"Un hétéronyme".

Ce mot polysémique peut revêtir pas moins de 6 significations différentes et désigner, selon les cas :

  • dans le domaine de la traduction d'une langue à une autre, des mots au sens très proche, mais ne décrivant toutefois pas exactement la même réalité.

Par exemple : l'anglais "river" et le français "rivière".

  • des mots désignant des objets ou des êtres étroitement unis par le sens au point de constituer des couples, paires ou groupes naturels, mais que l'on ne peut classer ni comme synonymes, ni comme antonymes.

Par exemple : "frère" et "sœur" ou "chaise", "fauteuil" et "banc",

  • des mots homographes, c'est à dire identiques par la graphie, mais qui diffèrent par la prononciation et la signification.

Par exemple : des poules qui "couvent" et un "couvent".

  • en biologie, deux organes ou deux parties d'un même organe, situés de chaque côté du plan médian ou se trouvant en relation d'opposition.

Par exemple : les poumons.

  •  en littérature, un pseudonyme utilisé par un écrivain pour incarner un auteur fictif, possédant une vie propre imaginaire et un style littéraire particulier.

Par exemple : "Danielle Sarréra", pour l'écrivain et poète français Frédérick Tristan. Cet auteur imaginaire fut longtemps considérée comme une jeune poétesse, dont l'œuvre (publiée en 1951-1953) faisait partie des "textes poétiques importants du XXe siècle" ("Histoire de la poésie française" en 9 volumes de Robert Sabatier, 1975-1982) !

  • voire un pseudonyme auquel un écrivain a cherché à donner une existence concrète, en lui prêtant une biographie et une œuvre distinctes de la sienne.

L'un des exemples les plus célèbres en la matière est celui de l'écrivain français d'origine lituanienne Romain Gary, né Roman Kacew, le 21 mai 1914 et mort le 2 décembre 1980. Cet aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, réalisateur et scénariste a en effet d'abord été lauréat une première fois du prix Goncourt, en 1956, sous son nom de plume de Romain Gary, pour "Les racines du ciel". Puis une seconde fois, en 1975, pour "La vie devant soi", publié sous l'hétéronyme d'Émile Ajar, qu'il avait décidé de faire incarner, de 1974 à 1981, par son petit-cousin Paul Pavlowitch, un écrivain, journaliste et éditeur français, présenté comme son neveu et l'auteur de quatre de ses romans.

"CHR", "CHRD", "CAHORE" ou "HORECA".

Ces sigles et acronymes ou mots-valise désignent tous à peu près le même type d'établissements :

  • Les sigles "CHR" et CHRD" désignent en effet les "Cafés-Hôtels-Restaurants" ou les"Cafés, Hôtels, Restaurants et Discothèques",
  • tandis que les acronymes ou mots-valise "CAHORE" et "HORECA" signifient "CAfés HOtels REstaurants" et "HOtellerie, REstauration et CAfés".

"Être HS" ou "Être hors service".

Ces deux locutions verbales signifient :

  • au sens propre : Non opérationnel et donc, en langage courant : en panne.

On place par exemple un panonceau "Hors service" sur la porte d'un ascenseur en cours de révision.

Ou un papier mentionnant "HS" sur un photocopieur en attente de réparation.

  • et au sens figuré, dans le registre familier : épuisé, vanné, incapable de continuer ou de faire quoi que ce soit, en parlant d'une personne.

On dit par exemple : "Avec la canicule et mes huit voyages quotidiens en transports en commun non climatisés, je suis complètement HS lorsque j'arrive chez moi !".

"Angelin Preljocaj" et "Catherine Preljocaj".

Ce prestigieux danseur et chorégraphe français de danse contemporaine est né en France, le 19 janvier 1957, mais est - comme son nom l'indique - d'ascendance albanaise.

Originaires d'Ivangrad en ex-Yougoslavie (aujourd'hui Berane, au Montenegro) , ses parents, arrivés en France comme réfugiés politiques, appartenaient en effet à la communauté albanophone de la confédération.

Son travail chorégraphique, très imprégné de l'histoire des ballets classiques, est résolument contemporain et la ville d'Aix-en-Provence (13) s'enorgueillit, depuis 1996, d'héberger son "Ballet Preljocaj" au sein du Centre chorégraphique national (CCN) "Le Pavillon Noir", construit en 2006.

Tout comme sa soeur, l'écrivaine française Catherine Preljocaj, née en 1959, Angelin Preljocaj a conservé son joli patronyme, qui, sachez-le, se prononce "Pré-lio-caille".

"Une péripatéticienne".

Ce mot directement dérivé du grec signifie de manière littérale "qui aime se promener en discutant".

  • Il désigne, au sens propre, une adepte du péripatétisme, la doctrine d'Aristote,
  • mais il est essentiellement utilisé, par plaisanterie, pour désigner une prostituée arpentant les trottoirs pour racoler les clients.

D'abord limitée au milieu estudiantin, cette utilisation du mot a progressivement gagné le reste de la population, même si elle continue naturellement de relever du registre soutenu.

Source : wiktionary.org

"Un dinosaure".

Des dinosaures

Ce substantif masculin du langage courant désigne :

  • au sens propre : un type d'animal autrefois classifié parmi les reptiles mais qui, dans une approche moderne, est considéré comme appartenant à un clade, lui-même membre de celui des sauropsidés, qui contient les reptiles et les oiseaux.

Les dinosaures se distinguent des reptiles classiques en grande partie parce qu'ils sont érigés sur des membres verticaux, comme les mammifères, contrairement aux lézards et aux crocodiles par exemple. Il y a de bonnes raisons de penser que nombre de dinausaures étaient également à sang chaud, ou pour le moins qu'ils n'étaient pas à sang-froid comme les reptiles ; certains ayant des comportements sociaux complexes, prenant même soin de leurs progénitures.

Les dinosaures constituaient un clade très diversifié d'animaux bipèdes et quadrupèdes, carnivores et herbivores, dont le succès évolutif était considérable pendant plus de 170 millions d'années. Apparus au Trias il y a environ 240 millions d'années, ils ont presque tous disparu il y a environ 66 millions d'années, à la fin du Crétacé, ne laissant que les oiseaux comme représentants de ce clade. On trouve des restes fossilisés de dinosaures un peu partout sur la planète et notamment dans les Badlands en Amérique du Nord, mais aussi au Maroc, en Argentine et en Mongolie.

Le terme "Dinosaure" a été forgé en 1842 par le paléontologue britannique Richard Owen à partir du grec ancien "Deinos" ("Terriblement grand") et "Sauros" ("Lézard"). Les dinosaures dont on avait alors retrouvé les fossiles apparaissaient comme un groupe de reptiles particuliers de très grande taille. Et l'on a longtemps pensé qu'il s'agissait d'animaux lents et patauds, aussi peu intelligents et sociaux que des lézards. Nous savons aujourd'hui qu'il n'en était rien et que beaucoup de dinosaures n'étaient pas de grande taille, mais pouvaient être aussi petits qu'un poulet et posséder des plumes.

On distingue deux grands types de dinosaures selon la morphologie de leurs bassins, à savoir les saurischiens et les ornithischiens. Les saurischiens comprenaient les sauropodes (herbivores, les plus grands des dinosaures, comme les Ttitanosaure) et les théropodes (carnivores, comme le Tyrannosaurus rex). Les ornithischiens étaient très variés et tous herbivores (comme le Stégosaure ou le Tricératops).

Contrairement à ce que pense généralement le grand public, plusieurs animaux de grande taille du Mésozoïque, comme les mosasaures, les plésiosaures et les ptérosaures n'étaient pas des dinosaures, mais des reptiles marins et volants ayant disparu tout comme les dinosaures, lors de la grande extinction d'il y a environ 66 millions d'années.

  • et au sens figuré :
    • une personne en place depuis très longtemps quelque part. Que ce soit au sein d'une entité (entreprise, parti, etc.) ou dans un milieu professionnel (musique, politique, sport, etc.).

On dit par exemple :"Mick Jagger est un dinosaure du rock".

    • ou un individu dépassé par la modernité, même s'il a pu être autrefois influent et novateur.

On disait par exemple : "Jean-Pierre Chevénement et Édouard Balladur sont des dinosaures de la politique".

Source : www.futura-sciences.com

"Des curiosa".

Ce terme issu du latin, que l'on pourrait traduire par "curiosités" (au sens de "curiosités malsaines"), désigne, dans certains classements de libraires, des publications à caractère érotique.

Et est parfois utilisé, par extension, - et de manière erronée puisque le mot ne doit normalement s'utiliser qu'au pluriel - dans d'autres domaines, pour désigner une oeuvre à part, étrange, curieuse.

Ainsi, lorsque l'historien du cinéma Patrick Brion qualifie de "Curiosa" le film états-unien de 1953 de Robert Wise "Destination Gobi", dans le documentaire proposé en supplément du DVD sorti en 2014.

 

 

"Le rectum" et "L'anus".

Ces deux termes latins sont souvent confondus alors qu'ils ne désignent pas du tout la même partie de notre corps :

  • le rectum (ellipse du latin "rectum intestinum") est en effet la dernière partie du gros intestin, qui aboutit à l'anus,
  • tandis que l'anus constitue l'orifice du rectum, que l’on appelle familièrement "Le trou du cul" et, de manière argotique, "Le trou de balle".

"J'ai bien l'honneur".

Cette ellipse de "J'ai bien l'honneur de vous saluer" ou "J'ai bien l'honneur d'être votre serviteur", constitue une formule permettant de clore une entrevue et de prendre congé de son interlocuteur, en le saluant lorsque l'on part (registre désuet).

 

On ne dit pas : "Honni soit qui manigance" !

Comme l'a très astucieusement fait Coluche dans ce génial calembour, que l'on peut retrouver dans "Les inoubliables", un recueil d'aphorismes posthume, publié en 1992 aux Éditions Fixot.

Explication du calembour
« Il résulte de l’homophonie entre la formule inventée par Coluche « Honni soit qui manigance » et la devise du Très noble ordre de la Jarretière « Honni soit qui mal y pense » . »

Mais "Honni soit qui mal y pense".

  • Cette expression constitue en effet la devise (en français) du très noble ordre de la Jarretière, le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et le plus ancien subsistant encore au XXIe siècle.
  • Et elle s'emploie chez nous, de nos jours, à l'attention de ceux qui suspecteraient des intentions malicieuses ou malveillantes derrière des paroles prononcées ou des actes accomplis sans aucune arrière-pensée.

Ce qui pourrait se dire de manière plus moderne par une formule du type : "Honte à celui qui voit le mal (dans mon geste ou dans mon propos)".

On dit par exemple : "Honni soit qui mal y pense : lorsque je regarde la femme du directeur je suis  en admiration car je trouve qu'elle a un corps sublime".

www.expressio.fr

 

"La sérénité".

Ce joli substantif féminin du langage courant désigne :

  • au sens propre, dans le registre désuet et dans le registre soutenu : l'état du temps, du ciel ou de l'air lorsqu'ils sont sereins,

On dit par exemple : "La sérénité du temps nous permet de faire toutes les sorties en mer que nous voulons".

  • et, au sens figuré : la tranquillité, le calme, la confiance, l'absence de trouble ou d’agitation,

On dit par exemple : "Avec des collaborateurs aussi performants, je peux partir en toute sérénité".

  • mais il constitue également, un titre honorifique accordé autrefois à certains souverains ou princes ("Votre sérénité").

Source : wikipedia.org

Un bus qui n'est pas en service n'est pas "Hors service" !

  • La mention "Hors Service", que l'on a coutume de trouver sur la porte des ascenseurs ou en travers des escaliers mécaniques signifie "Non opérationnel" et donc, en langage courant : "En panne".

Un bus "Hors Service" ne peut donc normalement, à mon sens, qu'être à l'arrêt, "non roulant". Et non se déplacer allègrement sur son trajet habituel, comme le font à longueur de temps les véhicules de la RTM...

  • Tandis qu'un bus arborant la mention "Je ne suis pas en service", comme le font ceux de "Le car", la navette autoroutière de la RDT 13, opérateur de "La Métropole mobilité" reliant Aix-en-Provence (13) à Marseille (13), peut légitimement rouler et passer devant votre arrêt sans s'arrêter ni faire injure à votre bon sens...

Qu'ils en soient ici remerciés !