Doit-on écrire "À toute épreuve" ou "À toutes épreuves" ?

Cette locution adjectivale qui relève du langage courant signifie : prêt à surmonter tous les obstacles ; capable de supporter tous les malheurs ; que rien n’ébranle, ne rebute, n’affaiblit ; sur laquelle ou sur lequel on peut compter en toute occasion ; indestructible ; impérissable ; insubmersible ; invincible.

Et elle s'écrit de nos jours "À toute épreuve", sans "s", la forme pulrielle "À toutes épreuves" relevant désormais du registre désuet.

On parle par exemple d'un courage à toute épreuve, d'un dévouement à toute épreuve, d'en emballage à toute épreuve, d'une probité à toute épreuve ou d'un ami à toute épreuve.

Sources : www.dictionnaire-academie.fr et wiktionary.org

"Prosaïque" et "Le prosaïsme".

Ces deux mots nous viennent du latin "prosaicus" ("écrit en prose") et relèvent du registre soutenu.

  • "Prosaïque" est un adjectif signifiant :
    • au sens propre : qui tient de la prose ou qui tient trop de la prose.

On parle par exemple d'un "style prosaïque" ou de "vers prosaïques".

    • et au sens figuré : qui manque d’élégance, de distinction ; banal, commun, plat, vulgaire.

On dit par exemple : "Veuillez m'excuser d'être aussi prosaïque".

  • tandis que "Le prosaïsme" est un subtantif masculin désignant :
    • au sens propre : un défaut de la poésie qui contient un trop grand nombre de tours et d’expressions appartenant à la prose.

On dit par exemple : "Ses vers sont remplis de prosaïsmes".

    • et au sens figuré : ce qui a un caractère prosaïque, manque d’élégance, de distinction ; ce qui est banal, commun, plat, vulgaire.

On dit par exemple : "Cette formule prosaïque dit bien ce qu'elle veut dire".

 Source : wiktionary.org

"Faire les quatre cent coups".

Cette expression en forme d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • à l'origine : aller contre le sens moral et les convenances ; mener une vie désordonnée, dissolue ; vivre sans respecter la morale, les us et coutumes et les convenances.

On disait par exemple : "Ces étudiants passent davantage de temps à faire les quatre cent coups qu'à étudier !".

  • et de nos jours, pour un enfant ou un adolescent : enchaîner les bêtises, voire les délits.

On dit par exemple : "À cette époque, mon ami Bruno et moi faisions les quatre cent coups dans le village".

Origine de l'expression

Elle trouve son origine dans un événement survenu en France, en 1621, lors des guerres de religion.

Cette année-là, en effet, le roi Louis XIII avait ordonné que les habitants de Montauban (82), alors place forte du protestantisme dans le pays, se convertissent au catholicisme.

Pour arriver à ses fins, il chargea ses troupes d’assiéger la ville et d’effrayer la population, afin qu’elle se rende. Quatre cents coups de canon avaient ainsi été tirés en direction des fortifications.

Mais cette stratégie n’avait pas eu l’effet escompté, puisque les Montalbanais n’avaient pas cédé. La légende raconte même qu’ils avaient festoyé au milieu des tirs.

Un non-respect des convenances et de l’ordre qui a, au fil du temps, donné son sens à l’expression utilisée aujourd’hui.

  • L'expression "Les quatre cent coups" a été largement popularisée par le célèbre film français de 1959 "Les quatre cent coups", première réalisation du jeune François Truffaut, qui révèla celui-ci au grand public et devint un film emblématique de l'essor de la Nouvelle Vague.

Affiche du film français "Les quatre cent coups", de François Truffaut (1959)

Quatre autres films viendront par la suite compléter la saga Antoine Doinel, toujours interprété par le génial Jean-Pierre Léaud, révélé à 14 ans : "Antoine et Colette" (segment du film à sketches "L'amour à 20 ans") en 1962, "Baisers volés" en 1968, "Domicile conjugal" en 1970 et "L'amour en fuite" en 1979. 

Rarement, je crois, un jeune acteur n'aura montré, lors d'un bout d'essai, un tel naturel :

Sources : wikipedia.org, wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.cnews.fr et www.projet-voltaire.fr

"Faire ami-ami".

Cette locution verbale en forme de gémination relève du langage courant.

Et elle signifie : se lier d'amitié de façon assez superficielle ; établir des relations cordiales ; établir une connivence, une relation pacifique ; sympathiser.

On dit par exemple : "Au mariage de mon frère j'ai fait ami-ami avec ma belle-soeur : j'avais promis de bien me tenir".

Sources : www.expressio.fr

"Décrépi" ou "Décrépie" et "Décrépit" ou "Décrépite".

Ces deux adjectifs ne doivent pas être confondus :

  • "Décrépi" ("Décrépie" au féminin) sans "t" signifie en effet :
    • au sens propre (participe passé du verbe décrépir) : dont on a retiré le crépi ou qui a perdu son crépi,

 

On parle par exemple d'un "mur décrépi".

Un vieux mur décrépi

    • et par extension : qui, avec le temps, a pris un aspect misérable, délabré.

On parle par exemple d'une "bâtisse décrépie".

Une bâtisse décrépie

  • tandis que "Décrépit" ("Décrépite" au féminin) avec un "t" signifie :
    • au sens propre : atteint de décrépitude, affaibli par l’âge, parvenu à un état complet de déchéance physique ; sénile, usé.

On parle par exemple d'un vieillard décrépit.

Un vieillard décrépit

    • et par extension : qui, avec le temps, a pris un aspect misérable, délabré.On parle par exemple d'une "bâtisse décrépite".

Une bâtisse décrépie

Sources : www.projet-voltaire.fr et www.larousse.fr et www.academie-francaise.fr

"Un menton en galoche".

Un menton en galoche

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle désigne : un menton saillant.

Cette affection est appelée médicalement : prognathie mandibulaire ou prognathisme mandibulaire(pour la machoire du bas) ou maxillaire (pour la machoire du haut).

 

"Un vieux tableau" ou "Une vieille peau".

"Un vieux tableau" ou "Une vieille peau" : l'actrice états-unienne Mélanie Griffith

Ces deux locutions nominales relèvent du registre familier lorsqu'elles sont utilisées au sens figuré et désignent, de façon désobligeante : une personne âgée et en particulier une vieille femme exagérément fardée et maquillée pour son âge, jugée décatie.

Sources : www.lalanguefrancaise.com, www.larousse.fr et et www.cnrtl.fr

"Un pétrin" ou "Le pétrin".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • dans le registre désuet : un coffre de bois au fond parfois arrondi, fermé d'un couvercle à charnières, et dans lequel le boulanger pétrissait autrefois manuellement la pâte à pain.

Pétrir

On dit également "Une huche" ou "Une maie".

Un pétrin ancien en chêne massif
Un pétrin ancien en chêne massif
Un pétrin ancien en merisier
Un pétrin ancien en merisier
    • ou, plus récemment : un appareil industriel composé d'une cuve (d'abord en bois puis métallique) parfois fixe, parfois rotative, et de bras actionnés mécaniquement, utilisé pour pétrir la pâte à pain ou pour malaxer d'autres produits.

Un ancien pétrin de boulangerUn pétrin mécanique de boulanger

Un pétrin-mélangeur professionnel de boulanger
Un pétrin-mélangeur professionnel
Un pétrin à spirale
Un pétrin à spirale
  • et au sens figuré, dans le registre familier : une situation difficile, inextricable, très embarrassante, pénible, d'où il semble impossible de sortir.

On dit par exemple : "Avec cette crise économique je me retrouve dans le pétrin".

Source : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et Le Robert

"La savate", "La boxe française" ou "La savate boxe française".

Un combat de savate boxe française

La savate boxe française est un sport de combat de percussion qui consiste, pour deux adversaires équipés de gants et de chaussons, à se porter des coups avec les poings et les pieds. Elle est apparue au XIXe siècle dans la tradition de l'escrime française, dont elle reprend le vocabulaire et l'esprit.

Les différents coups en savate boxe françaiseUn combat de savate boxe française

Connue dès son apparition sous le nom de "Savate" ou "Art de la savate", elle a été, tout au long du XXe siècle, désignée par le nom de "Boxe française", puis finalement renommée officiellement "Savate boxe française" en 2002.

Il s'agit actuellement une discipline internationale appartenant au groupe des boxes pieds-poings.

Un combat de savate boxe française

Un homme qui pratique la savate est appelé un tireur tandis qu'une femme s'appelle une tireuse.

Deux tireuses de savate boxe française

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la boxe anglaise.

Source : wikipedia.org

"À un moment donné".

Cette locution adverbiale relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • dans le langage courant : "À un certain moment", "En un temps déterminé".

On dit par exemple :  "Les ruines de Pompéi nous permettent de connaître en détails la vie des Romains à un moment donné".

  • et dans le registre familier : "Tout à coup", "Soudain".

On dit par exemple : "À un moment donné on a entendu des rafales de mitraillette".

Sources : www.academie-francaise.fr et wiktionary.org

"Cogner comme un sourd", "Frapper comme un sourd" ou "Taper comme un sourd" et "Gueuler comme un sourd" ou "Hurler comme un sourd".

Ces différentes locutions verbales relèvent du registre familier (et du registre argotique pour "Gueuler comme un sourd").

Toutes les six se fondent sur le fait que l'on pourrait croire que la personne qui cogne, frappe, tape, crie, gueule ou hurle est sourde car elle ne semble pas se rendre compte du vacarme qu'elle génère.

Et elles signifient respectivement :

"Cogner comme un sourd", "Frapper comme un sourd", "Taper comme un sourd"

  • "Cogner comme un sourd", "Frapper comme un sourd" ou "Taper comme un sourd" : cogner, frapper ou taper très très fort.

On dit par exemple : "J'arrive : inutile de cogner comme un sourd !"

"Crier comme un sourd", "Gueuler comme un sourd" ou "Hurler comme un sourd"

  • et "Crier comme un sourd", "Gueuler comme un sourd" ou "Hurler comme un sourd" : crier très fort, hurler.

On dit par exemple : "Tu n'as pas fini de gueuler comme un sourd : on a compris que ton équipe a perdu !".

Source : www.linternaute.fr