"Les cimetières sont pleins de gens indispensables, qui ont tous été remplacés".

J'aime beaucoup cette phrase que l'on croit souvent être un proverbe mais qui est en réalité une citation attribuée à l'homme politique français Georges Clemenceau (28 septembre 1841 - 24 novembre 1929), qui serait à l'origine un proverbe arabe.

Elle signifie naturellement que nul n'est irremplaçable.

Source : dicocitations.lemonde.fr

"Avoir la comprenette difficile", "Être long à la comprenette", "Comprendre vite mais falloir expliquer longtemps", "Être long à la détente" ou "Ne pas être rapide à la détente" !

J'aime beaucoup ces cinq expressions du registre familier qui signifient toutes : avoir l'esprit lent, tarder à comprendre les choses, ne pas être très vif d'esprit.

Et donc, souvent, par sous-entendu : être un peu bête.

On dit par exemple :

  • "Fernand est bien brave, mais il a la comprenette difficile",
  • "Les gens du coin sont longs à la comprenette",
  • "Tu sais, je comprends vite mais il faut m'expliquer longtemps",
  • "Mes voisins ont été longs à la détente : cinq ans avant de comprendre que leur fils préférait les garçons",
  • ou : "Mon grand-père n'est pas rapide à la détente, je dois lui expliquer les choses lentement".

"Un travail de bénédictin" ou "Un travail de moine".

Ces deux locutions nominales du langage courant désignent un travail intellectuel de longue haleine, exigeant beaucoup de patience, de minutie et de soin.

Source : www.expressio.fr

"Loin des yeux, loin du coeur".

Cette expression proverbiale en forme d'idiotisme corporel s'utilise pour rappeler que l’éloignement de deux personnes ou l'absence de l'une d'elles distend le lien affectif et affaiblit l’affection qu’elles se portent mutuellement.

On dit par exemple : "Je sais bien qu'elle m'a promis de m'écrire, mais loin des yeux, loin du coeur...".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation du pète latin Properce, extraite de l'élégie 21 de son Livre III (vers 23 av. J.-C.).

Sources : www.mon-poeme.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Un coeur à prendre" et "Prendre à coeur", "Avoir à coeur" et "Tenir à coeur".

Ces deux locutions du langage courant en forme d'idiotismes corporels signifient respectivement :

  • "Un coeur à prendre" : une personne libre de toute liaison amoureuse.

On dit par exemple : "À 31 ans passés, la princesse est toujours un coeur à prendre".

  • et "Prendre à coeur", "Avoir à coeur" et "Tenir à coeur" : s'affecter de quelque chose, y attacher une grande importance, y être très sensible.

On dit par exemple :

    • "Je prend à coeur de citer mes sources",
    • "J'ai à coeur de répondre le plus rapidement possible aux lecteurs J'aime les mots qui commentent mes articles",
    • et : "Ne pas utiliser d'anglicismes me tient particulièrement à coeur".

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Faire le dernier voyage", "Faire son dernier voyage" ou "Faire le grand voyage".

Ces trois locutions verbales du registre soutenu constituent une assez élégante façon de dire : mourir.

On dit par exemple :

  • "J'ai beaucoup parlé à ma grand-mère les semaines qui ont précédé sa mort et je sais qu'elle était prête pour le dernier voyage",
  • "Il est préférable d'avoir réglé certaines choses avant de faire son dernier voyage",
  • "Mon grand-père a fait le grand voyage il y a près de quarante ans déjà".

 

"Le roi est nu".

Cette formule est couramment utilisée par les journalistes politiques pour décrire un dirigeant ne bénéficiant d'aucun pouvoir ou d'aucun soutien.

On dit par exemple : "Le président Macron ne dispose pratiquement d'aucun fusible : le roi est nu".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation directement issue de "Les Habits neufs de l’empereur" (ou "Le Costume neuf de l'empereur"), un conte écrit en 1837 par le danois Hans Christian Andersen, qui lui a reconnu des origines espagnoles.

Résumé du conte d'Andersen

Il y a bien longtemps vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé et avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, arrivent deux escrocs, qui prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne peuvent pas voir et proposent à l'empereur de lui en confectionner un habit. Celui-ci pense que ce vêtement sera exceptionnel et qu’il pourra lui permettre de repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mettent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vient voir où en était le tissage de son habit. Mais il ne voit rien car il n’y a rien. Troublé, il décide aussitôt de n’en parler à personne, car personne ne voudrait d’un empereur sot.

Il envoie alors plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Lesquels ne voient rien non plus, mais n’osent pas non plus l’avouer, de peur de paraître idiots.

Tout le royaume parle de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décident que le précieux vêtement est achevé, ils aident l’empereur à l’enfiler.

Ainsi "vêtu" et accompagné de ses ministres, le souverain se présente à son peuple qui, lui aussi, prétend voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon ose dire la vérité : "Mais il n’a pas d’habits du tout !" (ou dans une traduction plus habituelle : "le roi est nu !"). Et tout le monde lui donne raison. L’empereur comprend alors que son peuple a raison, mais continue sa marche sans dire un mot.

Source : wiktionary.org

"L'ordre règne à".

"L'ordre règne à Varsovie" : illustration de Grandville (1831)

On ignore souvent, je crois, l'origine de cette formule, entrée dans le langage courant.

Nous la devons à un militaire et homme politique français, ministre des Affaires étrangères, le général François Horace, comte Sebastiani de la Porta (1772-1851).

Interrogé le 16 septembre 1831 à propos des événements de Pologne, où les Russes venaient de réprimer cruellement l'agitation, ce charmant personnage répondit que l'ordre et la tranquillité étaient entièrement rétablis à Varsovie...

Le caricaturiste Grandville a immortalisé ce mot malheureux en publiant dans le journal "Le Moniteur" une illustration montrant un soldat russe sur un monceau de cadavres polonais avec cette cynique légende : "L'ordre règne à Varsovie".

"Avoir une cervelle d'oiseau" ou "Être une tête de linotte".

Linotte

Ces deux expressions du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifient, au sens figuré : être écervelé, étourdi, distrait, superficiel ; agir à la légère.

Cette utilisation péjorative du nom de la "Linotte" vient de ce que ce petit oiseau passereau au plumage brun et rouge a la réputation de construire fréquemment son nid avec insouciance, pas très loin du sol, sans trop sembler se préoccuper de le dissimuler aux yeux des prédateurs, ce qui entraîne souvent la destruction de la nichée.

On dit par exemple : "Mon cousin a une cervelle d'oiseau : il part toujours sans ses clés et parfois sans veste".

Ou : "Mon directeur est une tête de linotte : il oublie toujours la moitié de ses affaires et au moins un rendez-vous sur deux".

Source: wiktionary.org

"Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage".

Ces deux expressions du registre familier signifient, selon le contexte, :

  • "Être dans un état de somnolence, mal réveillé, somnoler",
  • ou "Être à demi-inconscient, hébété".

Le plus souvent, à cause d'un abus d'alcool, d'un manque de sommeil ou d'un réveil très matinal.

Tout comme pour les expressions "Être dans le coaltar" ou "Avoir la tête dans le coaltar", dont la signification est exactement la même, l'origine des expressions "Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage" remonte à l'époque où l'on utilisait le coaltar ou le cirage dans des ateliers mal ventilés, et où leurs émanations tournaient donc la tête des ouvriers, les rendant à moitié conscients.

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr

"Être du bâtiment".

Cette expression du registre familier signifie : exercer le même métier, appartenir à la même profession.

On dit par exemple : "Toi qui est du bâtiment et écris des bouquins : peux-tu me dire sincèrement ce que tu penses de mon blogue J'aime les mots ?".