"Analphabète", "Analphabètes", "Un analphabète", "Des analphabètes" et "L'analphabétisme".

Ces trois mots du langage courant s'écrivent avec un accent grave (pour les quatre premiers) et un accent aigu (pour le dernier) et non un accent circonflexe, car ils nont strictement rien à voir avec la "bÊtise".

Ils désignent en effet respectivement :

  • "Analphabète" et "Analphabètes" : n'ayant pas appris à lire ni à écrire (adjectifs),
  • "Un analphabète" et "Des analphabètes" : une ou des personnes n'ayant pas appris à lire ni à écrire (substantifs),
  • et "L'analphabétisme" : le fait de ne pas avoir appris à lire ni à écrire (substantif).

"An" et "Année".

Savoir quand utiliser chacun de ces deux mots relève souvent du véritable casse-tête pour nos amis étrangers. La plupart des langues (anglais, allemand, italien, etc.) ne disposent en effet que d'un seul mot, là où le français a jugé bon d'en avoir deux !

  • Le mot mot masculin "An" est un repère chronologique.

On dit, par exemple : "Le jour de l'an" , "En l'an 1 000"  ou "En l’an 2000".

Il est donc utilisé pour donner un repère dans le temps ou pour préciser une date.

On l'utilise ainsi après les nombres cardinaux (1, 2, 3, 4, etc.) pour dire, par exemple : "Depuis trois ans", "Il y a quatre ans" ou "Dans six ans".

Mais surtout pour donner l'âge de quelqu'un : "J'ai 59 ans" ou "Mes parents ont 87 ans".

Ou pour parler d'une date anniversaire : "Nous avons célébré les 25 ans de ma fille aînée le 18 mai" ou "Ma fille cadette fêtera ses 15 ans le 28 décembre".

Et il existe un certain nombre d'expression figées pour lesquelles on utilise systématiquement le mot "An", comme par exemple :

  • tandis que le mot féminin "Année" est utilisé pour évoquer un écoulement de temps, une durée.

On parle ainsi d’une "année civile", à propos de la période de temps allant du 1er janvier au 31 décembre. Et de l'"année scolaire" ou de l'"année universitaire", pour la période de temps allant de septembre à juin.

De manière générale, on utilise le mot "Année" :

    • après les nombres ordinaux (premier, deuxième, troisième, etc.) :

On dit ainsi : "Ma fille aînée est en sixième année de médecine". "La Cinquième République est née en 1958". Ou : "Le président de la République va entamer, cet été 2020, la troisième année de son mandat".

    • après les adjectifs :

On dit ainsi : "Je vis à Aix-en-Provence (13) depuis de nombreuses années". "Je ne suis plus retourné à Paris (75) depuis de longues années". Ou : "Cela faisait une petite année que je n'avais plus revu mon père".

MAIS ATTENTION : après les adjectifs "dernier"/ "dernière", "passé" / "passée" ou "prochain"/ "prochaine", on peut utiliser indifférement le mot "An" OU le mot "Année" :

On dit ainsi : "L’an prochain" OU "L’année prochaine", "L'an passé" OU "L'année passée", et "L'an dernier" OU "L’année dernière" !

Enfin, comme c'est le cas avec le mot "An", il existe un certain nombre d'expression figées pour lesquelles on utilise systématiquement le mot "Année", comme par exemple :

    • "Bonne année",
    • "Cette année là",
    • "Chaque année",
    • "D'une année à l'autre",
    • "Notre magasin est ouvert toute l'année",
    • ou : "Les années soixante" ou "Les années quatre-vingt".

Certes, "il suffit de le savoir" diront certains... Mais imaginez un peu le désarroi de nos enfants ou des apprenants de FLE !

Source : www.francaisauthentique.com

"Indubitable" et "Indubitablement".

J'adore cet adjectif et cet adverbe du registre soutenu qui signifient respectivement :

  • "Indubitable" : dont on ne peut douter, qui est certain, assuré, incontestable, indiscutable.

On dit par exemple : "La supériorité actuelle de ce club est indubitable".

  • et "Indubitablement" : de façon indubitable, sans que l'on puisse ne douter ; sans aucun doute, sans nul doute ; avec certitude.

On dit par exemple : "Le Real Madrid est indubitablement le plus grand club de football de tous les temps".

Ou : "Le metteur en scène états-unien John Ford demeurera indubitablement le réalisateur le plus oscarisé de tous les temps".

Comme pour l'adjectif "Dubitatif", j'ai une pensée émue pour nos jeunes enfants et nos amis étrangers, pour lesquels le rapprochement de cet adjectif et de cet adverbe avec le mot "Doute" n'a évidemment rien d'évident.

Sources : wiktionary.org et Le Robert

Quand employer l'adjectif masculin singulier "Bel" ou l'adjectif masculin singulier "Beau" ?

La règle est la suivante :

  • On dit "BEAU" devant un nom masculin commençant par :
    • une consonne, comme "un BEAU Crétin", "un BEAU Divan" ou un BEAU "Lion".
    • ou un "H aspiré", comme "un BEAU HAricot", "un BEAU HÉros", "un BEAU HIbou", "un BEAU HOmard" ou "un BEAU HUssard".
  • Et on dit "BEL" devant un nom masculin commençant par :
    • une voyelle, comme "un BEL Abruti", "un BEL Engin", "un bel Instrument", "un bel Objet" ou "un BEL ustensile".
    • ou un "H muet", comme "un BEL HAbit", "un BEL HErbier", "un BEL HIppocampe", "un BEL HOmmage", "un BEL HUrluberlu" ou "un BEL HYpocrite".

"Il croit" et "Il croît".

Ces deux formes verbales parfaitement homophones ("il croi") mais non homographes ont des significations totalement différentes :

  • "Il croit" sans accent circonflexe sur le "i", est la troisième personne du singulier du verbe "CroIre", conjugué au présent de l'indicatif.

On dit par exemple : "Il croit qu'il est doué en français". Ce qui signifie qu'il tient cela pour véridique.

  • et "Il croît" avec un accent circonflexe sur le "i", est la troisième personne du singulier du verbe "CroÎTre", conjugué au présent de l'indicatif.

On dit par exemple : "Ce peuplier est idéalement situé à cet endroit : il croît de plusieurs mètres par an !". Ce qui signifie qu'il grandit rapidement.

"Chapeau !", "Chapeau bas !", "Chapeau l'artiste !", "Donner un coup de chapeau", "Rendre un coup de chapeau" et "Tirer son chapeau".

Toutes ces différentes formules du langage courant et du registre désuet, en forme d'interjection ("Chapeau !" par ellipse de "Chapeau bas !"), de locutions interjectives ("Chapeau bas !" et "Chapeau l'artiste !") ou de locutions verbales ("Donner un coup de chapeau", "Rendre un coup de chapeau" et "Tirer son chapeau") ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elles s'utilisent toujours de nos jours en effet - mais au sens figuré désormais - afin d'exprimer le profond respect, voire l'admiration que l'on éprouve envers une personne.

Ou - plus largement - afin de faire part de ses félicitations, salutations ou remerciements.

Les porteurs de chapeau ayant naturellement totalement disparu de notre environnement depuis plus d'un demi-siècle, ces différentes formules trouvent leur origine au XVIIe siècle, lorsque le chapeau était un objet vestimentaire incontournable.

On avait alors coutume de saluer son prochain en enlevant et abaissant son chapeau.

Cette forme de salut respectueux consistant à incliner son chapeau vers le bas (saluer "chapeau bas") constituait alors une marque de respect et de déférence envers son interlocuteur.

La pratique (le geste) a perduré jusque dans les années 1960, lors de la disparition du chapeau.

Et la parole (les différentes formules : "Chapeau !", "Chapeau bas !", "Chapeau l'artiste !", "Donner un coup de chapeau",  "Rendre un coup de chapeau" et "Tirer son chapeau") jusqu'à nos jours, chez les plus âgés d'entre nous.

On notera que la forme "Chapeau l'artiste" s'emploie parfois au second degré, afin, par exemple de se moquer cyniquement de l'incurie ou de l'impéritie d'un pouvoir exécutif...

On dit ainsi : "Le Premier ministre Édouard Philippe ose annoncer, le 28 avril 2020, qu'il va rendre obligatoire le 11 mai, dans les transports en commun, le port de masques que son directeur général de la Santé déclarait totalement inutile, voire dangereux... le 19 mars : chapeau l'artiste !".

Sources : www.expressio.fr et www.linternaute.fr

"H aspiré" et "H muet".

  • Le "H aspiré" empêche toute liaison ou toute élision avec le mot précédent.

Pour le reconnaître, on doit pouvoir placer l'article défini "le" ou "la" devant le mot.

On dit par exemple "LA houille" (et non "L'houille"). Ou "LE haricot" (et non "L'haricot").

Le "H aspiré" ne provoque pas d'aspiration, mais un blocage dans la prononciation, qui évite la liaison.

On dit par exemple : "Un héros" (et non "Un Nhéros").

Ou "Une hauteur (et non une "Nhauteur").

  • Le "H muet" permet la liaison et l'élision avec le mot précédent.

Pour le reconnaître, on ne doit pas pouvoir pas pouvoir placer l'article défini "le" ou "la" devant le mot.

On ne peut pas dire par exemple "LE homme" (mais "L'homme").

Ni "LA herbe" (mais "L'herbe").

Source : www.aidenet.eu

"Quand" ou "Quant".

Ces deux mots ne se prononcent pas de la même façon et ne devraient donc normalement pas poser de problèmes d'orthographe :

  • "Quand" se prononce en effet sans jamais effectuer après le "D" qui est muet : "kan",
  • et "Quant" se prononce en effectuant la liaison avec la voyelle suivante "kante".

La règle est la suivante :

  • On écrit "QuanD" lorsque l'on peut dire "lorsque", "à quel moment" ou "au moment où".
    • Par exemple : "QuanD, à cause de ton handicap, tu as perdu ton emploi, cela nous a révolté".

On pourrait dire : "Lorsque, à cause de ton handicap, tu as perdu ton emploi, cela nous a révolté".

    • Ou : "QuanD as-tu commencé à avoir mal ?".

On pourrait dire : "À quel moment as-tu commencé à avoir mal ?".

    • Ou encore : "QuanD le train a démarré, je me suis mis à pleurer".

On pourrait dire : "Au moment où le train a démarré, je me suis à pleurer".

  • et "QuanT" lorsque l'on peut dire "En ce qui concerne", "Pour ce qui est de".
    • On dit par exemple : "QuanT à moi, je trouve ces différents exemples assez clairs".

On pourrait dire : "En ce qui (me) concerne, je trouve ces différents exemples assez clairs"

    • Ou: "QuanT au cinéma, je préfère généralement les films d'avant 1970".

On pourrait dire : "Pour ce qui est (du) cinéma, je préfère généralement les films d'avant 1970".

"Différer" ou "Différer de".

  • "Différer" est un verbe transitif signifiant : remettre à plus tard ; éloigner la réalisation de quelque chose ;  reporter, repousser, retarder.

On dit par exemple : "Le gouvernement diffère la mise en oeuvre de son programme".

  • tandis que "Différer de" est un verbe intransitif signifiant : être différent, dissemblable ; se différencier, se distinguer.

On dit par exemple : "Le programme mis en oeuvre par le gouvernement diffère de celui qu'il avait promis lors de la campagne électorale.

"Passer un coup de téléphone", "Passer un coup de fil", "Passer un coup de bigophone" ou "Passer un coup de bigo".

Ces différentes locution verbale - qui ne laissent pas d'étonner nos enfants ou nos amis étrangers - signifient tout simplement "Téléphoner".

  • "Passer un coup de téléphone" appartient au langage courant.
  • Encore plus surprenante, la formule "Passer un coup de fil" relève du registre familier et du registre désuet.
  • Et les formules "Passer un coup de bigophone" ou - par apocope - "Passer un coup de bigo" appartiennent au registre argotique et au registre désuet.

Toutes ces formules existent également avec le verbe "Donner".