On ne dit pas : "Quelle heure qu'il est ?" !

Mais : "Quelle heure est-il ?". (langage courant)

Ou : "Auriez-vous l'heure, s'il vous plaît ?". (registre soutenu)

Voire, s'il vous est vraiment nécessaire de ramper devant votre interlocuteur : "Auriez-vous, je vous prie, l'amabilité de bien vouloir consentir à me donner l'heure ?".

"Ne pas être la moitié d'un con".

J'aime beaucoup cette expression du registre argotique qui peut signifier, selon le contexte, deux choses diamétralement opposées :

  • soit être particulièrement stupide, profondément con,

On dit par exemple : "Ce type n'est pas la moitié d'un con. Il doit bien savoir compter jusqu'à cinq !".

  • soit être remarquablement intelligent, très brillant.

On dit par exemple : "J'ai rencontré le directeur de thèse de mon fils et son érudition m'a étonné. Ce n'est pas la moitié d'un con !".

 

11 façons de dire "Un jeune voyou" ou "Un petit voyou".

Comme souvent, différents registres de langue s'offrent à vous pour ce faire.

Depuis le "petit branleur" ou le "petit con" (registre argotique), à la "canaille" ou au "sacripant" (registre familier).

Vous disposez également "chenapan", du "galopin", du "garnement", du "malappris" et du "vaurien" (registre désuet).

Ainsi que de la "crapule" (langage courant).

Et du célèbre "sauvageon", cher à Jean-Pierre Chevènement.

 

 

"Un vaurien".

Ce terme désigne à la fois :

  • une personne peu recommandable, sans scrupules ni moralité (registre désuet),
  • un enfant ou un adolescent effronté, indiscipliné, malicieux, un chenapan, un garnement, un jeune voyou (registre familier),

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire en français "Un jeune voyou" ou "Un petit voyou".

  • et enfin un petit bateau de régate, dériveur monotype gréé en sloop.

On ne dit pas : "J'vais lui péter l'pif à c'gros con !" ni "J'vais lui défoncer l'tarin à c'gros naze" !

Mais plutôt : "Je vais lui casser le nez à cet imbécile !" (langage courant)

Voire : "Je me fais fort d'endommager l'appendice nasal de ce malotru !" (registre soutenu)

"Avoir l'heure" et "Avoir l'heur de".

Bien que parfaitement homophones, ces deux locutions n'ont naturellement strictement rien à voir :

  • "avoir l'heure", c'est pouvoir connaître l'heure qu'il est, de manière instantanée ; en consultant la montre que l'on porte ou le téléphone portable dont on dispose à portée de main.

Ce qui nous rend susceptible de la "donner" à la personne qui nous en fait la demande ("Auriez-vous l'heure s'il vous plaît ? Pourriez-vous me la donner ?").

"Avoir l'heure" ou "Donner l'heure"

  • tandis que "avoir l'heur de", c'est, dans le registre soutenu, avoir la chance de, avoir le plaisir de.

On dit par exemple : "Si mon projet a l'heur de plaire au président, je gage que je disposerai des moyens nécessaires pour sa mise en oeuvre".

Le mot "heur", qui relève aujourd'hui du registre désuet, signifie en effet "bonne fortune, chance heureuse", et n'est plus guère utilisé de nos jours que dans cette formule et dans le proverbe "Il n'y a qu'heur et malheur".

Ainsi qu'au travers des mots "bonheur" (bon heur) et "malheur" (mal heur).

"Il n’y a qu’heur et malheur".

Ce proverbe signifie que, dans la vie, tout dépend des circonstances et, bien souvent, ce qui cause la ruine des uns fait la fortune des autres.

Le mot "Heur", qui relève aujourd'hui du registre désuet, signifie en effet "Bonne fortune, chance heureuse", et n'est plus guère utilisé de nos jours que dans ce proverbe et dans l'expression "Avoir l'heur de".

Ainsi qu'au travers des mots "Bonheur" (bon heur) et "Malheur" (mal heur ou mauvais heur).

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un milk-bar" ?

Et pas : "Un bar à lait" !

Évidemment, comme me l'a fort justement fait remarquer un lecteur, du fait de son homophonie avec la locution "bar à laids", cette solution présente l'inconvénient de pouvoir se comprendre, à l'oral, comme un lieu de rencontre pour les moches...

Le mot milk-bar, très en vogue dans les années 1950-60, n'est plus utilisé de nos jours, car - fort heureusement : "Tout espoir n'est pas perdu : même les anglicismes peuvent passer de mode !".

34 façons non grossières de dire "Une personne en surpoids".

On utilisait jusque dans les années 1980 l'expression "Être mannequin chez Olida", qui appartenait au registre familier et relève désormais également du registre désuet.

Dans le registre familier, on peut aussi utiliser les adjectifs "Boulotte", Grassouillet/te", "Rond/e", Rondelet/te" ou "Rondouillard/e".

Ainsi que les locutions verbales "Avoir de la bedaine", "Avoir des poignées d'amour", "Avoir du bedon", "Avoir du bidon", "Avoir du bidou" ou "Avoir une bouée".

On peut également recourir aux locutions "Bien en chair", "En formes" et "Un peu fort/e", ainsi qu'aux adjectifs "Bedonnant/e", "Confortable", "Corpulent", "Dodu/e", "Enrobé/e", "Pansu/e", "Rebondi/e", "Rembourré/e", "Rond/e" et "Ventru/e", qui relèvent du langage courant.

Ou aux locutions verbales "Accuser un poids excessif", "Avoir de l'embonpoint", "Avoir du ventre", "Être de forte corpulence", "Être une personne forte" et "Présenter un poids trop élevé".

Enfin, nous trouvons dans le registre soutenu, le superbe adjectif "Ventripotent/e". Ainsi que l'adjectif "Replet/ète" et la locution verbale "Être en surcharge pondérale".

Sur un thème contigu on peut consulter l'ensemble des façons de dire "Une fille laide".

Et je précise, pour l'anecdote, à l'attention de nos amis étrangers, qu'une somme d'argent peut-être "Rondelette" (ou "Coquette"), mais en aucune façon "Grassouillette", "Rondouillarde", "Dodue", "Enrobée", "Rembourrée", "Ronde" ou "Replète" !

"Le parquet" ou "Un parquet".

Ce mot désigne, selon le contexte, des choses radicalement différentes :

  • un enclos destiné à l'élevage des volailles (utilisation la moins fréquente),
  • ou un assemblage de lames de bois, clouées ou posées selon une disposition régulière, garnissant le sol d'une habitation (utilisation la plus fréquente),
  • le groupe des magistrats (procureur de la République et substituts) chargés de requérir l'application de la loi.

Source : www.cnrtl.fr

"Une plainte" et "Une plinthe".

Les deux mots n'ont évidemment strictement rien à voir l'un avec l'autre :

  • une plainte est, selon le cas, :
    • une lamentation, un gémissement exprimant la peine ou la douleur ("Les plaintes d'un blessé"),
    • un bruit long, monocorde et triste ("La plainte sinistre du vent dans la toiture d'un manoir"),
    • l'expression d'un mécontentement, d'un grief ("Susciter des plaintes")
    • ou, en droit, la dénonciation en justice d'une infraction ("Porter plainte").
  • tandis qu'une plinthe est un élément décoratif et utilitaire, constitué d'une bande de faible hauteur, placée au pied des murs, le long du sol, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un bâtiment

À l'intérieur, il s'agit souvent d'une planche de bois, de dix à douze centimètres de hauteur, bordant le bas des murs, à leur jonction avec le plancher.

"Avoir un cheveu sur la langue".

Il s'agit d'une appellation très imagée du Susseyement" ou "Sigmatisme frontal", plus communément appelé, dans le registre familier, "Zozotement", "Zézaiement", ou "Zézayement".

Ce vice de prononciation consiste notamment à prononcer incorrectement les "s". C’est-à-dire à les prononcer en mettant la langue entre les dents, au lieu d’en appliquer le bout sur les dents d’en haut. Ce qui a naturellement tendance à donner le son "Che" au lieu de "Se".

Par exemple :

  • "Il est caCHé" au lieu de "Il est caSSé".
  • "LâCHer ses souliers" ou "LaCer ses souliers".

Voire - ce qui peut vraiment prêter à confusion et amener à des situations très ambiguës - :

  • "LêCHe-moi !" au lieu de "LaiSSe-moi !".