"Mettre la viande dans le torchon".

Cette amusante locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme textile ne manque pas de surprendre nos jeunes enfants et nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie tout simplement, au sens figuré : se mettre au lit pour dormir.

Dans l'excellent film d'Étienne Chatiliez "La vie est un long fleuve tranquille", sorti en 1988, Ghislaine Groseille (Sylvie Cubertafon) dit par exemple à son mari : "J'chuis crevée, j'vais mettre la viande dans l'torchon".

Cette expression très imagée a vraisemblablement pour origine le milieu de la charcuterie, où elle a dû commencé à être utilisée par analogie avec la locution nominale féminine "Jambon au torchon", qui désigne un jambon cuit dans un bouillon entouré d'une "Chaussettte à jambon" également appelée "Sac mousse" ou "Torchon".

Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage

Le jambon au torchon est fabriqué à partir des muscles de la cuisse du porc, qui sont rassemblés et comprimés aussi fort que possible, pour en faire une sorte de pain de viande, non pas dans un moule métallique comme pour le jambon industriel, mais plus traditionnellement dans une sorte de grande chaussette de textile, nouée à la fin, ce qui le fait ressembler avant cuisson à une sorte de grosse baudruche de viande.

Sources : www.consoglobe.com, www.caminteresse.fr et wiktionary.org

Quelle est la différence entre "Le réchauffage" et "Le réchauffement" ?

Ces deux substantifs masculins paronymes du langage courant ne doivent surtout pas être confondus.

Ils désignent en effet respectivement :

  • "Le réchauffage" :
    • l'action de chauffer à nouveau un objet ou une substance,.

On dit par exemple : "Le réchauffage de cette sauce doit se faire à feu très doux".

    • ou : le résultat de cette action.

On dit par exemple : "Le réchauffage de ce plat peut s'effectuer au four micro-ondes".

Le réchauffage d'une assiette de pâtes au four micro-ondes

  • et "Le réchauffement" :
    • au sens propre :
      • l'action de donner ou de redonner de la chaleur, en particulier au corps d'un être animé.

On dit par exemple : "Frictionner vigoureusement une personne victime d'hypothermie procure généralement un réchauffement suffisant".

      • le fait de se réchauffer, de reprendre de la chaleur, de devenir plus chaud.

On dit par exemple : "On assiste à un brusque réchauffement de la température au printemps".

Le réchauffement printanier

Ou : "Les conséquences du réchauffement climatique sont encore probablement très sous-estimées".

Le réchauffement climatique

      • et en horticulture :
        • l'ajout de fumier neuf à du fumier ancien, afin de réchauffer les couches refroidies.
        • ou : ce fumier neuf destiné à réchauffer les anciennes couches.

On dit par exemple : "Il va falloir que je remue ce réchauffement".

Et l'on parle également de "Réchaud".

Le "réchauffement" ou ajout de fumier neuf à du fumier ancien

    • et au sens figuré : le réconfort.

On dit par exemple : "Toutes ces délicates attentions contribuaient manifestement au réchauffement du malheureux vieillard".

Source : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Des mets un peu gourmets".

Des fruits de mer

Comme l'a improprement déclaré la vendeuse Dominique, le 12 mars 2021, dans l'émission "Affaire conclue", présentée par Sophie Davant, sur la chaîne de télévision publique française France 2.

Mais : "Des mets GOÛTEUX", "Des mets un peu RAFFINÉS", "Des mets SAVOUREUX" ou "Des mets SUCCULENTS".

Un étal de gibier
Un étal de gibier

"Gourmet" n'est pas en effet un adjectif, mais uniquement un substantif du langage courant désignant :

  • un connaisseur en vin ; celui qui sait goûter et apprécier les vins,
  • et par extension : celui qui apprécie la qualité, le raffinement d'une table, d'un mets particulier.

On utilise également, dans le registre familier, les idiotismes animaliers de "Bec-fin" et de "Fine-gueule".

Source : www.cnrtl.fr

"Une charlotte" ou "Une Charlotte".

Ce substantif féminin en forme de prénom féminin peut avoir en français au moins six significations différentes :

  • une sorte de bonnet féminin, populaire dans les classes modestes du XVIIIe au XIXe siècle, et considérée comme le précurseur de la capote.

Fréquemment portée en Lorraine, la charlotte est née d'une évolution du bonnet auquel furent ajoutés des bords et des liens pour le nouer sous le cou. Elle servait à cacher les cheveux afin d'indiquer la respectabilité. Et elle était souvent portée comme bonnet d'intérieur au XVIIIe siècle .Tandis qu'on la portait couramment sous un chapeau de paille en été.

Elle se confectionnait en batiste ou en mousseline, avec une bordure froncée.

Dès le milieu du XVIIIe siècle, les liens furent remplacés par des rubans.

Et au cours du XIXe siècle, on lui ajoute des bords derrière et sur les côtés, afin de couvrir la nuque, préfigurant ainsi la capote mais sans amidon.

Une fillette portant une charlotte

  • un bonnet jetable à élastique, recouvrant les cheveux pour des raisons d'hygiène.Cet EPI (Equipement de Protection Individuelle) est utilisé dans certaines industries (en particulier les industries agro-alimentaires, pharmaceutiques et parfois chimiques) et en chirurgie,

Une femme portant une charlotte jetableUne charlotte jetableDes charlottes jetables

  • un type de dessert moulé, de forme cylindrique ou tronconique, d'environ 10 cm de hauteur, formé d'une croûte faite de biscuits à la cuillère (ou des boudoirs), ou de tranches de pain, ou encore d'une génoise, et dont le centre est garni soit de fruits, soit d'une crème.

L’origine de ce dessert est incertaine, mais il se dit qu'il aurait été inventé en l'honneur de Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (19 mai 1744 - 17 novembre 1818), épouse du roi Georges III et, à ce titre, reine du Royaume-Uni, de 1761 à 1818, sous le nom de "reine Charlotte".

Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (19 mai 1744 - 17 novembre 1818), épouse du roi Feorges III et, à ce titre, reine du Royaume-Uni, de 1761 à 1818, sous le nom de "reine Charlotte"

À l'origine, la Charlotte aux fruits (pomme, poire, ou pêche), aux tranches de pain beurré, était servie chaude avec le thé chez les Anglais ; puis un cuisinier anglais a légèrement changé la recette et notamment son service froid.

De nos jours, on sert la Charlotte froide, on utilise les biscuits et on farcit d'une crème ou d'une mousse, aux fruits (fraise ou poire essentiellement) ou au chocolat.

Une Charlotte aux fruits
Une Charlotte aux fruits
Une charlotte aux fraises
Une charlotte aux fraises
Une Charlotte au chocolat
Une Charlotte au chocolat
  • une variété de fraise ronde, produite de juin à septembre,

Des fraises Charlotte

  • une variété de pomme de terre mise sur le marché en 1981,

Pommes de terre Charlotte

Une rose Charlotte

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"Un piano", "Un piano à queue", "Une demi-queue" et "Un piano droit".

  • "Un piano" est le terme utilisé par les professionnels de la cuisine, pour désigner, par ellipse de "Un piano de cuisine" ou de "Un piano de cuisson" leur principal outil de cuisson.

Possédant au moins deux fours et cinq feux (brûleurs à gaz ou plaques à induction), le piano doit permettre au cuisinier de préparer sur un même outil tout un repas, de l'entrée au dessert.

Un "Piano de cuisson" ou "Piano de cuisine" professionnel
Un "Piano de cuisson" ou "Piano de cuisine" professionnel

Mais les services mercatiques ("marketing") de quelques fabricants de fourneaux emploient également ce terme afin de valoriser leur gamme de fourneaux à usage domestique.

Un "Piano de cuisson" ou "Piano de cuisine"

  • "Un piano à queue" est le type original du piano, un instrument de musique à cordes, dérivé du tympanon ou du cymbalum, des instruments à cordes frappées (le clavecin étant, lui, un instrument à cordes pincées).

Il s'oppose au piano droit, dont les cordes sont disposées verticalement. Et il est l'instrument utilisé en concert.

  • , "Une piano demi-queue"ou "Un demi-queue" est un piano à queue plus petit, bien que mesurant tout de même un peu plus de deux mètres. Ce qui peut permettre d'en accueillir un chez soi.

Le demi-queue possède une qualité sonore très proche des pianos de concert.

Un piano demi-queue

  • et "Un piano droit" ou "Un piano vertical" est un piano dont les cordes sont disposées verticalement, par opposition au piano à queue, dont les cordes sont disposées horizontalement.

Un piano droit Yamaha

Sources : www.marieclaire.fr et wiktionary.org

"Demi-sel", "Le demi-sel" et "Un demi-sel".

  • "Demi-sel" est un adjectif s'appliquant au beurre ou au fromage et signifiant : légèrement salé.
Une plaquette de beurre demi-sel
Une plaquette de beurre demi-sel
  • tandis que "Le demi-sel" constitue une ellipse lexicale désignant : un fromage fermier au lait cru, d’un poids d'environ 100 grammes et de forme carrée, devant son nom à sa pâte faiblement salée.

Il s'agit d'une appellation fromagère non protégée du Pays de Bray. Aussi trouve-t-on des fabrications industrielles au lait pasteurisé élaborées un peu partout dans le Nord-Ouest de la France.

  • et que "Un demi-sel" est un substantif masculin en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme numérique désignant :
    • dans le registre argotique : un proxénète exerçant par ailleurs un métier régulier et n'appartenant pas à la pègre, dont le milieu se méfie,

On dit par exemple : "Mimile le stéphanois a dit de se méfier de lui : il paraît que ce demi-sel fait aussi dans l'élevage de chevaux".

    • et par extension, dans le registre populaire : une personne dont un milieu quelconque considère qu'elle ne fait pas, ou pas encore complètement partie des siens.

On dit par exemple : "C'est un demi-sel : il n'a rejoint notre petit groupe que depuis moins d'un an".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Passer à la moulinette".

"Passer à la moulinette"

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : réduire en morceaux, broyer, écraser un aliment (le plus souvent un légume ou des pommes de terre) en le passant dans une moulinette.
  • et au sens figuré, dans le registre familier, selon le contexte :
    • réduire en morceaux, détruire, soumettre à rude épreuve, au point de rendre méconnaissable,

On dit par exemple : "J'ai fini par récupérer mon vélo, mais dans quel état ! Les voleurs l'avaient passé à la moulinette".

    • critiquer férocement, impitoyablement,

On dit par exemple : "La presse a été très sévère avec ce film qu'elle a véritablement passé à la moulinette".

    • interroger méticuleusement, voire torturer.

On dit par exemple : "Mon père m'a surpris dimanche matin, aux aurores, lorsque je suis rentré de boîte de nuit et il m'a passé à la moulinette pour savoir ce que j'avais fait".

Ou : "Le commissaire nous a dit de passer le suspect à la moulinette et qu'il nous couvrirait en cas de problème".

Sources : www.cbrtl.fr et www.languefrancaise.net

"Corder".

Ce verbe peut avoir différentes significations :

  • tordre des fibres textiles ; les rouler en corde ; leur donner une forme de corde.

On dit par exemple : "Corder du chanvre".

  • entourer de corde, lier, serrer avec une corde.

On dit par exemple : "Corder une malle".

Corder une malle

  • garnir de cordes.

On dit par exemple : "Corder une raquette de tennis".

Corder une raquette de tennis

Mais "Changer les cordes d'une guitare" et pas "Corder une guitare".

Changer les cordes d'une guitare

  • en cuisine : prendre une consistance dure, pour une pâte insuffisamment mouillée, qui n'a pas absorbé assez de liquide.

Ou prendre une consistance élastique et collante pour une purée de pommes de terre trop travaillée.

On dit par exemple : "Ne remue pas trop : elle va corder !".

Corder une purée

  • et autrefois (registre désuet) : s'accorder ; être ou se mettre dans une même disposition de coeur avec quelqu'un.

On disait par exemple, à la fin du XIXe siècle : "Les deux époux cordent parfaitement ensemble".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, chefsimon.com, www.aftouch-cuisine.com et www.linternaute.fr

"Un moulin à légumes", "Une moulinette", "Un presse-légumes" ou "Un presse-purée".

Un moulin à légumes", "Une moulinette", "Un presse-légumes" ou "Un presse-purée"

Ces différents termes du langage courant désigne tous : un appareil ménager destiné à écraser les légumes, en particulier la pomme de terre, afin de les réduire en purée ; l’écrasement étant provoqué par la pression d’une hélice tournante sur une grille.

La locution verbale "Passer à la moulinette" est également utilisée au sens figuré et peut avoir différentes significations.

Source : wiktionary.org

"Mitonner".

Ce verbe change radicalement de signification selon le registre de langue, puisqu'il signifie :

  • dans le langage courant :
    • cuire à feu doux, bouillir doucement.

On dit par exemple : "Chic : ma grand-mère va me mitonner une petite soupe dont elle a le secret !".

    • préparer, mijoter quelque chose avec soin, peu à peu et généralement en secret, en vue d'un certain résultat.

On dit par exemple :" On mitonne un gros coup pour la nuit du réveillon".

    • dorloter quelqu'un, l'entourer de prévenances, généralement à des fins intéressées.

On dit par exemple : " Je vais te mitonner un séjour de rêve pour tes prochaines vacances,".

    • et dans le registre argotique :

 

      • raconter un conte, distraire par une histoire.

On dit par exemple : "Tu ne vas encore me mitonner pour m'emprunter ma bagnole !".

      •  mentir.

On dit par exemple : "Ce type n'arrêtait pas de mitonner tout le monde !".

Source : wiktionary.org

 

"Un bivalve", "un pélécypode" ou "Un lamellibranche".

Coquillages bivalves

Ce substantif masculin désigne un mollusque d'eau douce ou d'eau de mer possédant une coquille double, à deux valves, pouvant s'entrouvrir et se refermer.

Les "bivalves" sont également nommée "pélécypodes" ou "lamellibranches".

Et cette classe de coquillages le plus souvent comestibles et appartenant aux "fruits de mer" comprend notamment : les palourdes, les bulots, les clams, les coques, les coquilles Saint-Jacques, les couteaux, les huîtres, les moules, les palourdes, les pétoncles et les praires.

Source : fr.vikidia.org

"Tartiner".

Tartiner de beurre des tranches de pain de mie

Ce verbe du langage courant signifie :

  • au sens propre : étaler, étendre (du beurre, de la confiture, de la pâte à tartiner, etc.) sur une tranche de pain, appelée "tartine".

On dit par exemple : "Lorsque j'étais enfant, ma mère me tartinait mon pain pour le petit-déjeuner".

  • par extension, dans le registre familier : étaler une substance quelconque.

On dit par exemple : "Ma copine se tartine le visage de crème avant de se coucher".

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • en remettre une couche, insister, répéter, en rajouter ou rouvrir un débat clos.

On dit par exemple : "Je ne vais pas tartiner, mais je voudrais tout de même ajouter que...".

    • ou : écrire des "tartines", délayer en de longues phrases le contenu de sa pensée.

On dit par exemple : "Les notes de mon patron sont pénibles à lire car il tartine beaucoup".

Source : wiktionary.org