"S'immiscer".

Ce verbe polysémique du registre soutenu possède trois significations distinctes :

  • c'est d'abord, s'ingérer, intervenir dans les affaires d'autrui de manière inopportune, s'en mêler sans y être autorisé.

On dit par exemple : "Ma voisine a tendance a s'immiscer dans la conversation des gens".

  • mais également s’introduire indûment dans ce qui appartient à autrui.

On dit par exemple : "Les cambrioleurs se sont immiscé nuitamment dans la demeure afin d'y dérober l'ensemble des bijoux de la maisonnée."

  • et enfin, dans le domaine juridique, le fait d'être appelé à une succession et de jouir, comme propriétaire, des biens qui la composent.

On dit par exemple : "Celui qui s'est immiscé dans une succession a fait acte de propriétaire sur les biens qui la compose et il n'y peut plus renoncer".

Source : www.cnrtl.fr

 

 

"La Tour de Babel" et "Une tour de Babel".

  • La Tour de Babel est d'abord une tour mythique dont l'histoire nous est contée dans la Bible (XI, 1-9), dans le chapitre 11 du livre de la Genèse.

Selon le récit biblique, la Tour de Babel serait un immense monument que les hommes tentèrent de construire à Babel (nom hébreu de Babylone) dans le but de l'escalader et d'atteindre le ciel.

  • Mais, par extension, une tour de Babel est :
    • un lieu où règne le bruit et la confusion et où les gens ne se comprennent pas.
    • Ou un lieu multiculturel où de nombreuses langues sont parlées.

Source : www.linternaute.fr

Ne pas confondre : "Un grolar" et "Un gros lard" !

Un grolar ou pizzly
  • le premier mot, est un mot-valise anglo-saxon (GRizzly-pOLAR), désignant l'animal issu du croisement d'un ours blanc ou ours polaire et d'une femelle grizzly,
  • tandis que la locution "gros lard" désigne familièrement et péjorativement une personne en surpoids, de forte corpulence ou obèse.

Pour cette raison, on a naturellement tendance à privilégier dans notre pays le vocable "PIZZLY", qui est un autre mot-valise anglo-saxon (Polar-grIZZLY), désignant le croisement d'un grizzly et d'une ourse blanche, mais ayant l'avantage de ne pas prêter à confusion... ni à rire !

Voir également mon article sur "les différentes façons non grossières de parler d'une personne en surpoids".

"Allegro" ou "Un allegro".

Ce terme musical d'origine italienne désigne :

  • "Allegro" :
    • au sens propre : un adverbe servant à indiquer un tempo vif (plus rapide que l'adagio, moins rapide que le presto).

On dit par exemple : "Un morceau joué allegro".

    • et au sens figuré : un adverbe signifiant "rapidement".

On dit par exemple : "Il n'a pas ménagé ses efforts et y est allé allegro !".

  • "Un allegro" : un substantif désignant un morceau composé dans ce tempo.

On dit par exemple : "J'adore cet allegro".

Source : wikipedia.org

"Un thon".

Ce mot désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant : un poisson pélagique des eaux chaudes et tempérées, de grande taille et comestible.
Un "Thon obèse" (Thunnus obesus) également appelé "Patudo"
Un "Thon obèse" (Thunnus obesus) également appelé "Patudo"
  • et au sens figuré, dans le registre argotique : une femme de forte corpulence, jugée peu gracieuse.

Sur un thème contigu, lisez également mon article consacré à "toutes les façons de dire "Une fille laide."

 

"Hiberner" et "Hiverner".

Ces verbes paronymes sont naturellement tous deux en lien avec l'hiver, mais ils correspondent à deux activités sensiblement différentes :

  • hiberner, c'est en effet  :
    • pour un animal, tel que l'ours ou le loir, passer l'hiver dans un état d'engourdissement, de vie ralentie, de torpeur, d'insensibilité.
    • pour un malade, provoquer par des moyens physiques et l'emploi de produits pharmaceutiques, un abaissement considérable de la température du corps à des fins thérapeutiques.

Le substantif correspondant est l'hibernation.

  • tandis qu'hiverner, c'est :
    • pour un animal, se réfugier dans un abri ou dans un lieu tempéré, sans être pour autant en hibernation.
    • pour un navire ou des troupes, passer l'hiver dans un lieu protégé en attendant la belle saison.

Le substantif correspondant est l'hivernage.

Source : wikipedia.org et cnrtl.fr

"Ne pas être la moitié d'un con".

J'aime beaucoup cette expression du registre argotique qui peut signifier, selon le contexte, deux choses diamétralement opposées :

  • soit être particulièrement stupide, profondément con,

On dit par exemple : "Ce type n'est pas la moitié d'un con. Il doit bien savoir compter jusqu'à cinq !".

  • soit être remarquablement intelligent, très brillant.

On dit par exemple : "J'ai rencontré le directeur de thèse de mon fils et son érudition m'a étonné. Ce n'est pas la moitié d'un con !".

 

"Avoir l'heure" et "Avoir l'heur de".

Bien que parfaitement homophones, ces deux locutions n'ont naturellement strictement rien à voir :

  • "avoir l'heure", c'est pouvoir connaître l'heure qu'il est, de manière instantanée ; en consultant la montre que l'on porte ou le téléphone portable dont on dispose à portée de main.

Ce qui nous rend susceptible de la "donner" à la personne qui nous en fait la demande ("Auriez-vous l'heure s'il vous plaît ? Pourriez-vous me la donner ?").

"Avoir l'heure" ou "Donner l'heure"

  • tandis que "avoir l'heur de", c'est, dans le registre soutenu, avoir la chance de, avoir le plaisir de.

On dit par exemple : "Si mon projet a l'heur de plaire au président, je gage que je disposerai des moyens nécessaires pour sa mise en oeuvre".

Le mot "heur", qui relève aujourd'hui du registre désuet, signifie en effet "bonne fortune, chance heureuse", et n'est plus guère utilisé de nos jours que dans cette formule et dans le proverbe "Il n'y a qu'heur et malheur".

Ainsi qu'au travers des mots "bonheur" (bon heur) et "malheur" (mal heur).

"Le parquet" ou "Un parquet".

Ce mot désigne, selon le contexte, des choses radicalement différentes :

  • un enclos destiné à l'élevage des volailles (utilisation la moins fréquente),
  • ou un assemblage de lames de bois, clouées ou posées selon une disposition régulière, garnissant le sol d'une habitation (utilisation la plus fréquente),
  • le groupe des magistrats (procureur de la République et substituts) chargés de requérir l'application de la loi.

Source : www.cnrtl.fr

"Une plainte" et "Une plinthe".

Les deux mots n'ont évidemment strictement rien à voir l'un avec l'autre :

  • une plainte est, selon le cas, :
    • une lamentation, un gémissement exprimant la peine ou la douleur ("Les plaintes d'un blessé"),
    • un bruit long, monocorde et triste ("La plainte sinistre du vent dans la toiture d'un manoir"),
    • l'expression d'un mécontentement, d'un grief ("Susciter des plaintes")
    • ou, en droit, la dénonciation en justice d'une infraction ("Porter plainte").
  • tandis qu'une plinthe est un élément décoratif et utilitaire, constitué d'une bande de faible hauteur, placée au pied des murs, le long du sol, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un bâtiment

À l'intérieur, il s'agit souvent d'une planche de bois, de dix à douze centimètres de hauteur, bordant le bas des murs, à leur jonction avec le plancher.

"Un meurt-de-faim" et "Un mort de faim".

  • un "meurt-de-faim" est une personne manquant du strict nécessaire et n’ayant même pas de quoi manger,
  • tandis qu'un "mort de faim" est :
    • au sens propre : une personne décédée par suite d'un manque de nourriture,
    • et au sens figuré, dans le registre familier, : une personne - dans l'immense majorité des cas, reconnaissons-le messieurs, un homme - en manque de sexe, ayant tendance  à se ruer sur tout partenaire potentiel, comme le ferait un individu privé de nourriture depuis longtemps.

Ne pas confondre : "Un gros scato" et "Une grosse catho" !

Ces deux locutions du registre familier réunissent un adjectif qualificatif et l'apocope d'un substantif.

  • la première désigne un scatophile, vil pervers attiré par les excréments humains, mais pas forcément en surpoids.
  • tandis que la seconde désigne une femme catholique de forte corpulence.