"Basique" n'a jamais signifié "De base" ni élémentaire en français !

Mais en anglais !

En français, l'adjectif "Basique" se dit exclusivement, selon le contexte :

  • d'un corps, d'un milieu qui présente les caractères d'une base,
  • d'un milieu dont le pH est supérieur à 7,
  • des sels correspondant à une neutralisation incomplète d'une polybase,
  • ou des oxydes donnant des bases en solution.

La mauvaise utilisation de l'adjectif "Basique" par de plus en plus de français résulte probablement - encore une fois, malheureusement - du succès d'une "chanson" inepte de rappeur décérébré, dont les radios et télévisions se plaisent à répandre avec complaisance la prose dégénérée :

"Basique" Orelsan (2017)

"Ok, j'vais demander à Skread de faire une instru simple
Parce que je vais dire des trucs simples
Parce que vous êtes trop cons
Ok, simple, basique, basique

Ok, les gens les plus intelligents sont pas toujours ceux qui parlent le mieux (simple)
Les hommes politiques doivent mentir sinon tu voterais pas pour eux (basique)
Si tu dis souvent qu't'as pas d'problème avec l'alcool, c'est qu't'en as un (simple)
Faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien (basique)
Les mecs du FN ont la même tête que les méchants dans les films (simple)
Entre avoir des principes et être un sale con, la ligne est très fine (basique)
Hugo Boss habillait des Nazis, le style a son importance (simple)
Les dauphins sont des violeurs, ouais, méfie-toi des apparences (basique)

Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Vous n'avez pas les bases, vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases, vous n'avez pas les bases
Si c'est marqué sur internet, c'est p't-être faux mais c'est p't-être vrai (simple)
Illuminatis ou pas, qu'est-ce que ça change? Tu t'fais baiser (basique)
À l'étranger, t'es un étranger, ça sert à rien d'être raciste (simple)
Les mecs les plus fous sont souvent les mecs les plus tristes (basique)
Cent personnes possèdent la moitié des richesses du globe (simple)
Tu s'ras toujours à un ou deux numéros d'avoir le quinté dans l'ordre (basique)
Si t'es souvent seul avec tes problèmes, c'est parce que souvent l'problème c'est toi (simple)
Toutes les générations disent que celle d'après fait n'importe quoi (cliché)
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases
Vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, vous n'avez pas les bases
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, basique
Basique, simple, simple, vous n'avez pas les bases".
Vous vous en doutez bien, c'est sans hésitation que je décerne à cette "chanson" mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".
Sources : www.larousse.fr et www.lyricfind.com

On n'écrit pas : "N'le balance pas" !

Affiche du refuge de la SPA (Société Protectrice des Animaux) de Gennevilliers (92) de juin 2019 "N'le balance pas".

Comme a pu le faire le refuge SPA (Société Protectrice des Animaux) de Gennevilliers (92) sur Facebook, le 26 juin 2019.

Mais : "NE LE balance pas" !

Et même, idéalement : "NE L'ABANDONNE pas" !

Parce qu'il me semble que de telles dérives ne sont - selon moi - pas admissibles à l'écrit, je leur décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

Ne dites pas : "S'palucher tout l'temps !".

Mais, à tout le moins : "Se tripoter l'engin" tout lE temps" (registre familier) !

Et, si possible : "Se masturber en permanence" (langage courant) !

Voire, idéalement : "Pratiquer constamment l'onanisme" (registre soutenu) !

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mes articles : "Ne dites pas à un québecois : J'adore les gosses, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !" et "Quand la différence de niveau de langage crée l'incompréhension...".

"Le paf", "Le PAF", "Un PAF", "La PAF" et "Une PAF".

Tous ces mots homophones ont naturellement des significations tout à fait diverses :

  • "Le paf" désigne la verge (ou le pénis) dans le registre argotique.

On dit par exemple : "Il paraît que c'est une vorace : à peine assise dans la voiture, elle lui a sauté au paf  !".

  • "Le PAF" est un acronyme désignant :
    • le "Paysage Audiovisuel Français", c'est à dire : l’ensemble de l’offre audiovisuelle française, regroupant les stations de radio et les chaînes de télévision gratuites ou payantes, nationales ou locales ainsi que leurs émissions, animateurs, sociétés de production, etc.

L'expression et l'acronyme sont apparus à la fin des années 1980, avec l'apparition des premières chaînes privées : Canal + (4 novembre 1984), La Cinq (20 février 1986 - 12 avril 1992) et TV6 (1er mars 1986 - 28 février 1987).

Pot-au-feu

    • le "Pot-Au-Feu", un plat traditionnel à base de viande de bœuf et de légumes.
    • le " Premier Atome Frappé" (ou en anglais PKA Primary Knock-on Atom) en physique.

Il s'agit d'un atome déplacé de son site dans un réseau cristallin par irradiation, qui est, par définition, le premier atome qu'une particule incidente rencontre dans une cible.

  • "Un PAF" est un acronyme désignant :
    • un "Plan Académique de Formation", un outil regroupant l'ensemble des formations offertes par les académies aux enseignants de l'Éducation nationale en France.

Parcours acrobatique en hauteur, Parcours aventure en forêt ou Parcours aventure

    • un "Parcours d'Aventure en Forêt", également appelé PAH (Parcours Acrobatique en Hauteur), "Parcours aventure", "Parcours d'hébertisme aérien" par nos amis québecois ou improprement "Parcours d'accrobranche".

Toutes ces appellations désignent un espace de loisirs sportif, souvent situé en zone boisée, équipé d'installations permettant au pratiquant de cheminer en hauteur, de façon plus ou moins acrobatique, sur des ateliers fixés entre deux arbres ou supports artificiels.

    • un "Père Au Foyer". Non vous ne rêvez pas ! À quand les "PAFF (Père Au Foyer Fumeur) et PAFNF (Père Au Foyer Non-Fumeur), afin d'être plus précis ?
  • "La PAF" est un acronyme désignant :
    • la "Participation Aux Frais", une formule utilisée en remplacement du terme "prix d'entrée", lors de soirées organisées par des associations.

La patrouille de France

    • la "PAtrouille de France", patrouille acrobatique officielle de l'Armée de l'air française, créée en 1953.
    • la "Perte Au Feu", perte de masse due à l'échauffement d'un matériau en métallurgie.
    • la "Police de l'Air et des Frontières", une direction de la Police nationale française chargée du contrôle des frontières, créée en 1944 et devenue, le 29 janvier 1999, la "Police Aux Frontières".

PAF (Polypose Adénomateuse Familiale)

  • la "Polypose Adénomateuse Familiale" (ou "Polypose recto-colique familiale").

Il s'agit d'une maladie héréditaire à transmission autosomique dominante, prédisposant au cancer du côlon. Des centaines voire des milliers de polypes coliques (relatifs au côlon) apparaissent vers l'âge de 16 ans en moyenne (fourchette de valeurs 7-36 ans) qui, en l'absence de colectomie, dégénèrent systématiquement en cancer , lequel apparaît vers l'âge de 39 ans (fourchette de valeurs 34-43 ans). Les signes extracoliques comprennent des polypes de l'estomac, des ostéomes, des anomalies des dents, une hypertrophie de l'épithélium de la rétine, des tumeurs des muscles, et d'autres cancers.

Les formes atténuées de la PAP se manifestent par une augmentation significative du risque de cancer du côlon mais avec beaucoup moins de polype (en moyenne 30) et localisés dans le côlon proximal. Le risque de dégénérescence est plus tardive. La prise en charge de cette pathologie est différente. Seul le traitement radical (coloproctectomie) est envisageable.

  • et "Une PAF" est un acronyme désignant :

Une poêle à frire

    • une "Poèle A Frire", un ustensile de cuisine utilisé utilisé pour la cuisson d'aliments solides tels que la viande, les légumes, les œufs, etc.

Source : wikipedia.org

 

 

"Bigner".

Ce charmant petit verbe du registre populaire peut avoir, selon le contexte, deux significations radicalement différentes :

  • voir.

On dit par exemple : "Bigne un peu la gonzesse".

  • ou : cabosser, cogner, endommager légèrement.

Il peut alors s'utiliser indifféremment pour une personne ou pour un objet.

On dit par exemple : "Ce type m'énerve : je vais finir par le bigner !".

Ou : "J'ai encore bigné la bagnole de ma chérie : elle va me tuer !".

Sources : www.linternaute.fr et

"Une croqueuse de diamants".

Cette locution verbale du registre familier désigne : une femme fatale, avide d'argent.

La formule date du début du XXe siècle et elle est née de l'association :

  • de la locution verbale "Un croqueur de dot" désignant, dans le registre familier, un homme dilapidant une dot ou un héritage, après un mariage d'argent,
  • et du substantif féminin "Une croqueuse (d'hommes)" qui désignait, dans le registre argotique, une prostituée enchaînant les passes.

Source : www.linternaute.fr

Pourquoi dire : "De la weed" ?

Sachet de cannabis

Et pas : "De l'herbe" voire : "De la beuh".

C'est à dire : de la marijuana, du haschich, du cannabis, du shit (tous ces mots sont synonymes et il en existe de nombreux autres), utilisé pour rouler soi-même des cigarettes appelées "joints", "pétards", "bédos", "cônes", etc. (registre argotique).

mains de femme en train de rouler un joint

"Weed" est en effet un mot anglais du registre argotique.

"Être dur de la feuille".

J'adore cette expression du registre argotique en forme d'idiotisme botanique qui signifie : avoir des difficultés auditives, entendre mal.

Naturellement, elle interloque souvent mes interlocuteurs étrangers ou les personnes peu habituées à la langue verte, mais c'est toujours un véritable plaisir pour moi que de la leur expliquer.

Concernant ce thème de la surdité, je vous recommande également la lecture de mon article consacré à toutes les façons de reprocher à quelqu'un de ne rien entendre ou de dire que l'on entend mal.

120 façons de dire "Tuer".

"Basourdir" ne s'utilise plus (mais se retrouve indirectement dans le verbe "abasourdir") et relève donc du registre désuet.

Le registre argotique nous propose de nombreux verbes, formules ou locutions verbales avec : "Bousiller", "buter", "dessouder", "dézinguer", "donner à bouffer aux (fauves)", "donner à bouffer aux poissons", "donner à bouffer aux requins", "envoyer bouffer les pissenlits par la racine", "expédier bouffer les pissenlits par la racine", "faire bouffer les pissenlits par la racine", "faire crever", "liquider", "rectifier", "refroidir", "repasser" ou "zigouiller".

Ainsi que "crever", "crever la paillasse" ou "suriner" si l'on utilise une arme blanche.

Et "descendre", "faire sauter la cervelle", "faire sauter le caisson", "ficher une balle entre les deux yeux", "flinguer", "foutre une balle entre les deux yeux", "plomber" ou "truffer de plomb" si c'est une arme à feu.

Sans oublier Michel Audiard, qui nous a bien sûr offert le superbe "éparpiller façon puzzle" dans le légendaire film de Georges Lautner "les tontons flingueurs" (1963) !

"Envoyer ad patres", "envoyer manger les pissenlits par la racine", "envoyer six pieds sous terre", "expédier ad patres", "expédier manger les pissenlits par la racine", "expédier six pieds sous terre", "faire la peau", "faire manger les pissenlits par la racine", "faire passer l'arme à gauche", "faire passer le goût du pain", "règler son affaire", "règler son compte", "suicider" ou "trucider" appartiennent au registre familier.

Ainsi que "coller une balle entre les deux yeux", "mettre une balle entre les deux yeux", "transformer en écumoire" ou "transformer en passoire" s'il s'agit de tuer par arme à feu.

Le langage courant est également très riche, avec : "abattre", "assassiner", "déchiqueter", "défenestrer", "donner en pâture aux (fauves)", "donner en pâture aux poissons", "donner en pâture aux requins", "éliminer", "empêcher de parler à jamais", "empêcher de parler de façon définitive", "empêcher de parler définitivement", "empêcher de parler pour toujours", "enterrer vivant", "envoyer au cimetière", "envoyer dans l'autre monde", "envoyer en enfer", "envoyer nourrir les asticots", "envoyer nourrir les poissons" "envoyer nourrir les requins", "envoyer rôtir en enfer", "étrangler", "expédier au cimetière", "expédier nourrir les asticots", "expédier nourrir les poissons", "expédier nourrir les requins", "faire le dernier voyage", "faire le grand voyage", "faire son dernier voyage", "faire taire à jamais", "faire taire de façon définitive", "faire taire définitivement", "faire taire pour toujours", "noyer", "offrir en pâture aux poissons", "offrir en pâture aux requins", "réduire au silence" ou "supprimer".

Mais aussi : "Brûler vif", "carboniser", "faire griller", faire rôtir" ou "faire périr par le feu" si c'est ce dont il s'agit.

"Couper en deux", "couper en morceaux", "couper la gorge", "couper la tête", "découper en morceaux", "démembrer", "égorger", "étriper", "éviscérer", "trancher en deux", "trancher en morceaux", "trancher la gorge", "trancher la tête" ou "éventrer" s'il s'agit de tuer par arme blanche.

Ou "décapiter" "électrocuter", "exécuter", "fusiller", "garotter", "guillotiner" ou "pendre" s'il s'agit d'une exécution.

"Crucifier", "écarteler", "empaler" et "lapider" correspondent normalement à des pratiques d'un temps révolu ou dont on souhaiterait du moins qu'il le soit.

Enfin, le registre soutenu nous offre le très joli verbe "occire" ainsi que les locutions verbales "faire passer", "ôter la vie" ou "prendre la vie" et les superbes formules "envoyer rejoindre ses ancêtres" et "faire passer de vie à trépas".

"Un chouf" ou "Le chouf".

Ce petit mot masculin du registre argotique nous vient directement de l'arabe "Chouf" signifiant "Regarder".

Et il peut avoir pas moins de cinq significations différentes :

  • dans la marine, autrefois : une vigie (registre désuet),
  • dans la marine française : un quartier-maitre chef,
  • pour les voleurs et trafiquants de drogue :
    • le guet, la surveillance, la planque.

On dit par exemple : "Être en chouf".

    • un guetteur, un observateur.

On dit par exemple : "Un chouf de quinze ans gagne malheureusement bien davantage que son père maçon ou chauffeur de bus".

  • un voyeur, un mateur.

Source : wiktionary.org

9 façons de dire "Le nez".

Un nez

Comme la plupart du temps, c'est naturellement le registre argotique qui nous offre le plus large éventail de possibilités avec pas moins de huit termes.

"Le pif" est le plus couramment utilisé, suivi, je pense, par "le tarin" et "le blair".

"Le blase" (ou "le blaze"), "le tarbouif" et "le nase" (ou "le naze") me semblent moins fréquemment usités, de même que "le reniflant" et "le renifloir".

Enfin, le registre soutenu nous offre "l'appendice nasal".

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la polysémie du mot "Nez".

Source : wiktionary.org

"Un baveux" ou "Le baveux".

Ce mot français peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue utilisé ou du côté de l'Atlantique où l'on se situe :

  • il désigne ainsi, chez nos amis québecois - dans le registre populaire - une personne arrogante et provocatrice.
  • et dans notre pays :
    • dans le langage courant, dans le Sud-Est de la France : le "bolet jaune", un champignon comestible, également appelé "beurré ou "nonnette voilée".

Bolets jaunes, également appelés "baveux", "beurrés" ou "nonnettes voilées"

    • et dans le registre argotique :
      • un avocat.

On dit par exemple : "Avec un bon baveux j'aurais pu éviter la taule".

Un avocat

      • ou : la verge (le pénis).

La verge ou pénis

On dit par exemple : "J'me suis astiqué le baveux".

On retrouve par exemple ce mot - parmi beaucoup d'autres synonymes - dans la chanson grivoise "Les nuits d'un damoiseau".

Source : wiktionary.org