"Devoir se lever de bonne heure", "Falloir se lever de bonne heure" ou "Pouvoir se lever de bonne heure"

Ces différentes locutions verbales du registre familier signifient toutes, au sens figuré : avoir beaucoup à faire, avoir fort à faire.

C'est à dire : avoir beaucoup à travailler pour venir à bout de quelque chose, ou pour parvenir à quelque chose.

On dit par exemple :

  • "Je vais devoir me lever de bonne heure si je veux pouvoir me payer ce voyage en Afrique".
  • "Il va falloir se lever de bonne heure pour parvenir à battre cette équipe".
  • Ou : "Tu vas pouvoir te lever de bonne heure pour faire mieux que ta soeur au bac de français : elle a eu 17 à l'écrit et 18 à l'oral".

"Le babillage", "Le babillement" et "La babillerie".

Ces trois substantifs parfaitement synonymes désignent tous l'action de babiller, c'est à dire, selon le contexte :

  • parler avec abondance, d'une manière vive et volubile.

On dit par exemple : "L'été, mon mari et ses copains babillent des heures durant pendant la retransmission des étapes du Tour de France".

  • tenir des propos puérils.

On dit par exemple : "Les babillages des enfants de mon compagnon me donnent parfois mal à la tête".

  • pour un nourrisson : émettre des vocalisations spontanées.

On dit par exemple : "Je ne me lasse pas des babillements de mon fils".

  • par analogie, en parlant de certains oiseaux : chanter, gazouiller.

On dit par exemple : "Mon fils et ses copains babillent comme des canaris".

  • par métaphore, en parlant du bruit des vagues : clapoter.

On dit par exemple : "Seul, la nuit, sur mon voilier, j'adore écouter les vagues babiller sous mon hublot".

  • péjorativement : parler avec abondance et vite, pour le seul plaisir de parler ; tenir des propos futiles sans ordre ni suite.

On dit par exemple : "Je n'en pouvais d'entendre ma tante babiller ainsi tant et plus".

  • et, enfin, par extension : dire du mal de quelqu'un, jaser sur quelqu'un.

On dit par exemple : "Mon gardien ne cesse de babiller sur l'ensemble des propriétaires de la résidence".

Sources : www.cnrtl.fr

"Transmuer" et "Transmuter".

Ces deux verbes parfaitement synonymes signifient tous deux : transformer un élément en un autre.

Et notamment :

  • transformer une substance en une autre, en changeant sa nature.

En particulier :

    • changer des métaux vulgaires en métaux nobles par les procédés de l'alchimie.
    • et, en physique nucléaire : transformer un élément chimique en un autre par une modification du noyau atomique de l'élément.

Cette "transmutation nucléaire" est également appelée "mue atomique".

  • et, en littérature : changer, transformer totalement une chose en une autre.

On dit par exemple : "Transmuter le réel par l'écriture".

Le substantif féminin correspondant est la "transmutation" ; le terme "transmuation" n'existant pas.

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Se bouger le cul", "Se bouger le popotin", "Se bouger les fesses", "Se remuer le cul", "Se remuer les fesses" et "Se remuer le popotin".

"Se bouger le cul", "Se bouger les fesses", "Se remuer le cul" sont des locution verbales relevant du registre  argotique.

Tandis que "Se bouger le popotin" et "Se remuer le popotin" appartiennent au registre familier.

Mais toutes les cinq sont des idiotismes corporels.

Et elles signifient, selon le contexte :

  • passer à l'action, se mettre au travail.
  • ou : se dépêcher.

On dit par exemple :

    • "Il va falloir se bouger le cul pour réussir à être à l'heure".
    • "Il serait temps que tu te bouges le popotin si tu veux avoir ton bus".
    • "Si tu ne te bouges pas les fesses rapidement, mon pote, tu vas la perdre cette gonzesse".
    • "Tu devrais te remuer le cul pour trouver un boulot vite fait, je crois".
    • ou : "Si on ne se remue pas le popotin, on va rater l'appel".

Et on les utilise souvent sous forme d'interjections :

    • "Bouge-toi le cul !" ou "Bouge ton cul !".
    • "Bouge-toi le popotin !" ou "Bouge ton popotin !".
    • "Bouge-toi les fesses !" ou "Bouge tes fesses !".
    • "Remue-toi le cul !" ou "Remue ton cul !".
    • "Remue-toi le popotin !" ou "Remue ton popotin !".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Se dépêcher" en français.

"Un politologue" ou "Un politiste".

Ces deux substantif s masculins rigoureusement synonymes désignent : un spécialiste de la science politique, l'objet de la science politique étant l'étude des phénomènes politiques qui renvoient aux différentes facettes de la gestion de la vie en collectivité.

Le qualificatif s'applique à différents métiers, parmi lesquels chercheur, consultant, analyste et sondeur.

Source : wikipedia.org

"Un mélangeur", "Un touilleur" ou "Un touilloir".

Ces trois substantifs masculins parfaitement synonymes appartiennent au langage courant.

Et ils désignent :

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs)

  • avant toute chose : une tige, parfois décorée, servant à mélanger un cocktail dans un verre.

Ces tiges peuvent être :

    • jetables ou réutilisables,

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs)

    • en plastique, en bois ou en métal,
    • publicitaires.

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs) publicitaires

Et celui qui les collectionne se nomme... "Un tudiculaphile".

  • mais aussi : une personne qui touille.

Ainsi existait-il autrefois un petit métier, aujourd'hui bien sûr disparu : le touilleur de glu.

  • et, enfin, pour nos amis québecois : un ustensile de cuisine en forme de spatule, utilisé pour mélanger la salade.
Touilleurs à salade québecois
Touilleurs à salade québecois

Il s'agit bien évidemment de l'équivalent des "couverts à salade" que nous utilisons en France métropolitaine.

Couverts à salade en bois
Couverts à salade en bois

Attention : le "Touilleur" ou "Touilloir" ne doit pas être confondu avec la "Touillette" !

Source : wiktionary

"Susdit", "Susdite", "Susdites" ou "Susdits" et "Susmentionné", "Susmentionnée", "Susmentionnées" ou "Susmentionnés".

J'aime beaucoup ces deux adjectifs parfaitement synonymes du registre soutenu qui signifient respectivement :

  • "Susdit" : dit ci-dessus, précédemment évoqué.

On dit par exemple : "L'individu susdit a été aperçu à deux reprises rôdant aux alentours de la villa".

  • "Susdite" : dite ci-dessus, précédemment évoquée.

On dit par exemple : "La susdite victime a agonisé des heures durant".

  • "Susdites" : dites ci-dessus, précédemment évoquées.

On dit par exemple : "Les personnes susdites seront convoquées ultérieurement".

  • "Susdits" : dits ci-dessus, précédemment évoqués.

On dit par exemple : "J'ai toujours adoré les films susdits".

  • "Susmentionné" : mentionné ci-dessus, précédemment évoqué.

On dit par exemple : "Encore un film du réalisateur susmentionné".

  • "Susmentionnée" : mentionnée ci-dessus, précédemment évoquée.

On dit par exemple : "Comme beaucoup d'autres, la loi susmentionnée n'a jamais été appliquée".

  • "Susmentionnées" : mentionnées ci-dessus, précédemment évoquées.

On dit par exemple : "Les scènes susmentionnées ont toutes été tournées en studio".

  • et "Susmentionnés" : mentionnés ci-dessus, précédemment évoqués.

On dit par exemple : "Je n'ai jamais voté pour un seul des projets susmentionnés".

"Un référentiel galiléen" ou "Un inertiel".

Il s'agit d'un référentiel dans lequel le principe d'inertie est vérifié, c'est-à-dire que tout corps ponctuel "libre" (sur lequel ne s'exerce aucune force ou sur lequel la résultante des forces est nulle) est en mouvement.

Ce référentiel est dit "galiléen" en hommage au mathématicien, géomètre, physicien et astronome italien du XVIIe siècle Galilée.

Source : wikipedia.org

"Pontifical", "Ponticale", "Pontificales" et "Pontificaux".

Cet adjectif du registre soutenu désigne ce qui est relatif au souverain pontife, au pape.

Et que l'on qualifie plus couramment, dans le langage courant, de "Papal", "Papale", "Papales" et "Papaux".

On dit par exemple :

  • "Le droit pontifical" ou "L'habit pontifical",
  • "Une propriété pontificale" ou "La résidence d'été pontificale de Castel Gandolfo",
  • "Les messes pontificales" ou "Les visites pontificales",
  • et "Les appartements pontificaux" ou "Les États pontificaux".

"Une année bissextile" ou "Un an bissextil"

Ces deux locutions nominales parfaitement synonymes désignent : une année de 366 jours (au lieu de 365), revenant tous les 4 ans et dont le mois de février comporte 29 jours (au lieu de 28).

Font exception à cette règle : les années dont le millésime est divisible par 100 mais non par 400. Ainsi, 1600 et 2000 étaient des années bissextiles, puisqu'elles étaient divisibles par 100 et par 400. Mais 1700, 1800 et 1900 ne l’ont pas été, puisqu'elles étaient bien divisibles par 100 mais pas par 400.

Le principe de l'année bissextile consiste donc à ajouter un jour (le 29 février) tous les 4 ans, sauf 3 fois tous les 400 ans.

2020 est une année bissextile et les prochaines seront donc 2024 et 2028.

Les années bissextiles ont été instaurées à partir de 1582, lors de la mise en place du calendrier grégorien.

Et cela afin de compenser la différence de temps entre l'année calendaire (365 jours) et l'année solaire, c'est-à-dire le temps pris par la Terre pour effectuer une révolution complète autour du Soleil, qui est de 365,2422 jours. Un jour surnuméraire est donc ajouté régulièrement pour que la moyenne de la durée des années calendaires soit la plus proche possible de l'année solaire. Sans cette correction, la date des saisons se décalerait progressivement dans le calendrier.

Sources : www.larousse.fr, www.futura-sciences.com et wikipedia.org

"En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule", "Chier pour son matricule" ou "En prendre pour son matricule".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes militaires signifient : aller mal, barder, être mauvais, dangereux, fâcheux ; avoir des ennuis, des problèmes, du souci à se faire ; se faire fortement gronder, punir, sanctionner, sermonner.

On dit par exemple :

  • "Si tu ne rentres pas tout de suite tu vas en prendre pour ton grade car les parents sont furieux",
  • "Ça va barder pour son matricule si Michel oublie encore l'anniversaire de sa gonzesse",
  • "Ça va chier pour ton matricule car le patron a appris que c'était toi qui avais rayé la carrosserie de sa bagnole",
  • ou : "J'en ai pris pour mon matricule au boulot car cela faisait trois fois que j'arrivais en retard cette semaine".

Toutes ces expressions remontent au début du XXe siècle et puisent leurs sources dans l'argot des casernes et des prisons.

Dans l'administration pénitentiaire ou à l'armée, en effet, le "Matricule" désigne d'abord : le registre où sont inscrits et répertoriés les noms des prisonniers ou soldats, avec leur numéro d'inscription sur ce registre matricule.

Et, par extension : le prisonnier ou le soldat lui-même.

"Pour son grade" ou "Pour son matricule" s'emploie donc à la place de "pour lui".

En terme de niveaux de langage :

  • "En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule" et "En prendre pour son matricule" relèvent du registre familier,
  • tandis que "Chier pour son matricule" appartient au registre vulgaire ainsi qu'au registre scatologique.

Sources : www.languefrancaise.net et expressions-francaises.fr