"Du baragouin" et "Baragouiner".

Ces mots péjoratifs du registre familier signifient respectivement, selon le contexte :

  • "Du baragouin" :
    • une langue que l’on ne comprend pas,

On dit par exemple : "J'ai essayé de parler anglais à Londres, mais ils ne comprenaient rien à mon baragouin".

    • ou : un langage incorrect et inintelligible.On dit par exemple : "Je n'ai jamais rien compris au baragouin des informaticiens : ils ne parlent qu'en sigles et en anglais !".
  • et "Baragouiner" :
    • parler mal une langue étrangère, la prononcer incorrectement,

On dit par exemple : "La plupart des français ne font que baragouiner l'anglais, l'allemand ou l'espagnol".

    • dire, exprimer quelque chose de façon incompréhensible ; mal articuler, parler d’une façon incorrecte et inintelligible.

On dit par exemple : "Maxime était tellement bourré hier soir qu'on ne comprenait plus rien à ce qu'il baragouinait".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Courir le guilledou".

J'aime beaucoup cette jolie locution verbale du registre familier et du registre désuet.

Le substantif masculin singulier (pas de pluriel) du registre désuet "Le guilledou" désigne : des aventures galantes.

Aussi, "Courir le guilledou" signifie :

  • chercher l'amour, des aventures galantes ; ou des lieux de plaisir,
  • et, par extension : se rendre fréquemment, et surtout nuitamment, dans des lieux suspects.

On dit par exemple : "Je ne veux pas être méchant, mais je me demande tout de même sérieusement ce que fait ton frère à courir ainsi le guilledou en ville".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr, dictionnaire.reverso.net et www.linternaute.fr

"Un rond-de-cuir".

Ce substantif masculin du registre désuet désigne :

"Un rond-de-cuir"

  • dans le langage courant : un coussin de cuir rond en forme de couronne, destiné à soulager la position assise prolongée. En particulier pour les personnes atteintes d'hémorroïdes.
  • et par métonymie, péjorativement et ironiquement, dans le registre familier :
    • un employé de bureau sédentaire, par référence audit coussin, largement employé autrefois dans les bureaux des administrations ministérielles.
    • ou, pour la même raison : un fonctionnaire sédentaire (employé dans un bureau).

On dit également, dans ces deux cas : "Un bureaucrate" (langage courant), "Un gratte-papier" (registre familier) ou "Un scribouillard" (registre familier).

    • et, par extension : une personne excessivement sédentaire.

On dit également : "Un cul-de- plomb" (registre argotique).

L'écrivain français Georges Courteline (25 juin 1858 - 25 juin 1929)

Le romancier et auteur dramatique français Georges Courteline a largement contribué à faire connaître cette acception du mot "Un rond-de-cuir", à travers le titre de ce qui est sans doute son oeuvre la plus célèbre, le roman "Messieurs les ronds-de-cuir" (sous-titré "Tableaux-roman de la vie de bureau")(1893), adapté au cinéma en 1936 par Yves Mirande, en 1959 par Henri Diamant-Berger et à la télévision, en 1978, par Daniel Ceccaldi.

Affiche belge du film français "Messieurs les ronds-de-cuir" de Yves Mirande (1936), adapté du roman éponyme de Georges Courteline (1893)
Affiche belge du film français "Messieurs les ronds-de-cuir" de Yves Mirande (1936), adapté du roman éponyme de Georges Courteline (1893)
Affiche du film français "Messieurs les ronds-de-cuir" de Yves Mirande (1936), adapté du roman éponyme de Georges Courteline (1893)
Affiche du film français "Messieurs les ronds-de-cuir" de Yves Mirande (1936), adapté du roman éponyme de Georges Courteline (1893)

Sources : wikipedia.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Impoli" et "Malpoli".

Ces deux adjectifs aux significations relativement proches sont souvent employés indifféremment ne relèvent pas du même niveau de langue :

  • "Impoli" relève du langage courant et signifie : frustre, grossier, manquant de politesse, de savoir-vivre, de culture et d’instruction.

On dit par exemple : "Il est impoli de passer ainsi chez quelqu'un sans prévenir".

  • tandis que "Malpoli" appartient au registre familier et signifie : grossier, mal élevé ; faisant preuve d'un manque d'éducation, qui choque les bienséances ;

On dit par exemple : "Espèce de petit malpoli : tu vas tout de suite dire pardon à cette petite fille !".

Sources : www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, www.lefigaro.fr et wiktionary.org

"Avoir du fromage blanc dans la tête", "Avoir du mou de veau dans la tête", "Avoir du mou de veau dans le cerveau" ou "Avoir du mou de veau dans le cigare".

Je trouve assez savoureuse ces expressions en forme d'idiotisme alimentaire, d'idiotisme animal et d'idiotisme corporel, qui signifient toutes, au sens figuré : être complètement idiot.

Elles relèvent toutes du registre familier, à l'exception de la dernière - "Avoir du mou de veau dans le cigare" - qui appartient au registre argotique.

Sur un sujet contigu, je vous recommande ma collection d'articles consacré aux mille et une façons de dire "Être idiot" ou "Un idiot".

"Boiter" et "Boîter"

  • Le verbe "Boiter" (avec un "i") signifie : claudiquer, marcher en inclinant le corps d'un côté plus que de l'autre, ou alternativement de l'un et de l'autre.

On dit par exemple : "Depuis que je suis tombé, je boite un peu".

  • Et le verbe "Boîter" (avec un "î") n'existe pas officiellement.

Mais il est cependant utilisé par les militants politiques, dans le registre familier et en tant que néologisme, pour signifier : distribuer en boîtes à lettres (des tracts, des professions de foi).

On dit par exemple : "Je boîte dans ton quartier demain".

Ou : "Tu pourrais nous aider pour le boîtage de demain ?".

"Se mettre la rate au court-bouillon".

Se mettre la rate au court-bouillon

Cette expression du langage familier en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : être contrarié, s'inquiéter, se faire du souci inutilement, sans raison.

Elle est assez proche des idiotismes corporels "Se biler", "Se faire de la bile", "Se faire du mauvais sang" et "Se faire un sang d'encre".

Il existe en effet de nombreuses autres façons de dire "S'inquiéter" en français.

Cette expression fait référence au court-bouillon, qui est un liquide de cuisson.

Et bien que remontant sans doute à l'Antiquité, elle semble ne dater, sous cette forme, que du XXe siècle.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.cnews.fr

"Droit dans ses bottes", "Être droit dans ses bottes", "Rester droit dans ses bottes" ou "Se tenir droit dans ses bottes".

J'aime bien cette expression du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire qui signifie, selon le contexte :

  • garder une attitude ferme, résolue et très déterminée, être inébranlable face aux difficultés,
  • ou : n'avoir rien à se reprocher, se sentir la conscience tranquille, être fidèle à ses principes.

L'origine de cette expression n'est pas certaine. Mais elle pourrait venir du milieu militaire où les cavaliers devaient se tenir bien droit sur leur selle et dans leurs bottes.

Garde à cheval (Horse-guard) britannique à Londres (Angleterre) (Grande-Bretagne), droit dans ses bottes
Garde à cheval (Horse-guard) britannique à Londres (Angleterre) (Grande-Bretagne), droit dans ses bottes

Elle a été remise au goût du jour parle premier ministre français Alain Juppé, le 6 juillet 1995, alors qu'il est interrogé sur TF1 à propos de son appartement parisien au loyer défiant toute concurrence et de la baisse de loyer qu'il avait demandée pour l'appartement de son fils, il déclare : "Je reste droit dans mes bottes et je ferai mon travail" .

Sources : www.expressio.fr, www.lesoir.be, www.larousse.fr et www.expressions-francaises.fr

"Piocher".

Ce verbe polysémique peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue.

Il signifie ainsi :

  • dans le langage courant :
    • creuser le sol, le remuer avec une pioche.
    • puiser quelque chose dans un tas (de pommes dans le compotier, de cartes, de dominos, etc.),

On dit par exemple : "J'en ai marre de ne piocher que des deux ou des trois".

    • abattre à la pioche la partie excédentaire d'une pierre, d'un enduit.
  • et dans le registre familier et le registre désuet : étudier une matière, un livre.

On disait par exemple : "Ma gonzesse finit de bûcher ses maths et après on va se regarder un film".

De nos jours, on dit, dans le même registre familier : "Bûcher".

Source : wiktionary.org

"Bébête" et" "Une bébête".

Bien que parfaitement homoĥonographes, cet adjectif et ce substantif possèdent des significations radicalement différentes :

  • "Bébête" est ainsi un adjectif  du registre familier signifiant : enfantin, niais.

On dit par exemple : "Je trouve ce brave garçon un peu bébête".

Ou : "Parfois certains jeux de mots de ce blogue me semble un peu bébêtes".

  • tandis que "Une bébête" est un substantif féminin du registre enfantin désignant : un animal, une bête ; plutôt petit et inoffensif.

On dit par exemple : "Il ne faut pas avoir peur de cette araignée, ma chérie : ce n'est qu'une petite bébête de rien du tout".

Source : www.larousse.fr

34 façons de dire : "Avoir très froid" ou "Faire très froid".

Faire très froid

"Avoir les grelots", "Cailler", "Meuler", "Peler", "Pincer", "Se cailler", "Se cailler les meules", "Se cailler les miches", "Se les geler", "Se geler le cul" "Se geler les couilles", "Se geler les fesses", "Se geler les glaouis", "Se geler les miches", "Se peler" et "Se peler le cul" relèvent du registre argotique

Les idiotismes animaliers "Faire un froid de canard" et "Faire un froid de loup" appartiennent au registre familier.

De même que "Aglagla !" (onomatopée), "Être frigo" et "Faire frisquet".

Tandis que "Claquer des dents", "Être frigorifié", "Être gelé", "Être transi", "Faire un froid de gueux", "Faire un froid glacial", "Faire un froid sibérien", "Frissonner", "Geler", "Geler à pierre fendre", "Grelotter" ou "Se croire en Sibérie" relèvent du langage courant.

Et "Faire un froid de gueux" du registre soutenu.

"Et tout le toutim".

J'aime assez cette expression du registre populaire et du registre familier qui signifie : et tout le reste, et tout ce qui va avec.

On dit par exemple : "Si tu veux venir en randonnée avec nous, je peux te prêter le matériel qui te manque : bâtons, gants, chaussures, sac à dos, duvet, gourde et tout le toutim".

Source : www.linternaute.fr