On ne dit pas : "Il a réussi à jouer dans le restart" !

Le journaliste sportif français Vincent Duluc

Comme l'a déclaré le journaliste sportif français Vincent Duluc, le 15 septembre 2020, dans l'émission "L'Équipe d'Estelle", de la chaîne de télévision française l'Équipe.

Mais : "Il a réussi à jouer LORS DU REDÉMARRAGE" !

Et même, idéalement : "Il EST PARVENU à jouer LORS DU REDÉMARRAGE DU CHAMPIONNAT" !

Pourquoi dire : "Donc, il est fit" ?

La journaliste sportive française Estelle Denis

Comme l'a déclaré la journaliste sportive française Estelle Denis, le 24 septembre 2020, dans son émission "L'Équipe d'Estellle", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Et pas : "Il est EN FORME", ce que ce mot anglais signifie !

Ou : "Il est AFFUTÉ" ou "Il N'AFFICHE AUCUN SURPOIDS"", comme elle semble apparemment le penser !

Pourquoi dire : "Faire un bon match" !

Comme je l'entends très souvent dans les différents organes d'information.

Et pas : "RÉALISER unE bonNE PERFORMANCE" !

"Réaliser" est le verbe idoine.

Et "Match" est un mot anglais signifiant "Rencontre sportive".

"Les clés du camion", "Avoir les clés du camion", "Confier les clés du camion", "Donner les clés du camion", "Remettre les clés du camion", "Prendre les clés du camion" ou "S'emparer des clés du camion".

Ces différentes locutions verbales du registre familier, utilisées au sens figuré par les commentateurs sportifs, et tout particulièrement dans le domaine du football, font référence au contrôle, à la mainmise exercé par un joueur ou un entraîneur sur une équipe.

On dit par exemple : "Si Neymar quitte le PSG, Mbappé prendra les clés du camion".

Pourquoi dire : "Il va faire le jump (sur un adversaire)" ?

L'ancienne championne cycliste française, devenue consultante pour la télévision, Marion Rousse

Comme l'a déclaré, le 10 septembre 2020, l'ancienne championne cycliste française devenue consultante, Marion Rousse, commentant en direct la 12e étape du Tour de France, sur la chaîne de télévision publique française France 2.

Et pas : "Il va RATTRAPER (cet adversaire)".

On ne dit pas : "Il a fait un petit gap dans sa conquête du maillot à pois" !

Le champion cycliste français Nans Peters, vainqueur de la 8e étape du Tour de France 2020, le 5 septembre 2020

Comme l'a déclaré, le 5 septembre 2020, à propos de son coéquipier Benoît Cosnefroy, le champion cycliste français Nans Sanders, vainqueur de la huitième étape du tour de France 2020, dans l'émission "Vélo Club" de la chaîne de télévision publique France 2.

Mais : "Il a fait un petit PAS dans sa conquête du maillot à pois" !

Ou : "Il a CREUSÉ un petit ÉCART dans LE CLASSEMENT DU maillot à pois" !

C'est à dire : dans le classement du meilleur grimpeur.

Le maillot à pois rouges est en effet, depuis 1975, le maillot distinctif porté par le coureur occupant la première place du classement du "Grand prix de la montagne du Tour de France", couramment appelé - par ellipse - "Classement de la montagne" ou "Classement du meilleur grimpeur".

Le maillot à pois rouges récompensant, depuis 1975, le premier du classement du Grand prix de la montagne du Tour de France cycliste

"La genuflexion" et "L'agenouillement".

Ces deux mots désignant l'action de se mettre à genoux sont souvent confondus alors qu'ils revêtent des significations relativement différentes :

  • "La genuflexion" est un substantif féminin du registre soutenu désignant un fléchissement d'un genou, que l'on pose à terre.

Poser le genou droit ou le gauche à terre n'a cependant pas du tout le même sens :

    • lorsque l'on fait une génuflexion devant Dieu ou une autorité ecclésiastique c'est le genou droit que l'on pose sur le sol.

On doit notamment faire la génuflexion en présence du Saint-Sacrement, qu'il soit conservé dans le tabernacle ou exposé à l'adoration publique.

La génuflexion tombe en désuétude dans l'église catholique française. Beaucoup d'églises ne sont désormais plus équipées de prie-Dieu, mais simplement de chaises à dossier bas, qui ne sont pas conçues pour être retournées et s'y agenouiller.

Dans ce cas, la génuflexion lors de la consécration est remplacée par une attitude silencieuse de respect et un abaissement de la tête ou du haut du corps après l'élévation du pain et du vin consacrés.

    • tandis que, lorsqu'il s'agit d'une personne laïque telle qu'un roi par exemple, c'est le genou gauche que l'on doit poser au sol.
  • et "L'agenouillement" est un substantif masculin du langage courant désignant :
    • le fait de se mettre à genoux, c'est à dire les deux genoux reposant sur le sol ; le terme désignant aussi bien l'action de se mettre à genoux, que le résultat de cette action.
      • pour supplier quelqu'un, implorer son pardon.

Ce qui se fait surtout - de nos jours et dans notre société contemporaine - par dérision et de façon humoristique.

      • dans la religion catholique :
        • pour montrer sa dévotion lorsque l'on prie,
        • pendant la consécration,
        • ou lors de la communion.

Si l'exiguïté des lieux ou l'âge et la maladie empêchent l'agenouillement, les fidèles doivent faire au moins un autre geste d'adoration approuvé par la Conférence des évêques, tel que par exemple l'inclination profonde.

    • à ski : l'action de plier les genoux, dans l'intention de modifier sa direction ou de ne pas tomber.

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"Mouiller le maillot".

Cette locution verbale du registre familier signifie : faire des efforts, se dépenser physiquement ; se donner du mal, travailler durement, s'impliquer.

Elle est principalement utilisée - au sens propre - dans le domaine sportif, notamment dans celui du football.

Mais on l'emploie également au sens figuré.

On dit par exemple : "Le président souhaite que ses ministres s'investissent davantage et mouillent le maillot".

Source : www.languefrancaise.net et dictionnaire.reverso.net

"Un râteau", "Faire un râteau" et "Prendre un râteau" ou "Se prendre un râteau".

"Un râteau" est un substantif masculin désignant :

Un râteau

  • au sens propre, dans le langage courant : un outil de jardinage utilisé en horticulture pour ramasser les feuilles ou les brindilles et égaliser la terre fraîchement bêchée ou sarclée.

Le râteau est composé d'une pièce de travail en métal, en plastique, et à l'origine en bois, constituant une sorte de traverse munie de dents et fixée en son milieu à un manche en bois ou en métal.

Certains râteaux à lames flexibles disposées en éventail servent plus particulièrement à racler les feuilles mortes et les coupes de gazon.

Râteau éventail ou râteau à feuilles
Râteau éventail ou râteau à feuilles
  • et au sens figuré :
    • dans le langage courant : au football, un geste technique très efficace, permettant à un joueur en possession du ballon de le conserver sous la pression d’un adversaire.

Le râteau consiste à "tirer" le ballon vers soi à l'aide de la semelle afin d'empêcher le joueur adverse de s'en emparer.

Ce geste est souvent accompagné d'une accélération immédiate, le joueur adverse ne se trouvant plus sur ses appuis.

Bien réalisé, le râteau permet de se débarrasser à la fois de son adversaire direct mais aussi de pouvoir avoir le champ libre afin de passer la balle à un coéquipier ou tout simplement d’avancer balle au pied.

On dit par exemple : "Marco Verratti fait souvent des râteaux".

    • et dans le registre familier : un échec.

On dit par exemple :"On s'est pris un râteau avec ce produit la première année".

En particulier, pour un dragueur : se faire éconduire.

On dit par exemple : "Mon pote s'est pris un râteau en sortant dun cinoche".

Sources : wiktionary.org et www.lequipe.fr

"Le banc" et "La profondeur de banc".

Ce mot et cette formule relèvent du vocabulaire et du jargon sportif en général et plus particulièrement, me semble-t-il, du football et du basket-ball.

  • "Le banc" est un substantif masculin du registre familier en forme d'ellipse lexicale, désignant "Le banc de touche", c'est à dire :
    • au sens propre : un abri ou un espace hors terrain, situé le long de la ligne de touche, où des joueurs remplaçants sont réunis en attendant d'entrer en jeu en cours de partie.
Banc de touche du stade Malherbe, à Caen (14)
Banc de touche du stade Malherbe, à Caen (14)
    • et par métonymie : le groupe des joueurs remplaçants.

On dit par exemple : "Le banc du PSG est impressionnant cette saison".

Le banc de touche du PSG (Paris Saint-Germain Football Club) en novembre 2013
Le banc de touche du PSG (Paris Saint-Germain Football Club) en novembre 2013
  • et "La profondeur de banc" est une locution nominale du registre familier désignant, au sens figuré : l'importance numérique - mais aussi la richesse - du groupe des joueurs remplaçants dont dispose une équipe.

Autrement dit : la quantité (et la qualité) des joueurs susceptibles d'entrer en jeu en cours de partie, pour remplacer les joueurs titulaires blessés, fatigués ou en méforme.

On dit par exemple : "La profondeur de banc du Real Madrid des "Galactiques" de 2003 laisse pantois !".

L'un des bancs les plus incroyables de l'histoire : celui des "Galactiques" du Real Madrid, en 2003, avec Raul, Beckham, Figo, Ronaldo et Zidane
L'un des bancs les plus incroyables de l'histoire du football mondial : celui des "Galactiques" du Real Madrid, en 2003, avec Raul, Beckham, Figo, Ronaldo et Zidane

Source : wikipedia.org

"C'est énorme !" ou "Être énorme".

J'ai souvent été agacé, ces dernières années, par l'usage intensif de cette locution verbale du langage courant devenue très à la mode.

Il s'agit pourtant d'une formule tout à fait correcte, puisque l'adjectif énorme ne signifie pas simplement "Très gros", comme on le croit souvent, mais :

  • anormal, démesuré ; qui dépasse la mesure commune, ce que l'on a l'habitude d'observer et de juger. Et donc : remarquable, incroyable.

On dit par exemple : "Un énorme exploit".

Et l'on peut donc parfaitement parler d'un "match énorme", comme le font si souvent les commentateurs sportifs. Ou dire d'un joueur qu'"il a été énorme ce soir".

  • immense, gigantesque ; dont les dimensions sont considérables.

On dit par exemple : "Un énorme avion" ou "Une somme énorme".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

Pourquoi la "Ligue des Champions de l'UEFA" s'appelle la "C1" et la "Ligue Europa de l'UEFA" la "C3" et non la "C2" ?

La raison en est, sinon toute simple, du moins parfaitement logique :

Logo de l'UEFA Champions League ou Ligue des Champions de l'UEFA

  • La "Ligue des Champions de l'UEFA" ou "UEFA Champions League" (par ellipse "Champions League" et "Ligue des Champions"), a été rebaptisée ainsi en 1992.

Mais elle est l'héritière directe de la "Coupe d'Europe des Clubs Champions", réunissant, de 1955 à 1991, les seuls vainqueurs des championnats nationaux des 32 pays composant alors l'Europe.

Elle est donc, à ce titre, considérée comme la plus ancienne des coupes européennes de clubs et, à ce titre, qualifiée de "C1" pour "Coupe 1" ou "Première Coupe".

Logo Europa League

  • Alors que la "Ligue Europa de l'UEFA" "UEFA Europa League" (par ellipse "Europa League" et "Ligue Europa"), est l'héritière d'une compétition dénommée "Coupe de l'UEFA", réunissant les clubs des 32 pays européens ayant terminé deuxième et troisième de leur championnat national.

Succédant, en 1971, à la "Coupe des villes de foire", disputée de 1955 à 1971, celle-ci n'était cependant que la troisième en date des coupes européennes de clubs. Et est donc, à ce titre, toujours qualifiée de nos jours de "C3" pour "Coupe 3" ou "Troisième Coupe".

En 1960, en effet, était née une deuxième compétition, dénommée "Coupe d'Europe des Clubs Vainqueurs de Coupe" ou "Coupe des Coupes", réunissant, comme son nom l'indique, les clubs des 32 pays européens ayant remporté la coupe nationale de leur pays, unique à cette époque ; les coupes ne réunissant que les clubs professionnels, de type Coupe de la Ligue (France, Angleterre) ou Coupe du Roi (Espagne) n'ayant pas encore été créées. Et c'est donc cette deuxième coupe d'Europe que l'on appelait "C2" pour "Coupe 2" ou "Deuxième Coupe".

À l'automne 1999, près d'une décennie après la chute du mur de Berlin, la fin de la division de l'Europe en deux blocs et l'éclatement de l'ex-URSS, de l'ex-Tchécoslovaquie et de l'ex-Yougoslavie en respectivement 15, 2 et 6 pays (soit, tout de même pas moins de 20 nouveaux pays !), le système a été entièrement remis à plat.

  • Cette "C3", rebaptisée "Ligue Europa de l'UEFA" en 2009, voit désormais s'affronter en phase finale 32 équipes, issues d'un très long et très complexe processus :
    • d'abord, en effet, un tour préliminaire, constitué des vainqueurs de coupe nationale et des deuxièmes et troisièmes de championnat des associations les moins bien classées dans le classement UEFA,
    • puis quatre tours de qualification, les clubs étant séparés en deux séries de qualifications : l'une pour les champions nationaux (dite "Voie des champions") et l'autre pour les non-champions (dite "Voie principale") ; des équipes éliminées de la "Ligue des champions" se voyant offrir une "séance de rattrapage" en étant reversées en "C3" et en ayant donc la possibilité de participer directement aux deuxième, troisième et quatrième tours de cette phase de qualification,
    • puis une phase de groupes, consistant en douze mini-championnats de quatre équipes par groupe ; les deux premiers de chaque groupe - soit 24 au total - pouvant poursuivre la compétition,
    • et, enfin, une phase finale, constituée de 32 équipes (les 24 clubs qualifiés de la phase de groupes et 8 clubs repêchés de la phase de groupes de la Ligue des champions) et décomposée en seizièmes de finale , huitièmes de finale, quarts de finale, demi-finales et finale.

À partir des huitièmes de finale, le tirage au sort est ouvert, sans têtes de série, et avec possibilité de rencontres entre équipes du même pays, ce qui n'est pas le cas en seizièmes de finale où un club ne peut affronter ni un adversaire déjà rencontré en phase de groupes, ni un club du même pays que lui...

L'Olympique de Marseille a ainsi dû disputer pas moins de 18 matches avant de parvenir en finale, en mai 2018, contre l'Atletico Madrid !

Encore n'était-il entré en lice qu'au troisième tour de qualification ; là où un club issu d'un championnat européen peu coté aurait eu - ai-je cru comprendre - , 8 matches de plus à disputer, soit 27 matches au total, finale incluse, pour décrocher le trophée !

Ce qui, vous en conviendrez avec moi, semble parfaitement irréalisable.

Et démontre - s'il en était besoin - la volonté des instances dirigeantes du football de ne surtout pas risquer de voir se reproduire à l'échelle européenne, le phénomène qualifié de "Petit Poucet", que nous connaissons régulièrement en Coupe de France.

Ou se perpétuer l'arrivée possible jusqu'en finale de clubs aussi "modestes" que le Panatinaikos d'Athènes, Club Bruges ou Malmö FF, respectivement parvenus en finale de l'ancienne "Coupe d'Europe des Clubs Champions" en 1971, 1978 et 1979.

  • Quant à la "C1", rebaptisée "Ligue des Champions" en 1992, elle réunit désormais les meilleurs clubs européens ou supposés tels et non plus les seuls champions.

Et cela à l'issue d'un - là aussi et exactement pour les mêmes raisons - très long et très complexe processus :

    • d'abord, en effet, un tournoi de 4 champions nationaux, le club vainqueur de ce tournoi à l'issue des demi-finales et de la finale étant qualifié pour la phase de qualification, tandis que les trois éliminés disputent la "Ligue Europa",
    • puis quatre tours de qualification, les clubs étant séparés en deux séries de qualifications : l'une pour les champions nationaux et l'autre pour onze non-champions ; quatre équipes de la "Voie des Champions" et deux clubs de la "Voie de la Ligue" étant qualifiés pour la phase de groupes et les clubs éliminés pendant ces tours de qualification étant tous reversés en "Ligue Europa",
    • puis une phase de groupes, consistant en huit mini-championnats de quatre équipes par groupe ; les deux premiers poursuivant la compétition et le troisième étant repêché en seizièmes de finale de la "Ligue Europa",
    • et, enfin, une phase finale, constituée de 32 équipes (les 24 clubs qualifiés de la phase de groupes et 8 clubs repêchés de la phase de groupes de la Ligue des champions) et décomposée en huitièmes de finale, quarts de finale, demi-finales et finale.

À partir des quarts de finale, le tirage au sort est ouvert, sans têtes de série et avec possibilité de rencontres entre équipes du même pays, ce qui n'est pas le cas en huitièmes de finale, où un club ne peut affronter ni un adversaire déjà rencontré en phase de groupes, ni un club du même pays que lui...

Pourquoi faire simple quand on peut faire TRÈS compliqué !

Voir également mon article consacré au surnom de son trophée (depuis 1967) : "La coupe aux grandes oreilles".

Source : wikipedia.org