Cette collection rassemble l’ensemble de mes articles consacrés à des expressions ou proverbes ne relevant pas d’une catégorie spécifique d’idiotismes ni d’un domaine d’activité particulier.
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 1 894
Cette formule du registre soutenu désigne une personne pratiquant une activité sans même avoir connaissance de son existence.
On dit par exemple : "À l'instar de Monsieur Jourdain, le très jeune collectionneur que j'étais classait déjà alphabétiquement conformément à la norme AFNOR !".
Elle fait référence au personnage du même nom, héros de la comédie-ballet de Molière "Le bourgeois gentilhomme", représentée pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour de Louis XIV, au château de Chambord (41).
"Le bourgeois gentilhomme" Tableau du peintre anglais William Powell Frith (1850)
Dans l'acte II, scène IV, en effet, Monsieur Jourdain apprend, au cours d'un échange avec son maître de philosophie, qu'il dit de la prose depuis longtemps, sans le savoir :
- "Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela".
Cette locution verbale du registre familier signifie, au sens figuré : insister lourdement, ajouter des arguments alors que cela n'est pas vraiment nécessaire.
On dit par exemple : "Comme si nous n'avions pas compris, le chef en a rajouté une couche".
Ou : "En remettre une couche est parfois malheureusement nécessaire, lorsque l'on ne parvient pas à se faire obéir".
J'adore cette expression proverbiale utilisée pour désigner une attitude d'aveuglement face à une situation désespérée et une tentative maladroite d'en dissimuler la gravité.
Entrée depuis longtemps dans le langage courant, elle appartient même désormais, hélas, je crois, au registre désuet, car son usage me semble réellement se raréfier.
Il s'agit, à l'origine, du titre et du refrain d'une drolatique chanson de 1935 de Paul Misraki, devenue l'un des plus grands succès de l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens.
Écoutez la donc : vous ne serez pas déçus, je crois, car elle n'a - à mes yeux tout du moins - pas pris une ride ! L'énumération des catastrophes progressivement annoncées par quatre domestiques à leur maîtresse est tout aussi hilarante que leur façon d'en minorer complètement l'importance.
Un vrai délice qui a merveilleusement traversé le temps !
La chanson interprétée par Ray Ventura et ses collégiens (1935)
Paroles
Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil,
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?
Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.
Allô, allô Martin !
Quelles nouvelles ?
Ma jument grise morte aujourd'hui !
Expliquez-moi,
Cocher fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?
Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.
Allô, allô Pascal !
Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi
Mon chef modèle,
Comment cela s'est-il passé ?
Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si l'écurie brûla, Madame,
C'est qu'le château était en flammes.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.
Allô, allô Lucas !
Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s'est-il produit ?
Eh bien ! Voila, Madame la Marquise, Apprenant qu'il était ruiné,
A peine fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pelle
Qu'il renversa toutes les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !
Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Une chanson présente dans les aventures de Tintin
Comme me l'a fort justement rappelé un vieil ami à moi, le grand Hergé lui-même fait référence à cette chanson, déjà devenue une expression en 1948, treize ans après sa sortie.
"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")
Dans l'album "Le temple du soleil", alors que Tintin et Haddock sont condamnés au bûcher par les Incas, le capitaine, entendant Tintin - qui a un plan pour les tirer d'affaire - lui dire : "Tout va bien !", lui rétorque en effet : "Tout va très bien !... Tout va très bien, Madame la marquise !...".
Souvenir personnel :
J'ai personnellement découvert cette petite merveille très jeune, mais de façon indirecte, grâce à la superbe parodie qu'en avait réalisé, en 1971, l'idole de mes dix ans, Thierry Le Luron : "Tout va très bien, Pompon ça s'organise".
Dans celle-ci, dont un demi-siècle plus tard je me souviens encore de la plupart des paroles, tant j'ai pu l'écouter et la réécouter, le jeune imitateur de 19 ans faisait appeler le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas par le président de la République Georges Pompidou.
Ces deux locutions verbales du langage courant en forme d'idiotismes chromatiques et d'idiotismes corporels signifient, au sens figuré : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.
Mais la formule "Avoir le pouce vert" n'est utilisée que par nos amis québecois.
On dit par exemple : "Ma soeur n'a pas la main verte : elle a beau s'occuper de ses plantes, elle ne parvient jamais à les garder très longtemps".
Cette locution verbale du langage courant en forme d'idiotisme corporel signifie : être disposé à bien regarder ; observer avec toute son attention ; être très attentif.
On dit par exemple : "Montrez-moi donc cela : je suis tout yeux" (tou-tieu).
Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : avoir toute sa confiance, en être écouté favorablement, avoir une relation privilégiée avec elle, être capable d'exercer une influence sur elle.
On dit par exemple : "Essayez-donc de vous rapprocher de Dumas : on dit qu'il a l'oreille du Président".
Sources : www.espacefrancais.com et www.languefrancaise.net
Cette expression du registre familier signifie : être protégé et favorisé par une personne, bénéficier de sa considération, de son soutien, de ses faveurs.
On dit par exemple : "J'ai longtemps été dans les petits papiers de mon patron, avant que ses faveurs ne se portent malheureusement sur un autre chef de service".
Vous comprendrez que je trouve personnellement cette expression assez savoureuse si je vous dis que mon bureau est envahi par plusieurs centaines de milliers de petits morceaux de papiers format 4 X 9 cm, sur lesquels je note quotidiennement, depuis des décennies, des centaines de mots, formules ou acceptions qu'il peut m'être donné d'entendre dans les organes d'information ou auxquels je pense par association d'idées...
Ma consommation est telle - 60 000 morceaux par an au minimum - que j'ai progressivement dû me résoudre à réduire le format de mes fiches (passant de 9 X 9 à 4 X 9 cm) et à les réutiliser au verso après usage, afin de ne pas contribuer davantage à la destruction de la forêt amazonienne.
Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme corporel signifient : être disposé à bien écouter, à écouter avec toute son attention ; être très attentif.
"Être tout ouïe" (tou-toui) appartient au registre soutenu.
On dit par exemple : "Racontez-moi cela : je suis tout ouïe".
Et "Être tout oreilles" (tou-te-o-reille) relève au langage courant.
On dit par exemple : "Vas-y, dis-moi : je suis tout oreilles" .
Cette expression signifie - au sens figuré - qu'il est important de s'intéresser à tous les détails d'un problème ; un seul d'entre eux pouvant causer d'importants désagréments ou ennuis et compromettre tout un ensemble, voire faire échouer un projet.
Elle nous vient du poème philosophique "Ainsi parlait Zarathoustra", publié en 1885 par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche.
Et la forme "Le diable se niche dans les détails" appartient au registre familier.
Source : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.linternaute.fr
Ces deux locutions nominales du langage courant qui doivent interloquer nos amis étrangers signifient, au sens figuré : s'occuper, trouver une activité ou un divertissement, souvent pour ne pas s'ennuyer.
On dit par exemple : "Mon grand-père s'est mis au jardinage et au chant pour pour passer le temps".
Ou : "Pour tuer le temps, certains détenus se mettent à la lecture ou reprennent des études".