"Les héros sont fatigués".

Affiche du film français "Les héros sont fatigués"

Cette locution verbale est, à l'origine, le titre d'un roman français de Christine Garnier, paru en 1953.

"Les héros sont fatigués" édition originale du roman français de Christine Garnier (1953)

Le livre a été adapté au cinéma en 1954 par Yves Ciampi.

Et l'on retrouve au générique de ce film français sorti en 1955 : Yves Montand, Maria Félix, les allemands Curd Jürgens et Gert Fröbe, ainsi que le futur réalisateur à succès Gérard Oury .

Source : wikipedia.org

"Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?".

Arletty et Louis Jouvet dans "Hôtel du Nord"

Qui ne connaît cette extraordinaire réplique de la fabuleuse actrice française Arletty, s'adressant sur le pont du canal Saint-Martin, à Paris (75), au génial Louis Jouvet, dans le film français de 1938, de Marcel Carné, "Hôtel du Nord", adapté par Henri Jeanson et Jean Aurenche du roman "L'Hôtel du Nord", publié en 1929 par Eugène Dabit ?

Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938)Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938) Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938)

Cette incroyable tirade demeure durablement implantée dans la culture populaire, notamment grâce à l'intonation particulière d'Arletty, emblématique de la gouaille parisienne.

Et elle résonne encore aux oreilles des téléspectateurs et cinéphiles de plus de cinquante ans, pour l'avoir entendu, des années durant, dans le générique en noir et blanc annonçant le grand film du dimanche soir. Nostalgie, quand tu nous tiens !

C'est au grand Henri Jeanson que nous devons les merveilleux dialogues de ce chef d'oeuvre du cinéma français.

Ce merveilleux dialoguiste avait expliqué au réalisateur français Bertrand Tavernier que cette réplique constituait une sorte de petite pique amicale mais néanmoins ironique à l'égard de Marcel Carné, qui, sur le tournage, expliquait souvent à ces différents collaborateurs : "Cela donnera de l'atmosphère" ou "Ça va enrichir l'atmosphère"...

Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938) Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938)

Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938) Affiche du film français "Hôtel du Nord" de Marcel Carné (1938)

"Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment, comme nous, d'un si grand amour !".

Arletty dans "Les enfants du Paradis"

Cette superbe réplique a été écrite par Jacques Prévert pour l'actrice française Arletty, dans le film français de Marcel Carné "Les enfants du Paradis".

Affiche du film français "Les enfants du paradis" de Marcel Carné (1946)

Ce chef-d'œuvre du réalisme poétique, en deux époques, tourné durant l'Occupation, entre le 16 août 1943 et le 20 juin 1944, principalement aux studios de la Victorine à Nice (06), est sorti en 1945.

Affiche du film français "Les enfants du paradis" de Marcel Carné (1946)Affiche du film français "Les enfants du paradis" de Marcel Carné (1946)

La scène se déroule à Paris (75), sur le boulevard du crime, en 1828.

Et dans cette réplique, Arletty, inoubliable interprète de la jolie Claire dite "Garance", s'adresse à l'acteur Frédérick Lemaître, magistralement interprété par le génial Pierre Brasseur.

"Connaître la montagne mieux que quiconque !".

La scène se passe en juillet 1999. Nous dînons avec mon épouse et ma belle-fille, alors âgée de six ans, en regardant le journal télévisé. Celui-ci est essentiellement consacré à très grave accident de canyonisme, survenu en Suisse, ayant fait pas moins de 19 morts et deux disparus.

Un violent orage, non prévu par les services de la météorologie, avait éclaté au moment où les 53 membres d'une expédition se trouvaient dans le lit d'une rivière des Alpes bernoises, lorsque l'eau avait subitement tout emporté. La brusque montée des eaux était vraisemblablement due à la rupture d'un barrage naturel, formé par l'entassement de branches ou de troncs d'arbres et de pierres, après l'hiver particulièrement rigoureux qu'avait connu le pays cette année là, avec d'exceptionnelles chutes de neige.

Effondré par l'ampleur de la tragédie, l'organisateur de l'expédition, directeur d'une agence de sports extrêmes, reconnue pour son sérieux, ne s'expliquait pas les raisons de ce drame. En effet, ses accompagnateurs étaient tous des professionnels chevronnés, qui - affirmait-il - connaissaient la montagne "mieux que quiconque" !

"Ça alors !" lâche alors soudainement la petite, stupéfaite :  "On m'a pourtant toujours dit que "Ki-Konk" était un très grand singe !"

Sacré roi Kong !

"Le Ferry Boat" ou "Le Féri Boate".

Le Ferry Boat, aujourd'hui

La ville de Marseille (13) est encore sans doute l'un des rares endroits au monde ou l'on continue de parler de "Ferry Boat" (sans trait d'union) et pas simplement de "Ferry", refusant ainsi de céder à la pratique de l'ellipse.

On ne prononce cependant pas ce mot anglais comme les anglo-saxons, mais bien évidemment "avé l'assent", soit : "Féri Boate".

La ligne existe depuis 1880 et permet la traversée du Vieux-Port, de la Mairie à la Place aux Huiles. Elle est bien connue et appréciée pour son côté pratique par les Marseillais désireux de passer d'un côté à l'autre dudit Vieux-Port, bien que la distance qu’elle parcourt soit l’une des plus faibles au monde (283 mètres seulement !).

Le ferry boat du Vieux-Port

Et c'est au célèbre écrivain, auteur dramatique et réalisateur français Marcel Pagnol, né le 28 février 1895 et mort le 18 avril 1974, qu'elle doit sa célébrité et d'avoir pu ainsi perdurer jusqu'à nos jours.

Le ferry boat a en effet été immortalisé dans le film "Marius", réalisé en 1931 par Alexandre Korda d'après la pièce de théâtre homonyme de Pagnol de 1929.

Affiche du film français "Marius" d'Alexandre Korda (1931) d'après la pièce de théâtre homonyme de Marcel Pagnol (1927)

Près d'un siècle plus tard, il reste cher au coeur des Marseillais, et fait même partie du patrimoine de la ville, au même titre que la "Bonne mère" ou le "Vél" !

À titre tout à fait exceptionnel, je conçois donc de bonne grâce que l'on continue de l'appeler ainsi d'un mot anglais et non "Un transbordeur" ou "Un traversier", comme le font nos amis québecois.

Source : wikipedia.org

"Se faire bectares tout cru".

C'est dans le génial "Le cave se rebiffe", réalisé en 1961 par Gilles Grangier, que Michel Audiard fait dire cette superbe réplique à Jean Gabin : "I' vont t'bectares tout cru les vilains !".

Autrement dit : "Te becqueter tout cru", "Te bouffer tout cru", "Te manger tout cru", "Ne faire de toi qu'une bouchée".

"Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche".

Deux intellectuels assis vont moins l'un qu'une brute qui marche. Maurice Biraud et Charles Aznavour dans "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

J'adore cette extraordinaire citation, extraite des dialogues écrits en 1961 par Michel Audiard pour le film "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière, inspiré du livre éponyme de René Havard publié la même année.

Affiche du film français "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

Elle est précédée d'une phrase non moins mémorable : "Je crois, docteur, que l'homme de Néandertal est en train de nous le mettre dans l'os".

La scène se passe en octobre 1942, dans le désert de Libye et réunit deux soldats des Forces Françaises Libres, assis côte à côte. François Jonsac (Maurice Biraud dans le film) s'adresse au docteur Samuel Goldmann (interprété par Charles Aznavour), après que les deux hommes aient décidé de rester près de leur véhicule en panne, au contraire du brigadier Théo Dumas (Lino Ventura), qui, ne se résignant pas à mourir sur place, est parti à pied, malgré les 700 kilomètres qui les séparent de tout point d'eau.

"C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim".

Qui ne se souvient de cette réplique culte de Thérèse de Monsou (je sens que je vous apprend quelque chose, néanmoins, en vous révélant son patronyme !) la bénévole de "SOS Détresse Amitié", dans "Le Père-Noël est ordure", le film de Jean-Marie Poiré sorti en 1982, interprété par la troupe du Splendid et adapté de leur pièce de théâtre éponyme, créée en 1979.

Est-il utile de rappeler qu'elle fait référence aux célèbres et immangeables "doubitchous de Sofia", sortes de truffes au chocolat "roulées à la main sous les aisselles", offerts par Monsieur Preskovitch (d'après le générique de fin, mais prononcé "Preskovic" dans le film), l'envahissant voisin bulgare de l'appartement du dessus.

Source : wikipedia.org

"Birdy Nam Nam".

Le groupe français Birdy Nam Nam

C'est dans le cinéma que ce groupe français d'électro, créé en 2001, est allé chercher son étrange nom en forme de gémination.

Plus exactement dans "La party", un film culte américain de 1968 de Blake Edwards, avec le génial et regretté Peter Sellers.

Dans ce chef d'oeuvre du nonsense, en effet, l'acteur britannique dit au perroquet de son hôte producteur, en se risquant à le nourrir, : "Birdy num num" (beur-di neum-neum). Autrement dit, quelque chose comme "Miam-miam le zoziau" en français.

La scène figure d'ailleurs dans le clip de "Ready for War, ready for Whut ?", un morceau de Birdy Nam Nam sorti en 2005.

Ainsi "Birdy num num" (beur-di neum-neum) est-il devenu "Birdy Nam Nam" (beur-di nam-nam).

À l'instar du groupe anglais Duran Duran, (du-rane du-rane), qui avait légèrement anglicisé le nom du savant fou "Durand Durand" (duran duran), en en supprimant les "d", nos jeunes français ont, pour leur part, quelque peu francisé cette réplique en remplaçant les "u" par des "a".

"Duran Duran".

Le groupe britannique Duran Duran

C'est dans le cinéma que ce groupe de new wave britannique, fondé en 1978 à Birmingham (Angleterre) (Royaume-Uni) est allé chercher son curieux nom en forme de gémination.

Plus exactement dans "Barbarella", un film franco-italien de science-fiction réalisé, en 1968, par le français Roger Vadim, un homme fondamentalement dénué de tout sens esthétique et à la vie sentimentale décidément marquée par la déveine, puisque successivement obligé de vivre avec la célèbre pléiade de boudins difformes : Annette Stroyberg, Brigitte Bardot, Jane Fonda, Catherine Deneuve et Marie-Christine Barrault !

Affiche du film "Barbarella"

Le film constitue une adaptation de la bande dessinée avant-gardiste du même nom, créée en 1962 par le français Jean-Claude Forest, et mettant en scène celle qui fut considérée comme la première héroïne "pour adultes", pourtant bien innocente au regard de nos critères actuels !

On y trouve, quoi qu'il en soit, le savant fou "Durand Durand", dont nos jeunes musiciens ont anglicisé le nom en en supprimant les "d" pour en faire celui de leur célèbre groupe.

Ainsi "Durand Durand" (duran-duran) est il devenu "Duran Duran" (durane-durane).

À l'instar du groupe français "Birdy Nam Nam" (beur-di nam-nam), qui francisera quelques années plus tard la réplique "Birdy Num Num" (beur-di neum-neum), du film "La party", en en remplaçant les "u" par des "a".

Pour vous rajeunir un peu : des images de ce groupe, avec leur tube planétaire de 1983, "The reflex" :

"Être repasseman".

J'aime beaucoup cette très originale expression relevée dans les dialogues écrits par Michel Audiard pour "Le gentleman d'Epsom", un film français de 1962 de Gilles Grangier, avec le génial Jean Gabin.

Elle relève de ce que l'on appelle "l'anglais de cuisine" et signifie "Se faire enculer", "Se faire mettre" (registre vulgaire), "Se faire repasser", "Se faire entuber" (registre argotique), "Se faire avoir" (registre familier), "Avoir été dupé" (registre soutenu).