"Compte là-dessus et bois de l'eau fraîche !" ou "Compte là-dessus et bois de l'eau claire !".

Un touriste buvant de l'eau fraîche

J'aime beaucoup cette expression du registre familier, qui signifie : n'y compte pas, n'espère pas obtenir quoi que ce soit, tu peux toujours courir, il n’y a aucune chance que cela se produise.

Elle a été popularisée au XIXe siècle par l'écrivain français Émile Debraux, dans son "Voyage à Sainte-Pélagie" (1823), à partir de la formule "Compte là-dessus", qui date du XVIIIe siècle et signifie ironiquement "Ne compte pas sur moi".

La partie finale "Et boit de l'eau fraîche" ou sa variante "Et bois de l'eau claire !" a semble-t-il été ajoutée, en relation avec l'expression "Vivre d'amour et d'eau fraîche".

Source : www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Des comptes d'apothicaire" ou "Un compte d'apothicaire".

Cette locution nominale désigne un ou des calculs ;

  • très voire trop précis, détaillés, relevant presque de la manie,

On dit par exemple : "Tu ne vas pas te lancer dans des calculs d'apothicaire pour savoir si chacun de nous cinq a bien dépensé la même somme au cours de ces trois jours ?".

  • ou : compliqués dont les résultats n'ont aucun intérêt ou sont difficilement vérifiables.

On dit par exemple : "Je t'assure que tes comptes d'apothicaire destinés à retrouver l'évolution du salaire moyen des barbiers toulousains au cours du XVIIe siècle ne présente pas un intérêt fondamental".

"Apothicaire" est l'ancien nom du "pharmacien", jusqu'au début du XIXe siècle. Curieusement, c'est au moment où ce mot a commencé à tomber en désuétude que l'expression est apparue.

Le mot désignait, à partir du milieu du XIVe siècle, un personnage érudit, ayant des connaissances avancées aussi bien en médecine qu'en ingrédients susceptibles d'entrer dans la composition des médications qu'il élaborait.

L'apothicaire préparait, vendait et administrait des préparations médicamenteuses, tout en commercialisant des produits rares, des épices ou des ingrédients tels que le sucre.

Il existait d'ailleurs, au XVIe siècle, un idiotisme alimentaire aujourd'hui totalement disparu - "Un apothicaire sans sucre" - pour désigner une personne ne disposant même pas du minimum pour pouvoir exercer correctement sa profession.

Source : www.expressio.fr

"Dépasser les bornes".

Cette expression, basée sur la métaphore de la borne comme synonyme de limite, signifie, au sens figuré "exagérer, aller trop loin, au-delà des règles établies, des limites de la bienséance ou du raisonnable, en faire trop".

Sources : www.linternaute.fr et ww.expressions-francaises.fr

"À coeur vaillant, rien d'impossible".

Cette locution adverbiale signifie qu'avec du courage et de la conviction, on vient à bout de tout et l'on peut réussir tout ce que l’on entreprend. 

Elle est directement issue de la devise du marchand français Jacques Coeur, né vers 1395-1400 et mort le 25 novembre 1456, : "À vaillant coeur, rien d'impossible".

Installé à Bourges (18), ce négociant, banquier et armateur, fut le premier Français à établir et entretenir des relations commerciales suivies avec les pays du Levant.

S'étant lancé dans de nombreuses entreprises commerciales et industrielles, il amassa une fortune considérable, qui lui permit d’aider le roi Charles VII, alors surnommé "Le petit roi de Bourges", à reconquérir son territoire occupé par les Anglais.

Nommé par celui-ci Grand Argentier du royaume de France en 1439, sa réussite éclatante l’amena cependant à la disgrâce : en invoquant diverses accusations, ses rivaux et ses nombreux débiteurs, dont le roi, provoquèrent sa chute en 1451. Emprisonné puis banni en 1456, il mourut sur l'île grecque de Chios, près de la Turquie.

"Depuis des lustres" ou "Il y a des lustres".

Cette locution adverbiale du langage courant signifie : depuis longtemps ; depuis une longue période indéfinie.

Le mot "Lustre" fait en effet ici référence à la période de temps de cinq ans existant entre deux recensements dans l'antiquité romaine.

On dit par exemple : "Je n'ai pas revu certains de mes cousins depuis des lustres".

Mais il existe encore bien des façons de dire "Depuis très longtemps" ou "Cela fait longtemps".

On n'écrit pas : "Faire bonne chair" !

Mais : "Faire bonne chère" !

Cette locution verbale signifie bien manger, ripailler.

Les variantes "Faire petite chère" (ne pas bien manger) et "Faire grande chère" (bien se nourrir, offrir un grand repas, bien nourrir ses invités, bien vivre) sont sensiblement moins utilisées.

Ces trois locutions sont construites sur la base du mot "Chère", venant du latin "Cara" (visage, face), qui signifiait autrefois "visage" ou "bon accueil".

Mais l'expression "Faire bonne chère" n'a pris son sens actuel qu’au XVIIe siècle, le sens premier signifiant "Faire bonne figure" ou "Faire bon accueil".

Source : wiktionary.org

"Être un prêté pour un rendu" ou "C'est un prêté pour un rendu".

Cette locution verbale relève du registre familier.

Elle constitue une corruption de "C'est un prêté rendu", qui signifie "C'est une juste compensation, une juste revanche".

Et elle s'utilise lorsque l'on veut évoquer un tour que l'on vient de jouer à quelqu'un et qui vaut bien celui dont on été au préalable victime de son fait.

On dit par exemple : "Comme sa copine l'a trompé avec un de ses voisins, il a couché avec une autre fille : c'est un prêté pour un rendu".

L'expression "Rendre la monnaie de sa pièce" est assez proche de "C'est un prêté pour un rendu".

"Un échange de bons procédés".

Cette locution désigne des services que l'on se rend mutuellement, sans qu'il soit aucunement question d'argent et en intégrant une dimension de spontanéité.

Ce n'est pas un "donnant-donnant" ni "un prêté pour un rendu" ; mais davantage une double manifestation de générosité.

Source : dictionnaire.reverso.net et www.cnrtl.fr