Mots, locutions et expressions du registre populaire
J’ai réuni dans cette collection l’ensemble de mes articles concernant les mots ou locutions relevant du registre registre populaire, lequel emploie des formes et un vocabulaire connotant certains groupes sociaux tels que les étudiants ou les adolescents, ainsi que les milieux socialement défavorisés.
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 259
Le substantif masculin "Kopeck" est un mot russe correspondant à la plus petite unité monétaire russe en circulation qui est le centième de rouble, une monnaie d'argent créée en Russie au XVe siècle et progressivement dévaluée, frappée en cuivre après 1704, et en acier recouvert de cupronickel de nos jours.
Il s'agit d'une monnaie de très faible valeur, correspondant à 0,00011 d'Euros au cours du 26 juin 2021. Inutile par conséquent de vous réjouir si, d'aventure, vous en trouvez même un plein sac, car il vous en faudra pas moins de8 624 pour obtenir un seul Euro !
Cette monnaie est si dérisoire que même les pauvres ménagères russes ne se baissaient pas pour les ramasser durant les périodes de crises. Et la Banque centrale russe envisage d'ailleurs depuis 2010 de le supprimer, car il coûte pas moins de 47 kopecks à produire !
"Avers" (côté "face") d'une pièce russe de un kopeck, de 2005, dont le "revers" (côté "pile") figure plus haut
Ce mot est utilisé en français, au singulier, dans le registre populaire et dans le registre désuet, depuis les années 1820, comme synonyme du mot "Sou" et signifie donc : une somme minime, voire nulle.
Ainsi, les expressions suivantes signifient respectivement, dans le registre populaire et au sens figuré :
"Ne pas valoir un kopeck" : ne pas valoir un sou (registre familier), ne pas valoir un clou (registre familier), ne rien valoir du tout ou n'avoir qu'une valeur dérisoire, ne presque rien valoir.
On dit par exemple : "Tu es certain qu'il faut jeter tous ces vieux meubles ?" "Oui, ça ne vaut pas un kopeck".
"N'avoir pas un kopeck" : être financièrement démuni, complètement désargenté, très pauvre.
On dit par exemple : "Je ne risque pas de pouvoir m'acheter une voiture, partir en vacances ou même me soigner les dents : je n'ai pas un kopeck".
et "Ne pas obtenir un kopeck" : ne pas obtenir un sou, ne pas obtenir un cent ; ne pas parvenir à toucher le moindre argent.
On dit par exemple : "Si tu veux mon avis, tu peux toujours porter plainte, je pense que tu n'obtiendras pas un kopeck de leur part".
Sources : wiktionary.org, blog.delcampe.net, www.out-the-box.fr et www.larousse.fr
Comme a pu le déclarer, le 22 juin 2021, la journaliste française Marianne Théoleyre, dans l'émission "10H30 : 13H", sur la chaîne de télévision publique française d'information en continu franceinfo.
Et pas : "Et bien eux SE maintiennent" !
Cette façon de répéter le sujet ("eux ils") sans même prononcer intégralement le pronom "ils" relève d'un registre populaire indigne d'une professionnelle du verbe.
J'adore ces trois substantifs féminins du registre argotique et du registre populaire, qui désignent : un coup violent appliqué avec le plat de la main, en général sur la joue ; une claque, une gifle.
On dit par exemple :
"Mon frangin s'est pris une mandale hier soir en boîte de nuit",
"Je t'assure que si tu continues à draguer cette fille sous les yeux de son mec, tu vas te prendre une mornifle !",
et : "Je vous préviens que si vous n'arrêtez pas immédiatement votre musique de sauvages, je commence la distribution de torgnoles !".
Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wiktionary.org
Comme a pu le déclarer, le 19 juin 2021, le journaliste sportif français Dave Appadoo, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.
J'ai toujours beaucoup aimé ce verbe polysémique du registre populaire.
Il s'agit d'un mot-valise construit à partir des verbes "Ratisser" et "Emboiser " ("Tromper").
Et qui peut signifier, selon le contexte
rafler, escroquer, voler, prendre quelque chose à quelqu'un, notamment au jeu,
On dit par exemple : "Je me suis fait ratiboiser de près de mille euros".
ruiner quelqu'un, notamment au jeu,
On dit par exemple : "Le fils de notre patron qui venait à l'usine en Porsche est arrivé à vélo ce matin : cet idiot s'est laissé entraîner dans une tournée des casinos sur la Côte d'Azur, qui l'a complètement ratiboisé".
faire perdre (la santé, la fortune, la situation) ; causer la perte ; faire mourir.
On dit par exemple : "L'abus d'alcool a ratiboisé mon oncle".
couper à ras les cheveux,
On dit par exemple : "Ils vont te ratiboiser cette tignasse !".
ou : terminer, vider, liquider.
On dit par exemple : "Ton frère et ses copains ont ratiboisé ma cave : plus une bouteille de pleine !".
Sources : www.larousse.fr, www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr et Le Robert
Ces deux expressions appartiennent au registre populaire.
Ellipse de l'expression complète "En voiture Simone, c'est moi qui conduis, c'est toi qui klaxonnes !", la forme abrégée "En voiture, Simone !" signifie, selon le contexte :
au sens propre, lorsqu'au moment de prendre la route, un conducteur invite son ou ses passagers à monter dans la voiture sans perdre une minute : "Allons-y !", "Partons !".
On dit par exemple : "Allez, allez, fini les embrassades, on y va : en voiture Simone !".
et au sens figuré:
, pour encourager son ou ses interlocuteurs à commencer quelque chose, à démarrer une action : "On commence !", "Il est temps de s’y mettre !".
On dit par exemple : "Allez les gars, on se remue : en voiture Simone !".
ou pour évoquer la façon rapide et efficace avec laquelle on débute une activité : "C'est parti !", "Ça roule !".
On dit par exemple : "Tu as commencé les travaux de ta véranda ?" "Oh oui, depuis plusieurs jours déjà. J'ai passé la commande et en voiture Simone !"
Ou : "Tu te souviens de la petite blonde à la soirée de Jean-Marc ? Je l'ai rappelé mardi soir et en voiture Simone ! Elle déjeune avec moi samedi".
Aujourd'hui sans doute considérée comme un peu désuète, la formule "En voiture Simone !" était très populaire dans les années 60-70.
Elle est souvent faussement attribuée à l'animateur Guy Lux qui l'a toutefois popularisée, à partir du 17 juillet 1962, dans le jeu télévisé "Intervilles", en s'adressant à l'animatrice Simone Garnier, chargée d'arbitrer l'émission.
Les animateurs de télévision français Guy Lux et Simone Garnier, durant une émission d'"Intervilles"
Cette expression renvoie en réalité à Simone Louise de Pinet de Borde des Forest, généralement dite Simone Louise des Forest ou simplement Simone des Forest, une pilote automobile française, née le 7 mars 1910 et morte le 15 novembre 2004.
La pilote automobile française Simone Louise de Pinet de Borde des Forest (à gauche)
Ayant été l'une des premières femmes en France à avoir eu son permis de conduire, en 1929, celle-ci a participé à de nombreuses courses automobiles de 1930 à 1957, battant 24 records du monde.
La carte de l'Automobile Club de Vichy de Simone Louise de Pinet de Borde des Forest
Ayant également conduit un camion de la Croix-Rouge pendant la Seconde Guerre mondiale et été la première femme à ouvrir une auto-école, c'est sa renommée qui a fait naître l'expression "En voiture Simone", ellipse de "En voiture Simone, c'est moi qui conduis, c'est toi qui klaxonnes !", seulement popularisée ensuite par Guy Lux, à partir de 1962.
Sources : www.envoituresimone.com, rmc.bfmtv.com et wiktionary.org
au sens propre, dans le registre désuet : ce qui a beaucoup de cosses, en parlant des tiges de pois ou de fèves ; ou est pourvus de cossesplus ou moins développées.
On dit par exemple : "J'ai planté une variété de haricot très cossue".
et ausens figuré :
dans le registre familier :
celui qui est riche, prospère, possède une large aisance ; est aisé,
On parle par exemple d'un "rentier cossu" ou d'un fermier cossu", pour évoquer un riche paysan.
Un rentier cossu
ou ce qui témoigne d'une situation prospère, ou dénote d'une large aisance.
On parle par exemple d'une "demeure cossue" pour désigner une grande et jolie bâtisse.
et dans le registre populaire, autrefois (registre désuet) : ce qui est gros.
On dit par exemple : "Ton oncle en raconte de bien cossues", pour "des choses trop grosses, peu vraisemblables".
Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wiktionary.org