"Remercier un collaborateur".

La double signification de cette locution verbale relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Elle est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'elle désigne, selon le contexte :

  • le remercier, le féliciter.

On dit par exemple : "Remercier un collaborateur dont on est satisfait est indispensable".

  • ou : le licencier.

On dit par exemple : "J'ai dû remercier un collaborateur pour des faits de harcèlement sexuel".

"La guigne", Avoir la guigne", "Quelle guigne !" ou "Se soucier comme d'une guigne" de quelque chose".

  • "La guigne" est un substantif féminin désignant :
    • dans le langage courant : une cerise à chair ferme et sucrée, de couleur rouge foncé ou noire,
Des cerises guigne
Cerisier guigne
    • et dans le registre argotique : la malchance, la poisse.

On dit par exemple : "Fais attention, ce type attire la guigne !".

  • "Avoir la guigne" : jouer de malchance, être très malchanceux, ne vraiment pas avoir de chance.

On dit par exemple : "J'ai la guigne : cela fait deux fois que mon train est en retard cette semaine".

  • "Quelle guigne !" : quelle malchance !

On dit par exemple : "Quelle guigne : la séance est annulée !".

  • et "Se soucier comme d'une guigne" de quelque chose ou de quelqu'un : s'en désintéresser totalement.

On dit par exemple : "Poutine se soucie comme d'une guigne des appels téléphoniques de Macron".

Sources :

"Arracher le coeur" et "Constituer un arrache-coeur".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes corporels relèvent du langage courant.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • causer une grande peine,

On dit par exemple : "Quitter l'Australie m'a arraché le coeur".

  • être la source d'une grande peine,

On dit par exemple : "Divorcer a constitué pour moi un arrache-coeur".

Le substantif "un arrache-coeur" a été popularisé par le succès de "L'arrache-coeur", dernier roman signé Boris Vian, publié en 1953 et conçu comme le premier volet d’une trilogie intitulée "Les fillettes de la reine", qui n’a jamais vu le jour.

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"Un aître", "Être", "Un être" et "Un hêtre".

Ces quatre termes homophones n'ont naturellement pas les mêmes significatications :

  • "Un aître" est un substantif masculin relevant de registre soutenu, qui, selon le contexte :
    • nous vient du latin "atrium" ("cour intérieur") et désigne :
      • un passage libre devant un bâtiment (généralement une église) et servant de cour, de parvis, de vestibule ou de porche,
      • et en particulier : un terrain libre servant de cimetière près d'une église ou une galerie couverte entourant un cimetière,
L'aître Saint-Maclou, un ancien aître charnier datant du XVIe siècle, situé au numéro 184, rue de Martainville, à Rouen (76) ; un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe
L'aître Saint-Maclou, un ancien aître charnier datant du XVIe siècle, situé au numéro 184, rue de Martainville, à Rouen (76) ; un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe
    • ou nous vient du latin "extera" ("ce qui est à l'extérieur") et désigne : l'agencement d’une maison, la disposition des diverses parties d’une habitation (le mot s'écrit également "Un être"),
  • "Être" est l'un des deux verbes auxiliaires français et relève du langage courant,
  • "Un être" est un substantif masculin relevant du langage courant désignant, selon le contexte :
    • tout ce qui vit et, spécialement, individu d'une espèce animale ; créature,

On dit par exemple : "Pas un être vivant à l'horizon".

    • une personne, un individu,

On dit par exemple : "Déplorer la mort d'un être cher".

    • la nature profonde de quelqu'un,

On dit par exemple : "Être bouleversé jusqu'au fond de l'être".

    • le fait d'être ; l'existence,

On dit par exemple : "L'être et le paraître".

    • ou : l'agencement d’une maison, la disposition des diverses parties d’une habitation (le mot s'écrit également "Un aître"),
  • et "Un hêtre" est un substantif masculin relevant du langage courant désignant : un arbre des forêts tempérées, au tronc puissant et élancé, à écorce très fine et à petite feuilles ovales caduques.

Un hêtre (© Pépinières Lecomte)Des feuilles de hêtre

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et www.lemonde.fr

 

"Tantôt".

Cet adverbe polysémique signifie, selon le contexte :

  • autrefois (registre désuet) : dans un proche avenir ; bientôt, prochainement,

On disait par exemple : "Je réparerai le toit tantôt".

  • pour nos amis belges et québecois : dans peu de temps.

On disait par exemple : "J'allumerai mon radiateur tantôt".

Ou : peu de temps auparavant,

On dit par exemple : "J'ai appris la nouvelle tantôt".

  • dans le registre familier : cet après-midi.

On dit par exemple : "Je reviendrai tantôt", "À tantôt !"ou "Je suis venu tantôt".

  • ou, dans le langage courant : un coup, une fois :

On dit par exemple : "Tantôt il pleure, tantôt il rit".

Ou : "Tantôt il pleut, tantôt il neige".

La formule "Tantôt..., tantôt..." exprime l'alternance, la succession d'un état ou d'une situation dans un/e autre.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un bailleur".

Ce substantif masculin polysémique désigne tout à la fois :

  • un individu qui baille,

On dit par exemple : "On dit souvent qu'un bon bailleur en fait bailler sept".

Un bailleur, remettant les clés d'un appartement à un couple de locataires

  • ou : une personne qui met un bien en location en échange d'un loyer.

On dit par exemple : "Notre bailleur nous a remis les clés de l'appartement ce matin".

"Que demande le peuple ?"

Cette locution verbale fait référence à la France de l'Ancien Régime.

Durant cette période en effet, les délégués aux États généraux recueillaient à travers des cahiers de doléances les voeux et demandes du peuple.

Un processus au terme duquel le roi posait la question : "Que demande le peuple ?".

De nos jours, cette formule s'emploie, au sens figuré, pour signifier que l'on est satisfait et que l'on ne saurait demander mieux.

On dit par exemple : "Un homme qui fait les courses, la cuisine et le ménage. Que demande le peuple ?".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Un TPE" et "Une TPE".

  • "Un TPE" est un Terminal de Paiement Electronique, un appareil dont j'ai déjà retracé l'historique dans un précédent article.

Un TPE (Terminal de Paiement Electronique)

  • tandis qu'"une TPE" est une Très Petite Entreprise.

"Se bousculer au portillon" ou "Ne pas se bousculer au portillon".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes des transports relèvent du registre familier.

Elles font référence au temps où l’accès aux quais du métro parisien était réglé par des portillons automatiques, lesquels provoquaient une bousculade à l’ouverture.

"Se bousculer au portillon" : voyageurs passant par les portillons automatiques d'une station de métro à Paris, en 1962, France. (Photo by Jean-Louis SWINERS/Gamma-Rapho via Getty Images)
Voyageurs passant par les portillons automatiques d'une station de métro à Paris (75), en 1962 (© Jean-Louis Swiners/Gamma-Rapho via Getty Images)

Et elles signifient, au sens figuré :

  • "Se bousculer au portillon" : y avoir une forte affluence, beaucoup de monde.

On dit par exemple : "Ça se bouscule au portillon pour pouvoir intégrer cette filière".

  • et "Ne pas se bousculer au portillon" : y avoir une faible affluence, peu de monde.

On dit par exemple : "Ça ne se bouscule pas au portillon pour les soldes cette année".

"Ne pas se bousculer au portillon" : une rue commmerçante presque déserte"Ne pas se bousculer au portillon" : une galerie marchande presque déserte

Source : witionary.org

"Filer un mauvais coton".

Une femme africaine ilant du coton à la main

Cette locution verbale en forme d'idiotisme textle relève du registre familier.

Et elle se dit, au sens figuré :

  • d'une personne dont la santé ou le moral décline au point de donner de graves inquiétudes.

On dit par exemple : "Mon grand-oncle file un mauvais coton. Je crains ne pas le revoir vivant l'été prochain".

  • ou d'une personne sur une pente dangereuse où elle risque de perdre sa fortune, son crédit, sa réputation, sa probité.

On dit par exemple :"Tu files un mauvais coton, mon vieux : encore un coup comme celui-là et plus personne ne te fera confiance !".

Source : wiktionary.org

"Halieutique" et "L'halieutique".

  • L'adjectif "Halieutique" désigne : ce qui relève de la pêche.

On parle par exemple du dramatique épuisement des "ressources halieutiques".

L'épuisement des ressources halieutiques

  • tandis que le substantif féminin "L'halieutique" désigne : l'ensemble des disciplines ayant trait aux problèmes de la pêche.

Source : www.larousse.fr

Les différentes significations du mot "rouille".

Ce substantif fémininin peut en effet, selon le contexte, désigner :

  • Le produit de la corrosion du fer en présence de l'oxygène de l'air, en milieu humide.

La rouille attaque par exemple :

    • les outils :

    • les grilles :

    • les automobiles :

    • ou les coques de bateaux :

  • une recette traditionnelle de sauce de couleur rouille utilisée dans la cuisine provençale.

La couleur de la "rouille provençale" ("rouïo", en provençal) est due à la présence de piment rouge, parfois de safran. Le piment est pilé avec de l'ail et de la pulpe de pomme de terre (ou de la mie de pain) cuite puis écrasée, délayée avec de l'huile d'olive et du bouillon.

De la rouille (sauce)

  • ou : une maladie des végétaux se caractérisant par l'apparition sur le dessus des feuilles de points jaune orangé suivis, au revers, de pustules proéminentes orangées. Les feuilles atteintes jaunissent, se dessèchent, se nécrosent puis finissent par mourir et tomber prématurément.

 

Sources : wikipedia.org et www.gastroniomiac.com