"Un chouf" ou "Le chouf".

Ce petit mot masculin du registre argotique nous vient directement de l'arabe "Chouf" signifiant "Regarder".

Et il peut avoir pas moins de cinq significations différentes :

  • dans la marine, autrefois : une vigie (registre désuet),
  • dans la marine française : un quartier-maitre chef,
  • pour les voleurs et trafiquants de drogue :
    • le guet, la surveillance, la planque.

On dit par exemple : "Être en chouf".

    • un guetteur, un observateur.

On dit par exemple : "Un chouf de quinze ans gagne malheureusement bien davantage que son père maçon ou chauffeur de bus".

  • un voyeur, un mateur.

Source : wiktionary.org

"Donner un coup de téléphone", "Donner un coup de fil", "Donner un coup de bigophone" ou "Donner un coup de bigo".

Ces différentes locution verbale - qui ne laissent pas d'étonner nos enfants ou nos amis étrangers - signifient tout simplement "Téléphoner".

  • "Donner un coup de téléphone" appartient au langage courant.
  • Encore plus surprenante, la formule "Donner un coup de fil" relève du registre familier et du registre désuet.
  • Et les formules "Donner un coup de bigophone" ou - par apocope - "Donner un coup de bigo" appartiennent au registre argotique et au registre désuet.

Toutes ces formules existent également avec le verbe "Passer".

"Un salmigondis".

J'aime beaucoup ce joli mot désignant :

  • au sens propre, en matière culinaire, dans le registre désuet : un ragoût constitué de différentes viandes réchauffées.

On dit par exemple : "On va faire un salmigondis de toutes les viandes qui étaient restées de la veille"

  • et dans le registre familier :
    • par analogie : un assemblage disparate, un mélange confus de choses ou de personnes.

On dit par exemple : "C'est un étrange salmigondis de styles différents".

Ou : "Ce parti  est consitué d'un salmigondis d'extrémistes de tous ordres".

    • et au sens figuré : un ramassis d'idées, de paroles ou d'écrits formant un tout disparate et incohérent.

On dit par exemple : "Leur programme n'est qu'un infâme salmigondis.

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"De la roupie de sansonnet".

L'origine de cette expression demeure assez mystérieuse.

Curieusement en effet, la "Roupie" dont il est ici question est un mot du registre désuet désignant... la goutte qui pend parfois au bout de notre nez.

Et l'on ignore la signification du mot "Sansonnet" ici présent, qui ne désigne aucunement l'oiseau passereau de nos régions appelé "Étourneau sansonnet".

La locution nominale "Roupie de sansonnet" ne constitue donc nullement un idiotisme animalier, ainsi que l'on aurait légitimement pu le penser !

Appartenant au registre familier, elle signifie, selon le contexte :

  • Très peu, pas grand-chose, d’une valeur très faible.

On dit par exemple : "À côté de la mienne, ta collection c'est de la roupie de sansonnet !".

Ou : "Penses-tu que je puisse tirer un bon prix de ma voiture ?". "Ça m'étonnerait :

  • ou : Une chose insignifiante, une bagatelle.

On dit par exemple : "J'ai peur de me faire engueuler pour l'autre jour". "Mais non, voyons : c'est de la roupie de sansonnet !".

On dit également, dans le registre familier : "C'est de la gnognote", "Ça ne vaut pas tripette" ou "Trois fois rien".

Source : wiktionary.org

"L'once" ou "Une once".

Ce joli petit mot mot peut avoir pas moins de six significations différentes:

    • une unité de mesure du poids du système impérial britannique valant 28,3495231 grammes.
    • un ancien poids valant la douzième partie de la livre romaine et pesant 27 grammes.
    • une ancienne unité de mesure du poids en France, valant 30,59 grammes. Elle formait la huitième partie du marc, ou la seizième partie de la livre de Paris.
    • l'unité de mesure du poids pour l'or, adoptée, depuis 1828, par la United States Mint (organisme gouvernemental qui produit et met en circulation les pièces de monnaie des États-Unis d'Amérique). L'once d'or vaut 31,104 grammes.
  • en numismatique, l'once est une ancienne monnaie d’or ayant eu cours en Espagne et en Amérique latine.
  • l'once est également, de manière très générale, une petite quantité de quelque chose.

On dit par exemple "Ne pas peser une once" ou "Ne pas avoir une once de".

Source : wikipedia.org

49 façons de dire "Énerver".

Comme souvent, le registre argotique est ici extrêmement riche, avec les verbes ou locutions verbales "Casser les bonbons", "Casser les couilles", "Emmerder", "Faire caguer", "Faire chier", "Faire iéch" (verlan), "Faire péter un câble", "Faire péter une durite", "Faire péter un plomb", "Foutre la rage", "Foutre les boules", "Foutre les glandes", "Gaver",  "Gonfler", "Mettre la rage", "Mettre les boules", "Mettre les glandes", "Péter les couilles" ou "Péter les pruneaux", "Plomber", "Saouler" (ou "Soûler") ou les formules de djeun's "Foutre le seum" et "Véner" (verlan).

Mais ma préférée est incontestablement la désormais légendaire formule "Les briser menu", immortalisée par l'extraordinaire Lino Ventura, dans le film de 1963 de Georges Lautner "Les tontons flingeurs", dialogué par le génial Michel Audiard.

Je vous rappelle la phrase complète  : "Patricia, mon petit, je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois... Mais la vérité m'oblige à te le dire: ton Antoine commence à me les briser menu !".

Désormais le plus souvent oublié, le verbe "Canuler" appartient au registre populaire et au registre désuet.

"Assommer", "Barber, "Bassiner", "Crisper", "Embêter", "Empoisonner", "Faire suer", "Horripiler", "Raser" ou "Taper sur les nerfs relèvent du registre familier, lui aussi très fourni.

De même que "Escagasser", utilisé par les provençaux et les marseillais.

Nous disposons également de "Agacer", "Crisper", Embêter", "Ennuyer", "Faire perdre son sang-froid" ou "Fatiguer", dans le langage courant.

Tandis que, pour finir, le registre soutenu nous offre "Exaspérer", "Excéder", "Importuner", Incommoder", "Insupporter" ou "Irriter" ("au plus haut point" ou "passablement").

Pourquoi dire : "Le sex-appeal" !

Et pas : "L'attrait sexuel", "L'attrait physique", voire "Le charme".

Fort heureusement, cet anglicisme relève désormais du registre désuet et s'utilise nettement moins qu'il y a encore quelques années, me semble-t-il.

"Un emplâtre".

Ce mot polysémique peut avoir pas moins de six significations différentes et désigner, selon le contexte, :

  • au sens propre : une préparation thérapeutique adhésive se ramollissant à la chaleur et destinée à être appliquée sur la peau ou à être étendue sur des bandes de tissu.

Le terme était parfois féminin au XVIIIe siècle.

  • au sens figuré, dans le registre familier : un empoté, un individu sans énergie, sans initiative, bon à rien ; une personne n’ayant incapable d’agir comme il convient, ne faisant qu’apporter de l’embarras dans les affaires dont elle se mêle.

On dit par exemple : "Mais quel emplâtre que cet apprenti là !".

  • dans le registre argotique : un coup, une gifle.

On dit par exemple : "Tu les aurais vu se foutre des emplâtres !"

  • en horticulture : un enduit gluant destiné à recouvrir les plaies des arbres, pour accélérer leur cicatrisation, également appelé "Englumen".
  • dans le registre désuet : une pièce que l'on colle sur une chambre à air pour boucher un trou, également appelée "Rustine".
  • et dans le registre familier, un aliment bourratif.

On dit par exemple : "Je ne saurais critiquer la cuisine de ma belle-mère : elle concocte d'extraordinaires emplâtres !".

Sources : www larousse.fr et wiktionary.org

"Bath" ou "C'est bath !".

Cet adjectif et cette interjection du registre familier et du registre désuet signifient :

  • "Bath" : beau, joli, agréable.

On disait par exemple : "Il est bath le bateau de ton père !".

  • "C'est bath !" : c'est chouette !

On disait par exemple : "C'est bath ! L'été prochain mes parents me laissent partir seul en vacances avec mes copains".

Ils n'étaient déjà plus utilisés par ma génération lorsque nous étions adolescent dans les années 1970.

Source : www.larousse.fr

"Chapeau !", "Chapeau bas !", "Chapeau l'artiste !", "Donner un coup de chapeau", "Rendre un coup de chapeau" et "Tirer son chapeau".

Toutes ces différentes formules du langage courant et du registre désuet, en forme d'interjection ("Chapeau !" par ellipse de "Chapeau bas !"), de locutions interjectives ("Chapeau bas !" et "Chapeau l'artiste !") ou de locutions verbales ("Donner un coup de chapeau", "Rendre un coup de chapeau" et "Tirer son chapeau") ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elles s'utilisent toujours de nos jours en effet - mais au sens figuré désormais - afin d'exprimer le profond respect, voire l'admiration que l'on éprouve envers une personne.

Ou - plus largement - afin de faire part de ses félicitations, salutations ou remerciements.

Les porteurs de chapeau ayant naturellement totalement disparu de notre environnement depuis plus d'un demi-siècle, ces différentes formules trouvent leur origine au XVIIe siècle, lorsque le chapeau était un objet vestimentaire incontournable.

On avait alors coutume de saluer son prochain en enlevant et abaissant son chapeau.

Cette forme de salut respectueux consistant à incliner son chapeau vers le bas (saluer "chapeau bas") constituait alors une marque de respect et de déférence envers son interlocuteur.

La pratique (le geste) a perduré jusque dans les années 1960, lors de la disparition du chapeau.

Et la parole (les différentes formules : "Chapeau !", "Chapeau bas !", "Chapeau l'artiste !", "Donner un coup de chapeau",  "Rendre un coup de chapeau" et "Tirer son chapeau") jusqu'à nos jours, chez les plus âgés d'entre nous.

On notera que la forme "Chapeau l'artiste" s'emploie parfois au second degré, afin, par exemple de se moquer cyniquement de l'incurie ou de l'impéritie d'un pouvoir exécutif...

On dit ainsi : "Le Premier ministre Édouard Philippe ose annoncer, le 28 avril 2020, qu'il va rendre obligatoire le 11 mai, dans les transports en commun, le port de masques que son directeur général de la Santé déclarait totalement inutile, voire dangereux... le 19 mars : chapeau l'artiste !".

Sources : www.expressio.fr et www.linternaute.fr

"Passer un coup de téléphone", "Passer un coup de fil", "Passer un coup de bigophone" ou "Passer un coup de bigo".

Ces différentes locution verbale - qui ne laissent pas d'étonner nos enfants ou nos amis étrangers - signifient tout simplement "Téléphoner".

  • "Passer un coup de téléphone" appartient au langage courant.
  • Encore plus surprenante, la formule "Passer un coup de fil" relève du registre familier et du registre désuet.
  • Et les formules "Passer un coup de bigophone" ou - par apocope - "Passer un coup de bigo" appartiennent au registre argotique et au registre désuet.

Toutes ces formules existent également avec le verbe "Donner".

Ne dites pas : "J'y entrave que dalle !" ni "J'y comprends que pouic" !

Mais plutôt : "J'y comprends rien !" (registre familier).

Et, si possible, : "JE N'y comprends rien !" (langage courant).

Voire, idéalement, : "Je n'y entends rien !" (registre soutenu).

"J'y entrave que dalle !" relève en effet du registre argotique et "J'y comprends que pouic !" du registre populaire et du registre désuet.

"Une faiseuse d'anges"

On appelait "faiseuse d'ange" (ou "faiseur d'anges" lorsqu'il s'agissait d'un homme) une femme (le plus souvent non médecin) qui agissait de manière volontaire afin d'interrompre la grossesse non voulue d'une autre femme.

Ces interventions se pratiquaient de façon illégale, dans la clandestinité, souvent par des méthodes dangereuses (injection d'eau savonneuse dans l'utérus, pose de sondes dans le col, aiguilles à tricoter, massages etc.).

Les complications graves étaient fréquentes (lésions, infections, saignements) avec parfois des suites mortelles et étaient passibles de peines plus ou moins graves selon les époques.

L'idée était que ces embryons innocents devenaient des anges après la mort.

Dans la plupart des pays occidentaux, cette activité a disparu depuis la légalisation de l'avortement, qui est devenu une intervention médicale.

En France, c'est la loi du 17 janvier 1975 relative à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), dite "loi Veil", qui a encadré la dépénalisation de l'avortement en France.

Source : wikipedia.org

"En route, mauvaise troupe !".

Cette expression du registre désuet signifie "En avant !" et s'adresse à un groupe amical ou familial.

Un père de famille peut par exemple dire à ses enfants, au moment de partir à la plage, - surtout s'ils sont relativement nombreux - : "En route, mauvaise troupe !".

Contrairement à ce que pense, je crois, l'immense majorité des gens, cette formule ne constitue en rien un idiotisme militaire, mais a directement pour origine... un poème de Paul Verlaine, publié en 1884 dans le recueil "Jadis et naguère" et intitulé "Prologue", dont elle constitue le premier vers !

Prologue de Paul Verlaine (1884)

"En route, mauvaise troupe !
Partez, mes enfants perdus !
Ces loisirs vous étaient dus :
La Chimère tend sa croupe.

Partez, grimpés sur son dos,
Comme essaime un vol de rêves
D’un malade dans les brèves
Fleurs vagues de ses rideaux.

Ma main tiède qui s’agite
Faible encore, mais enfin
Sans fièvre, et qui ne palpite
Plus que d’un effort divin,

Ma main vous bénit, petites
Mouches de mes soleils noirs
Et de mes nuits blanches. Vites,
Partez, petits désespoirs,

Petits espoirs, douleurs, joies,
Que dès hier renia
Mon coeur quêtant d’autres proies.
Allez, aegri somnia".