Ne dites pas : "Il a dit quoi ?" !

Mais, à tout le moins : "Qu'est-ce qu'il a dit ?" !

Et, idéalement : "Qu'a-t-il dit ?" !

Vous passerez ainsi du registre familier au langage courant ou au registre soutenu.

"Avoir une cervelle d'oiseau" ou "Être une tête de linotte".

Linotte

Ces deux expressions du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifient, au sens figuré : être écervelé, étourdi, distrait, superficiel ; agir à la légère.

Cette utilisation péjorative du nom de la "Linotte" vient de ce que ce petit oiseau passereau au plumage brun et rouge a la réputation de construire fréquemment son nid avec insouciance, pas très loin du sol, sans trop sembler se préoccuper de le dissimuler aux yeux des prédateurs, ce qui entraîne souvent la destruction de la nichée.

On dit par exemple : "Mon cousin a une cervelle d'oiseau : il part toujours sans ses clés et parfois sans veste".

Ou : "Mon directeur est une tête de linotte : il oublie toujours la moitié de ses affaires et au moins un rendez-vous sur deux".

Source: wiktionary.org

"La visi".

Ce peti mot du registre familier constitue tout simplement l'apocope du mot "Visibilité".

On dit par exemple : "Lors de ma dernière plongée en mer, la visi n'était pas terrible car il y avait eu de fortes vagues les jours précédents".

"Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage".

Ces deux expressions du registre familier signifient, selon le contexte, :

  • "Être dans un état de somnolence, mal réveillé, somnoler",
  • ou "Être à demi-inconscient, hébété".

Le plus souvent, à cause d'un abus d'alcool, d'un manque de sommeil ou d'un réveil très matinal.

Tout comme pour les expressions "Être dans le coaltar" ou "Avoir la tête dans le coaltar", dont la signification est exactement la même, l'origine des expressions "Être dans le cirage" ou "Avoir la tête dans le cirage" remonte à l'époque où l'on utilisait le coaltar ou le cirage dans des ateliers mal ventilés, et où leurs émanations tournaient donc la tête des ouvriers, les rendant à moitié conscients.

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr

"Un canard".

La signification de ce substantif masculin varie en fonction du niveau de langage employé, puisqu'il désigne :

Un couple de canards colverts (la femelle est à gauche et le mâle à droite)
Un couple de canards colverts (la femelle est à gauche et le mâle à droite)
  • dans le langage courant : un oiseau aquatique, au cou court, au large bec jaune, aplati, aux très courtes pattes, palmées et aux longues ailes pointues, domestiqué ou non.

Le canard domestique est utilisé après gavage, pour la production de foie gras, de confits et de magrets.

Un élevage de canards
Un élevage de canards
  • dans le registre familier : le fait de tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et de le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts,

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

  • et dans le registre argotique:  un journal.
Des journaux
Des journaux ou "Canards" dans le registre argotique

"Le Canard Enchaîné" est ainsi un hebdomadaire satirique français paraissant le mercredi, fondé le 10 septembre 1915 par Jeanne Maréchal et Maurice Maréchal et Henri-Paul Deyvaux-Gassier.

Le "Canard Enchaîné" n° 5023 du 1er février 2017
Le "Canard Enchaîné" n° 5023 du 1er février 2017

Comptant parmi les plus anciens titres de la presse française actuelle, c'est aussi, depuis les années 1960, un journal d'investigation révélant nombre d'affaires scandaleuses, très attaché à la protection des sources d'information des journalistes.

Source : wikipedia.org

"Être du bâtiment".

Cette expression du registre familier signifie : exercer le même métier, appartenir à la même profession.

On dit par exemple : "Toi qui est du bâtiment et écris des bouquins : peux-tu me dire sincèrement ce que tu penses de mon blogue J'aime les mots ?".

"Baguenauder" et "Se baguenauder".

J'aime beaucoup ce joli verbe du registre familier qui signifie :

  • au sens propre : s’amuser à des choses vaines et frivoles, à l'instar des enfants qui font claquer les baguenaudes en les crevant.
  • et , par extension : se promener sans but précis ; flâner.

On dit par exemple : "J'aime les mots est un blogue dans lequel on peut se baguenauder, à l'instar des almanachs d'autrefois où chacun piochait ce qui l'intéressait, au gré de son humeur et de sa fantaisie.

Sources : www.larousse.fr et www.wiktionary.org

"Faire le mur".

Cette locution verbale du registre familier ne s'applique absolument pas - au sens propre - au maçon qui construirait un mur...

Mais elle ne s'utilise pas pour autant au sens figuré, puisqu'elle tire son origine de la formule "Sauter par-dessus le mur", qui se disait - par ellipse - "Sauter le mur" jusqu'au début du XXe siècle.

"Faire le mur" signifie par conséquent : quitter un lieu sans autorisation, sortir d'un lieu clos lorsque cela est interdit, sortir d'une enceinte où l'on est consignné (caserne, école, prison, hôpital, etc.).

On dit par exemple : "J'ai fait le mur dimanche après-midi pour aller voir ma copine".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Être de la gnognote" ou "Être de la gnognotte".

J'aime beaucoup ce mot du registre familier qui se dit :

  • de quelque chose, de quelqu'un qui est sans intérêt, sans valeur, négligeable.

On dit par exemple : "Ce type c'est de la gnognote à côté de toi".

Dans le même sens, on dit également : "Être de la roupie de sansonnet" ou "Ne pas valoir tripette".

  • ou de quelque chose qui est facile, sans difficulté.

On dit par exemple : "Je t'assure que cet examen c'est de la gongnote pour une élève comme toi".

Souvenir personnel

Ce mot "Gnognote" revêt pour moi une signification toute particulière, puisque l'on désignait ainsi dans ma famille mon "doudou", puis celui de ma soeur cadette.

Constitué à l'origine d'une couverture dont je triturais le rebord de satin en suçant mon pouce et que je traînais partout, c'est ma grand-mère paternelle - couturière de métier - qui avait eu l'heureuse idée de le remplacer par un morceau de satin rembourré de tissu et enrichi d'un élastique, que l'on pouvait me passer autour du poignet afin de ne pas le perdre.

Source : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Une souris grise".

Cette locution nominale désigne :

Une "Souris grise", également appelée "Souris commune" ou "Souris domestique".

  • au sens propre, dans le langage courant : un petit mammifère rongueur domestique également appelé "Souris commune" ou "Souris domestique", voire - tout simplement - "Souris".

Cet animal nocturne, généralement assez craintif, vit souvent à proximité ou dans les habitations humaines, d'où son appellation "domestique"» (mot dérivé du latin "Domus", la maison), à l'instar de la "Mouche domestique".

La souris blanche est une race de souris domestiquée largement utilisée en laboratoire. Une fois apprivoisée c'est un animal qui est également apprécié comme animal de compagnie, car très affectueux et intelligent.Une souris informatique avec fil de couleur grise

  • et par métonymie :
    • un petit périphérique informatique consistant en un dispositif de pointage pour ordinateur. Elle est composée d'un petit boîtier fait pour tenir sous la main, sur lequel se trouvent un ou plusieurs boutons, et une molette dans la plupart des cas.

La souris a été inventée en 1963 par Douglas Engelbart du Stanford Research Institute et présentée au public en 1968. Pendant de nombreuses années les souris informatiques ne communiquaient avec l'ordinateur que par l'intermédiaire d'un fil, ce qui les faisait ressembler à des souris domestiques.

Depuis, sont apparus des modèles sans-fil, dont les communications avec l'ordinateur se font par ondes radio ou par liaisons infra-rouge.

Femmes-soldats allemandes à Paris (75) durant la Seconde Guerre mondiale ou "Souris grises".

    • ou : dans le registre familier, durant la Seconde Guerre mondiale : une femme-soldat allemande.

Appelées "Helferin/nen" ("Assistante/s" en allemand), ces femmes étaient des auxiliaires de service de l'armée.

Auxiliaires féminines de la Wehrmacht à Paris (75) ou "Souris grises"

​Elles n'ont pas seulement été utilisées sur le territoire allemand, mais également, dans une moindre mesure , dans les territoires occupés, tels que le Gouvernement général de Pologne, la France, la Biélorussie, la Yougoslavie, les États baltes, la Grèce, ou l'Italie et la Roumanie alliées.​

Elles travaillaient principalement :

      • comme standardistes, opératrices télex et radio, porteuses de messages, dactylographes,
      • dans le domaine de la défense aérienne : comme artilleurs auxiliaires, de la surveillance et de la sécurité des vols, de la météorologie,
      • et dans le domaine médical, comme infirmières de la Croix-Rouge allemande et d'autres organismes,

Ces auxiliaires féminines ont été plus de un demi-million et elles ont permis d'envoyer au front presque autant de soldats hommes, dont elles ont effectué les tâches durant toute la durée de la guerre.

​Plus de la moitié d'entre elles s'étaient porté volontaires pour cela.

Et, à la fin de la guerre, certaines unités militaires étaient presque exclusivement composées de femmes.

En France, sous l'occuation, on les appelait également - dans le registre argotique - des "Frisées".

Source : wikipedia.org

"Prendre la tangente".

En géométrie, une droite est appelée "Tangente" lorsqu'elle ne touche un cercle qu'en un seul point.

La locution verbale "Prendre la tangente" signifie donc :

  • au sens propre : s'écarter d'un mouvement.

On dit par exemple : "Sous la présidence de Donal Trump, de plus en plus de pays et de dirigeants ont pris la tangente par rapport aux États-Unis d'Amérique".

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • s'échapper, s'enfuir, s'en aller, partir.

On dit par exemple : "Une partie des collégiens a pris la tangente pour aller au parc".

Cette utilisation date du XIXe siècle et nous vient en droite ligne de l'argot des étudiants de l'école Polytchnique, qui l'employaient pour dire "S'enfuir de l'école".

Ils utilisaient le mot "Tangente" pour désigner leur épée, car, correctement portée, celle-ci est tangente aux bandes rouges du pantalon de leur uniforme, vue de face.

    • ou : s'esquiver, se tirer d'affaire adroitement.

On dit par exemple : "J'ai pris la tangente avant le discours".

Source : wiktionary.org, www.defense.gouv, www.languefrancaise.net, www.expressions-francaises.fr et www.linternaute.fr

"Ne pas avoir pour un sou (de quelque chose)" ou "Ne pas avoir pour deux sous (de quelque chose)".

Ces deux locutions verbales du registre familier signifient : ne pas avoir du tout (de quelque chose).

On dit par exemple : "Ce film n'est pas réaliste pour un sou".

Ou : "Mon fils n'a pas pour deux sous de sens pratique".

On utilise souvent la formule "Ne pas avoir pour deux sous de jugeote", à laquelle j'ai déjà consacré un article.