"Une échauffourée".

J'aile beaucoup ce joli substantif féminin, qui désigne, selon le contexte :

  • dans le langage courant : une émeute, une bagarre confuse et de courte durée, un accrochage, une rixe, une mêlée.

On dit par exemple : "La discussion s'est terminée en échauffourée".

  • et dans le registre désuet :
    • une entreprise malheureuse conduisant à un échec,
    • ou : un petit combat isolé.

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un carabin" et "Une carabine".

Ces deux substantifs possèdent de nombreux sens que l'on ignore souvent :

  • "Un carabin" signifie en effet tout à la fois :
    • dans le registre désuet :
      • un soldat de cavalerie légère portant une carabine et que l’on employait d’ordinaire dans les reconnaissances ou les escarmouches (XVIe siècle),
Un carabin ou soldat de cavalerie légère armé d'une carabine
Un carabin ou soldat de cavalerie légère armé d'une carabine
      • du sarrasin ou "farine de blé noir",

Du sarrasin ou "farine de blé noir"

      • ou : celui qui se contente de hasarder quelque chose au jeu et qui se retire ensuite, qu’il ait perdu ou gagné.

On dit par exemple : "C'était un vrai carabin au jeu".

    • et dans le registre familier, encore aujourd'hui : un étudiant en médecine,
Un carabin et une carabine
Un carabin et une carabine
  • tandis que "Une carabine" désigne aussi bien :
    • une petite arquebuse puis un mousquet, c'est à dire une arme à feu du type fusil, d'abord utilisée au XVIe siècle par les carabins, des soldats de cavalerie légère,

Une carabine russe

    • dans le registre familier : une étudiante en médecine (féminin de "carabin"),
    • et dans le registre familier, ainsi que dans le registre désuet : la maitresse, souvent pauvre, d’un étudiant en médecine.

Sources : wiktionary.org

"En culottes courtes".

Jeunes écoliers en culottes courtes

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire relève désormais, je pense, du registre désuet.

Et elle signifie, au sens figuré : enfant (pour un garçon).

On dit par exemple : "Ils sont inséparables : ils se sont connus en culottes courtes".

"À tous crins" ou "À tout crin".

Cette curieuse locution adverbiale, qui peut s'écrire de deux façons différentes,  signifie :

  • au sens propre, dans le registre désuet : à qui l'on a laissé tous ses crins, pour un cheval,

Un cheval "à tous crins"

  • et au sens figuré, dans le registre familier : excessif, énergique, actif, ardent, intransigeant.

On dit par exemple : "Je rejette totalement le libéralisme à tout crin qui caractérise le monde actuel".

Ou : "Mon cousin est un défenseur à tous crins de la cause écologique".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.expressio.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "Pour sûr !".

Mais, selon le contexte : "Bien sûr", "Bien évidemment", "Évidemment" ou "Certainement" !

Cette locution adverbiale qui relève du registre populaire tend fort heureusement à disparaître.

Et relève par conséquent désormais du registre désuet.

"Un lascar", "Un drôle de lascar" ou "Un sacré lascar".

Le substantif masculin "lascar" nous vient du persan "lashkar" ("armée") par l'intermédiaire de l’anglais ou du portugais, ou de l’arabe al-askar ("armée").

Et elles désignent toutes trois, selon le contexte :

  • au sens propre, dans le registre désuet : un matelot indien, en particulier à ceux qui étaient embarqués, au XIXe siècle, sur les vaisseaux français, portugais ou britanniques naviguant dans les mers des Indes Orientales.

Des lascars, à bord d'un navire

  • et au sens figuré, de nos jours, dans le registre familier :
    • un individu hardi et rusé, jamais à court d'idées, connu pour sa capacité à se débrouiller ; un loustic, un gaillard.

On dit par exemple : "À l'armée, mon adjudant était un sacré lascar, qui avait fait l'Indochine et l'Algérie".

    • ou : une personne maligne, ou qui fait la maligne.

On dit par exemple : "Mon voisin est un drôle de lascar, jamais à court d'idées".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.larousse.fr et Le Robert

"Congénère" et "Un congénère".

J'aime assez cet adjectif et ce substantif masculins, qui relèvent aujourd'hui du registre désuet.

Et qui désignent, selon le contexte :

  • "Congénère" (adjectif) :
    • en biologie : qui appartient au même genre.

On parle ainsi d'animaux congénères, de plante congénère d'une autre, ou de plantes congénères mais d'espèces différentes.

    • et dans le domaine des idées ou des arts : qui est de même nature ou de même origine.

On parle par exemple d'une idée congénère de la précédente ou d'un pratique congénère à certains peuples.

  • "Un congénère" ou "Des congénères" (substantif masculin) :
    • un être vivant de même genre ou espèce qu'un autre.

On dit par exemple : "J'espère ne pas croiser des congènères du chien errant agressif qui m'a attaqué hier soir".

    • ou par extension, de façon usuelle et souvent péjorative et au pluriel : des personnes de même genre, de même race, de même catégorie sociale.

On dit par exemple : "J'ai le plus grand mépris pour cet individu et ses congénères".

Source : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

Doit-on écrire "À toute épreuve" ou "À toutes épreuves" ?

Cette locution adjectivale qui relève du langage courant signifie : prêt à surmonter tous les obstacles ; capable de supporter tous les malheurs ; que rien n’ébranle, ne rebute, n’affaiblit ; sur laquelle ou sur lequel on peut compter en toute occasion ; indestructible ; impérissable ; insubmersible ; invincible.

Et elle s'écrit de nos jours "À toute épreuve", sans "s", la forme pulrielle "À toutes épreuves" relevant désormais du registre désuet.

On parle par exemple d'un courage à toute épreuve, d'un dévouement à toute épreuve, d'en emballage à toute épreuve, d'une probité à toute épreuve ou d'un ami à toute épreuve.

Sources : www.dictionnaire-academie.fr et wiktionary.org

"Tudieu !".

J'aime beaucoup cette interjection qui relève du registre familier et du registre désuet.

Il s'agit d'un juron exprimant son indignation ou sa surprise.

Il résulte d'une altération de la forme "par la vertu de Dieu". Et on l'utilisait d'ailleurs également sous la forme "Vertudieu !".

De nos jours, on dit par exemple : "Tudieu : quelle belle fille que voilà !".

Source : wiktionar.org

 

"Un poulailler".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • un abri ou un bâtiment destiné au logement et à l'élevage des poules, des poulets ou d'autres volailles.

Un poulailler

    • ou, par métonymie : l'ensemble des volailles logeant dans cet abri,

Un poulailler

    • dans le registre désuet :
      • une personne faisant commerce d'oeufs et de volailles, aujourd'hui appelé "volailler",

Un poulailler ou volailler, c'est à dire un marchand de volailles

      • ou, par métonymie : une voiture de marchand d'oeufs et de volailles,

Un poulailler ou voiture de marchand d'oeufs et de volailles

      • et par analogie : une vieille voiture,

 On dit par exemple : "Nous avons rejoint la capitale dans un poulailler qui m'a complètement détruit le dos".

Un poulailler ou une vieille guimbarde

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Une automobile", "Une vieille automobile" ou "Une automobile en très mauvais état".

  • et au sens figuré, dans le registre familier (idiotisme animalier) :
    • une petite maison vieille et sans confort ; une baraque,

Un poulailler, c'est à dire : une vieille bicoque

On dit par exemple : "Combien de temps vas-tu continuer à accepter d'être ainsi logé dans un poulailler ?".

    • le dernier étage d'une salle de théâtre, en forme de galerie située au-dessus des loges et des balcons.

Il porte ce nom à cause du grillage qui empêchait les spectateurs de lancer leur nourriture en réaction à la qualité du spectacle !

Les places situées dans cette partie du théâtre, également appelée "paradis", sont les moins chères du fait de l'éloignement avec la scène.

Les différents étages d'un théâtreLe paradis ou poulailler, dans un théâtre

Ce paradis est évoqué dans un célèbre film français, chef d'oeuvre du réalisme poétique de Marcel Carné et Jacques Prévert, réalisé sous l'Occupation et sorti en mars 1945 : "Les enfants du paradis", avec Arletty, Jean-Louis Barrault et Pierre Brasseur.

Affiche du film français "Les enfants du paradis" de Marcel Carné (1946)

    • ou, par métonymie : le public occupant cette galerie.

On dit par exemple : "Les vociférations du poulailler empêchaient souvent d'entendre les acteurs".

Le paradis (ou poulailler) dans le film français "Les enfants du paradis" de Marcel Carné (1945)

Sources : www.opera-national-lorraine.fr, www.cnrtl.fr, Le Robert et www.larousse.fr

"Un chenapan".

J'aile beaucoup ce substantif masculin qui signifie :

  • dans le registre désuet : une fripouille, un individu sans moralité ni scrupules, prêt à tous les mauvais coups ; bandit, coquin, gredin, vaurien,

On disait par exemple : "Ce chenapan a déjà agressé et blessé plusieurs dizaines de personnes".

  • et de nos jours, par plaisanterie, lorsque l'on évoque un enfant turbulent de façon affectueuse : un petit malin, un galopin, un garnement, un voyou.

On dit par exemple : "Ce chenapan va encore s'arranger pour manger une glace en plus de son pain au chocolat".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire en français "Un jeune voyou" ou "Un petit voyou".

Sources : Le Robert et www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

4 façons de dire "Des lunettes".

Des lunettes de vue

On dit en argot "Des binocles" (féminin) ou "Des carreaux".

Et "Des culs-de-bouteilles" lorsqu'il s'agit de lunettes verres très épais.

Des lunettes "culs-de-bouteilles"

Enfin, le substantif féminin "Des besicles" (beu-zi-cle) (ou "Des bésicles" (bé-zi-cle) désignait autrefois (registre désuet) des lunettes sans branches se fixant sur le nez, mais s'emploie de nos jours, par plaisanterie, pour désigner des lunettes (registre soutenu).

Des besicles (ou bésicles)

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org