"Ne pas casser des briques".

Cette expression du registre familier signifie "Ne rien avoir d'extraordinaire, de remarquable ; être très commun, à la limite de la médiocrité".

On dit par exemple : "Ma grande soeur a lu ta rédaction mais elle trouve que ça ne casse pas des briques !".

L'expression "Ne pas casser trois pattes à un canard" a la même signification.

"Bonjour, bonsoir".

Cette formule du langage courant s'utilise lorsque l'on évoque de simples relations de voisinage ou de travail, ne dépassant pas le stade du "Bonjour" et du "Bonsoir" quotidiens, que s'adressent les personnes se connaissant simplement "de vue".

On dit par exemple : "Vous savez, monsieur l'inspecteur, je ne le connaissais guère. Bonjour, bonsoir, rien de plus".

"En file indienne".

Quatre jeunes gens traversant un passage piétion en file indienne

Cette locution nominale signifie "L'un derrière l'autre, à la suite les uns des autres, parfaitement alignés".

Et elle peut s'appliquer indifféremment à des humains ou à des animaux en marche, lesquels se déplacent souvent ainsi.

Éléphants en file indienne

Cette expression ne fait nullement référence à l'Inde, mais aux amérindiens, ces indiens d'Amérique.

Elle est en effet née au cours du XIXe siècle, dans la litté­rature nord-américaine, comme par exemple dans les romans de l'écrivain états-unien Fenimore Cooper, ;au premier rang desquels le célèbrissime "Le dernier des Mohicans", paru en 1826.

Elle fait ­référence à une stratégie que les ­tribus indiennes avaient l’habitude d’utiliser lors des conflits. Les guerriers marchaient en effet l’un derrière l’autre, en utilisant les traces de leur prédécesseur, ce qui leur permettait de ne laisser qu’une seule paire d’empreintes.

Un procédé qui servait à tromper l’ennemi, qui était alors incapable d'estimer convenablement le nombre de combattants à affronter. A l’opposé, manquant de discipline, les ­soldats anglais ou américains se déplaçaint évidemment de manière beaucoup plus désordonnée et donc beaucoup plus facilement repérable.

L'expression "En file indienne" est à rapprocher de l'expression "À la queue-leu-leu", dont la signification est identique.

Source : www.cnews.fr

"L'homme est un loup pour l'homme"... Mais qui sait si le loup n'est pas plus solidaire que l'homme !

Le déplacement d'une meute de loups

On le sait, cette locution latine ("Homo homini lupus est") signifie que l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce.

Mais comme le dit l'écrivain québecois Serge Bouchard, "Affirmer L'homme est un loup pour l'homme n'est pas très gentil pour le loup !".

S'il faut en croire le proverbe, en effet, - et contrairement peut-être aux hommes - "Les loups ne se mangent pas entre eux" !

Mais surtout, on peut s'interroger sur l'esprit de solidarité qui prévaut parmi les loups - peut-être bien plus développé que les hommes de notre temps -, à en juger tout du moins par la façon dont se déplacerait une meute de loups.

C'est en effet ce que semble démontrer l'étonnante photographie de cette meute de 25 loups se déplaçant dans la neige, à la queue leu-leu. L'image a été diffusée en 2011 par la BBC dans le cadre d'un documentaire sur les régions polaires intitulé "Planète gelée". Et a été prise par le britannique Chadden Hunter, dans le Parc National canadien Wood Buffalo, dans le Nord-Est de l'Alberta et le Sud des Territoires du Nord-Ouest.

  • En tête, se trouverait en effet un animal vigoureux, qui ouvre la marche et fraye un chemin à travers la neige pour le reste de la meute.
  • Suivent ensuite deux loups âgés ou malades, car si le groupe de tête n'avait réuni que des animaux forts et en pleine santé, le reste de la meute aurait pu avoir du mal à suivre. Ces deux animaux suivent les traces du loup de tête en pouvant économiser leur énergie et donnent donc indirectement le rythme de la marche à l'ensemble de la meute.

Ainsi, en cas de danger ou de risque (attaque, avalanche, tirs), ce sont les bêtes les plus âgées et les plus faibles qui seraient les premières à être sacrifiées, au profit des plus jeunes.

  • Ensuite suit le groupe des loups les plus forts, qui s'occupera de la défense de la meute et pourra se porter rapidement à l'avant en cas de danger.
  • Au centre se trouve le reste du groupe, les mâles les moins forts, les femelles et les petits.
  • Derrière eux, en arrière-garde, un autre groupe de loups vigoureux dédié à la défense.
  • Enfin, le dernier loup est le mâle alpha, qui, de cette position, surveille l'ensemble de la meute.

"À la queue-leu-leu".

Personnes marchant à la queue leu-leu

Cette locution nominale signifie l'un derrière l'autre, à l'instar de loups en train de marcher ; le mot "Leu" n'étant autre que l'ancien nom du "Loup".

Loups à la queue-leu-leu

Cette expression est à rapprocher de l'expression "En file indienne", dont la signification est identique.

 

"Le chien aboie, la caravane passe".

Ce proverbe en forme d'idiotisme animalier peut s'utiliser en deux types de circonstances :

  • quand on souhaite affirmer que l'on poursuivra son chemin, sûr de soi, sans s’occuper de ce que disent les éventuels détracteurs,
  • ou lorsque l'on évoque une personne restant sourde aux critiques, attaques ou insultes.

Il a été très astucieusement détourné par le génial Coluche en 1975, dans son sketch "Le blouson noir".

"En deux deux".

Je n'apprécie guère cette expression du registre familier en forme d'idiotisme numérique qui signifie : rapidement, très vite, vite fait.

Je lui préfère, de beaucoup, l'expression traditionnelle du langage courant : "En deux temps trois mouvements".

"Être armé jusqu'aux dents".

Être "armé jusqu'aux dents"

J'ai toujours trouvé trouvé assez amusante cette expression en forme d'idiotisme corporel qui doit interloquer nos amis étrangers et signifie, dans le registre familier : être surarmé, fortement armé, muni de nombreuses armes.

On dit par exemple : "Mimile le balafré était très respecté dans le milieu, à l'époque. Mais il faut dire qu'il était plutôt nerveux et toujours armé jusqu'aux dents".

"Au lit marin, la puce a faim !".

J'aime assez cette expression traditionnelle en forme d'idiotisme animalier, que l'on avait coutume d'utiliser il y a quelques années afin de dire aux enfants d'aller se coucher.

"Fromage OU dessert" et "Fromage ET dessert".

Ces deux petites phrases revêtent une signification différente selon qu'elles sont utilisées au sens propre ou au sens figuré :

  • au sens propre, il s'agit de deux formules utilisées dans les menus des restaurants, imposant de choisir entre deux gourmandises représentatives de l’art de vivre à la française,
  • tandis qu'au sens figuré les mêmes formules servent à évoquer :
    • la nécessité d'un choix cornélien : c'est l'un OU l'autre ; il faut impérativement choisir.

On dit par exemple : "Tu peux continuer à te payer de belles vacances et changer régulièrement de véhicule ou décider de devenir propriétaire : c'est fromage OU dessert !".

    •  ou au contraire la chance de pouvoir bénéficier de deux choses à la fois, sans que l'on ait besoin d'effectuer un choix ; l'issue d'une affaire se révélant plus avantageuse que ce à quoi l'on pouvait s'attendre.

On dit par exemple : "Cette année son épouse a obtenu une importante promotion ainsi qu'une jolie augmentation de salaire. C'était fromage ET dessert !".