"Morfler" et "Avoir morflé".

J'aime bien ces deux locutions verbales qui relèvent du registre populaire et qui signifient :

  • "Morfler" : encaisser un coup dur, recevoir des coups, écoper d’une punition, d'une peine, d'une condamnation,

On dit par exemple : "Fais gaffe avec ces mecs, tu risques de morfler".

  • "Avoir morflé" : être sérieusement endommagé, usagé, avoir beaucoup vieilli.

On dit par exemple :"Une affaire peut-être... mais elle a morflé ta bécane !".

Une épave de motocyclette

Ou : "Tu as vu BB hier soir à la télé : à 85 ans elle a morflé la pauvre !".

L'actrice française Brigitte Bardot (© Best Image)
L'actrice française Brigitte Bardot (© Best Image)

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Un gougnafier" ou "Un gougniafe".

J'aime beaucoup ce substantif masculin qui relève du registre populaire et désigne, selon le contexte :

  • un bon à rien, un individu sans valeur, qui ne sait rien faire de bien.

On dit par exemple : "Je ne ferais plus jamais appel à ce peintre : c'est un gougnafier !".

  • ou : un rustre, un goujat.

On dit par exemple : "Si tu voyais la famille de ma femme : une vraie bande de gougnafiers !".

Sources : Le Robert et www.cnrtl.fr

"Attention les yeux !".

J'aime bien cette locution interjective en forme d'idiotisme corporel, qui relève du registre populaire.

Elle s'utilise, au sens figurépour avertir, de manière humoritique, que l'on s'apprête à parler de quelque chose d'important, d'impressionnant, qui mérite l'attention.

Elle est à rapprocher de la formule "En mettre plein la vue".

On dit par exemple : "Et maintenant, attention les yeux : voici ma collection de 3 500 disques numériques polyvalents !".

Un film français de Gérard Pirès, sorti en 1976 portait ce titre. On pouvait y remarquer, dans de tout petits rôles les acteurs débutants Anémone, Daniel Auteuil, Michel Blanc, Christian Clavier et Thierry Lhermitte.

Affiche du film français "Attention les yeux", de Gérard Pirès (1976

Sources : wiktionary.org et wikipedia.org

"De suite" n'a jamais signifié "Tout de suite" !

"De suite" est en effet une locution adverbiale du langage courant signifiant : "À la suite", l'un après l'autre, consécutivement, sans interruption.

On dit par exemple : "J'ai regardé trois films à la suite".

Ou : "Ce club a remporté le championnat six années à la suite".

Dire "De suite" pour "Tout de suite" ou "Immédiatement" constitue une erreur grossière, qui relève du registre populaire et, je dois le confesser, m'insupporte particulièrement.

On ne dit donc jamais : "J'arrive de suite" ou "Je reviens de suite".

Mais : "J'arrive IMMÉDIATEMENT" ou "J'arrive TOUT DE suite". Et "Je reviens IMMÉDIATEMENT" ou "Je reviens TOUT DE suite" !

"Zieuter" ou "Zyeuter".

J'aime beaucoup ce verbe qui relève du registre populaire et qui signifie : jeter un coup d'oeil sur quelque chose ou sur quelqu'un pour observer, regarder avec attention, insistance.

On dit par exemple : "Arrête de zieuter les seins de la voisine ! Mais je ne regarde par ses seins, j'admire son corsage !".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Regarder".

Sources : www.larousse.fr et Le Robert

On ne dit pas : "Pour sûr !".

Mais, selon le contexte : "Bien sûr", "Bien évidemment", "Évidemment" ou "Certainement" !

Cette locution adverbiale qui relève du registre populaire tend fort heureusement à disparaître.

Et relève par conséquent désormais du registre désuet.

On ne dit pas : "Les sanctions occidentales marchent" !

Ainsi que je l'ai malheureusement plusieurs fois entendu dire, ces dernières semaines, sur les différentes chaînes de télévision françaises d'information en continu.

Mais : "Les sanctions occidentales FONCTIONNENT" !

Ou : "Les sanctions occidentales SONT EFFICACES" !

"Des éconocroques".

J'aime beaucoup ce subtantif féminin pluriel.

Relevant du registre désuet et du registre populaire, il désigne : des économies.

On dit par exemple : "Ma frangine a fait des éconocroques pour s'acheter une bagnole".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la locution nominale masculine "Bas de laine".

"Une cagna", "Une cagnat" ou "Une cagnia".

Ce substantif féminin nous vient de l'annamite cai-nha.

Et il désigne :

  • dans le registre argotique, dans le domaine militaire :
    • un abri de tranchées généralement souterrain,

Une cagna

    • ou : un abri de fortune fait de matériaux de récupération.

Des cagnas

  • et dans le registre populaire : un abri, une cabane, une pauvre maisonnette.

Une cagnaUne cagna

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Maous", "Maouss", "Maousse" ou "Mahous"

Cet adjectif qui possède la particularité de pouvoir s'écrire de très nombreuses façons relève du registre populaire et du registre désuet.

Et il signifie : remarquable (par sa qualité, sa taille, son importance, sa force, sa beauté).

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Mettre le Petit Jésus dans la crèche".

"Mettre le Petit Jésus dans la crèche"

Cette locution verbale change radicalement de sens en fonction de niveau de langue employé, puisqu'elle signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : ajouter l'enfant Jésus dans la crèche, dans la nuit du 24 au 25 décembre, date anniversaire de sa naissance présumée, à Béthléem (Palestine), en l'an zéro (alors qu'il serait vraisemblablement plutôt né à Nazareth (Israël) entre l'an -6 et l'an - 4... avant lui-même).

On dit par exemple : "Colombe, Sophie-Charlotte, Domitille, Isaure, Marie-Bénédicte, Jean-Eudes, Enguerand, Côme, Childéric, Godefroy, venez tous ! Il est minuit, nous allons déposer l'enfant Jésus dans la crêche !".

  • et au sens figuré, dans le registre populaire : pénétrer sexuellement, c'est à dire introduire son sexe dans celui de sa partenaire !

On dit par exemple : "Ma Raymonde va faire ses 50 piges demain... alors j'vas aller au marché lui offrir un joli bouquet d'marguerites et rev'nir i' mettre le Petit Jésus dans la crèche".

"La trempe" ou "Une trempe" et "De cette trempe", "De la même trempe" ou "De la trempe" de.

  • "La trempe" ou "Une trempe" est un substantif féminin désignant, selon le contexte :
    • l'immersion dans un bain froid d'un métal ou d'un alliage (fer, acier, bronze) ou de verre chauffé à haute température en vue d'un refroidissement rapide, afin de donner des propriétés particulières à la matière.

La trempe

On parle ainsi d'"acier trempé" ou de "verre trempé".

Et de "Trempeur" pour la personne chargée de cette tâche.

Un trempeur

    • la qualité de dureté, d'élasticité ; la résistance au choc et à la la flexion, qu'un métal ou que le verre acquiert par cette opération,

On dit par exemple : "La trempe de cette épée est exceptionnelle".

    • dans le domaine de l'imprimerie : l'action de tremper, d’humecter le papier sur lequel on veut imprimer.

Qui est également appelée "Trempage".

    • dans le registre familier : une volée de coups, une bastonnade, une dérouillée (registre populaire), une raclée (registre populaire).

On dit par exemple : "Mon copain a mis une trempe au type qui m'avait mis la main aux fesses dans le bus".

Une raclée

  • tandis que la locution adjectivale "De cette trempe", "De la même trempe" ou "De la trempe" de signifie, au sens figuré : de ce niveau, de cette nature, de cette qualité physique ou morale.

On dit par exemple : Jamais je n'aurais dû affronter un joueur de cette trempe".

Ou : "Ce joueur est de la trempe des Platini ou des Ronaldo".

Sources : www.dictionnaire.lerobert.com, wiktionary.org et www.cnrtl.fr