"Délètère".

Cet adjectif signifie :

  • dans le langage courant, au sens propre : dangereux pour la santé, mettant la la vie en danger, pouvant causer la mort ; en particulier en parlant d'un gaz nocif.

On parle par exemple de "gaz délétère" ou de "produit délétère".

  • et dans le registre soutenu, au sens figuré : nuisible, néfaste, pernicieux ; qui corrompt l'esprit.

On parle par exemple d'"ambiance délétère", de "doctrine délétère" ,de "propos délétère" ou de "raisonnement délétère".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.larousse.fr

"Avoir les bonbons qui collent au papier" et "Avoir le rideau qui colle aux fenêtres" .

Ces deux curieuses locutions verbales relèvent du registre vulgaire.

Et elles s'utilisent toutes deux, au sens figuré pour dire : avoir les sous-vêtements collant à la peau à cause de la transpiration.

  • "Avoir les bonbons qui collent au papier" est ainsi un idiotisme alimentaire signifiant : avoir les bourses collées au slip, pour un homme, en cas de forte chaleur,

On dit par exemple : "Vivement ce soir que je puisse me laver : j'ai les bonbons qui collent au papier".

  • et "Avoir le rideau qui colle aux fenêtres" est un idiotisme architectural et un idiotisme textile signifiant : avoir les fesses collées à la culotte, pour une femme, lorsqu'il fait très chaud.

On dit par exemple : "Je n'en peux plus de cette chaleur : j'ai le rideau qui colle aux fenêtres".

Et je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire : "Transpirer" ou "Transpirer énormément" en français.

Sources : www.topito.com, wiktionary.org et www.laparlure.com

Quelle est la différence entre "Un bâtard" et "Un corniaud" ?

Ces deux substantifs masculins relèvent du langage courant et désignent tous deux des chiens n'étant pas de race pure.

  • "Un bâtard" est un chien dont on connaît les origines et dont on sait de quel croisement il est issu.

Par exemple un père berger allemand et une mère labrador.

Un bâtard croisé berger allemand et labrador

  • tandis qu'"un corniaud" est un chien dont il est difficile, voire impossible, de distinguer clairement les origines.

Un "corniaud" c'est à dire : un chien dont il est difficile, voire impossible, de distinguer clairement les origines

Source : chien.ooreka.fr

Il ne faut pas confondre "Les aïeuls" et "Les aïeux".

  • Curiosité intéressante de notre jolie langue, le substantif masculin "Un aïeul" possède l'étrange particularité de posséder... deux pluriels différents !
    • "Les aïeuls" désigne en effet : les grands-parents ou les grands-pères ; mais parfois aussi les arrière-grands-parents,

On dit par exemple : "L’héritage de mes aïeuls paternels a permis à mon père de s’acheter une petite maison de campagne".

    • tandis que "Les aïeux" signifie : les ancêtres, les ascendants ou plus largement ceux qui ont précédé la génération actuelle.

On dit par exemple : "Mes aïeux sont originaires de Pologne, d'où ils sont partis à la fin du XIXe siècle".

  • Il n'existe en revanche qu'une seule forme au féminin pluriel - "Aïeules" - qui désigne tout aussi bien les grands-mères que les ancêtres féminines.

On dit par exemple : "Mes aïeules ont donné une bonne éducation à mes parents, qui se sont efforcés de nous la retransmettre à ma soeur et moi".

Si l'on excepte la locution interjective "Mes aïeux !", qui relève du registre familier, les termes "aïeuls" et "aïeux" sont généralement perçus comme relevant du registre soutenu.

Et comparativement avec les mots "ancêtres" ou "grands-parents", ils sont souvent connotés positivement, marquant une attitude de respect, d’admiration ou bien, dans des contextes différents, d’humour, d’ironie.

"Aïeuls" et "aïeux" sont d’ailleurs souvent associés à des qualificatifs tels que "dignes", "illustres", "vaillants", "nobles".

Pour désigner les arrière-grands-parents, on emploie le terme "bisaïeuls" (ou parfois "aïeuls") et pour les générations précédentes, "trisaïeuls", "quatrièmes aïeuls" ou plus rarement "quadrisaïeuls", "cinquièmes aïeuls", etc.

Source : bdl.oqlf.gouv.qc.ca

"La déliquescence" et "Déliquescent".

J'aime beaucoup ces jolis mots du registre soutenu, qui désignent respectivement :

  • "La déliquescence" :
    • au sens propre :
      • propriété que possèdent certains corps de se désagréger et de passer à l'état liquide ou semi-liquide en absorbant l'humidité de l'air,

On dit par exemple : "Ce produit de séchage est constitué de cristaux ou granulés que la déliquescence désagrège et rend liquides".

      • ou : état d’un corps ainsi pénétré par l’humidité.

On dit par exemple : "Ce sel est tombé en déliquescence".

    • et au sens figuré :
      • décadence complète, décomposition, ruine, résultant de la violation des règles morales,

On dit par exemple : "La déliquescence de notre société prend désormais des proportions inquiétantes".

      • ou : déchéance, décrépitude, dégénérescence, grand affaiblissement physique et intellectuel d'une personne.

On dit par exemple : "La déliquescence de ce très vieil ami m'attriste profondément".

  • et "Déliquescent" ou "Déliquescente" :
    • au sens propre : pouvant fondre complètement par déliquescence,

On dit par exemple : "Il s'agit de cristaux déliquescents, utilisés comme produit de séchage".

    • et au sens figuré :
      • en complète décadence,

On dit par exemple :"L'Empire romain est alors déliquescent".

      • ou : décrépi, dégénérescent, très affaibli physiquement ou intellectuellement.

On dit par exemple : "Sois réaliste, voyons : ton arrière-grand-père est plus que déliquescent désormais".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Un bistro" ou "Un bistrot".

Un bistrot parisien (ou "bistro")

Ce substantif masculin peut s'écrire avec ou sans "t" final.

Et il désigne : un débit de boisson ou un établissement où l'on consomme des boissons.

 

Un café traditionnelUn bistrot (ou "bistro") traditionnel

Le "bistrotier" qui gère le bistrot peut également parfois proposer des services de restauration.

D'où le néologisme de "bistronomie" désignant la "gastronomie de bistro".

Il existe en français de nombreuses autres façons de désigner en français un établissement de ce type, auxquelles j'ai consacré un petit article, dont je me permets de vous recommander la lecture.

"Prendre pour argent comptant".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : croire naïvement ce qui est dit sans se poser de questions ; accepter, prendre pour acquis des dires ou des informations sans esprit critique ; croire sur parole, être crédule.

On dit par exemple : "Ma mère a pris pour argent comptant mon histoire de vol de vélo : elle m'a donné de quoi en acheter un autre".

Cette expression est une évolution d'une autre expression datant du XVIe siècle, qui était "Prendre pour argent conté" ; l'adjectif "conté" étant ici à prendre dans le sens de "compté".

L’argent "comptant" était ainsi l’argent versé et compté sur le champ, donc vérifié. Et donc, par métaphore : une chose pouvant être crue sur parole, sans se poser de questions.

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org, www.expressions-francaises.fr et www.expressio.fr

31 façons de dire "Une arme à feu de poing".

Des armes à feu de poing

Je suis toujours surpris de l'incroyable richesse de notre langue concernant les différentes façons d'évoquer "une arme à feu de poing".

Comme toujours en pareil cas, c'est dans le registre argotique que l'on trouve le plus de termes, avec : "un aboyeur", "un calibre" (ou "un gros calibre"), "un feu", "un flingue", "un pétard" et "un soufflant".

Nous y trouvons également l'affreux "un gun", qui relève bien évidemment uniquement de l'anglais.

Mais encore : "un feu", "un flingot", "un rif" et "un rigolo", qui appartiennent désormais au registre désuet.

"Un six-coups" désigne un type de revolver avec barillet de six cartouches fréquemment employé et évoqué dans les films et bandes dessinées de western.

Et le Colt SAA (Single Action Army) était surnommé "Pacificateur" ou "Faiseur de paix" ("Colt Peacemaker").

Les appellations "un Beretta", "un Browning", "un Colt", un Glock", "un Luger" , "un Mauser" et "Smith & Wesson" - qui sont des noms de marques - se retrouvent dans les vieux films et romans policiers.

"Un 38" et "un 45", de même que "un Parabellum" ou "un .357 Magnum" font référence au calibre de l'arme employée et appartiennent donc au registre familier et au jargon de la police ou des truands.

De même que"un P38", qui est un modèle spécifique.

Ou "un automatique" - ellipse lexicale de "un pistolet automatique" - qui ne s'utilise que s'il s'agit d'"un pistolet", et pas d'"un revolver".

Pour connaître la différence entre les deux, je me permets de vous renvoyer à l'un de mes anciens articles consacré à ce sujet.

Et sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article "Quelle est la différence entre "Une carabine" et "Un fusil" ?".

"Être à X longueurs" de quelque chose ou "Ne plus être qu'à X longueurs" de quelque chose.

Ces différentes locutions verbales du langage courant appartiennent au jargon journalistique et au jargon sportif.

Elles font référence au vocabulaire du monde des courses hippiques, et elles signifient, au sens figuré : être à - ou ne plus être qu'à - X unités de quelque chose : buts, points, etc.

On dit par exemple : "Avec ce nouveau but, Cristiano Ronado n'est plus qu'à une longueur du record de Michel Platini".

Ou : "Avec les trois points de cette victoire, l'Ohème n'est plus qu'à deux longueurs du PSG".

 

On ne dit pas : "Même s'il a un aura, une compétence" !

L'ancien joueur de rugby à XV et consultant sportif français Éric Blanc, cofondateur de la marque de vêtement "Eden park"

Ainsi qu'a pu le déclarer l'ancien joueur de rugby français Éric Blanc, dans l’émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "Même s'il a unE aura, une compétence" !

Le mot "Aura" est en effet un subtantif féminin, qui nous vient du latin, et désignant - dans ce contexte - l'image, la réputation qui entoure ou semble entourer un être ou une chose.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Une tannée".

Ce substantif féminin polysémique désigne selon le contexte et le niveau de langue :

  • de la vieille écorce de chêne moulue, dont le tanin résiduel a été extrait à l'eau.

Ce produit résiduel, sorte de sciure provenant de la préparation des cuirs, était utilisé autrefois comme combustible bon marché, ou comme engrais, par les jardiniers,

  • dans le registre populaire et le régistre désuet : une volée de coups, une raclée,

On dit par exemple : "Je vais me prendre une de ces tannées... j'ai laissé la bagnole de mon darron sous un échaffaudage et elle est pleine de peinture !".

  • et dans le registre familier :
    • un défaite sévère et humiliante,

On dit par exemple : "Rater deux penalties et perdre 6-0, moi j'appelle à une tannée".

    • ou : une difficulté, une galère.

On dit par exemple : "J'ai fait tomber le puzzle de 1 000 pièces, que mon père assemblait depuis des semaines, et j'ai dû l'aider à tout recommencer pendant plus de deux jours... quelle tannée !".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et wiktionary.org