"Écaler" et "Écailler".

Ces deux verbes paronymiques du langage courant ne doivent pas être confondus :

  • "Écaler" signifie en effet :

Écaler un oeuf dur

    • ou : ôter l'écale de fruits durs, tels que les amandes, noix ou pistaches.

C'est à dire : les décortiquer.

Écaler des amandes
Écaler des amandes
Écaler des noix
Écaler des noix
  • tandis que "Écailler" signifie, selon le contexte :
Écailler un poisson
Écailler un poisson
    • gratter la peau d'un poisson cru avec un "écailleur", afin d'en enlever les écailles.
Un écailleur à poissons
Un écailleur à poissons
    • ouvrir des huîtres, ce qui est le métier de l'écailler.
Écailler des huîtres
Écailler des huîtres
    • ou : faire tomber une peinture, un vernis, etc., en plaques minces.

On dit par exemple : "L'humidité a écaillé toutes les peintures".

Un mur peint tout écaillé

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Boiter" et "Boîter"

  • Le verbe "Boiter" (avec un "i") signifie : claudiquer, marcher en inclinant le corps d'un côté plus que de l'autre, ou alternativement de l'un et de l'autre.

On dit par exemple : "Depuis que je suis tombé, je boite un peu".

  • Et le verbe "Boîter" (avec un "î") n'existe pas officiellement.

Mais il est cependant utilisé par les militants politiques, dans le registre familier et en tant que néologisme, pour signifier : distribuer en boîtes à lettres (des tracts, des professions de foi).

On dit par exemple : "Je boîte dans ton quartier demain".

Ou : "Tu pourrais nous aider pour le boîtage de demain ?".

"Un matin" et "Un mâtin".

Ces deux substantifs masculins parfaitement homophones ont des significations radicalement différentes.

  • "Un matin" sans accent circonflexe désigne :
    • le début du jour.
    • ou : le temps compris entre le début du jour et la mi-journée.
  • tandis que "Un mâtin" avec un "â" désigne, dans le registre désuet :
    • un grand et gros chien de garde ou de chasse.
    • ou un chien massif et trapu, du type molossoïde, voisin du dogue de Bordeaux, dont il existe plusieurs races en Europe méridionale : le Mâtin des Pyrénées, le Mâtin espagnol ou le Mâtin de Naples, également appelé Mâtin napolitain ou, par ellipse : Napolitain.
Un mâtin de Naples, également appelé mâtin napolitain ou - par ellipse - napolitain
Un Mâtin de Naples, également appelé Mâtin napolitain ou, par ellipse : Napolitain

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Se mettre la rate au court-bouillon".

Cette expression du langage familier en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : être contrarié, s'inquiéter, se faire du souci inutilement, sans raison.

Elle est assez proche des idiotismes corporels "Se biler", "Se faire de la bile", "Se faire du mauvais sang" et "Se faire un sang d'encre", qui signifient tous : s'inquiéter, se faire du souci.

Et elle fait référence au court-bouillon, qui est un liquide de cuisson.

Source : wiktionary.org

"Un cornichon".

Un cornichon

Ce substantif masculin désigne :

Des cornichons encore sur pied
Des cornichons encore sur pied
  • au sens propre, dans le langage courant : une plante herbacée annuelle de la famille des cucurbitacées, cultivée pour ses fruits, récoltés avant maturité et confits dans le vinaigre, consommés principalement comme condiment.
Des cornichons, à peine cueillis
Des cornichons, à peine cueillis

Un bocal de cornichons au vinaigre

Le cornichon est de la même espèce que le "Concombre", dont il partage du reste le nom scientifique (Cucumis sativus).

  • et au sens figuré, dans le registre familier : une personne peu intelligente.

On dit par exemple : "Ce grand cornichon de Kevin a encore fait des siennes".

Source : wikipedia.org

"Piocher".

Ce verbe polysémique peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue.

Il signifie ainsi :

  • dans le langage courant :
    • creuser le sol, le remuer avec une pioche.
    • puiser quelque chose dans un tas (de pommes dans le compotier, de cartes, de dominos, etc.),

On dit par exemple : "J'en ai marre de ne piocher que des deux ou des trois".

    • abattre à la pioche la partie excédentaire d'une pierre, d'un enduit.
  • et dans le registre familier et le registre désuet : étudier une matière, un livre.

On disait par exemple : "Ma gonzesse finit de bûcher ses maths et après on va se regarder un film".

De nos jours, on dit, dans le même registre familier : "Bûcher".

Source : wiktionary.org

"Bébête" et" "Une bébête".

Bien que parfaitement homoĥonographes, cet adjectif et ce substantif possèdent des significations radicalement différentes :

  • "Bébête" est ainsi un adjectif  du registre familier signifiant : enfantin, niais.

On dit par exemple : "Je trouve ce brave garçon un peu bébête".

Ou : "Parfois certains jeux de mots de ce blogue me semble un peu bébêtes".

  • tandis que "Une bébête" est un substantif féminin du registre enfantin désignant : un animal, une bête ; plutôt petit et inoffensif.

On dit par exemple : "Il ne faut pas avoir peur de cette araignée, ma chérie : ce n'est qu'une petite bébête de rien du tout".

Source : www.larousse.fr

"Une logorrhée".

Ce substantif féminin du registre soutenu, que l'on a souvent du mal à orthographier, désigne :

  • au sens propre : une diarrhée verbale, ou incontinence verbale ; un trouble du langage caractérisé par un besoin irrésistible de parler.
  • et au sens figuré : un long discours creux ; du verbiage, un flux de paroles inutiles et incohérentes, un blabla prétentieux pour présenter des banalités ou une analyse plus ou moins cohérente et fondée.

Source : wiktionary.org

"Une gaffe" et "Un gaffe".

Le substantif "Gaffe peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue (langage courant, registre familier ou registre argotique) et du genre (féminin ou masculin) :

  • "Une gaffe" désigne ainsi :
    • dans le langage courant : une perche munie d'une pointe métallique et d'un crochet (appelé "Croc") à une extrémité, pour attirer à soi quelque chose.

On en utilise en particulier à bord des bateaux, et l'on parle de "Gaffe de marinier" ou "Gaffe marinière" ; le substantif féminin "Équoirre" relevant du registre désuet.

Une gaffe téléscopique pour bateau, appelée "Gaffe de marinier" ou "Gaffe marinière", et autrefois : "Équoirre"
Une gaffe télescopique pour bateau, appelée "Gaffe de marinier" ou "Gaffe marinière", et autrefois : "Équoirre"
    • et dans le le registre familier : une bêtise.

On dit par exemple : "Évite de commettre une gaffe avec ta nouvelle patronne".

  • tandis que "Un gaffe" désigne, dans le registre argotique : un gardien de prison ou "surveillant pénitentiaire".

Également appelé, dans le même registre argotique et de façon péjorative : "Garde-chiourme" ou "Maton".

Surveillants pénitentiaires

Source : wiktionary.org

"Boulonner".

Ce verbe change de sens selon le niveau de langue, puisqu'il signifie :

  • dans le langage courant : assembler au moyen d'un ou de plusieurs boulons des pièces métalliques ou de charpente.

On dit par exemple : "J'ai bientôt fini de boulonner cette poutre".

  • et dans le registre populaire : travailler.

On dit par exemple : "J'en ai marre de boulonner comme un dingue".

Source : www.cnrtl.fr

"Dans les coulisses", "Dans la coulisse" ou "Se tenir dans la coulisse".

"Une coulisse" est un substantif féminin polysémique du langage courant désignant de nombreux objets ou pièces techniques sur lesquels je ne m'étendrai pas ici aujourd'hui.

L'un d'entre eux est un châssis de toile mobiles portant les décors d'un théâtre, situé sur les côtés de la scène.

Les coulisses d'un théâtre
Les coulisses d'un théâtre

"Dans les coulisses" et "Dans la coulisse" sont par conséquent des locutions adverbiales et "Se tenir dans la coulisse" une locution verbale du langage courant évoquant, par métonymie :

  • au sens propre :
    • la partie d'un théâtre, sur les côtés et à l'arrière d'une scène, cachée au public par les décors.

On dit par exemple : "Certains acteurs - même parmi les plus grands - ont tellement le trac, qu'ils sont pris de nausée sitôt qu'ils mettent les pieds dans les coulisses d'un théâtre".

Les coulisses de l'opéra Garnier
Les coulisses de l'opéra Garnier
    • ou : le monde du théâtre.

On dit par exemple : "Cet enfant de la balle a été élevé dans les coulisses de la Comédie française.

  • et au sens figuré : la partie d’un système invisible de l’extérieur, l'aspect dissimulé ou marginal d'une entité ou d'une organisation.

On dit par exemple : "Nous allons vous faire pénétrer dans la coulisse de l'équipe de France de football".

Ou : "Les coulisses du palais Bourbon et du palais du Luxembourg - qui abritent respectivement l'Assemblée nationale et le Sénat de la République française - recèlent bien des surprises".

Source : www.cnrtl.fr

Les curieux pluriels de "Un travail" : "Des travaux", "Des professions" mais également... : "Des travails" !

"Un travail" est un substantif masculin du langage courant désignant un certain de nombre de choses et principalement :
  • avant toute chose : une activité professionnelle régulière et rémunérée.

On dit par exemple : "Avoir un travail", "Chercher un second travail", "Offrir du travail", etc.

  • mais également : l'ensemble des opérations que l'on doit accomplir pour élaborer quelque chose.

On dit par exemple : "Un travail d’embellissement et de rénovation", "Un travail de couture", etc.

  • ou encore : l'ensemble des phénomènes mécaniques qui constituent l'accouchement, grâce auquel le foetus et le placenta sont expulsés de l'utérus.

Le travail commence par les contractions de l'utérus, puis se poursuit par la naissance du bébé et se termine par l'expulsion du placenta.

Le travail, première phase de l'accouchement ; du début des contractions jusqu'à la dilatation ou l'ouverture complète du col de l'utérus
Le travail, première phase de l'accouchement ; du début des contractions jusqu'à la dilatation ou l'ouverture complète du col de l'utérus
  • ainsi que, par ellipse lexicale de "Un travail à ferrer" : un appareil servant à maintenir et immobiliser les grands animaux domestiques (principalement les boeufs et les chevaux), afin de les ferrer, les examiner, les soigner.
Un travail à ferrer
Un travail à ferrer
Mais, de façon assez curieuse, le pluriel de "Un travail" n'est pas le même dans ces trois cas, puisque l'on dit :
  • de façon générale : "Des travaux".
On dit par exemple : "Des travaux d’embellissement et de rénovation", "Des travaux de couture", etc.
  • mais "Des travails" lorsque l’on parle du "Travail à ferrer".

On dit par exemple : "J'ai encore plusieurs travails à réparer cette semaine".

  • et "Des emplois" ou "Des professions" lorsque l'on emploie le terme "travail" au sens général d’activité professionnelle.

On dit par exemple : "Je suis obligé d'avoir deux emplois pour m'en sortir financièrement" (et non "deux travails").

Ou : "Je connais pas mal de personnes qui exercent deux professions simultanément" (et non "deux travails").

Dans ce cas, en effet, il est d’usage de ne pas utiliser le mot "travail" au pluriel (qui serait ici "travaux").

Sources : www.dictionnaire-academie.fr et www.doctissimo.fr

"Les ors de la République" et "Les ors du pouvoir".

Les ors de la république : la salle des conférences du palais du Luxembourg (Sénat)

Ces deux locutions nominales masculines sont souvent utilisées par les journalistes, politologues et historiens, afin de désigner :

Les ors de la république : le palais du Luxembourg (Sénat)
Les ors de la république : le palais du Luxembourg (Sénat)
  • au sens propre : les caissons des plafonds et autres éléments de décoration dorés ornant les palais abritant les institutions de la République Française (palais de l’Élysée, palais Bourbon, palais du Luxembourg, hôtel de Matignon, etc.).
Les ors de la république : le palais de l'Élysée
Les ors de la république : le palais de l'Élysée
  • et au sens figuré : le pouvoir politique national, en France.
Les ors de la république : le salon des ambassadeurs du palais de l'Élysée
Les ors de la république : le salon des ambassadeurs du palais de l'Élysée

Sources : wikipedia.org

En perspective

Cette locution adverbiale du langage courant signifie :

  • au sens propre : relativement éloigné, mais à la portée de la vue.

On dit par exemple : "Depuis le toit-terrasse, on voit Paris en perspective".

Ou : "Dans ce tableau, on aperçoit la campagne romaine en perspective".

  • et au sens figuré : dans l'avenir ; en projet, en vue, dans les prévisions de quelqu'un.

On dit par exemple : "Cet excellent premier semestre nous laisse entrevoir une bonne année en perspective".

Ou : "Mon frère a en perspective de créer sa propre société".

Source : wiktionary.org

"Une belle fille" et "Une belle-fille".

Bien que parfaitement homophones et presque homophonographes (si l'on fait exception du trait d'union), ces deux locutions féminines du langage courant ont des significations tout à fait différentes :

  • "Une belle fille" (sans tiret) est une jeune femme dont la beauté cause une vive impression, capable de susciter l'admiration en raison de ses qualités supérieures dépassant la norme ou la moyenne.

Mais il convient davantage de dire : "Une jolie fille".

On dira par exemple : "J'ai aperçu ta voisine : c'est une jolie fille, ma foi", plutôt que "J'ai aperçu ta voisine : c'est une belle-fille, ma foi".

  • tandis que "Une belle-fille" (avec un tiret) est la fille d'un conjoint (ou d'une conjointe) issue d'une précédente union.

Appeler "Belle-fille" l'épouse de son propre fils relève en revanche du langage populaire et d'une utilisation parfaitement impropre, le terme idoine étant "une bru".

On dit par exemple :"Mon fils et ma bru vont me confier mes petits-enfants en juillet" et non : "Mon fils et ma belle-fille vont me confier mes petits-enfants en juillet".