"Un malappris".

J'aime bien ce substantif masculin.

Relevant du langage courant, il désigne : une personne mal éduquée, malpolie, grossière ; un malotru, un, goujat.

On dit par exemple : "Ce malappris n'est même pas venu me présenter ses excuses".

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un jeune voyou".

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Une gourgandine".

J'aime beaucoup ce joli substantif féminin, qui relève du registre familier ainsi que du registre désuet.

Et qui désigne : une femme légère, facile, dévergondée ; une coureuse, une sauteuse.

On dit par exemple : "Même si je sais bien que cette gourgandine a un emploi du temps bien rempli lorsque je ne suis pas là, je suis fou d'elle".

Source : www.cnrtl.fr

"Avoir vocation à" ou "Ne pas avoir vocation à".

Ces locutions verbales signifient respectivement : être - ou ne pas être - qualifié, indiqué pour.

Et non : ne pas pouvoir ; ne pas devoir ; ne pas avoir le droit ; ne pas être destiné à ; ne pas disposer des qualités pour.

Ainsi que vous allez cependant pouvoir le constater ci-après, c'est pourtant bien dans ces différents sens que nos dirigeants en usent et abusent aujourd'hui :

  • du ministre français Emmanuel Vals, le 24 septembre 2013, que "Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie",

Le Premier ministre français Manuel Valls

  • du maire de Lyon (69) Gérard Collomb, le 14 octobre 2013 : "Ces populations n'ont pas vocation à s'intégrer",
Le ministre français Gérard Collomb (© ludovic MARIN / AFP)
© Ludovic Marin / AFP
  • ainsi, du président de la République française François Hollande, le 16 décembre 2013 : Les forces françaises n'ont "pas vocation à rester durablement en Centrafrique",

Le président de la République française François Hollande

  • l'ancien Premier ministre français Laurent Fabius, le 18 février 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester en permanence en Centrafrique",

Le Premier ministre français Laurent Fabius

  • le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, le 25 février 2014 : "la France n'a pas vocation à se substituer aux forces internationales" en Centrafrique,

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault

  • de l'ancienne ministre française Cécile Duflot, le 4 avril 2014 : "Les écologistes ont vocation à exercer le pouvoir",

La femme politique française Cécile Duflot

  • l'ancien ministre français François Bayrou, le 4 mai 2014 : "Le centre n'a pas vocation à être une roue de secours, ni une force d'appoint ni à être accessoire. Il a vocation à être un moteur, une volonté",

L'homme politique français François Bayrou

  • le général de division français Marc Foucaud, le 13 mai 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester vingt ans au Mali",

Le général français Marc Foucaud

Cet usage abusif relevant de la novlangue et du jargon politique semble remonter notamment aux années 2006-2007.

Le professeur de linguistique, Jean Véronis, co-auteur de l'ouvrage "Les Mots de Nicolas Sarkozy" (Seuil, 2008), a en effet réalisé un remarquable travail de statistique lexicale, duquel il ressort que, pendant la campagne de 2007, l'homme politique français Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression, environ dix fois plus que les autres candidats : "Tous les pays n'ont pas vocation à intégrer l'Union", "L'Etat n'a pas vocation à se mêler de tout", "L'Europe a vocation à protéger", "L'OTAN n'a pas vocation à se substituer à l'ONU", etc.

Le président de la République française Nicolas Sarkozy (© AFP)
(© AFP)

Source : Le Robert et Le magazine du Monde, Didier Pourquery, 4 juillet 2014

"Bas du front".

J'adore cette locution adjectivale, en forme d'idiotisme corporel.

Relevant du registre familier, elle qualifie, au sens figuré une personne : peu intelligente, bête, stupide, sotte.

On dit par exemple : "Mon nouveau collègue est très gentil mais un peu bas du front".

On utilise également la formule en forme d'idiotisme architectural "Bas de plafond" (ou "Bas-de-plafond").

Et sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à mes façons préférées de dire "Être idiot".

Sources : wiktionary.org

Qu'est-ce que "La montaison" ?

Ce joli substantif féminin souvent méconnu est polysémique, puisqu'il désigne tout à la fois, selon le contexte :

  • la montée en graines des légumes et végétaux, se traduisant par un allongement rapide des entre-noeuds de la plante constituant une tige dressée florifère.

La montaison des légumes

  • et la migration de certaines espèces de poissons qui remontent les cours d'eau pour aller frayer.

Ainsi par exemple des anguilles.

Ou des saumons, qui quittent le milieu salé pour remonter les fleuves et s'y reproduire.

  • ou : la saison pendant laquelle a lieu cette migration.

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Battre froid" à quelqu'un.

J'aime assez cette locution verbale, qui relève du langage courant et, malheureusement de plus en plus, du registre désuet.

Et elle signifie, au sens figuré : manifester à quelqu'un de la froideur ou une indifférence marquée.

On dit par exemple : "Mon père était tellement agacé qu'il a battu froid ma fiancée durant tout le repas".

Source : wiktionary.org

"Tournebouler".

J'aime beaucoup ce joli verbe qui relève du registre familier et signifie : bouleverser, mettre l'esprit à l'envers.

On dit par exemple : "L'annonce du divorce de ma soeur après plus de 20 ans de mariage a complètement tourneboulé ma mère".

"Nenni" et "Que nenni".

J'aime beaucoup ces deux formules interjectives héritées de l'époque médiévale, qui relèvent de nos jours du registre désuet.

  • "Nenni" est une expression négative employée dans les réponses pour marquer un refus catégorique ou encore par plaisanterie.

On dit par exemple : "Tu veux bien me masser ce soir mon chéri ?" Nenni !".

  • et "Que nenni" est une expression signifiant : "Que non", "Pas du tout", "Absolument pas".

On dit par exemple : "Dois-je comprendre que tu as décidé de faire la vaisselle pour une fois ?" "Que nenni !".

Source : wikyionary.org

"Faire son miel" de quelque chose.

Cette jolie locution verbale en forme d'idiotisme animal et d'idiotisme alimentaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : profiter, exploiter quelque chose ; en tirer parti, en tirer profit.

À l'instar de abeilles, qui fabrique leur miel à partir du pollen des fleurs.

Une abeille en train de butiner

On dit par exemple : "La presse à scandale britannique fait son miel des frasques de la famille royale".

Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)
Un apiculteur en train de faire son miel (au sens propre)

Sources : wiktionary.org et

"L'iridescence", "Iridescent" ou "iridescente", "Iriser" et "L'irisage", "L'irisement" ou "L'irisation".

Des nuages iridescents

Tous ces superbes mots relèvent du registre soutenu.

Et ils dérivent du grec ancien "iris" qui signifie arc-en-ciel.

  • le substantif féminin "L'iridescence" désigne : la propriété de certaines surfaces qui semblent changer de couleur selon l'angle de vue ou d'illumination.

On parle également de "Goniochromisme", un substantif masculin construit à partir des mots grecs "gonio" signifiant "angle" et de "chroma" désignant la "couleur".

Il en est par exemple ainsi des bulles de savon, des ailes de certains papillons, du plumage de certains oiseaux, de la coquille de certains coquillages ou de certains minéraux.

Des bulles de savon iridescentes

L'iridescence est souvent créée par coloration structurelle (microstructures qui interfèrent avec la lumière) ou par le phénomène optique de diffraction. Elle est souvent confondue avec l'irisation (voir plus bas), l'iridescence étant un terme plus spécifiquement réservé à la diffraction et l'irisation à l'interférence

On dit par exemple : "L'iridescence de ces montagnes est merveilleusement belle".

Des nuages iridescents

  • l'adjectif "Iridescent" ou "Iridescente" signifie : brillant(e), chatoyant(e), avec des reflets irisés, c'est à dire dotés des couleurs, des nuances de l'arc-en-ciel.

On parle par exemple de "nuages iridescents".

Des nuages iridescents

  • le verbe "Iriser" signifie : faire briller, faire chatoyer.

On dit par exemple : "Les reflets du soleil irisent merveilleusement la surface de l'eau de lac".

  • les substantifs masculins "Irisage" et "Irisement", ainsi que le substantif féminin "Irisation" désignent : l'action d'iriser ou le résultat de cette action.

On dit par exemple : "L'irisage de ces vitraux est superbe", "L'irisement de ces nuages est splendide" ou "L'irisation de ce flacon est éblouissante".

Sources : www.cnrtl.fr et wikipedia.org

"Peu me chaut" ou "Peu m'en chaut" et "Peu lui chaut" ou "Peut lui en chaut".

J'adore cette jolie locution interjective qui relève du registre soutenu.

Ne trouvez-vous pas, en effet, qu'il s'agit là d'une délicieuse façon de dire "Peu m'importe" ?

À l'apostrophe rageuse "Tu vas la dégager ta caisse pourrie espèce de gros con, où tu veux qu'j'appelle les keufs !", on peut ainsi répondre "Peu me chaut mon brave, il se trouve que je j'appartiens moi-même à la maréchaussée et qu'il ne me déplairait nullement de converser avec quelques collègues".

La forme conjuguée "chaut" correspond à la troisième personne du singulier du verbe "chaloir".

Relevant aujourd'hui du registre désuet, ce verbe nous vient du latin "calere" ("être chaud", "désirer").

En sorte que la formule "Peu me chaut" signifie littéralement "Cela ne me fait ni chaud ni froid".

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à "Toutes les façons de dire : "Ne pas s'inquiéter de quelque chose ou de quelqu'un" en français.

Sources : wikipedia.org et ww.orthodidacte.com

"Une échauffourée".

J'aile beaucoup ce joli substantif féminin, qui désigne, selon le contexte :

  • dans le langage courant : une émeute, une bagarre confuse et de courte durée, un accrochage, une rixe, une mêlée.

On dit par exemple : "La discussion s'est terminée en échauffourée".

  • et dans le registre désuet :
    • une entreprise malheureuse conduisant à un échec,
    • ou : un petit combat isolé.

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr