudain".

On dit par exemple : "À un moment donné on a entendu des rafales de mitraillette".

Sources : www.academie-francaise.fr et wiktionary.org

"Des culs-de-bouteille".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel désigne :

  • au sens propre : le fond d’une bouteille, sa partie inférieure.
  • et au sens figuré :
    • en verrerie : une vitre étalée en disque dont la partie centrale plus épaisse est réalisée par soufflage en couronne,
    • ou, dans le registre familier : des lunettes aux verres très épais,

Des lunettes "culs-de-bouteilles"

On dit par exemple : "Le pauvre, avec ses culs-de-bouteille, je ne sais pas trop ce qu'il voit".

Source : wiktionary.orgE

"Frisquet" ou "Faire frisquet"

Un temps frisquet

"Frisquet" est un adjectif ou un adverbe relevant du registre familier et signifiant :

  • au sens propre : un peu frais ou assez froid.

On dit par exemple : "Il y a un petit vent frisquet aujourd'hui" (adjectif).

Ou : "Il fait frisquet ce matin : couvre toi bien" (adverbe).

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire : "Avoir très froid" ou "Faire très froid".

  • et au sens figuré : dénué de chaleur humaine, peu chaleureux, réservé, plutôt froid.

On dit par exemple : "L'accueil a été plutôt frisquet, mais il faut dire que nous avions réveillé tout l'hôtel" (adjectif).

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Prendre la plume".

Prendre la plume

Cette jolie locution verbale signifie, au sens figuré : se mettre à écrire.

On dit par exemple : "J'ai pris la plume pour demander à mon oncle s'il pourrait me dépanner financièrement".

La plume désigne ici, par métonymie, l'instrument d'écriture.

Mais la formule s'applique indifféremment à celui qui écrit à la machine ou à l'ordinateur.

"Un marronnier".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : un arbre dont on compte une quinzaine d'espèces d'arbres et arbustes caducs, réparties dans toutes les zones tempérées du globe.

Le marronnier d'Inde est très répandu dans les parcs publics et le long des avenues en Europe comme en Amérique du Nord.

Un marronnier

  • et au sens figuré, dans le jargon journalistique et dans le registre familier : un article ou un reportage d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible.

Les sujets abordés dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.

Parmi les marronniers les plus courants, on peut citer les articles concernant les soldes, le changement d'heure d'été ou d'hiver, le marché de l'immobilier, les départs en vacances, la rentrée scolaire, les fêtes de fin d'année, la météo ou encore les embouteillages.

On peut également citer les "serpents de mer", sujets non saisonniers mais néanmoins régulièrement traités, sur des thèmes sociétaux, historiques (au gré des innombrables commémorations possibles), scientifiques, etc.

Ainsi par exemple des thèmes de la franc-maçonnerie ou du marché de l'immobilier, souvent aux premières loges dans la presse hebdomadaire française.

Un serpent de mer de la presse hebdomadaire française : les francs-maçons

Source : wiktionary.org

"Pour ce faire" et "Pour se faire".

Ces deux locutions verbales homophones ne doivent surtout pas être confondues puisqu'elles ont des significations radicalement différentes :

  • "Pour ce faire" relève en effet du registre soutenu et signifie : "À cette fin", "Pour faire cela", "Dans ce but" ou "Pour parvenir à un tel résultat".

On dit par exemple : "Ne te fais pas surprendre par les températures à Montréal, en hiver. Pour ce faire, emmène ce que tu as de plus chaud et en quantité".

  • tandis que "Pour se faire" relève du langage courant et signifie : "Pour pouvoir être".

On dit par exemple : "C'est connu, les vedettes arrivent toujours en retard pour se faire désirer".

Source : www.lalanguefrancaise.com

"Émoustiller".

J'aime beaucoup ce verbe du langage courant, qui signifie, selon le contexte :

  • Mettre de bonne humeur, en gaieté.

On dit par exemple : "Rien de tel qu'une bonne blague pour émoustiller ses invités".

  • Susciter une excitation sensuelle.

On dit par exemple : "Avec cette mini-jupe tu vas émoustiller ton patron".

Sources : Le Robert