Mots, locutions et expressions d’autrefois ou Le registre désuet
Cette collection réunit l’ensemble de mes articles consacrés à ces mots, locutions et expressions du registre désuet, utilisés autrefois mais souvent considérés comme vieillis ou passés de mode.
Nombre d’articles à paraître dans cette collection : 17
Ces deux substantifs possèdent de nombreux sens que l'on ignore souvent :
"Un carabin" signifie en effet tout à la fois :
dans le registre désuet :
un soldat de cavalerie légère portant une carabine et que l’on employait d’ordinaire dans les reconnaissances ou les escarmouches (XVIe siècle),
Un carabin ou soldat de cavalerie légère armé d'une carabine
du sarrasin ou "farine de blé noir",
ou : celui qui se contente de hasarder quelque chose au jeu et qui se retire ensuite, qu’il ait perdu ou gagné.
On dit par exemple : "C'était un vrai carabin au jeu".
et dans le registre familier, encore aujourd'hui : un étudiant en médecine,
Un carabin et une carabine
tandis que "Une carabine" désigne aussi bien :
une petite arquebuse puis un mousquet, c'est à dire une arme à feu du type fusil, d'abord utilisée au XVIe siècle par les carabins, des soldats de cavalerie légère,
dans le registre familier : une étudiante en médecine (féminin de "carabin"),
et dans le registre familier, ainsi que dans le registre désuet : la maitresse, souvent pauvre, d’un étudiant en médecine.
Le substantif masculin "lascar" nous vient du persan "lashkar" ("armée") par l'intermédiaire de l’anglais ou du portugais, ou de l’arabe al-askar ("armée").
Et elles désignent toutes trois, selon le contexte :
au sens propre, dans le registre désuet : un matelot indien, en particulier à ceux qui étaient embarqués, au XIXe siècle, sur les vaisseaux français, portugais ou britanniques naviguant dans les mers des Indes Orientales.
et ausens figuré, de nos jours, dans le registre familier :
un individu hardi et rusé, jamais à court d'idées, connu pour sa capacité à se débrouiller; un loustic, un gaillard.
On dit par exemple : "À l'armée, mon adjudant était un sacré lascar, qui avait fait l'Indochine et l'Algérie".
ou : une personne maligne, ou qui fait la maligne.
On dit par exemple : "Mon voisin est un drôle de lascar, jamais à court d'idées".
Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.larousse.fr et Le Robert
Cette locution adjectivale qui relève du langage courant signifie : prêt à surmonter tous les obstacles ; capable de supporter tous les malheurs ; que rien n’ébranle, ne rebute, n’affaiblit ; sur laquelle ou sur lequel on peut compter en toute occasion ; indestructible ; impérissable ; insubmersible ; invincible.
Et elle s'écrit de nos jours "À toute épreuve", sans "s", la forme pulrielle "À toutes épreuves" relevant désormais du registre désuet.
On parle par exemple d'un courage à toute épreuve, d'un dévouement à toute épreuve, d'en emballage à toute épreuve, d'une probité à toute épreuve ou d'un ami à toute épreuve.
Sources : www.dictionnaire-academie.fr et wiktionary.org
et au sens figuré, dans le registre familier (idiotisme animalier) :
une petite maison vieille et sans confort ; une baraque,
On dit par exemple : "Combien de temps vas-tu continuer à accepter d'être ainsi logé dans un poulailler ?".
le dernier étage d'une salle de théâtre, en forme de galerie située au-dessus des loges et des balcons.
Il porte ce nom à cause du grillage qui empêchait les spectateurs de lancer leur nourriture en réaction à la qualité du spectacle !
Les places situées dans cette partie du théâtre, également appelée "paradis", sont les moins chères du fait de l'éloignement avec la scène.
Ce paradis est évoqué dans un célèbre film français, chef d'oeuvre du réalisme poétique de Marcel Carné et Jacques Prévert, réalisé sous l'Occupation et sorti en mars 1945 : "Les enfants du paradis", avec Arletty, Jean-Louis Barrault et Pierre Brasseur.
ou, par métonymie : le public occupant cette galerie.
On dit par exemple : "Les vociférations du poulailler empêchaient souvent d'entendre les acteurs".
Sources : www.opera-national-lorraine.fr, www.cnrtl.fr, Le Robert et www.larousse.fr
On dit en argot "Des binocles" (féminin) ou "Des carreaux".
Et "Des culs-de-bouteilles" lorsqu'il s'agit de lunettes verres très épais.
Enfin, le substantif féminin "Des besicles" (beu-zi-cle) (ou "Des bésicles" (bé-zi-cle) désignait autrefois (registre désuet) des lunettes sans branches se fixant sur le nez, mais s'emploie de nos jours, par plaisanterie, pour désigner des lunettes (registre soutenu).