"Un sabir".

J'aile beaucoup ce substantif masculin qui désigne :

  • au sens propre :une langue d'appoint hybride, produit du mélange de plusieurs langues maternelles, créée pour les besoins de la communication,

On dit par exemple : "Arrivés là-bas nous nous sommes débrouillés tant bien que mal avec le sabir utilisé par les expatriés déjà sur place".

  • et au sens figuré :un charabia, un jargon, un langage difficilement compréhensible.

On dit par exemple : "Je n'ai jamais ien compris au sabir des informaticiens".

"À tout le moins".

Cette locution, considérée comme désuète, mais que j'affectionne particulièrement, signifie : au minimum, pour le moins ou tout au moins.

On dit par exemple : "Si vous n'êtes pas capable de dire Ce que souhaite dire, dites à tout le moins Ce que je veux dire ; pas C'que j'veux dire" !

Ou : "J'espère à tout le moins décrocher une mention Bien".

"Prendre ombrage".

J'aime assez cette jolie locution verbale du registre soutenu en forme d'idiotisme botanique qui signifie :

  • s'offenser, s'offusquer.

On dit par exemple : "L'épouse de mon patron a pris ombrage de ce que mon fils avait eu de meilleurs résultats scolaires que le sien".

La formule "Prendre la mouche" a une signification assez proche.

  • ou : ressentir de l'inquiétude, de la jalousie à propos de quelque chose, de quelqu'un.

On dit par exemple : "Ma compagne s'offusque des mensurations de rêve de ma nouvelle assistante".

Sur un sujet contigu, je vous recommandre la lecture de mon article consacré aux expressions "Faire ombrage à quelqu'un" ou "Porter ombrage à quelqu'un".

Sources : www.expressio.fr et www.larousse.fr

"De ce moment".

Cette charmante locution adverbiale du registre soutenu constitue une ellipse de la formule "À partir de ce moment" et signifie : à partir de maintenant, désormais, dorénavant ou à l'avenir.

On dit par exemple : "De ce moment, nul ne pourra plus prétendre ignorer la règle !".

Ou : "De ce moment, il est clair que la victoire nous est acquise".

"Un cliquetis".

J'aime beaucoup ce substantif masculin du langage courant qui désigne :

  • une série de bruits légers et secs, produits par des corps qui s'entrechoquent.

On parle ainsi du "cliquetis des clés" ou du "cliquetis d'une machine à écrire".

  • ou : un bruit mécanique anormal.

On dit ainsi : "Le moteur de mon véhicule m'inquiète : j'ai cru entendre une sorte de cliquetis durant le trajet."

"Se rembrailler".

J'aime beaucoup ce verbe marseillais signifiant, selon le contexte :

  • rajuster ses vêtements,
  • remonter son pantalon,
  • voire : se rhabiller.

On dit par exemple : "Rembraille-toi : on dirait un clochard !".

Ou : "Je me suis rembraillé à toute vitesse : son mari allait arriver d'un moment à l'autre !".

Tout comme l'adjectif "Débraillé", ce verbe injustement méconnu dans le reste de la France fait référence aux "Braies", ce vêtement en forme de pantalon, ajusté ou flottant, porté par plusieurs peuples de l'Antiquité (en particulier les Gaulois et les peuples germaniques), ainsi qu'au Moyen Âge.

Braies médiéviales
Braies médiéviales

Vous en avez vu depuis votre plus jeune âge, dès lors que vous connaissez Obélix et ses célèbres braies à rayures blanches et bleues !

Les célébrissimes guerriers gaulois Obélix et Astérix, toujours vêtus de braies
Les célébrissimes guerriers gaulois Obélix et Astérix, toujours vêtus de braies

Le mot "Braies" qui nous vient du gaulois est un substantif féminin qui présente la particularité d'être exclusivement employé au pluriel.

Braies
Braies

Et "Se rembrailler" signifie donc étmologiquement: rajuster, remonter ses braies.

Source : wikipedia.org

"Une diatribe".

J'aime beaucoup ce substantif féminin du registre soutenu qui nous vient du grec "diatribé" signifiant "discussion d'école" ou "discussion philosophique" et qui désigne :

  • de nos jours : une critique amère et violente,

Il peut s'agir d'un texte ou d'un discours qui attaque une personne ou une institution, le plus souvent sur un ton injurieux. Il peut éventuellement s'agir d'un pamphlet ou d'une satire.

Plusieurs de nos plus célèbres hommes de lettres du XIXe siècle, tels Émile Zola ou Victor Hugo, s'exprimaient sous cette forme dans divers journaux. Et la lettre ouverte "J'accuse...!" d'Émile Zola, parue dans le journal l'Aurore, le 13 janvier 1898, en est un parfait exemple.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les diatribes xénophobes de cet homme politique".

  • et, dans l'Antiquité : un genre littéraire, pratiqué notamment par les Cyniques et les Stoïciens.

L'origine de cette forme littéraire est en général attribuée à Bion de Borysthène, philosophe cynique du IIIe siècle av. J.-C.

Et parmi les autres philosophes qui ont pratiqué ce genre, on peut citer Télès, chez les Cyniques, et Musonius Rufus, chez les Stoïciens.

Au IIIe siècle av. J.-C., la diatribe prend la forme d'un dialogue avec un interlocuteur en général fictif. Visant à la prédication morale, elle traite de lieux communs de l'éthique. Elle use des procédés de la rhétorique et, pour renforcer ses effets sur un auditoire constitué d'un large public non spécialisé, recourt, selon le cas, à l'ironie, à l'invective et à la polémique.

Et c'est précisément cette forme polémique et violente que prenaient souvent ces dialogues à visée morale qui explique l'évolution de l'usage du mot à notre époque.

Source : wikipedia.org

"Dussé-je".

J'aime beaucoup cette formule du registre soutenu correspondant à la première personne du singulier du subjonctif imparfait du verbe "devoir" et signifiant : quand bien même je devrais.

On dit par exemple : "Dussé-je le poursuivre jusqu'en enfer, je retrouverai l'assassin de ma fille !".

Ou : "Dussé-je y passer des heures, je trouverai d'où vient cette erreur !".

"Sans flagornerie" ou "Sans flagornerie aucune".

J'aime beaucoup cette locution adverbiale du regsitre soutenu, qui signifie : sans être bassement flatteur ni intéressé. C'est à dire : très honnêtement et très sincèrement.

On dit par exemple : "Sans flagornerie aucune, mon ami, je pense que vous avez écrit là un livre qui marquera notre époque".

La "Flagornerie" est en effet le caractère d'une personne flattant bassement, avec insistance et de façon généralement intéressée.

Et "Une flagornerie" est donc, par métonymie, une action ou une attitude qui manifeste de la flatterie basse et intéressée.

Source : www.cnrtl.fr

"À telle enseigne que".

J'aime beaucoup cette expression du registre soutenu que j'utilise régulièrement et qui signifie, selon le contexte : à tel point que, au point que, cela est si vrai que, comme le prouve le fait que ou tellement que.

On dit par exemple : "Je me suis progressivement totalement désintéressé de la politique. À telle enseigne que je ne participe désormais plus aux différentes mascarades électorales".

Ou : "Je collectionne les mots, locutions et expressions depuis des décennies. À telle enseigne que je possède près d'un demi-million de petites fiches papier consacrées à ma passion".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Fâcheuse", "Fâcheuses" ou "Fâcheux".

Ce joli adjectif du registre soutenu signifie, selon le contexte :

  • cause de déplaisir, ennuyeu(s)x, contrariant(e)(s) (registre soutenu),

On dit par exemple : "Ce meuble est dans un faĉheux état".

  • cause de douleur, de souffrance, affligeant(e)(s) (registre soutenu),

On dit par exemple : "La disparition mystérieuse de son fils il y a dix ans a été fâcheuse pour mon voisin".

  • ou : entraînant des conséquences ennuyeuses, désagréables, regrettables ; comportant des inconvénients ; portant préjudice (registre soutenu).

On dit par exemple: "L'arrivée de l'autoroute va être fâcheuse pour certains d'entre nous".

Source : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Un conciliabule" et "Être en grand conciliabule".

J'aime beaucoup ce joli substantif masculin du registre soutenu, qui nous vient tout droit du vocabulaire et jargon religieux.

  • "Un conciliabule" désigne en effet :
    • au sens propre : une assemblée de prélats schismatiques n'ayant pas autorité pour délibérer, ou convoqués irrégulièrement,
    • et par extension :
      • une conférence secrète et où président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité,

On dit par exemple : "Il se dit que l'aile gauche du parti s'est réuni nuitamment en conciliabule en tout début de semaine".

      • des entretiens à voix basse, plus ou moins suspects.

On dit par exemple : "Les enfants, je n'aime pas vous voir ainsi en conciliabule : qu'êtes-vous donc en train de préparer ?".

  • la locution verbale "Être en grand conciliabule" signifie par conséquent de nos jours, hors contexte religieux :
    • s'entretenir secrètement, dans une optique plutôt malveillante et hostile,

On dit par exemple : "Certains députés de la majorité ont été surpris en grand conciliabule avec différents représentants éminents de l'opposition".

    • s'entretenir à voix basse, de façon plus ou moins suspecte.

On dit par exemple : "Depuis deux jours plusieurs groupes d'élèves sont en grand conciliabule près des toilettes, durant chaque récréation".

Source : www.larousse.fr

"Sine die".

Cette locution adverbiale latine régulièrement utilisée en français signifie : sans préciser le jour ou sans fixer d'autre date.

Et donc : indéfiniment, de manière indéfinie.

On dit par exemple : "Le débat a été reporté sine die".

Ou : "Le vote a été repoussé sine die".

Sources : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr