"Tenir le bon bout".

Cette locution verbale qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers ainsi que nos jeunes enfants relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : être en bonne position ; sur le chemin de la réussite, sur la bonne voie ; sur le point de réussir une mission, un parcours ; arriver au terme d'un projet entrepris.

On dit par exemple : "J'espère finir ma rédac avant le match de ce soir : je tiens le bon bout !".

Ou : "Ma fille aînée commence sa dernière année d'internat : elle tient le bon bout !".

Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr, wikipedia.org et www.expressio.fr

Qu'est-ce que "La montaison" ?

Ce joli substantif féminin souvent méconnu est polysémique, puisqu'il désigne tout à la fois, selon le contexte :

  • la montée en graines des légumes et végétaux, se traduisant par un allongement rapide des entre-noeuds de la plante constituant une tige dressée florifère.

La montaison des légumes

  • et la migration de certaines espèces de poissons qui remontent les cours d'eau pour aller frayer.

Ainsi par exemple des anguilles.

Ou des saumons, qui quittent le milieu salé pour remonter les fleuves et s'y reproduire.

  • ou : la saison pendant laquelle a lieu cette migration.

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Flasque", "Une flasque" et "Un ou une flasque".

Ces différents termes homophonographes relèvent tous du langage courant.

Et ils ne doivent surtout pas être confondus.

  • "Flasque" est en effet un adjectif signifiant :
    • au sens propre : mou, manquant de tenue et de fermeté,

On parle par exemple d'un "ventre flasque" ou de "chairs flasques".

Le mnemiopsis leidyi, un envahisseur translucide et gélatineux, qui colonise les étangs et lagunes de Méditerranée (© F3 LR)
Le mnemiopsis leidyi, un envahisseur translucide et gélatineux, qui colonise les étangs et lagunes de Méditerranée (© F3 LR)
    • et au sens figuré : qui manque de vigueur, de consistance, de caractère,

On parle par exemple de "couleur flasque" ou de "bruit flasque".

  • tandis que le substantif féminin"Une flasque" désigne :
    • principalement : une petite bouteille plate, souvent en inox et de forme incurvée,

    • mais également : un flacon plat utilisé pour transporter le mercure,
    • et autrefois (registre désuet) : une poire à poudre utilisée par les arquebusiers,
  • et le substantif masculin ou féminin "Un(e) flasque" désigne :
    • chacune des pièces plates de fer ou de bois, allant par paire, qu'on dispose parallèlement dans un mécanisme,

On parle par exemple des "flasques d'une échelle" ou des "flasques des pédales d'une bicyclette".

    • et notamment : chacune des joues du moyeu d'une roue,

Des flasques de roue

    • ou, dans le domaine de l'artillerie : chacune des pièces latérales soutenant l'affût d'un canon et sur lesquelles s'appuient les tourillons,
    • et, dans le domaine maritime : les pièces de bois disposées latéralement à l'emplanture d'un mât, appelées "Flasques d'emplanture" ou "Jottereaux".
    • et par analogie : la pièce située au bas d'un poteau pour le maintenir.

Sources : www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et Le Robert

On n'écrit pas : "Un lègue" ni "Un leg" !

Un legs

Mais ! "Un legs" !

Avec un "s" muet au singulier.

Ce substantif masculin invariable relève du domaine juridique.

Et il désigne, selon le contexte :

  • en droit civil : un don par testament, c'est à dire une disposition à titre gratuit effectuée par un testateur de ses biens, en tout ou partie, au profit d'une ou plusieurs personnes physiques ou morales.

Le legs peut être particulier, universel, ou à titre universel.

  • par métonymie : le ou les biens ainsi laissés,

On dit par exemple : "Mon cousin est le bénéficiaire d'un legs très important de la part de mon oncle".

  • et au sens figuré, dans le registre soutenu : ce qu'une génération transmet aux générations suivantes ; l'héritage.

On dit par exemple : "Le legs de notre génération en matière d'environnement est proprement terrifiant".

Sources : Le Robert, www.larouse.fr et www.cnrtl.fr

"La bile".

Ce substantif féminin désigne :

  • au sens propre : l'humeur sécrétée par le foie et stockée dans la vésicule "biliaire".
  • et au sens figuré : la colère (du grec "khole" signifiant "bile").

On croyait en effet autrefois que la colère était le produit de l’échauffement de la bile.

D'où l'expression en forme d'idiotisme corporel "Échauffer la bile".

Source : wiktionary.org

On n'écrit pas : "Pour qu'il n'y est pas d'ambiguïté" ni "Pour qu'il n'y est pas d'incompréhension" !

Ainsi que je viens malheureusement de le lire sur un tweet publié par le site www.tfiinfo.fr.

Capture d'écran du 13 octobre 2022 du site tf1info.fr

Mais bien sûr : "Pour qu'il n'y AIT pas d'ambiguïté" !

C'est à dire : troisième personne du subjonctif présent du verbe "Être".

Et non : troisème personne de l'indicatif présent du verbe "Être".

Source : www.tf1info.fr

"Un recensement" et "Une recension".

Ces deux termes paronimiques ne doivent surtout pas être confondus.

  • "Recensement" est en effet un substantif masculin désignant, selon le contexte :
    • une opération administrative consistant à faire le dénombrement détaillé de la population d'un État, d'une région, d'une ville, etc.

On dit par exemple : "Le recensement de 2015 fait état de 142 668 habitants pour Aix-en-Provence".

    • l'action de recenser des êtres, des choses ; un compte ou un inventaire détaillé ; le fait d'être recensé.

On dit par exemple : "J'ai ordonné un recensement de l'ensemble des établissements restant à aménager".

    • le dénombrement des jeunes soumis aux obligations du service national jusqu'en 2002, puis, à partir de cette date, à celle du "parcours citoyen".

Les jeunes gens et, depuis le 1er janvier 1999, les jeunes filles sont recensés dès leur seizième année.

    • ou l'inventaire des équipements de toute nature susceptibles d'être requis en temps de guerre.
  • tandis que "Recension" est un substantif féminin désignant, selon le contexte :
    • la vérification d'un texte d'après les manuscrits,
    • ou : l'analyse et le compte rendu critique d'un ouvrage dans une revue ; l'examen critique d'un texte.

Source : www.larousse.fr

"La fin de l'histoire".

La fin de l'Histoire est concept philosophique qui trouve sa source dans certaines exégèses des travaux de Hegel, notamment dans les travaux du philosophe français Alexandre Kojève. Il a été remis au goût du jour après la chute du mur de Berlin par le chercheur états-unien Francis Fukuyama, comme terme final de l'Histoire.

Considéré comme l'un des essais les plus importants de la fin du XXe siècle, "La fin de l'Histoire et le dernier homme" ("The end of History and the last man") a en effet été publié en 1992.

"La fin de l'histoire" : essai états-unien de Francis Fukuyama, publié en 1992

L'origine de la notion de "fin de l'Histoire" est régulièrement attribuée à Hegel par certains de ses commentateurs, tandis que le philosophe ne l'aborde jamais de front : plutôt que d'une fin, il s'agit d'un achèvement qui ouvre à une nouvelle période liée à l'essor de la Science.

Le philosophe allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le 27 août 1770 et mort le 14 novembre 1831

L'hypothèse de la fin de l'histoire a été reprise au milieu du XXe siècle par le philosophe Alexandre Kojève, qui soutient que l'histoire est d'ores et déjà finie.

Le philosophe français d'origine russe Alexandre Kojève

L'hypothèse de la fin de l'histoire a été relancée par Francis Fukuyama peu avant la chute du mur de Berlin.

L'essayiste états-unien Francis Fukuyama

Considérant la fin des dictatures dans la péninsule Ibérique (Salazar, franquisme), en Grèce (dictature des colonels) ou en Amérique latine (juntes) puis le début de l'éclatement de l'Union soviétique dans les années 1970 et 1980, ce chercheur conclut que la démocratie libérale et l'économie de marché n'auront désormais plus d'entraves et que la guerre devient de plus en plus improbable. La démocratie libérale satisfait seule le désir de reconnaissance, qui serait l'essence absolue de l'Homme.

Cette théorie, qui précède de peu celle du choc des civilisations de Samuel Huntington, sera très débattue dans les années 1990.

Source : wikipedia.org

"Une affectation".

On l'ignore souvent, mais Ce substantif féminin polysémique nous vient du latin "Affectatio" ("Attribution").

Et il possède de très nombreuses significations :

  • Action de montrer une grande prédilection pour (une chose) (cf. affecter1A) :Action d'afficher une attitude peu naturelle et le cas échéant peu sincère; p. ext., attitude qui manque de naturel ou de sincérité.action d'affecter (un comportement) ; comédie, simulation,
    manque de sincérité et de naturel (dans le comportement, le style).

la destination, l'application de quelque chose à un usage déterminé ; son attribution, son imputation.

On dit par exemple : "Nous favoriserons l'affectation de crédits à des projets éducatifs".

  • dans le domaine militaire : l'action d'assigner un poste, la nomination à un poste ; ou ce poste lui-même.

On dit par exemple : "Je dois rejoindre mon affectation d'ici deux semaines".

L'affectation de défense, attribution d'un emploi, ou emploi donné, dans le service de défense.

L'affectation de mobilisation est l'attribution d'un emploi, ou l'emploi donné à un militaire d'active ou de réserve dans une unité mobilisée.

Et l'affectation spéciale est l'affectation donnée, dans la disponibilité et la réserve du service militaire, à certains personnels, en raison de leur situation civile et de leurs capacités professionnelles, pour faire partie des corps spéciaux ou de cadres d'assimilés spéciaux.

  • dans le domaine des mathématiques : l'action d'attribuer une grandeur à une variable.
  • dans le domaine juridique : l'acte ou le fait ayant pour conséquence d'incorporer un bien au domaine public.

L'affectation hypothécaire est un acte par lequel on hypothèque un ou plusieurs immeubles pour garantir une créance.

  • dans le domaine informatique : l'attribution, l'assignation d'une valeur à une variable,
  • dans le domaine de la sylviculture : la surface qui doit être régénérée pendant un temps déterminé appelé "période", dans une forêt traitée en futaie régulière.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Faire machine arrière" ou "Faire marche arrière".

Ces deux locutions verbales relèvent du langage courant.

Elles font référence au domaine ferroviaire et au domaine automobile, puisqu'elles signifient :

  • au sens propre : revenir en arrière, reculer.

On dit par exemple : "Il y avait un marché et j'ai dû faire marche arrière".

Une femme faisant marche arrière

  • et au sens figuré : se rétracter ; changer d'opinion ; renoncer à une mesure ou un projet, ou les modifier de manière conséquente.

On dit par exemple : "On peut penser que le gouvernement risque de devoir faire machine arrière".

Capture d'écran du site francetvinfo.fr du 29/04/2019
Capture d'écran du site francetvinfo.fr du 29/04/2019

Source :

"Louer un appartement".

La double signification de cette locution verbale relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Elle est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'elle désigne, selon le contexte :

  • mettre en location un appartement que l'on possède à un locataire en échange d'un loyer,

On dit par exemple : "Mon propriétaire (ou mon bailleur) me loue un appartement au 3e étage pour 700 euros par mois, charges non comprises".

  • ou : prendre en location l'appartement d'un bailleur en échange d'un loyer,

On dit par exemple : "Après mon divorce j'ai dû louer un appartement".

"Un hôte".

La double signification de ce substantif masculin relevant du langage courant ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Il est en effet à la fois polysémique et énantiosémique, puisqu'il désigne, selon le contexte :

  • la personne qui reçoit des invités, qui donne l'hospitalité,

On dit par exemple : "Notre hôte avait bien fait les choses et choisi un traiteur renommé".

  • ou : la personne qui est reçue quelque part, à qui l'on donne l'hospitalité

On dit par exemple : "Mon chéri : pense à montrer à nos hôtes l'éclairage nocturne de la piscine".

En revanche, le substantif féminin "hôtesse" ne désigne que la personne qui reçoit. La personne reçue, même s'il s'agit d'une femme, conserve la dénomination d"hôte".

Une hôtesse accueillant ses hôtes devant sa maison et leur en remettant les clés
Une hôtesse accueillant ses hôtes devant sa maison et leur en remettant les clés

Source : wikipedia.org