"Un baveux" ou "Le baveux".

Ce mot français peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue utilisé ou du côté de l'Atlantique où l'on se situe :

  • il désigne ainsi, chez nos amis québecois - dans le registre populaire - une personne arrogante et provocatrice.
  • et dans notre pays :
    • dans le langage courant, dans le Sud-Est de la France : le "bolet jaune", un champignon comestible, également appelé "beurré ou "nonnette voilée".

Bolets jaunes, également appelés "baveux", "beurrés" ou "nonnettes voilées"

    • et dans le registre argotique :
      • un avocat.

On dit par exemple : "Avec un bon baveux j'aurais pu éviter la taule".

Un avocat

      • ou : la verge (le pénis).
Verge épilée au repos
Verge épilée au repos

 

On dit par exemple : "J'me suis astiqué le baveux".

On retrouve par exemple ce mot - parmi beaucoup d'autres synonymes - dans la chanson grivoise "Les nuits d'un damoiseau".

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "Au Crédit Agricole nos conseillers sont là pour vous aider à refaire marcher l'économie" !

Comme je l'ai entendu le 6 juin 2020 dans un message publicitaire radiophonique.

Mais : "Au Crédit Agricole nos conseillers sont là pour vous aider à refaire FONCTIONNER l'économie" !

Voire, je pense : "Au Crédit Agricole nos conseillers sont là pour vous aider à RELANCER l'économie" !

"Un ongle noir" ou "Un rat".

Ces deux appellations en forme d'idiotisme chromatique et d'idiotisme animalier appartiennent au registre populaire et désignent ce que l'on appelle dans le langage courant "Un hématome sous l'ongle"  et dont le véritable nom est "Un hématome sous-unguéal".

Provoqué par un choc contre l'ongle de pied ou du doigt, il est très douloureux sur le moment et le reste durablement lorsqu'on le presse.

Petit orteil heurtant violemment un pied de table

L'ongle prend ensuite une coloration noire et peut finir par tomber deux ou trois semaines plus tard.

Source : www.topsante.com

On ne dit pas : "Les jeunes qu'arrivent, ben i' z'essayent" !

Comme l'a déclaré l'homme politique français Jean-Luc Mélenchon, le 9 juin 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais : "Les jeunes quI arrivent, EH bIen iLS essayent" !

Et même : "Les jeunes quI arrivent essayent" !

"Flipper sa race".

Cette locution verbale du registre argotique est utilisée par les jeunes depuis une vingtaine d'années afin de signifier : avoir très peur, être très angoissé.

On dit par exemple : "Kevin flippe sa race : son père veut le changer de bahut".

"Un bahut".

Ce petit mot polysémique change de sens selon le registre de langue et désigne respectivement :

  • dans le langage courant :
    • en architecture : un mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

Un bahut : mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

    • un meuble : à l'origine un gros coffre de bois destiné au transport.

Bahut coffre en bois

Puis un meuble de grandes dimensions, tel qu'un buffet.

Bahut en bois

On dit par exemple : "On a voulu se débarrasser du vieux bahut du salon, mais ça nous a pris deux jours, à trois, pour monter le buffet suédois Sküngred qu'on s'est acheté à la place !".

    • un récipient en inox utilisé comme ustensile de cuisine dans les cuisines professionnelles.

Bahut de cuisine en inox

  • dans le registre argotique :
    • un camion, un véhicule poids-lourd.

On dit par exemple :"Tu aurais vu les files de bahuts sur l'autoroute : c'était impressionnant !".

Un bahut : un semi-remorque en argot

    • ou un taxi.

Taxi français des années 1980

On dit par exemple : "J'ai eu du mal à trouver un bahut pour rentrer ; j'ai failli rentrer à pinces".

  • et dans le registre populaire : un collège ou un lycée.

On dit par exemple : "Ras le bol du bahut ! Vivement la fac...".

Le collège Jules-Ferry à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976, devenu Lycée depuis
Le collège Jules-Ferry (devenu Lycée) à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où Diane Kurys a tourné "Diabolo menthe" en 1977 et où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre et octobre 1979, avant de débarquer à Nanterre (92), en histoire et en droit.

En 1980, Michel Nerval a réalisé un film intitulé "Le bahut va craquer !" :

Affiche du film français de Michel Nerval "Le bahut va craquer" (1980)

Source : wikipedia.org

"Ça commence à bien faire" et "Ça finit par bien faire".

Ces deux formules du registre populaire ne doivent pas manquer d'interloquer les étrangers.

Elles s'utilisent pour faire part de son mécontentement et signifier que l'on commence véritablement à en avoir assez, à souhaiter que cela s'arrête.

"Un chouïa", "Un chouia", "Un chouilla" ou "Un chouya".

Ce joli petit mot à l'orthographe variable nous vient directement de l'arabe maghrébin et est apparu dans notre pays, avec la colonisation, à la fin du XIXe siècle.

Appartenant au registre populaire, il signifie, selon le contexte, :

  • "Un peu", "Un brin", "Un poil", "Un tantinet".

On dit par exemple : "Tu peux me couper les cheveux un chouïa plus courts sur les tempes s'il te plaît ?".

  • ou : "Une petite quantité".

On dit par exemple : "Donne-moi encore un chaouïa de purée, s'il te plaît".

 

51 façons de dire "Énerver".

Comme souvent, le registre argotique est ici extrêmement riche, avec les verbes ou locutions verbales "Casser les bonbons", "Casser les couilles", "Emmerder", "Faire caguer", "Faire chier", "Faire iéch" (verlan), "Faire péter un câble", "Faire péter une durite", "Faire péter un plomb", "Foutre la rage", "Foutre les boules", "Foutre les glandes", "Gaver",  "Gonfler", "Mettre la rage", "Mettre les boules", "Mettre les glandes", "Péter les couilles" ou "Péter les pruneaux", "Plomber", "Saouler" (ou "Soûler") ou les formules de djeun's "Foutre le seum" et "Véner" (verlan).

Mais ma préférée est incontestablement la désormais légendaire formule "Les briser menu", immortalisée par l'extraordinaire Lino Ventura, dans le film de 1963 de Georges Lautner "Les tontons flingeurs", dialogué par le génial Michel Audiard.

Je vous rappelle la phrase complète  : "Patricia, mon petit, je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois... Mais la vérité m'oblige à te le dire: ton Antoine commence à me les briser menu !".

Aujourd'hui totalement oublié, le verbe "Canuler" appartient au registre populaire et au registre désuet.

"Assommer", "Barber, "Bassiner", "Crisper", "Embêter", "Empoisonner", "Faire suer", "Horripiler", "Raser" ou "Taper sur les nerfs relèvent du registre familier, lui aussi très fourni.

De même que "Escagasser", utilisé par les provençaux et les marseillais.

Nous disposons également de "Agacer", "Crisper", Embêter", "Ennuyer", "Faire perdre son sang-froid" ou "Fatiguer", dans le langage courant.

Tandis que, pour finir, le registre soutenu nous offre "Exaspérer", "Excéder", "Importuner", Incommoder", "Insupporter", "Irriter" ("au plus haut point" ou "passablement"), et surtout : "Déclencher l'ire" ou "Provoquer l'ire".