"M'as-tu-vu" ou "Un m'as-tu-vu".

Un groupe de m'as-tu-vu

J'aime beaucoup ce mot invariable qui relève du langage courant.

  • "M'as-tu-vu" est un adjectif signifiant : prétentieux, vaniteux, ostentoire.

On dit par exemple : "Je ne mettrai jamais ce costume : il est vraiment trop m'as-tu-vu !".

Un costume m'as-tu-vu

Ou : "Je trouve cette cravate un peu m'as-tu-vu".

Une cravate "M'as-tu-vu"

  • et "Un m'as-tu-vu" est un substantif masculin directement hérité de la formule utilisée par les acteurs de théâtre " M'as-tu vu dans tel rôle ?".

Il désignait ainsi autrefois (registre désuet), par dérision : un acteur médiocre.

Et de nos jours, par extension : une personne ayant une haute opinion de soi, et qui aime le montrer, et se montrer.

Sources : wiktionary.org, Le Robert et www.larousse.fr

"Â brûle-pourpoint".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme vestimentaire fait référence au substantif mascuin "Un pourpoint", désignant un ancien vêtement d'homme couvrant le torse.

Un pourpoint de velours noir

Et elle signifie :

  • au sens propre, autrefois (registre désuet) : tout près, au point de pouvoir brûler le pourpoint, en parlant d'une arme à feu dont on pointait le canon vers son adversaire. On dit aujourd'hui "À bout portant".
  • et de nos jours, au sens figuré : sans préparation, sans ménagement, sans détours, brusquement, sans que l'on s'y attende, à l'improviste.

On dit par exemple : "Il a répondu d'une façon maladroite, mais on lui a posé la question à brûle-pourpoint, au sortir du débat".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

Donner ou recevoir "Une volée de bois vert".

Cette locution nominale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme chromatique relève du langage courant.

Et elle désigne :

  • au sens propre :
    • une bastonnade,

On dit par exemple : "J'ai reçu une volée de bois vert en pensionnat lorsque j'ai été surpris en train de m'enfuir en pleine nuit".

    • ou, par extension : une correction, une avoinée (registre argotique), une raclée (registre familier),

On dit par exemple : "Mon fils m'a pris ma voiture sans mon autorisation : je vais lui donner une volée de bois vert à son retour !".

  • et au sens figuré : une vive remontrance, de forts reproches.

On dit par exemple :"Ma prof de maths m'a mis une volée de bois vert en voyant que je l'avais dessinée à poil dans mon cahier".

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressions-francaises.fr

"Un nanomane".

Un nanomane, entourée d'une partie de sa collection de 1 600 nains de jardin (@ Solent News / splashnews.com)

Ce substantif masculin désigne : un collectionneur de nains de jardin.

Un nain de jardin est une représentation d'une petite créature du folklore sous forme d'une statue de petite taille, utilisée pour décorer certains jardins.

La collection d'un nanomaneLa collection d'un nanomane

Collectionneur invétéré de bien des choses, je confesse n'avoir jamais été effleuré par la perspective de collectionner de tels objets...

Source : wikipedia.org

"Bardé de diplômes".

Cette locution adjectivale est utilisée pour désigner une personnes possédant de nombreux diplômes ou qualifications.

Elle nous vient du Moyen Âge et du domaine militaire.

A partir du XVe siècle, lors des combats et des tournois, les chevaux ont commencé à être équipés de "bardes", une carapace en métal qui complétait l’armure des chevaliers.

Des chevaux bardés

Celle-ci tirait son nom de l’arabe "barda", qui faisait référence au bât, la couverture posée sous une selle pour préserver le dos de l’animal.

Ainsi, "être bardé" signifiait être protégé contre le danger. Par extension, l’expression a été reprise dans le monde professionnel, en référence à une personne dont l’avenir est sécurisé grâce à sa formation.

Aujourd’hui, ce terme est également employé pour parler d’une viande "bardée" (entourée de lard).

De la viande bardée

Ou du "bardage" qui recouvre un bâtiment.

Le bardage d'un bâtiment

Source : www.cnews.fr

"Une tête de Turc".

Cette locution nominale féminine désigne :

  • au sens propre, autrefois (registre désuet) : une sorte de dynamomètre, servant de jeu et d'attraction dans les foires françaises de la fin du XIXe siècle, afin de mesurer sa force, où la partie sur laquelle on frappait avait la forme d’une tête coiffée d’un turban, rappelant l’image stéréotypique d’un Turc.

Un peson ou "tête de turc"

  • et au sens figuré, de nos jours : une personne cible de toutes les moqueries et méchancetés.

On dit par exemple : "Mon pauvre gamin est devenu la tête de Turc de ses camarades et il ne veut plus retourner au collège".

  • et par extension : un bouc émissaire, une personne sur laquelle est rejetée une faute et sur laquelle en retombent les conséquences.

On dit par exemple : "Je ne suis pour rien dans cette affaire : pas question que je serve de tête de Turc !".

Source : wiktionary.org

Pourquoi dire : "Le black-out" (ou "Le blackout") ou "Un black-out" (ou "Un blackout") ?

Et pas, en français, selon le contexte :

  • au sens propre :
    • "Une panne électrique généralisée" ou "Une coupure de courant électrique à grande échelle", puisqu'il s'agit d'un effondrement de la totalité du réseau électrique pouvant être la conséquence d'une pénurie s'étant aggravée ou d'un problème technique imprévu.
La grande panne électrique de New-York, les 13 et 14 juillet 1977
La grande panne électrique de New-York, les 13 et 14 juillet 1977
La ville de Kiev (Ukraine), plongée dans le noir, à l'automne 2022
La ville de Kiev (Ukraine), plongée dans le noir, à l'automne 2022
    • "Un couvre-feu", c'est à dire une réduction de l'éclairage pouvant aller jusqu'à une obscurité totale, imposée par la défense passive en temps de guerre, afin de  protéger un lieu d’une attaque ennemie (aérienne, navale ou même terrestre).
La ville de Londres (Royaume-Uni),sous black-out à compter du 1er septembre 1939
La ville de Londres (Royaume-Uni), sous couvre-feu à compter du 1er septembre 1939
    • ou "Une extinction" en astronautique :
      • arrêt de la combustion d'un propulseur,
      • ou : interruption momentané de la réception des signaux émis par un engin spatial, pendant la traversée des couches denses d'une atmosphère ou lors du passage de l'engin derrière un astre.
  • et au sens figuré :
    • "Un silence médiatique" gardé et observé sur une information (une nouvelle, une décision officielle, etc.).
    • "Un trou de mémoire" ou perte momentanée de mémoire ou de conscience après avoir consommé un produit psychotrope, alcool ou drogue.
    • ou, en aéronautique : "Le voile noir" (idiotisme chromatique et idiotisme textile).

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"C'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens" ou "C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses".

Ces deux proverbes en forme d'idiotisme musical et d'idiotisme animalier relèvent du registre familier.

Et ils signifient, au sens figuré : la réussite ou l'échec d'une opération complexe n’est assuré que lorsque tout est fini ; il faut attendre la fin d’un évènement pour en faire le bilan.

"C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses"

"Être chaud", "Être chaud bouillant" ou "Être chaud patate".

Ces trois locutions verbales relèvent du registre familier.

Et elles signifient toutes, au sens figuré : être excité ou très excité.

"Un ferrovipathe".

Ferrovipathes de père en fils !

Cet amusant substantif masculin désigne un passionné du monde ferroviaire et des trains, qu'ils soient à "taille réelle" ou en miniature.

Le ferrovipathe se consacre à un ou plusieurs domaines : observation, relevés de compositions et photographie de trains ; gestion du patrimoine ferroviaire : travail historique et archivage, restauration de trains anciens (notamment de locomotives à vapeur), collection de trains ou de pièces ferroviaires ; modélisme ferroviaire.

Appellations et étymologie

Le terme de "ferrovipathe" est un néologisme, né de l'association de "ferro", par assimilation à "ferroviaire", et du grec "pathos", signifiant la passion brute.

Certains ferrovipathes se définissent avec humour comme "malades de train", par assimilation à la terminaison "pathie", venant de la même racine grecque, associée à la notion de souffrance.

Cette idée de souffrance, ou d'affection médicale, n'est pas toujours appréciée par certains, qui préfèrent se définir plus simplement comme "amateurs de trains" ou "amateurs de chemins de fer".

Des appellations synonymes existent : comme celle de "ferroviphile" (de "ferro", par assimilation à "ferroviaire", et du grec "philia" : "amour de"), ou celui plus construit de "sidérodromophile" (du grec "sidero" : "fer", "drome" : "chemin", et "philia" : "amour de").

Mais ce dernier terme est déjà employé pour désigner une paraphilie : l'excitation sexuelle provoquée par les trains et les chemins de fer.

La sidérodromophilie

Lire la suite

"Être bouilli".

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire est utilisée, au sens figuré, dans le registre familier, dans le domaine du sport.

Et elle signifie : être très fatigué, épuisé, exténué ; être cuit !

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les autres façons de dire "être très fatigué" en français.