Au risque de vous surprendre j’ai regroupé dans ce chapitre l’ensemble de mes articles à vocation humoristique : des devinettes aux calembours et aux contrepèteries en passant par les Monsieur et Madame, les combles, les lapsus, les zeugmas, les mots d’enfants et j’en passe !
Nombre total d’articles prévus dans ce chapitre : 2 132
Ma fille cadette a 5 ans et demi et m'explique que sa grande soeur est allé chez le "Docteur pour les yeux" (l'ophtalmologue ou ophtalmologiste), où je sais qu'on lui a prescrit des lentilles de contact.
Elle m'interroge soudain : "Et toi papa, tu as déjà porté des myrtilles ?"
Nous sommes dans le Lot (46), sur les bords de la Nationale 20, à l'entrée du petit village de Payrac, qui inspirera quelque temps plus tard son nom de scène au chanteur Nicolas Peyrac (avec un "e"). Mais je m'égare !
Mon père est originaire de la Dordogne (24) toute proche, où il a encore sa grand-mère, et mes parents décident d'y acheter une maison de vacances, en 1965.
J'ai 4 ans et l'on m'explique que, comme mes grands-parents paternels, qui vivent alors à Paris (75), vont bientôt prendre leur retraite, ils vont venir habiter cette maison, dans laquelle ils nous accueilleront durant les vacances.
Je demande alors si mes parents viendront aussi y habiter lorsqu'ils seront eux-mêmes à la retraite. Et si ma petite soeur - qui vient de naître - et moi auront également la possibilité de venir y vivre une fois en retraite (je vois loin !).
"Mais bien sûr !" me rassure gentiment mon père.
"Alors il faut en prendre une plus grande parce que celle-là elle va être trop petite quand on sera tous à la retraite !"
La scène se passe en juillet 1999. Nous dînons avec mon épouse et ma belle-fille, alors âgée de six ans, en regardant le journal télévisé. Celui-ci est essentiellement consacré à très grave accident de canyonisme, survenu en Suisse, ayant fait pas moins de 19 morts et deux disparus.
Un violent orage, non prévu par les services de la météorologie, avait éclaté au moment où les 53 membres d'une expédition se trouvaient dans le lit d'une rivière des Alpes bernoises, lorsque l'eau avait subitement tout emporté. La brusque montée des eaux était vraisemblablement due à la rupture d'un barrage naturel, formé par l'entassement de branches ou de troncs d'arbres et de pierres, après l'hiver particulièrement rigoureux qu'avait connu le pays cette année là, avec d'exceptionnelles chutes de neige.
Effondré par l'ampleur de la tragédie, l'organisateur de l'expédition, directeur d'une agence de sports extrêmes, reconnue pour son sérieux, ne s'expliquait pas les raisons de ce drame. En effet, ses accompagnateurs étaient tous des professionnels chevronnés, qui - affirmait-il - connaissaient la montagne "mieux que quiconque" !
"Ça alors !" lâche alors soudainement la petite, stupéfaite : "On m'a pourtant toujours dit que "Ki-Konk" était un très grand singe !"
J'ai 2 ans et demi et je marche avec mon père dans une rue commerçante. Je reconnais soudain l'enseigne de l'un de mes magasins favoris et m'exclame : "Papa : on va s'arrêter !"
"Non Jean-Pierre, on n'a pas le temps : on va pas s'arrêter !", me répond l'auteur de mes jours.
Ce à quoi je lui rétorque : "Non papa : pas passarrêter : s'arrêter !"
Nous sommes en 1971. Ma petite soeur a 6 ans et nous sommes en famille sur l'A6 - "l'Autoroute du soleil" - en direction de Sanary-sur-mer, dans le Var (83), où nous allons passer nos premières vacances à la mer.
Le midi, nous nous arrêtons pour pique-niquer sur une aire de repos. Et ma soeur demande à aller "Faire pipi". Ma mère lui indique les toilettes, toutes proches, en lui expliquant qu'elle commence à être une grande fille et peut donc essayer d'y aller seule, du côté des dames. Au moindre souci, il lui suffira de nous appeler pour demander de l'aide.
Relativement rassurée, ma soeur se dirige donc vers le petit bâtiment tout proche, y pénètre après nous avoir fait un petit "Coucou" avec la main, avant d'en ressortir quelques secondes plus tard avec une mine dépitée : "Maman ! Je peux pas faire pipi ! Y-a que des douches !"
Nous sommes début 2001. Mes beaux-parents, qui avaient toujours eu des fox-terriers et dont le dernier était mort de vieillesse quelque temps plus tôt, se voient offrir par ma belle-soeur un jeune chiot de leur race préférée.
À cette époque, ma fille aînée, alors âgée de 6 ans, venait régulièrement nous voir à Aix-en-Provence (13), lors de chacune des différentes périodes de vacances scolaires.
Elle avait donc eu l'occasion de rencontrer le jeune "Puk", lors de ses visites chez mes beaux-parents, à l'occasion des vacances d'hiver et de printemps.
Turbulent en diable, le chiot passait son temps à sauter joyeusement sur les nouveaux arrivants et en particulier les enfants. Ce qui l'amenait naturellement à se faire constamment rabroué par mes beaux-parents, gênés par les démonstrations d'affection outrancières du jeune animal.
Jamais suivies d'effet, malgré le ton martial employé, les injonctions "Assis !", "Couché !" ou "Puk ! À terre !", rythmaient donc les conversations...
Et cela, au point d'entraîner la méprise de ma fille, lors de sa visite suivante, à l'été 2001.
S'étonnant en effet de ne pas voir l'animal lui sauter dessus, sitôt franchi le portillon d'accès au jardin, la petite s'exclame alors : "Il est pas là aujourd'hui Pukater ?".
Il est en effet grand temps d'oser affronter la réalité et dire les choses telles qu'elles sont. Bref : clamer haut et fort ce que tout le monde pense tout bas !
Cessons d'avoir ainsi peur de la vérité et de nous cacher derrière notre petit doigt !
Nul ne saurait l'ignorer : nombre de nos problèmes sociétaux ne sont - avant tout chose et très majoritairement - que la résultante de catégories sociales et de minorités nationales bien définies et aujourd'hui clairement identifiées !
Inutile de faire semblant et de continuer à agir comme si nous ne savions pas ! Il faut que les choses soient dites et elles vont l'être ici ! Fini la langue de bois !
Qu'il s'agisse de tapage nocturne, de dégradations ou de vols, chacun sait pertinemment à qui l'on doit toutes ces incivilités !
Elles sont 9 fois sur 10 le fait de canadiens, de danois ou de japonais ! Et je ne vous parle même pas des helvètes, dont les hordes ravagent nos villes et nos campagnes.
Quand à l'origine sociale de tous ces malfaisants, suivez mon regard : notaires, facteurs, cuisiniers, ce sont toujours les mêmes qui sont en cause, dès lors qu'il s'agit de porter atteinte aux fondements mêmes de notre société !
Et les pires sont naturellement les quinquagénaires et autres sexagénaires ! Je ne vous l'apprend pas : qu'il s'agisse de voler des voitures, de brûler des poubelles ou d'agresser des jeunes gens, ce sont le plus souvent des bandes de notaires danois désoeuvrés ou de facteurs japonais en goguette...
Quand il ne s'agit pas de commandos de cuisiniers canadiens !
Il est temps de réagir à cette invasion, si nous ne voulons pas voir notre civilisation disparaitre. Je vous aurai en tous cas prévenu !
Nous sommes le 31 octobre 1999, sur une plage de Camargue. Et nous profitons en famille de l'extraordinaire été indien pour aller prendre une dernière fois le soleil.
Cartes des plages de Camargue (13)
La plage est déserte malgré le soleil éclatant et la température plus que clémente.
Ma fille aînée de 4 ans et ma belle-fille de 6 ans jouent au sable près de nous, tandis qu'au loin s'amusent deux autres petites filles. Nous leur suggérons d'aller les voir pour faire connaissance et - peut-être - s'amuser davantage à quatre qu'à deux.
Elles se rapprochent donc des deux fillettes et commencent aussitôt à jouer toutes les quatre. Mais cela ne dure pas et elles ont tôt fait de revenir.
Curieux de savoir ce qui se passe, nous avons alors la surprise de les entendre nous répondre, très offusquées : "On peut pas rester avec elles parce qu'elles sont vraiment pas polies ! Elles arrêtent pas de dire "Putain, con !"...
Et oui : les petites chéries parisienne et aixoise venaient de découvrir l'une des principales spécificités de la ponctuation marseillaise !
Celle-ci est parfaitement décrite par l'humoriste phocéenPatrick Bosso dans son sketch de 1997 "La grammaire", que je vous recommande chaleureusement.
En résumé, sachez simplement que le mot "Putain" remplace la virgule et le mot "Con" (ou "Enculé") le point final.
Et que par conséquent, l'utilisation de ces termes, considérés partout ailleurs sur le territoire national, comme extrêmement grossiers (registre vulgaire), ne relèvent absolument pas du même niveau de langage dans le Sud de la France (registre familier).
... anormalement, dans certains escaliers trop raides ou dans certaines femmes trop molles".
Un superbe zeugma de l'humoriste français Pierre Desproges, extrait de "Un cri de haine désespéré où perce néanmoins une certaine tendresse", son premier spectacle, joué au Théâtre Fontaine, à Paris (75), en 1984.