"Faire un canard".

Cette locution verbale du signifie, au sens figuré :

  • principalement, dans le registre familier :
    • tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

Les nordistes disent aussi "Boire le café à l’chuchette".

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

    • ou la même chose, mais dans un verre d'alcool.

Souvent, c’est par prudence, notamment lorsque l’alcool est fort, qu'on le goûte de cette façon. En tout état de cause, on suce le morceau de sucre, et on recommence l’opération ... Un régal, paraît-il !

Cette expression, déjà en vogue au XVIIIe siècle, viendrait de la similitude entre le palmipède, qui a l’habitude de plonger son bec régulièrement dans l’eau, et l’action de tenir le sucre entre le pouce et l’index tout en le trempant rapidement dans le café ou l’alcool, afin qu'il s'en imprègne mais ne fonde pas.

La manoeuvre est délicate : trop rapide le sucre ne sera pas assez imbibé, trop lente il va fondre dans la tasse ou le verre…

  • accessoirement, dans le registre argotique : publier, animer, gérer un journal.

 

Sources : www.maisonconfiserie.fr, lebilletdelamarmotte.over-blog.com et verreleine.org

"L'arquebuse".

Ce substantif féminin désigne tout à la fois :

Une arquebuse italienne à double rouet de la fin du XVIe siècle

  • une arme à feu de portée effective limitée (moins de 50 mètres), assez lourde et encombrante, mais dont on pouvait épauler les dernières versions.

L'arquebuse à mèche, apparue vers 1450, a une masse de 5 à 9 kilogrammes et nécessite la prise d'appui sur une fourche appelée "fourquin".

Un arquebusier en position de tir

Les premières arquebuses à rouet semblent avoir été inventées au tout début du XVIe siècle en Allemagne du Nord. Leur fabrication se développe en Europe à partir de 15152. Cette arquebuse, plus maniable peut s'épauler, mesure de 0,80 à 1,30 mètre, pèse de 4 à 7 kilogrammes et tire une balle d'à peine 25 g.

L'arquebuse a une faible cadence de tir (un tir par minute) et son canon s'échauffe vite.

On distingue par la suite :

    • l'arquebuse à canon lisse, utilisée pour la chasse et destinée à tirer de la grenaille, très lourde et souvent fixée sur un chariot pour favoriser son transport le long des étangs pour la chasse au gibier d'eau,
    • et l'arquebuse à canon rayé, plus courte et plus maniable, destinée au tir à balle.

L'arquebuse est contemporaine des premiers "mousquets", qui finissent par la remplacer ; des armes bien plus lourdes, et nécessitant toujours la fourche de support (la "fourquine"), mais de plus gros calibre, lançant des projectiles capables de traverser toutes les armures.

Les arquebuses sont rapidement le support des plus belles ornementations des armuriers de l'époque : dorures, gravures, inserts en corne ou en ivoire sculptés, parfois même de pierres précieuses. Elles servent comme objet de décoration dans les demeures des plus riches seigneurs pour montrer aux visiteurs l'habileté des artisans qu'ils emploient.

  • et une boisson préparée par macération et distillation de plantes choisies pour leurs vertus naturelles (trente-trois selon le fabricant).

L'arquebuse (anciennement "eau d'arquebuse") tient son nom de ce qu'elle était censée guérir les blessures faites par les coups d'arquebuses et les armes à feu.

Deux anciennes bouteilles d'eau d'arquebuse de l'Hermitage
Deux anciennes bouteilles d'eau d'arquebuse de l'Hermitage

La recette définitive en a été élaborée en 1857 par le frère Emmanuel, qui était (selon les sources) herboriste ou infirmier , de la communauté des frères maristes de l'Hermitage de La Valla-en-Gier, près de Saint-Chamond (42).

À partir de 1869, la production a lieu à l'hermitage de Saint-Genis-Laval (69), puis a suivi l'exil des frères maristes à Carmagnola (Piémont) (Italie), en 1903, avant de revenir à Saint-Genis-Laval (69) en 1926.

Une bouteille d'Arquebuse de l'Hermitage

La commercialisation de l’arquebuse de l’Hermitage est assurée depuis 1986 par l’entreprise Cherry Rocher. En 1997, les frères maristes de la Sainte-Famille étaient encore les seuls possesseurs des secrets de fabrication de l’arquebuse.

Source : wikipedia.org

"Un Sam".

Ce substantif masculin désigne en France, depuis 2012 : un jeune restant sobre en boîte de nuit afin de pouvoir ramener ses amis en voiture.

Cette année-là, en effet, la DSCR (Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières), devenue DSR (Délégation à la Sécurité Routière) en 2017, avait organisé une vaste et lamentable campagne publicitaire destinée aux jeunes et ayant pour objectif la lutte contre les accidents de la route mortels causés par l'abus d'alcool.

Avec les pitoyables devises : "Si t'as pas de Sam, t'as le seum" et "Si t'as un Sam, t'as le swag".

"Une touillette" et "Un touilleur".

Ces deux substantifs - féminin et maculin - ne doivent absolument pas être confondus, même s'ils sont paronymes et désignent tous deux de petits ustensiles destinés à "touiller" un liquide.

"Un mélangeur", "Un touilleur" ou "Un touilloir".

Ces trois substantifs masculins parfaitement synonymes appartiennent au langage courant.

Et ils désignent :

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs)

  • avant toute chose : une tige, parfois décorée, servant à mélanger un cocktail dans un verre.

Ces tiges peuvent être :

    • jetables ou réutilisables,

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs)

    • en plastique, en bois ou en métal,
    • publicitaires.

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs) publicitaires

Et celui qui les collectionne se nomme... "Un tudiculaphile".

  • mais aussi : une personne qui touille.

Ainsi existait-il autrefois un petit métier, aujourd'hui bien sûr disparu : le touilleur de glu.

  • et, enfin, pour nos amis québecois : un ustensile de cuisine en forme de spatule, utilisé pour mélanger la salade.
Touilleurs à salade québecois
Touilleurs à salade québecois

Il s'agit bien évidemment de l'équivalent des "couverts à salade" que nous utilisons en France métropolitaine.

Couverts à salade en bois
Couverts à salade en bois

Attention : le "Touilleur" ou "Touilloir" ne doit pas être confondu avec la "Touillette" !

Source : wiktionary

"Il y a loin de la coupe aux lèvres".

Ce proverbe en forme d'idiotisme corporel rappelle que de nombreux obstacles peuvent se dresser entre un souhait et sa réalisation, un projet et son aboutissement, ou un désir et sa satisfaction.
Et que ce n'est pas parce qu'un objectif semble proche que l'on va forcément l'atteindre.

Bien qu'il nous vienne du proverbe latin "Multa cadunt inter calicem supremaque labra", il s'agit d'un héritage direct de la mythologie grecque.

L'un des Argonautes, le grand Ancée (ou Ancaeos) rentra dans son palais de Tégée où un devin lui aurait prédit qu'il ne pourrait jamais boire le vin de la vigne plantée quelques années auparavant. Dès son arrivée, Ancée fut informé que son intendant avait fait les premières vendanges de ses vignes. Ancée, se servant une coupe de ce vin, appela son devin afin de lui montrer que ses prédictions étaient fausses. Le devin lui aurait alors répondu qu’"il y a loin de la coupe aux lèvres".

De fait, avant qu'Ancée puisse boire, on le prévint qu'un sanglier dévastait toutes ses vignes. Il se hâta alors de sortir en laissant sur la table sa coupe de vin encore pleine. Le sanglier, caché dans un buisson, lui fonça dessus brusquement et le tua.

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Avoir mal aux cheveux".

Cette étrange locution verbale du registre populaire qui doit interloquer nos amis étrangers signifie : avoir très mal à la tête ; en particulier après une soirée bien arrosée.

On dit également, dans le même registre et dans les mêmes circonstances : "Avoir la tête comme un compteur à gaz".

Pourquoi dire : "Open bar" et "Être open bar" ?

Et pas :

  • bar ouvert, buvette gratuite ou boisson à volonté (sens propre).

On dit par exemple : "Pour mon mariage le devis du traiteur prévoit un open bar durant toute la soirée".

  • être la porte ouverte à tous les excès ; favoriser l'abus de quelque chose (sens figuré).

et s'utilisant au sens figuré pour désigner une situation dans laquelle il est possible d'abuser de quelque chose.

On dit par exemple : "Si l'on dépénalise le cannabis cela va être open bar !".

Source : wiktionary.org

"Une touillette", "Un agitateur" ou "Une spatule".

Touillettes plastiques jetables interdites depuis le 1er janvier 2020

Ces différents mots désignent ce que les textes de loi français appellent "Un bâtonnet mélangeur".

Touillettes en bois

En plastique ou en bois, celui-ci sert à "touiller" une boisson chaude, généralement délivrée par un distributeur automatique.

D'où cet étrange vocable de "Touillette" (registre familier), qui s'est très rapidement et largement imposé.

Touillettes plastiques

À l'instar des pailles, les versions plastiques de ce petit accessoire, indispensable aux amateurs de café sucré, ont été interdites au 1er janvier 2020.

Attention : la "Touillette" ne doit pas être confondu avec le "Touilleur" ou "Touilloir" !

Sources : www.francebleu.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org

"Biberonner" et "Être biberonné".

Ce verbe et cette locution verbale signifient :

  • au sens propre, dans le langage courant :

Bébé buvant son biberon

    • boire à l'aide d'un biberon.

On dit par exemple :"Ce petit pourrait biberonner toutes les heures !".

Lionceau nourri au biberon
Lionceau nourri au biberon
    • fournir à boire à l'aide d'un biberon, nourrir au biberon.

On dit par exemple : "On a dû biberonné ce petit lionceau retrouvé près du cadavre de sa mère".

Ou : "Ce petit lionceau a été biberonné".

  • et au sens figuré, dans le registre familier :

Un homme consommant de l'alcool

    • boire de l'alcool avec excès, s’adonner à la boisson régulièrement, avoir une dépendance alcoolique.

On dit par exemple : "Certaines personnes qui manifestement biberonnent ne sont pas conscientes, je pense, que cela se voit sur leur visage".

    • élever, éduquer, former à un jeune âge.

On dit par exemple : "Ma fille cadette a surpris le père de l'une de ses meilleures amies, qui enseigne le cinéma, par l'importance de sa culture cinématogrraphique et par ses goûts dans ce domaine, peu orthodoxes pour une jeune fille de 15 ans... Il faut dire que je l'ai biberonné aux films de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Stanley Kubrick et Sergio Leone...".

Ou : "Comment voulez-vous que nos jeunes dirigeants puissent s'exprimer convenablement : ils ont été biberonnés aux jeux vidéo, aux feuilletons télé et à la novlangue !".

Source : www.larousse.fr

Que collectionne "Un placomusophile" ?

Capsules de muselets de champagne

Il collectionne les "plaques de muselet" improprement appelées "capsules de champagne" !

Origine du mot

Dans les années 1980 les collectionneurs de Vertus (51) se sont mis à conserver les plaques de muselet ; de Champagne, mousseux et autres sans distinction.

Lors d'une réunion d'échanges Claude Mailliard proposa que l'on donne un nom à cette toute jeune passion qui les caractérisaient.
Il proposa comme une boutade : "Musoplacophilie" ou "Placomusophilie" ?

Et c'est ce second terme qui fut adopté.

Le guide Lambert reprit le nom ainsi que les collectionneurs et la presse spécialisée.

Produits spécialisés

Sauf à cotoyer un placomusophile ou à l'être vous-même, sans doute n'imaginiez-vous pas qu'existaient ainsi :

Le Lambert, catalogue de cotes et de référence des "Plaques de muselet" ou "Capsules de champagne"

  • le "Lambert", un catalogue de cotes et de référence, publié depuis 1996 par Claude Lambert.

  • des classeurs spécifiques ainsi que des recharges de feuilles plastiques adaptés au rangement de ces objets.

Feuilles de rangement pour capsules de muselets de champagne

  • ou des vitrines permettant d'exposer ses plus jolies pièces !

Vitrine pour capsules de muselets de champagne

Source : capselan78.chez.com

"Un muselet" et "Une plaque de muselet".

Peu de gens, je crois, connaisse ce substantif masculin et cette locution nominale féminine du langage courant qui désignent :

Un muselet avec son couvercle

  • "Un muselet" : la sorte de cage en fil de fer dont on coiffe le bouchon des bouteilles de champagne, de vin mousseux, de bière ou de cidre et qui est serrée au goulot.

Un bouchon et sept plaques de muselet de champagne

  • "Une plaque de muselet" : la rondelle métallique - le plus souvent ornée de couleur ou estampée - apposée sur la face supérieure d’un bouchon de bouteille de champagne, de vin mousseux, de bière ou de cidre et retenue par un muselet.

Elle est fréquemmment appelée de façon impropre "Une capsule de champagne".

Et le collectionneur de plaques de muselet est appelé "Un placomusophile".

Source : wiktionary.org

L'origine directement littéraire du nom de l'enseigne "Starbucks".

Logo de l'entreprise états-unienne Starbucks, fondée en 1971

Starbucks est une chaîne de cafés états-unienne fondée en 1971, à Seattle (Washington), sous le nom de Starbucks Coffee Company par Zev Siegl, Jerry Baldwing et Gordon Bowker, associés au torréfacteur Alfred Peet.

Elle a été rachetée en 1987 par Howard Schultz, le directeur marketing, qui la rebaptise Starbucks Corporation et lui fait vendre des boissons au café en plus des cafés en grain qu'elle se contentait de proposer jusqu'alors.

En partie en franchise, il s'agit de la plus grande chaîne de ce genre dans le monde, avec plus de 28 000 établissements implantés dans près de 80 pays, dont 12 000 aux États-Unis d'Amérique.

L'origine littéraire du nom "Starbucks"

L'entreprise tire son nom de "Starbuck", l'un des officiers du Pequod, le navire du capitaine Achab, qui poursuit un gros cachalot blanc surnommé "Moby Dick", dans le célèbre roman d'aventures états-unien du même nom, écrit en 1851 par Herman Melville ("Moby Dick or The whale" en anglais, c'est à dire "Moby Dick ou La baleine" ou "Moby Dick ou Le cachalot").

Édition originale de 1851 du roman états-unien "Moby Dick" de Herman Melville (1851)

D'où le logo de couleur brune dessiné par Terry Heckler et représentant une sirène couronnée dotée de deux queues de poisson, inspirée d'une gravure scandinave du XVIe siècle.

Logos successifs de l'enseigne états-unienne Starbucks

Le concept Starbucks

Les établissements Starbucks vendent exclusivement leur propre marque de café (moulu ou en grains), du thé, des boissons, des pâtisseries, des ustensiles et des machines à café.

Produits Starbucks

Mais l'entreprise vise principalement à "offrir une expérience-consommateur", en proposant à sa clientèle un service unique qu’elle ne retrouvera pas dans les cafés d’une autre enseigne (confort, calme,etc.).

Produits Starbucks

Ainsi que des prix qui défient parfois l'entendement, puisqu'une tasse de 350 millilitres de café peut y coûter jusqu'à... 12 dollars !

Indépendamment de ceux-ci, l'entreprise fait également l'objet de critiques concernant notamment sa politique de ressources humaines, ses produits et sa politique écologique.

Source : wikipedia.org