"De la meilleure façon de répondre aux pervers"...

Nous sommes en juillet 2000 et c'est le début des vacances estivales. Époque reculée oblige, c'est une vidéo-cassette de film d'animation que ma fille d 5 ans et ma belle-fille de 7 ans regardent paisiblement une dans le salon.

À quelques jours de notre départ en vacances en Dordogne (24), mon épouse et moi descendons dans notre garage, situé dans le sous-sol de notre résidence et qui nous sert de garde-meubles. Afin d'y faire un peu de rangement et de remonter dans l'appartement différents équipements de baignade ou de plein air.

Notre absence dure à peine vingt minutes, mais mon épouse est d'un naturel inquiet, ce qui n'est pas vraiment mon cas... Nous avons tous les deux reçus, en effet, une éducation radicalement différente, que nous avons naturellement eu tendance à transmettre à nos enfants respectifs.

Sa fille est donc aussi facilement apeurée qu'elle, lorsque la mienne m'a toujours montré, dès son plus jeune âge, qu'elle ne risquait pas de se laisser embêter par grand monde !

Imaginez donc son état lorsqu'elle découvre, en rentrant dans notre appartement, sa fille de 7 ans, en larmes, nous expliquant en sanglotant qu'un "méchant monsieur" a téléphoné et que, lorsqu'elle a décroché pour lui parler, - en dépit de nos consignes - le sinistre personnage a commencé à lui raconter des "cochonneries de sexe toutes dégoûtantes que j'ai pas compris" et cela, hélas, sans que ses récriminations et ses pleurs ne parviennent à l'interrompre...

Mon épouse, affolée, : "Mais enfin ma pauvre chérie, pourquoi donc as-tu décroché ? Je t'avais bien dit de laisser sonner, puisqu'il y a un répondeur ! Tu es bien trop jeune pour répondre ainsi à des inconnus... Et pourquoi n'as tu pas raccroché dès que tu l'as entendu dire ses obscénités ?".

C'est alors qu'intervient ma fille : "Ben oui, c'est vrai ; d'abord moi j'ui ai dis qu'i fallait pas répondre ! Et pis aussi qu'elle avait qu'à raccrocher puisque c'était un débile !",

Moi : "D'accord Audrey, on a compris..."

Ma fille : "Alors à la fin, comme elle pleurait toujours mais qu'elle raccrochait pas, j'ai pris le téléphone avec le débile et j'lai crié très très fort !",

Ma femme : "Quoi ? Toi aussi tu lui as parlé ! Mais que lui as-tu donc dit à ce pervers ?",

Ma fille : "Ben j'ui ai dit T'arrête de raconter des cochonneries de sexe comme ça, parce que ma soeur ça la fait pleurer d'abord ! Et pis mon père quand i' va rev'nir i' va t'casser la figure et moi j'te taperai avec des bâtons pasque t'es un débile et pis j'te mettrai des grands coups d'pieds dans les jambes que ça fait super mal !.... Alors il a arrêté d'parler et p'i il a raccroché !".

Ben tiens ! Pervers, taré, mais pas si fou que ça, le type !
Je gage que si toutes les victimes d'appels téléphoniques obscènes pouvaient avoir cette réactivité et cette force de caractère, leur espèce serait peut-être en voie de disparition !

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