"Une litote" n'est pas "Un euphémisme" !

Les journalistes des différents organes d'information - en particulier audiovisuels - ont malheureusement de plus en plus tendance à confondre les deux figures de style que sont la litote et l'euphémisme, présentant des litotes comme des euphémismes.

Aussi est-il bon, je pense, de rappeler ce dont il s'agit exactement :

  • "Une litote" est une figure de style consistant à atténuer l'expression de sa pensée et à dire moins pour laisser entendre davantage.

Elle est fréquente dans le registre familier, où l'on dit par exemple :

    • "Cette fille n'est pas sotte" pour "Cette fille est (très) intelligente".
    • ou : "Il n'est pas mauvais ce vin !" pour "Il est (très) bon ce vin !".

La célébre réplique de Chimène dans "Le Cid" de Corneille - "Va, je ne te hais point" - n'en est cependant pas une à mes yeux, ainsi que je m'en explique dans un autre article de J'aime les mots.

  • tandis que "Un euphémisme" est une figure de style consistant à atténuer l'expression de faits ou d'idées considérés comme brutaux, déplaisants, choquants, désagréables, tristes dans le but d'adoucir la réalité.

L'euphémisme se différencie donc de la litote par la volonté de rendre un terme moins choquant en amoindrissant l'information.

L'euphémisme a pour antonyme l'hyperbole et le dysphémisme.

La novlangue journalistique et politique actuelle regorge d'euphémismes :

On dit par exemple : "Le disparu" pour "Le mort", "Le corps sans vie" pour "Le cadavre" ou "Il est parti pour un monde meilleur" plutôt que "Il est mort".

Et : "Le PSE ou Plan de Sauvegarde de l'Emploi" pour "Le plan de licenciement".

Source : wikipedia.org

"Impayable" ou "Être impayable".

Cet adjectif signifie :

  • au sens propre : qui ne peut se payer,

On dit par exemple : "Mon frère a pris un appartement immense avec un loyer impayable".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : qui étonne par son côté extraordinaire ou très comique, ridicule.

On dit par exemple : "J'adore cet humoriste : il est impayable".

Ou : "Tu aurais vu comment était habillé le nouveau : sa tenue était impayable".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Prêcher pour sa paroisse" ou "Prêcher pour son saint".

Un homme qui prêche

Ces deux locutions verbales du registre familier, en forme d'idiotismes religieux, se disent, au sens figuré, d’une personne qui, bien qu’affichant une certaine objectivité, favorise, dans son argumentaire, son camp ou son groupe. 

Autrement dit : défende ses propres intérêts, parle pour son propre compte ; loue, vante une personne ou une chose par des motifs d’intérêt personnel.

On dit par exemple : "Je prêche pour ma paroisse, mais l'un des avantages de J'aime les mots est qu'il comporte le plus souvent des exemples et/ou des photos illustrant les définitions qu'il donne".

Sources : www.expressions-francaises.fr et wiktionary.org

"Faire un canard".

Cette locution verbale du signifie, au sens figuré :

  • principalement, dans le registre familier :
    • tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

Les nordistes disent aussi "Boire le café à l’chuchette".

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

    • ou la même chose, mais dans un verre d'alcool.

Souvent, c’est par prudence, notamment lorsque l’alcool est fort, qu'on le goûte de cette façon. En tout état de cause, on suce le morceau de sucre, et on recommence l’opération ... Un régal, paraît-il !

Cette expression, déjà en vogue au XVIIIe siècle, viendrait de la similitude entre le palmipède, qui a l’habitude de plonger son bec régulièrement dans l’eau, et l’action de tenir le sucre entre le pouce et l’index tout en le trempant rapidement dans le café ou l’alcool, afin qu'il s'en imprègne mais ne fonde pas.

La manoeuvre est délicate : trop rapide le sucre ne sera pas assez imbibé, trop lente il va fondre dans la tasse ou le verre…

  • accessoirement, dans le registre argotique : publier, animer, gérer un journal.

 

Sources : www.maisonconfiserie.fr, lebilletdelamarmotte.over-blog.com et verreleine.org

"Ne pas faire de cadeau" ou "Ne pas se faire de cadeau".

Ces différentes locutions verbales signifient :

  • au sens propre, dans le langage courant : ne rien offrir, ne faire aucun présent.

On dit par exemple : "Mon épouse a été très déçue par le comportement de notre petite-fille et elle a décidé de ne pas lui faire de cadeau à Noël cette année".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : agir sans pitié, être impitoyable, dur, strict, sévère ; ne rien passer, ne pas ménager.

On dit par exemple :

  • "Je serai très strict avec mon fils s'il commence à faire n'importe quoi : je ne lui ferai pas de cadeau",
  • ou : "Les deux coureurs ne vont pas se faire de cadeau : ils veulent tous les deux gagner cette étape de prestige",

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Boiteuse" ou "Boiteux".

Cet adjectif ne signifie pas seulement "qui boite, claudique, marche en inclinant le corps d’un côté plus que de l’autre, ou alternativement de l’un et de l’autre".

Selon le contexte, il peut également signifier :

  • par analogie : ayant un de ses pieds plus court que les autres, pour un meuble.

On dit par exemple : "Cette table est boiteuse" ou "Deux des trois fauteuils sont également boiteux".

  • au sens figuré :
    • n’offrant de dessin qu’à l’un de ses bords ou de ses bouts, pour une pièce de tissu.

On dit par exemple : "Le châle que l'on m'a offert est boiteux".

    • dans le registre familier : ayant un de ses membres trop court par rapport à un autre ou aux autres, pour une phrase.
    • en poésie : auquel il manque une ou plusieurs syllabes, pour un vers.
    • et dans le jargon politique : chancelante, mal assurée, sans avenir, pour une paix.

Source : wiktionary.org

"Tâtillon" ou "Tâtillonne".

J'aime beaucoup ce joli adjectif du registre familier, qui qualifie un individu ou une personne attachant une importance particulière aux moindres détails, aux principes ou qui est exagérément méticuleuse, excessivement minutieuse, voire maniaque.

On dit par exemple : "J'apprécie à leur juste valeur les lecteurs tatillons, mais bienveillants, qui me font remarquer certaines erreurs commises dans la rédaction des articles de J'aime les mots".

Ou : "Lors d'un dîner chez des amis, j'ai reconnu avoir déjà trompé mon épouse par le passé. Et celle-ci, qui est très tatillonne, a éprouvé le besoin de préciser le nombre de fois !".

Source : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.larousse.fr

"Avoir la haine", "Foutre la haine" et "Mettre la haine".

Ces différentes locutions verbales du registre argotique sont des expressions relativement récentes, apparues à la fin du XXe siècle.

Issues de l'argot des banlieues, elles sont principalement utilisée par les jeunes.

Et la "haine" en question est un état de fureur, causé par une réaction incontrôlable à une situation ou une personne ayant porté un tort considérable à celui ou celle qui en est la cible, et qui "a (donc) la haine" ou à qui l'on a "foutu la haine" ou "mis la haine".

  • "Avoir la haine" signifie ainsi, selon le contexte :
    • éprouver un sentiment très vif de déception et de ressentiment, être énervé, exaspéré, révolté. Ou "avoir la jeura" (verlan pour "rage").

On dit par exemple : "J'ai la haine de pas pouvoir aller au concert !".

    • ou : avoir honte.

On dit par exemple : "Mon frangin a la haine de pas t'avoir rappelé".

  • tandis que  "Foutre la haine" et "Mettre la haine" signifient, selon le contexte :
    • énerver, exaspérer, révolter.

On dit par exemple : "La prof de maths elle m'a foutu la haine".

    • provoquer la honte, "coller la honte" (registre familier), "foutre les boules" ou "mettre les boules" (registre vulgaire).

On dit par exemple : "Ma gonzesse elle m'a mis la haine devant toute la bande".

Sources : wikipedia.org, www.larousse.fr, www.dictionnairedelazone.fr, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"Chercher la petite bête".

Cette locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré : ergoter (registre soutenu), pinailler (registre familier).

Et notamment :

  • être extrêmement méticuleux, être excessivement pointilleux, trop s'attacher aux détails,
  • et même souvent : s'efforcer de découvrir une erreur, de déceler la moindre irrégularité.

Deux autres expressions en forme d'idiotismes animaliers s'en rapprochent beaucoup :

  • "Chercher des poux" ou "Chercher des poux dans la tête",

Et il existe trois jolis mots désignant une petite bête : "Un animalcule", "Une bestiole" et "Un bestion" .

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Porter beau".

Cette locution verbale du registre familier, qui ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers, signifie : avoir belle allure, être élégant, bien habillé ; bien présenter, avoir une belle prestance et un air de jeunesse et de vigueur, principalement pour un homme d’un certain âge.

On dit par exemple : "Ton père porte beau pour son âge !".

Sources : wikipedia.org, www.linternaute.fr, dictionnaire.reverso.net et www.languefrancaise.net

"Dégoiser".

J'aime bien ce verbe qui change de signification selon le niveau de langue et signifie :

  • dans le registre désuet, en parlant des oiseaux : chanter, gazouiller.

Un oiseau qui chante

  • dans le registre populaire et péjorativement : débiter des propos avec volubilité, dire du mal, ergoter, jaser, cancaner, médire.

On dit par exemple : "Ma concierge dégoise des injures sur ses locataires à longueur de journée".

  • dans le registre familier :
    • parler, raconter oralement quelque chose,

On dit par exemple : "Tu vas tout nous expliquer calmement ; vas-y, dégoise !".

    • ou : lire à haute voix, réciter.

On dit par exemple : "Il nous a dégoisé sa tirade au moins quatre ou cinq fois".

Sources : www.cnrtl.fr et www.lalanguefrancaise.com

"Tourner court".

Cette locution verbale du langage familier signifie :

  • au sens propre :
    • tourner sans amplitude ; prendre un tournant ou un virage de manière serrée.

On dit par exemple : "Le chauffeur a tourné trop court et il m'a arraché la moitié de mon aile avant gauche".

    • arriver brusquement, de façon abrupte.

On dit par exemple : "Le dénouement tourne trop court à mon sens ; il arrive d’une manière trop brusque, trop peu préparée".

  • et au sens figuré :
    • abréger, mettre fin à quelque chose de manière inattendue.

On dit par exemple : "Après cet incident, l’orateur a tourné court et s’est hâté de finir".

Ou : "Sa maladie a tourné court, car le malade a guéri en quelques jours à peine".

    •  ou : finir plus tôt que prévu.

On dit par exemple : "L'expérience a tourné court : il n'est resté en poste que six mois à peine".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr