"Aller comme un gant" ou "Seoir comme un gant".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes textiles signifient :

  • au sens propre : s’adapter exactement aux formes, en parlant d’un vêtement.

On dit par exemple : "Ce chapeau vous va comme un gant belle-maman".

Ou : "Cette veste te sied comme un gant".

  • et au sens figuré : être adapté aux circonstances.

On dit par exemple : "Ce surnom de Motodidacte allait comme un gant à Christian Estrosi. Comme un gant moto même !".

Ou : "Ce métier de veilleur de nuit te va comme un gant : je t'ai toujours connu dormant la journée et écrivant toute la nuit !".

"Aller comme un gant" relève du registre familier, tandis que "Seoir comme un gant" appartient au registre soutenu.

Source : wiktionary.org

"Faire flanelle".

J'aime beaucoup cette jolie expression en forme d'idiotisme textile, qui relève du registre familier et signifie, selon le contexte :

  • s’attarder passivement et de façon importune dans un lieu sans participer à ce qu’on y fait, sans intention d’acheter ou de consommer ce qu’on y propose, sans faire ce que l’on attend d’une personne venue dans cet endroit. Comme lorsque l'on fait déballer la marchandise à un commerçant mais finit par ne rien acheter ni consommer.

On dit par exemple : "La boutique était pleine mais ils ont tous fait flanelle".

    • en particulier : dans un débit de boissons, prendre une seule consommation et y rester longuement sans commander autre chose.

Voire passer de bar en bar sans rien y boire.

    • en particulier : dans une maison close, s’y attarder, y boire, y tripoter éventuellement les filles, mais sans monter avec aucune.
  • et par extension, avec la disparition des maisons closes :
    • ne pas avoir d'érection ; être impuissant ou avoir une panne sexuelle.

On dit par exemple : "Thomas est passé samedi soir, mais il a fait flanelle".

    • ne rien faire, glander (registre argotique).

On dit par exemple : "Mon fils a fait flanelle toute la semaine".

Cette expression nous vient en effet de l'argot du début du XIXe siècle où le mot "Flanelle" désignait, selon le lexicographe Lorédan Larchey, une personne qui se contentait de converser avec une prostituée, mais ne consommait pas.

Elle provient d'un jeu de mot sur le verbe "Flâner", transformé en "Flanelle".

Et comme il n'y avait pas d'acte sexuel, la mollesse de la flanelle était associée à celle du pénis restant inutilisé...

Sources : www.expressio.fr et wiktionary.org

"Un masque canard" ou "Un masque bec de canard".

Ces deux locutions nominales sont apparues au printemps 2020, à l'occasion de la dramatique pénurie de masques de protection, cyniquement et effrontément niée par le président Macron le 18 mai 2020.

  • Elles désignent un type de masque de protection alternatif (fabriqué soit-même ou DIY) en tissu, lavable, à la forme caractéristique ("en bec de canard"), assez différent du modèle courant dit "À trois plis".

Dits "Masques alternatifs", "Masques barrières" ou "Masques grand public", les deux modèles visent à protéger la population saine, en complément des indispensables gestes barrières, face à la maladie à coronavirus 2019.

Et ont été normalisés par l'AFNOR, dès le 27 mars 2020 (SPEC S76-001), afin d'en faciliter et accélérer la fabrication en série ou artisanale.

  • Et non un masque de déguisement.
Masque plastique "Bec de canard"
Masque plastique "Bec de canard"

"Une agrafe".

Ce substantif féminin polysémique peut désigner, selon le contexte, pas moins de sept objets différents :

Une agrafe de vêtementUne agrafe de vêtement

  • un crochet que l'on engage dans un anneau, une boucle ou une bride et qui sert à joindre les bords opposés d'un vêtement.

Agrafes pour le papier

  • un fil ou une lamelle métallique recourbé(e) aux extrémités, permettant d'attacher, de fixer, d'assembler ensemble plusieurs éléments (feuilles de papier, pièces de cuir, de bois, etc.).

Agrafeuse et agrafes cutanées

  • notamment dans le domaine chirurgical, où l'agrafe permet de souder et de suturer bord à bord les deux berges d'une plaie.
Agrafes métalliques de stylo
Agrafes métalliques de stylo

Stylo bille plastique avec agrafe

  • une languette de métal ou de plastique destinée à accrocher un stylo au rebord d'une poche.
  • dans le bâtiment : une pièce métallique scellée entre les pierres d'un mur, ou entre un placage et un mur, afin de les solidariser.

Un mascaron

  • un mascaron ornant la clef d'un arc de fenêtre ou de porte ; c'est à dire un ornement représentant généralement un masque, une figure humaine, parfois effrayante, à la fonction apotropaïque : il s'agit d'éloigner les mauvais esprits afin qu'ils ne pénètrent pas dans la demeure.
  • dans les chemins de fer : un dispositif permettant - sur un aiguillage - d'immobiliser les lames d'une aiguille dans l'une ou l'autre de ses deux positions possibles.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un virage en épingle à cheveux" ou "Un virage en lacet" et "Un tournant en épingle à cheveux" ou "Un tournant en lacet".

Ces différentes locutions nominales extrêmement imagées du langage courant désignent respectivement :

Virages en lacet sur une route chinoise
Virages en lacet sur une route chinoise
Bottine à lacet
Bottine à lacet
  • "Un virage en lacet" ou "Un tournant en lacet" est un virage ou un tournant dans lequel la voie pivote et revient dans une direction sensiblement opposée à sa direction initiale, mais généralement à une altitude un peu différente, plus élevée en voie montante, plus basse en voie descendante.

Ils sont aménagés sur les reliefs, le plus souvent successivement, la sortie de l'un étant l'entrée d'un autre et alternativement dans la direction opposée, afin que que l'ascension ou la descente puisse s'effectuer selon une pente nettement plus faible.

Virages en épingles à cheveux
Virages en épingles à cheveux
Épingles à cheveux
Épingles à cheveux
  • "Un virage en épingle à cheveux" ou "Un tournant en épingle à cheveux" désigne un  virage ou un tournant dont l'angle est très grand et le rayon de courbure faible ; une courbe aigüe, repliée sur elle-même.

La sinuosité de ces routes est souvent particulièrement éprouvante pour les véhicules et leurs conducteurs, notamment pour les véhicules longs comme les autocars ou les camions, pour lesquelles elle est même souvent impossible.

Les dépassements y sont souvent difficiles, quel que soit le sens de circulation.

Virage en épingle à cheveux
Virage en épingle à cheveux

Sources : wiktionary.org et wikipedia.org

"Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage".

Ces deux expressions du registre familier signifient, selon le contexte, :

  • "Être dans un état de somnolence, mal réveillé, somnoler",
  • ou "Être à demi-inconscient, hébété".

Le plus souvent, à cause d'un abus d'alcool, d'un manque de sommeil ou d'un réveil très matinal.

Tout comme pour les expressions "Être dans le coaltar" ou "Avoir la tête dans le coaltar", dont la signification est exactement la même, l'origine des expressions "Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage" remonte à l'époque où l'on utilisait le coaltar ou le cirage dans des ateliers mal ventilés, et où leurs émanations tournaient donc la tête des ouvriers, les rendant à moitié conscients.

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr

"Un alpaga" ou "Un alpaca".

Ce mot désigne :

  • au sens propre un mammifère domestique originaire d'Amérique du Sud, de la famille des camelidés.

L'alpaga est élevé pour sa laine de très grande qualité. Et sa femelle est appelée "l'alpaguette".

Alors qu'on l'avait longtemps considéré comme très proche du guanaco, une étude de 2001 a montré qu'il avait un ancêtre commun plus récent avec la vigogne qu'avec le guanaco.

Comme les autres camélidés, l'alpaga rumine mais n'est pas classé dans la famille des ruminants.

Selon le pelage, on distingue deux types d'alpagas : les suris et les huacayas.

Un alpaga
Un alpaga
  • et par ellipse lexicale, un manteau en laine d'alpaga.

Celle-ci est très haut de gamme : plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que la laine de mouton. Et donc évidemment bien plus onéreuse.

Un manteau d'alpaga
Un manteau d'alpaga

Nota bene : le mot espagnol "Alpaca" est beaucoup moins utilisé en France que le mot "Alpaga".

Source : wikipedia.org

"L'entrecuisse" ou "L'entrejambe".

Entrecuisse ou entrejambe

Ces deux mots désignent :

  • dans le langage courant : la partie interne du haut des cuisses (ou jambes).

On dit par exemple : "Je trouve que ce pantalon me sert trop au niveau de l'entrecuisse (ou de l'entrejambe)".

  • et dans le registre familier : le sexe.

On dit par exemple : "Si tu veux mon avis : crois-en mon expérience, ce type s'intéresse davantage à ton entrecuisse (ou à ton entrejambe) qu'à tes capacités cérébrales".

Nota bene : Dans le domaine de la mode et du textile, lorsque l'on prend les mesures d'une personne en vue de déterminer une taille de pantalon, on utilise le mot "entrejambe" de façon impropre pour désigner la distance séparant l'entrejambe de l'extrémité de la jambe.

Mesure de l'entrejambe

Source : wiktionary.org

 

"Le crêpe de Chine".

Cette locution nominale datant du XIXe siècle désigne une sorte de tissu de châle d’été en soie, ordinairement orné de broderies, et originairement créé à Lyon (69), au XIXe siècle comme une imitation de tissu originaire de Chine.

Il s'agit d'un tissu mat en soie fine aux reflets soyeux. Le crêpe de Chine a une texture granuleuse, avec une finition satinée élégante.

Source : wiktionary.org

"Des spartiates".

Ce substantif désigne :

  • avant toute chose : celui ou celle qui est originaire de l'antique cité grecque de Sparte ("Lacédémone") ou qui y habitait ; en particulier celui ou celle qui fait partie de l'aristocratie, de la caste des guerriers et des citoyens de Sparte.

Spartiates

  • mais également : une sandale de cuir naturel à lanières entrecroisées laissant le pied à découvert, portée par les citoyens de l'antique cité grecque de Sparte.

Une spartiate : sandale de cuir naturel à lanières entrecroisées laissant le pied à découvert, en susage parmi les citoyens de la cité grecque antique de Sparte

Source : www.cnrtl.fr

"Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés", "Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés" ou "Fils de cordonnier est le plus mal chaussé".

Ces différentes expressions proverbiales françaises signifient que l'on est souvent mal pourvu des avantages qu'on est le plus à même de se procurer par son état, par sa position.

On utilise donc ces expressions de façon ironique pour se moquer gentiment des personnes qui ne profitent pas des produits ou du savoir-faire que peut leur procurer leur métier.

Ainsi par exemple :

  • d'un cuisinier qui ne dispose pas, chez lui, d'un équipement correct pour cuisiner,
  • d'un peintre en bâtiment, dont la façade de la maison n'a pas été repeinte depuis une éternité,
  • ou d'un médecin qui ne possède pas de pansements ni d'antiseptique chez lui, lorsque l'un de ses proches se blesse.

Ces proverbes sont tirés d'une réflexion de Montaigne, sans doute à partir d’un cliché qui devait déjà être répandu à son époque, mais qu’il a sans nul doute contribué à installer.

Dans le livre I de son oeuvre phare "Les Essais" (1581), il écrit en effet que "Quand nous voyons un homme mal chaussé, nous disons que ce n’est pas merveille s’il est chaussetier".

Sources : wikipedia.org, www.expressions-francaises.fr et www.canalacademie.com