Ce chapitre rassemble l’ensemble de mes articles consacrés aux difficultés de la langue française.
Et ce, depuis les problèmes d’orthographe ou de prononciation, jusqu’aux ambiguïtés résultant de l’homophonie, de l’homographie, de la polysémie ou de la paronymie, en passant par les acronymes, aphérèses, apocopes, ellipses, homophonographes, sigles ou syncopes.
Nombre total d’articles prévus dans ce chapitre : 8 940
Ce curieux substantif masculin, souvent méconnu, nous vient de l'italien"pieduccio" ("petit pied").
Et il désigne : un petit piédestal mouluré, le plus souvent de section circulaire mais parfois carré ou rectangulaire, servant de support à un buste, une statuette, une colonnette, un vase, une coupe.
Voire un simple bol ou même des verres.
Sources : www.larousse.fr, Le Robert, wiktionary.org et www.cnrtl.fr
et au sens figuré, dans le registre familier (idiotisme animalier) :
une petite maison vieille et sans confort ; une baraque,
On dit par exemple : "Combien de temps vas-tu continuer à accepter d'être ainsi logé dans un poulailler ?".
le dernier étage d'une salle de théâtre, en forme de galerie située au-dessus des loges et des balcons.
Il porte ce nom à cause du grillage qui empêchait les spectateurs de lancer leur nourriture en réaction à la qualité du spectacle !
Les places situées dans cette partie du théâtre, également appelée "paradis", sont les moins chères du fait de l'éloignement avec la scène.
Ce paradis est évoqué dans un célèbre film français, chef d'oeuvre du réalisme poétique de Marcel Carné et Jacques Prévert, réalisé sous l'Occupation et sorti en mars 1945 : "Les enfants du paradis", avec Arletty, Jean-Louis Barrault et Pierre Brasseur.
ou, par métonymie : le public occupant cette galerie.
On dit par exemple : "Les vociférations du poulailler empêchaient souvent d'entendre les acteurs".
Sources : www.opera-national-lorraine.fr, www.cnrtl.fr, Le Robert et www.larousse.fr
La pâte de verre est une technique ancienne qui resurgit lors de la période Art nouveau.
Les artistes de ce mouvement, né à la fin du XIXe siècle, privilégiaient en effet les lignes sinueuses, les courbes et les formes organiques. La pâte de verre, étant une matière souple, répondait donc parfaitement à ce désir de renouveau des formes.
Ce savoir-faire était connu des Phéniciens et des Égyptiens puis il a été oublié pendant plusieurs siècles. Pline et d’autres écrivains de l’Antiquité rapportent que l’on couvrait alors les murs et les plafonds de pavés de pâte de verre de diverses couleurs. Il s’agissait de mosaïque mais aussi de pièces de plus grandes dimensions. On retrouve également des amulettes et des bijoux en pâte de verre dans les tombeaux égyptiens.
Mais cette technique va être délaissée au profit du verre soufflé.
Au début du 18ème siècle, la pâte de verre connut un regain d’intérêt : le Duc d’Orléans, alors régent, encouragea la redécouverte de la pâte de verre. Il suivit les recherches du chimiste Guillaume Homberg (1652-1715), qui mit à jour de nouveaux procédés pour réaliser des pâtes de verre.
Mais c’est avec l’Art Nouveau que l’on doit la renaissance de la pâte de verre. Vers 1880, quelques artistes cherchaient une matière que l’on puisse travailler comme une sculpture.
C’est Henri Cros, sculpteur symboliste et passionné d’archéologie (1840-1907), qui redécouvrit la pâte de verre, après de multiples expérimentations. Parallèlement, d’autres artistes développèrent des procédés particuliers pour produire cette matière. C’est le cas d’Albert Dammouse (1848-1926), qui réussit à affiner la matière et allégea le décor. François Décorchemont (1880-1971), quant à lui, réalisait des pièces inspirées de la nature, dans des couleurs riches en nuances. Amalric Walter (1870-1959), engagé par les Frères Daum en 1904, maîtrisait parfaitement la technique de la pâte de verre et a réalisé des pièces au décor végétal ou animalier, souvent à partir de décors d’Henri Bergé (chef décorateur chez Daum, 1870-1937), contribuant au succès de l’École de Nancy (54).
Il ne faut pas confondre la pâte de verre et le verre opaque. Un usage impropre du terme pâte de verre s’est développé en raison de l’aspect parfois proche de ces deux types de verre.
Le verre opaque est composé de plusieurs couches, dans lesquelles des poudres d’émaux colorés sont incorporés au cours de la cuisson. Et il existe donc une grande différence entre les procédés de fabrication de ce verre soufflé et de la véritable pâte de verre. Qui est par ailleurs plus lourde que le verre.
La fabrication de la pâte de verre
La pâte de verre commence par la mise en place à froid de verres en poudre, concassé ou broyé dans un moule réfractaire qui va être chauffé à 800 °C. Il est également possible de procéder à la technique de fonte à la cire perdue. Celle-ci offre la possibilité d’obtenir diverses formes ainsi que des détails précis.
Les morceaux de verre se transforment en pâte en remplissant le moule en creux. Une fois la pièce refroidie, elle est dégagée de son moule puis elle est nettoyée à l’eau. Différentes étapes sont nécessaires afin de retrouver une partie de la transparence du verre.
Un matériau qui flatte les sens
La pâte de verre est un matériau à partir duquel on produit des oeuvres uniques ou en édition limitée. Son caractère esthétique tient en effet autant à la matière qu’à la forme.
La pâte de verre est une matière qui comporte des bulles, qui prend à la lumière un aspect cireux, mat, semi transparent, translucide ou ponceux. Son grain est particulier, évoquant le velours d’une pêche, le satin d’une peau délicate ou la douceur d’une surface cirée. La lumière offre au regard toute une gamme de jeux optiques grâce aux semi transparences, aux modulations des couleurs et des épaisseurs de la matière, à ses reliefs et aux tailles ou polissage.
On trouve notamment des vases en pâte de verre :
Vase Daum en pâte de verre
Ainsi que des lampes :
Lampe Gallé en pâte de verre
Ou encore de petits carreaux de céramique.
Sources : mr-expert.com et leverreetlecristal.wordpress.com
Il s'agit d'un sport de combat - surnommé "le noble art" - dans lequel deux adversaires, de même catégorie de poids et de même sexe, se rencontrent sur un ring, munis de gants rembourrésafin de limiter le risque de coupure, et s'échangent des coups de poing, portés au visage et au buste.
Le combat est divisé en intervalles de temps, les reprises ("rounds" en anglais), séparés par une minute de repos annoncée par une cloche où le boxeur pourra être conseillé et soigné si besoin.
Que ce soit en boxe olympique ou professionnelle, les boxeurs tentent d'éviter les coups de poing de leur adversaire tout en essayant de le toucher.
Des points sont attribués à chaque coup considéré comme net, puissant et précis. À la fin du combat, le boxeur ayant le plus de points est déclaré vainqueur. La victoire peut également être atteinte si un combattant met son adversaire hors de combat (par knockout ou KO), c’est-à-dire dans l'incapacité de se relever et de reprendre le combat après le compte de dix secondes de l'arbitre.
Un combattant est également déclaré vainqueur si son adversaire blessé ne peut continuer le combat (KO technique ou TKO pour Technical KnockOut)).
au sens propre, dans le domaine agricole : une vache à laquelle on a enlevé son veau et dont le lait est employé pour les besoins de l’homme.
On parle également de "Vache laitière".
et au sens figuré, dans le registre familier :
une personne que l’on exploite ou une chose dont on tire un profit continuel (idiotisme alimentaire et idiotisme animal).
On dit par exemple : "Je suis la vache à lait de la famille !".
dans le domaine du commerce : une activité qui réclame peu d’investissement et qui génère une trésorerie importante (idiotisme alimentaire et idiotisme animal).
On dit par exemple : "Ce magasin est la vache à lait du groupe".
Sources : www.linternaute.fr, Le Robert, wiktionary.org et dictionnaire.notretemps.com
Ainsi qu'à pu le fiare, le 26 avril 2022, le journaliste belge Lee-Roy Kabeya, dans l'émission "L'Équipe de Greg", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.
Mais : "Partir pour un club plus huppé" !
Sans liaison.
Même Grégory Ascher, l'animateur de l'émission s'en est offusqué.
On dit en argot "Des binocles" (féminin) ou "Des carreaux".
Et "Des culs-de-bouteilles" lorsqu'il s'agit de lunettes verres très épais.
Enfin, le substantif féminin "Des besicles" (beu-zi-cle) (ou "Des bésicles" (bé-zi-cle) désignait autrefois (registre désuet) des lunettes sans branches se fixant sur le nez, mais s'emploie de nos jours, par plaisanterie, pour désigner des lunettes (registre soutenu).
J'aime beaucoup cette locution verbaleinvariable qui relevait autrefois du registre familier mais aujourd'hui du registre soutenu.
Presque synonyme de "En dépit de" ou de "Malgré", "N'en déplaise" se dit comme une sorte d'excuse.
Et elle signifie : je souhaite que cela ne leur déplaise pas, ne les fâche pas ; que cela plaise ou non ; même si cela déplaît.
Selon Littré, cette formule correspondrait à l'ellipse du tour impersonnel "qu'il ne vous en déplaise", que l'on trouve dans "Le Tartuffe" de Molière (1699) : "Ma bru, qu'il ne vous en déplaise, Votre conduite, en tout, est tout à fait mauvaise".
On dit par exemple : "N'en déplaise à certains, je continue à parler de Droits de l'Homme et non de Droits humains".
Sources : dictionnaire.orthodidacte.com et parler-francais.eklablog.com
Nombre de français n'ont dû découvrir ce nom qu'à l'occasion d'une lecture détaillée de la profession de foi pour le deuxième tour des élections présidentielles du 24 avril 2022 de Marine Le Pen.
Celle-ci propose en effet la panthéonisation de ce prêtre français, précurseur de l'enseignement spécialisé dispensé aux personnes sourdes.
Charles-Michel de L'Épée, appelé abbé de L'Épée, est né Charles-Michel Lespée, le 24 novembre 1712 et mort le 23 décembre 1789.
Il est le fondateur de l'INJS (Institut National des Jeunes Sourds), à Paris (75).
L'INJS se situe à proximité immédiate de la rue qui porte aujourd'hui son nom.
De nombreuses autres villes posssèdent des voies appelées "Abbé de l'Épée" : Amiens (80), Bordeaux (33), Clermont-Ferrand (63), Marseille (13), Montpellier (34), Nantes (44), Poitiers (86), Reils (51), Rouen (76), Saint-Jean-de-la-Ruelle (45), Strasbourg (67) ou Versailles (78), sa ville natale.
Mais aussi Bruxelles (Belgique) ou Montréal (Canada).
L'abbé de l'Épée est également l'inventeur de la LSF ou Langue des Signes Françaises.
D'abord avocat, il est ordonné prêtre en 1736.
Possédant une fortune personnelle, l'abbé décide de consacrer son temps aux oeuvres de charité.
Entre 1760 et 1762, il découvre deux soeurs sourdes à la rue des Fossés-Saint-Victor, les soeurs en questions communiquant entre elles par des signes. Leur précepteur, le père Vanin, étant décédé en 1759, il accepte de le remplacer pour enseigner aux jumelles. L'abbé de L'Épée étudie les signes employés par ces filles. Et sa maison se transforme en école ouverte à tous les sourds où il accueille 60 élèves sourds. Il a alors l'idée de mettre au point un alphabet à deux mains avec lequel les sourds pourront communiquer.
Au fil du temps, l'abbé aura 19 disciples qui fonderont plus tard 17 écoles pour les sourds.
Le 23 décembre 1789, devenu pauvre et infirme en se privant durant des mois pour servir toujours au mieux ses chers élèves, Charles-Michel de l'Épée meurt à l'âge de 77 ans.
Enseignement de la LSF
L'abbé de l'Épée a mis en place la recherche sur une langue des signes méthodique utilisable par les sourds, afin de lier ces signes avec le français écrit, mais, comme l’a ultérieurement souligné Ferdinand Berthier, son erreur fut de vouloir assimiler la structure syntaxique du français à celle de la gestuelle des sourds.
Contrairement à ce que certains croient encore, ce n'est pas l'abbé de L'Épée qui a éduqué des sourds, même avec des gestes. Comme dit Pierre Desloges : "Ce n'est donc pas Monsieur l'abbé de L'Épée qui a créé et inventé ce langage ; tout au contraire, il l'a appris des sourds et muets". En revanche, c'est le regroupement des élèves sourds dans son institution et le besoin de communiquer entre eux qui favorisèrent et perfectionnèrent la LSF, la langue naturelle des sourds. Car il est vain de vouloir enseigner aux sourds sans tenir compte de leur identité culturelle.
Postérité
L'abbé de l'Épée a été immortalisé par l'acteur français Jacques Mathou, dans le superbe film "Ridicule" de Patrice Leconte, en 1996.