Pourquoi dire : "Le sac de training de l'OL est à gagner ce soir" ?

La journaliste française Virginie Sainsily

Comme a pu le déclarer, le 21 avril 2021, la journaliste sportive française Virginie Sainsily, dans l’émission vespérale "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "Le sac d'ENTRAÎNEMENT de l'OL est à gagner ce soir" !

"Le verrou suisse".

Cette locution nominale féminine relève du vocabulaire et du jargon du football.

Et il désigne un système tactique de défense renforcée précurseur du "Catenaccio", mis au point dans les années 1930 par l'entraîneur autrichien Karl Rappan (26 septembre 1905 - 2 janvier 1996).

L'entraîneur autrichien Karl Rappan

Ce système de "verrou", l'entraîneur viennois l'a d'abord testé avec l'équipe du Grasshopper de Zürich avant de l'appliquer avec succès à la sélection nationale suisse, la "Nati" (pour "Schweizer Fussballnationalmannschaft", "Équipe nationale de football Suisse").

Faire bloc grâce à une ligne inédite de quatre défenseurs : voilà la marque laissée par ce technicien novateur dans un football des années 1930 en pleine (r)évolution.

Karl Rappan est en effet le premier à utiliser quatre défenseurs : trois en ligne et un "verrouilleur" en retrait, faisant office de dernier rempart.

Ne disposant pas de talents individuels dotés d'une grande technique, Rappan décide de tout miser sur la force collective et sur un socle défensif rigoureux. Sa tactique : attendre que l'adversaire ait franchi la ligne médiane pour intervenir avec autorité.

Dans les faits, il impose à trois de ses défenseurs un strict marquage individuel, espérant que ce premier rideau défensif sortira vainqueur du duel. Le quatrième défenseur, lui, agit plutôt en électron libre. Ce "verrouilleur" est chargé de colmater les brèches en dernier ressort, lorsque ses partenaires ont failli. Et il est appelé "libéro" parce qu'il n'est pas affecté au marquage précis d'un joueur.

En plus d'employer quatre hommes à l'arrière, le système de Rappan innove en alliant une défense individuelle à une défense en zone.

Son coup de poker sera couronné de succès, puisque Rappan parviendra à qualifier la sélection suisse pour trois phases finales de Coupe du monde. Et celle de 1954, organisée en Suisse, verra même la Nati accéder aux quarts de finale après avoir battu l'Italie, double championne du monde, au 1er tour !

L'entraîneur autrichien Karl Rappan

En 2021, Rappan affiche toujours deux records : celui du plus grand nombre de matchs à la tête de la sélection (77) et celui du plus grand nombre de victoires (29).

Source : www.linternaute.fr (article de Jérémy Talbot)

"Ex aequo", "Un ex aequo" et "Des ex aequo".

"Ex aequo" est une locution latine couramment utilisée en français, en particulier dans le domaine sportif.

  • Il s'agit principalement d'une locution adverbiale invariable signifiant : à égalité, avec le même rang dans un classement.

On dit par exemple : "Les deux équipes sont actuellement ex aequo, avec 42 points".

Ou : "Le film est troisième ex aequo au classement du nombre d'entrées".

  • Mais il peut également s'agir d'un substantif masculin ou féminin invariable désignant : une personne ayant obtenu le même rang qu'une autre. Ou, au pluriel : des personnes ayant obtenu le même rang.

On dit par exemple : "L'ex aequo allemand lauréat du Prix cette année n'a pas pu rester pour la cérémonie officielle".

ou : "Les deux ex aequo arrivés en tête du classement ont été félicités par le jury".

Source : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Le catenaccio".

Ce substantif masculin italien signifiant "verrou" se prononce ca-té-na-tch-io.

Et il désigne, dans le domaine du football, un système de jeu inspiré du "verrou suisse", reposant sur la solidité défensive de l'équipe.

Un catenaccio classique aligne en effet, en plus du gardien de but, cinq défenseurs, deux milieux de terrain défensifs, et seulement deux milieux de terrains offensifs sur les ailes et un attaquant.

Souvent stigmatisé comme un manque total d'ambition, ce système de jeu efficace est souvent adopté depuis les années 1990 par les équipes menant d'un faible écart de buts lors de compétitions à fort enjeu, pour préserver à tout prix leur avance, ou par les équipes se sachant nettement inférieures techniquement ou physiquement à leur adversaire.

C'est d'abord l'entraîneur autrichien du Servette de Genève Karl Rappan, qui modifie le système de jeu 3-2-2-3 dit "WM", de l'entraîneur anglais 'Herbert Chapman, en ajoutant un défenseur, qu'il appelle "Libéro" puisqu'il n'est pas affecté au marquage précis d'un joueur.

La tactique révolutionnaire du "WM" ou "3-2-2-3, mise au point dans la deuxième moitié des années 1920, par l'entraîneur de football anglais Herbert Chapman et composée de trois défenseurs, deux demis, deux inters et trois attaquants (© wikipedia.org)
La tactique révolutionnaire du "WM" ou "3-2-2-3, mise au point dans la deuxième moitié des années 1920, par l'entraîneur de football anglais Herbert Chapman et composée de trois défenseurs, deux demis, deux inters et trois attaquants (© wikipedia.org)

Il est ensuite utilisé en Italie, notamment par Nereo Rocco à l'US Triestina, qui obtient, grâce à ce système, une belle seconde place en 1948. Il est par la suite réintroduit par Alfredo Foni, qui remporte deux scudetti avec ce système. Et est ensuite popularisé par l'entraîneur argentin naturalisé français Helenio Herrera, qui l'adapte et l'applique avec succès au jeu de l'Inter Milan. L'Inter d'Herrera (la "Grande Inter") gagne trois titres de champion d'Italie, deux titres de champion d'Europe, et deux Coupes intercontinentales en 1964 et 1965.

Pendant des années, le catenaccio est surtout utilisé par l'équipe nationale italienne, à la suite d'un accident d'avion. Le tragique accident survenu le 4 mai 1949 a en effet décimé l'équipe du Torino FC, qui composait alors l'ossature de l'équipe nationale : on compte 18 joueurs mots, dont 8 internationaux. Pour pallier ces absences et afin de conserver son rang sur la scène internationale (à cette date l'Italie avait gagné deux des trois premières Coupes du monde, en 1934 et 1938), la sélection décide de mettre en place le catenaccio, ce schéma tactique ultra-défensif. L'Italie a abandonné officiellement ce système de jeu, en se tournant depuis vers une formation plus offensive. Mais elle a plusieurs fois réutilisé le catenaccio lors de compétitions internationales.

Ce système de jeu est toujours utilisé dans les années 2000, par des sélections nationales telles que la Grèce, à l'Euro 2004.

Ou - mais oui ! - la France, qui a gagné la Coupe du monde 1998 et est arrivée en finale de la Coupe du monde 2006 en se basant sur un système relativement proche de celui-ci.

Source : wikipedia.

Pourquoi dire : "La VAR" ou "Le VAR" ?

Utilisation de la VAR (Video assistant referee) : Arbitre assistant vidéo ou Assistance Vvidéo à l’arbitrage

Et pas : "L'AVA" pour "L'Assistance Vidéo à l’Arbitrage" et "L'ARAV' pour "L'ARbitre Assistant vidéo" !

La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie
La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie

Cela aurait tout de même le triple avantage :

  • d'être du français et non de l'anglais,
  • d'être compréhensible par les non-spécialistes du football,
La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie
La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie

"Le fennec".

Le journaliste sportif français Nabil Djellit

Il s'agit du surnom du journaliste sportif français Nabil Djellit, né en 1977.

Spécialiste du football, il travaille pour le magazine "France Football", mais est également consultant sur les radios Europe 1 et RFI. Ainsi que dans les émissions "L'équipe d'Estelle" et "L’Équipe du soir", respectivement animées par Estelle Denis et Olivier Ménard, sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

Ce sont d'ailleurs ses collègues au sein de l'émission "L'Équipe du soir", qui ont surnommé Nabil Djellit "Le fennec", en référence à son ascendance algérienne, ses parents étant originaire de Bouira (Algérie).

Dans le registre des surnoms animaliers, un autre de ses collègues dans cette émission, le journaliste sportif français Étienne Moatti, a lui été surnommé "La hyène".

 

"Les abdominaux" ou "Les abdos".

Les muscles abdominaux

Ces deux appellations désignent dans le langage courant (et dans le registre familier pour l'apocope "Abdos") :

Des abdominaux en "tablette de chocolat"

  • au sens propre : les muscles abdominaux ou muscles de la paroi abdominale antéro-latérale.

Il s'agit des muscles squelettiques constituant la paroi antérolatérale de l'abdomen, s’étendant du thorax jusqu’au bord supérieur du bassin.

Ils sont au nombre de quatre paires, disposées symétriquement :

    • le droit (anciennement appelé grand droit),
    • l'oblique externe (anciennement appelé grand oblique),
    • l'oblique interne (anciennement appelé petit oblique),
    • et le transverse.

Ils permettent d’effectuer des mouvements de rotation et d’inclinaison. Et ils jouent un rôle très important dans l’équilibre du bassin, la posture, la statique de la colonne vertébrale, ainsi que dans l’expiration forcée et la toux, en antagonisme direct avec le diaphragme, en refoulant le contenu abdominal.

Un homme pratiquant un exercice de gainageUne femme pratiquant un exercice de gainage

  • et par extension : les exercices physiques permettant de développer et faire ressortir les muscles abdominaux.

Travailler les muscles abdominaux afin d'augmenter leur masse musculaire se fait, grâce à des exercices de musculation, ou "gainage", tels que les redressements du buste ("crunch"), le pédalo, la planche ou encore le travail avec une roue. Et de manière générale : tout exercice visant à garder le corps droit ou à amener le bas du corps vers sa partie supérieure.

Un travail de musculation déséquilibré en faveur des muscles les plus apparents (les droits) peut cependant entraîner des lésions. La pression exercée sur l'ensemble mou des viscères se transmet en effet à des muscles moins fortement sollicités, notamment le transverse et le périnée. Aussi un effort peut-il ainsi causer une hernie abdominale ou un prolapsus génital ou anal. Raison pour laquelle j'ai décidé de ne prendre aucun risque et de ne surtout pas travailler mes abdominaux !

Source : wikipedia.

"csc", "sp", et "tcc".

Ces trois sigles désignent, dans le domaine du football :

On dit par exemple : "L'équipe a joué de malchance, avec un csc en première mi-temps et un penalty litigieux en seconde mi-temps".

  • "sp" : un but sur penalty,

On dit par exemple : "Lors de cette rencontre, Ronaldo a encore inscrit deux buts dont un sp".

  • et "tcc" : toutes compétitions confondues.

On dit par exemple : "Durant la saison 2011-2012, le joueur argentin Lionel Messi a marqué 73 buts tcc, avec le FC Barcelone".

Pourquoi dire : "Un joueur de money time" ou "Entrer dans le money time" ?

Et pas par exemple :

  • "Un joueur capable d'arracher la victoire", "Un joueur capable d'apporter les points importants de la rencontre", "Un joueur clé dans les moments décisifs" ou "Un joueur clé en toute fin de rencontre" ?
  • et : "Aborder les instants décisifs de la rencontre", "Approcher de la fin de la rencontre", "Assister aux points les plus importants de la rencontre", "Entrer dans la période qui rapporte gros" ou "Parvenir au moment où tout se joue " ?

L'expression "Moneytime", "Money-time" ou "Money time" est en effet une formule qui n'a jamais existé en anglais !

Source : www.academie.francaise.fr

Évitons de dire : "Avoir le meilleur sur" ou "Prendre le meilleur sur" !

Comme ne cessent malheureusement de le faire les commentateurs sportifs ou politiques français, car ces deux  expressions sont de simples calques de l’anglais "To get the better of someone".

Mais disons plutôt, selon le contexte :

  • "Avoir l'avantage sur" (quelqu'un),
  • "Avoir raison de (quelque chose ou quelqu’un)",
  • "Battre" (quelqu'un),
  • "Dominer" (quelque chose ou quelqu’un)",
  • "Gagner la confrontation avec (quelqu'un)",
  • "L'emporter sur (quelque chose ou quelqu’un)",
  • Prendre le dessus sur (quelque chose ou quelqu’un)",
  • "Prendre le dessus dans (une rencontre, une partie, une manche)",
  • "Triompher de (quelque chose ou quelqu’un)",
  • ou : "Vaincre" (quelque chose ou quelqu’un) !

Sources : www.btb.termiumplus.gc.ca et dictionnaire.sensagent.leparisien.fr