"Du même acabit".

J'aime beaucoup cette locution adjectivale signifiant : du même genre, de la même espèce.

  • Elle posséde généralement une connotation péjorative.

On dit par exemple : "Ce type parle très mal : il accumule les fautes de grammaire, les pléonasmes, les barbarismes et autres énormités du même acabit".

Ou : "Je ne veux plus te voir revenir avec des copains du même acabit que ceux de samedi dernier !".

  • Mais elle peut parfois en être dénuée.

On dit par exemple : "Souhaitons que l'année qui vient soit du même acabit que celle-ci : notre chiffre d'affaires a beaucoup augmenté".

Ou : "Si ton prochain bouquin est du même acabit que celui-ci, je te signe tout de suite un chèque d'acompte !".

Source : wiktionary.org

"À donf".

Cette locution adverbiale du registre familier relève du verlan (donf = fond).

Et elle signifie donc, selon le contexte :

  • à fond, à toute allure, à la plus grande vitesse,

On dit par exemple : "Mon frangin roule toujours à donf , même sous la pluie".

  • ou : à fond, au maximum.

On dit par exemple : "J'adore mettre la musique à donf".

Source : LE Robert et wiktionar.org

"Tancer".

J'adore ce verbe du registre soutenu constituant une très élégante façon de dire : réprimander.

On dit par exemple : "Je me suis fait tancé par la directrice pour avoir malencontreusement uriné sur les phares de son véhicule".

Ou : "Se faire tancer par le président pour avoir trop parlé devient une habitude pour beaucoup de membres de ce gouvernement".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré aux différentes façons de dire : "Engueuler quelqu'un".

"Un récital" ou "Des récitals".

On l'ignore souvent, mais ce substantif masculin du langage courant est un anglicisme (d'où le pluriel en "als" et non en "aux") désignant, selon le contexte :

  • un concert donné en public ou de façon privée, par un soliste.

On dit par exemple : "Le violoniste virtuose français Renaud Capuçon donnait hier soir un récital à New York".

Une pianiste soliste donnant un récital de piano
Une pianiste soliste donnant un récital de piano

Franz Liszt est connu pour avoir été le précurseur du récital.

Il a lui-même utilisé ce terme de "Récital", venant de l'anglais "Recital" (récitation, déclamation), à partir de 1840, afin de qualifier ses concerts. Mais il a parfois utilisé les termes de "Soliloque musical" ou de "Monologue pianistique".

Le musicien hongrois Franz Lisztn, compositeur, transcripteur et pianiste virtuose (22 octobre 1811 - 31 juillet 1886), père de la technique pianistique moderne et du récital
Le musicien hongrois Franz Lisztn, compositeur, transcripteur et pianiste virtuose (22 octobre 1811 - 31 juillet 1886), père de la technique pianistique moderne et du récital

Les concerts payants existaient déjà ; ainsi, Beethoven, qui était un remarquable pianiste à la technique impressionnante, était extrêmement demandé et somptueusement payé. Mais il ne fit que trois tournées dans sa vie.

Franz Liszt est quant à lui le premier à avoir eu l'idée de jouer par coeur tout un programme devant une salle d'anonymes payants, à garder en tête ce que l'on appelle aujourd'hui un répertoire (qui allait de Bach à Chopin), à placer son piano de telle sorte que le couvercle renvoie le son vers la salle, et tout cela en étant seul sur scène. Il jouait parfois sur deux pianos différents, parce qu'il en cassait fréquemment les cordes, mais aussi pour qu'on pût admirer ses deux profils. Ainsi, en inventant le récital moderne, Liszt a aussi inventé la célébrité. Car ses tournées et ses concerts déclenchèrent un engouement inédit du public, de véritables délires populaires.

Et le récital est désormais un passage obligé pour tout virtuose désireux de faire connaître son art.

  • une séance artistique donnée par un seul interprète, dans la chanson, consistant à proposer un spectacle composé d'une sélection de chansons (un "récital de chansons"),

Le chanteur français Bernard Lavilliers

  • une séance artistique donnée par un seul interprète, dans la poésie, consistant à proposer un spectacle composé d'une sélection de poésies (un "récital de poésie"),

Un récital de poésie

  • un spectacle consacré à un seul genre (un "récital de guitare" ou un "récital de danse"),

Un spectacle de danse

  • ou : une prestation exceptionnelle ; une série d'actes remarquables.

On l'utilise notamment dans le domaine du football, afin de qualifier les exploits de certains joueurs.

On dit par exemple : "Lionel Messi nous a encore offert hier soir un récital avec un nouveau doublé".

Deux joueurs du FC Barcelone : l'argentin Lionel Messi et le français Antoine Griezmann
Le joueur de football argentin Lionel Messi, auteur d'un énième récital, le 13 février 2021, avec un superbe doublé portant le FC Barcelone vers un 12e succès consécutif en Liga contre Alavés pour la 23e journée du championnat d'Espagne

Sources : Le Robert, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Énième", "Nième", "Ixième" ou "Xième".

Ces quatre adjectifs parfaitement synonymes appartiennent au registre soutenu.

Et ils signifient : occupant un rang non précisé, une place indéterminée dans une suite considérée comme trop longue.

On dit par exemple :

  • "Je vous répète pour la énième fois que je ne souhaite pas acheter de nouvelles fenêtres !",
  • "C'est la nième fois que je te dis de ranger ta chambre !",
  • "Ce n'est jamais que la ixième fois que le président nous annonce que la situation est maîtrisée",
  • ou : "J'ai vu hier soir qu'il repassait La grande vadrouille à la télévision pour la xième fois".

La graphie "Nième" (qui se prononce é-ni-èm) est peu fréquente.

Et la graphie "Xième" très rare.

Sources : Le Robert, wiktionary.org et www.larousse.fr

"Ses plus beaux atours", "Revêtir ses plus beaux atours", "Se montrer sous ses plus beaux atours" ou "Se parer de ses plus beaux atours".

La locution adverbiale "Sous ses plus beaux atours" relève du registre soutenu et s'applique essentiellement à la gent féminine.

Et elle désigne : de superbes vêtements, aussi seyants qu'élégants, voire une tenue d'apparat.

On dit par exemple :

  • "La princesse est alors apparue, vêtue de ses plus beaux atours",
  • "Pour ce gala de prestige, mon épouse a naturellement revêtu ses plus beaux atours",
  • "Il est naturel de vouloir se montrer sous ses plus beaux atours lors d'une première rencontre avec sa belle-famille",
  • et "Mon fils cadet, qui a 16 ans, s'est paré de ses plus beaux atours pour séduire la fille du voisin : il a pris une douche, s'est lavé les cheveux et a mis un pantalon déchiré de partout mais presque propre...".

"On a souvent besoin d'un plus petit que soi".

"Le lion et le rat", une fable de Jean de la Fontaine (1668)

Cette phrase a traversé les siècles puisqu'elle nous vient de fable de Jean de La Fontaine intitulée "Le lion et le rat" (Livre II, fable 11. 1668 ).

Elle signifie qu'il ne faut pas mépriser les plus petits, ou les plus faibles, car chacun, quelle que soit sa taille, a ses qualités et peut apporter quelque chose aux autres, fussent-ils grands, forts et puissants.

Ainsi, même le lion, roi des animaux, peut un jour être sauvé par un modeste rat, celui-ci s'avérant capable de faire ce dont le puissant fauve n'est pas capable !

"Le lion et le rat"

"Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.

Entre les pattes d'un lion
Un rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était et lui donna la vie .
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un lion d'un rat eût affaire ?
Cependant il avint qu'au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.

Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recomander la lecture de mon article consacré à un autre vers de cette fable : "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage".

Sources : www.linternaute.fr, fr.quora.com, www.editions-larousse.fr et www.lafontaine.net

"Dégorger le poireau", "Se faire dégorger le poireau" ou "Se dégorger le poireau".

Ces trois extraordinaires locutions verbales en forme d'idiotisme alimentaire ou gastronomique appartiennent au registre vulgaire.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Dégorger le poireau" :
    • masturber un homme,

On dit par exemple : "C'est quand même incroyable : qu'il aille bien ou qu'il aille mal, mon mec a toujours envie que je lui dégorge le poireau !".

    • se masturber, pour un homme,

On dit par exemple : "Avant-hier je n'avais pas le moral : j'ai dégorgé le poireau".

    • ou : éjaculer, pour un homme,
  • "Se faire dégorger le poireau" :
    • se faire masturber, pour un homme,
    • se masturber, pour un homme,

On dit par exemple :"Hier j'avais la forme : je me suis fait dégorger le poireau".

    • ou : éjaculer, pour un homme,
  • "Se dégorger le poireau" :
    • se masturber, pour un homme,

On dit par exemple : "Ce soir, je me suis dégorgé le poireau".

    • ou : éjaculer, pour un homme.

Mais il existe de très nombreuses autre façons de le dire !

"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé".

Ce superbe vers, entré dans le langage courant, est extrait de "L'isolement", un des plus célèbres poèmes d'Alphonse de Lamartine, paru en 1820, dans les "Méditations poétiques" son premier recueil de poèmes.

Le poète français Alphonse de Lamartine

Dans celui-ci le poète s'abandonne à son chagrin dans une élégie témoignant de son "mal de vivre et d'une rêverie mélancolique, après la disparion brusque et prématurée de sa maîtresse, Julie Charles, emportée par la tuberculose en 1817.

"L'isolement" (1820)

"Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : Nulle part le bonheur ne m'attend.

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ;
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !"

Sources : wikipedia.org et www.poesie-francaise.fr

"En trombe" ou "Comme une trombe".

Ces deux locutions adverbiales appartiennentt au langage courant.

Et elles signifient : brusquement, soudainement, violemment ; à une très grande vitesse.

On dit par exemple : "Mes enfants arrivent en trombe lorsque je les appelle pour manger des crêpes, mais beaucoup plus lentement et calmement lorsqu'il s'agit de mettre la table ou d'effectuer leur devoirs".

Ou : "Mon mari est arrivé comme une trombe, de peur de rater quelques secondes du match de l'Ohème" ou "Finir en trombe".

Sources : wiktionary.org

Doit-on dire "La VAR" ou "Le VAR" ?

Logotype de la VAR (Video assistant referee) : Arbitre assistant vidéo ou Assistance Vvidéo à l’arbitrage

"VAR" est un acronyme anglais signifiant " Video assistant referee" et apparu pour la première fois, le 28 mars 2017, au Stade de France, à Saint Denis (93), dans le cadre de la rencontre amicale France -Espagne.

Si l’on s’en tient à la logique « étymologique », on devrait adopter le masculin "Le VAR", puisque le "Video assistant referee" ("Arbitre assistant vidéo") désigne l’arbitre officiant devant les écrans.

Maisconcrètement il ne s'agit pas simplement d'un homme seul devant son écran mais d'une assistance vidéo à l’arbitrage, rendant des décisions collégiales.

La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie
La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie

Car s’il y a bien un chef en régie (le VAR (Video assistant referee) ou arbitre assistant vidéo) il a lui-même au moins un adjoint, appelé AVAR (Assistant Video Assistant Referee), et un technicien vidéo, appelé RO (Replay Operator). Et même trois adjoints lors de  la Coupe du Monde 2018, ou deux lors de la Coupe du Monde féminine 2019.

La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie
La VAR room de la FIFA durant la Coupe du Monde 2018 en Russie

Dès lors, on peut légitimement contester l'utilisation du masculin "Le VAR" parce qu'étant trop réducteur, en individualisant à l’excès le rôle du seul "Video assistant referee" (arbitre assistant vidéo).

Et dire "la VAR", comme cela est majoritairement le cas aujourd’hui, parmi les commentateurs et journalistes sportifs français.

Une solution pragmatique consisterait à convenir que "Le VAR" désigne l’arbitre vidéo, et "La VAR", l’arbitrage vidéo.

Une distinction qui présente l’avantage de ne pas reprocher à l’individu les travers de l’outil. Et l'on pourrait ainsi déclarer, à l'instar de Michel Platini, sur la Rai, que "la VAR, c’est une belle m...e", mais que "le VAR" n’y est pas pour grand-chose.

Mais il n'y aurait eu aucun souci de ce type, si l'on avait pris la peine de dire en français "l'AVA" pour "Assistance Vidéo à l’Arbitrage" et "l'ARAV' pour "ARbitre Assistant vidéo" !

Source : www.lemonde.fr/blog/latta/2019/11/19/polemique-sur-le-genre-le-var-ou-la-var/