"S'en jeter un derrière la cravate" ou "S'en jeter un".

"S'en jeter un derrière la cravate" ou "S'en jeter un", c'est à dire : boire un verre

Cette locution verbale en forme d'idiotisme vestimentaire relève du registre argotique.

Elle fait naturellement référence - par ellipse - au contenu d'un verre.

Et elle signifie par conséquent, au sens figuré : boire un verre.

On dit par exemple : "T'as cinq minutes ? On pourrait aller s'en jeter un derrière la cravate au bistrot du coin".

Personnellement j'ai toujours eu une pensée émue pour nos amis étrangers entendant cette formule pour la première fois !

10 façons de dire "Un débit de boisson" ou "Un établissement où l'on consomme des boissons".

Un café

Les mots les plus utilisés de nos jours sont naturellement, dans le langage courant : "un café" et "un bar".

 

L'intérieur d'un bistrot (ou "bistro") traditionnelL'intérieur d'un café traditionnel

Ou : "un estaminet", dans le Nord de la France et en Belgique.

"Un cabaret" appartient en effet au registre désuet.

De même que "un bistroquet" (utilisé dans le Sud de la France), "un mastroquet" (utilisé dans le Nord) et "un caboulot", qui relèvent également du registre populaire.

"Un troquet" appartient également à ce registre, mais est encore largement utilisé.

Tout comme "un rade" qui appartient au registre argotique.

Et "un bistro" ou "un bistrot" qui relèvent du registre familier.

Enfin, "une buvette" est un mot du langage courant désignant plutôt un simple comptoir où l'on sert à boire :

  • au sein d'un petit local situé par exemple sur la voie publique,

Une buvette située sur la voie publique

  • ou dans bâtiment tel qu'une gare, une piscine ou un stade,

Une buvette de stade

  • voire dans une tente installée à l'occasion d'une kermesse ou d'une manifestation en plein air.

Une buvette de kermesse

Sources : wikipedia.org, Le robert et www.larousse.fr

Pourquoi dire : "Un baby scotch" ?

Un petit verre de whisky écossais ("baby scotch")

Comme on l'entend parfois dans les films français des années 1960.

Et pas : "Un petit verre de whisky écossais" !

Fort heureusement, cette locution nominale masculine semble avoir aujourd'hui quasiment disparu des conversations.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article "Tout espoir n'est pas perdu : même les anglicismes peuvent passer de mode !".

"Un bistro" ou "Un bistrot".

Un bistrot parisien (ou "bistro")

Ce substantif masculin peut s'écrire avec ou sans "t" final.

Et il désigne : un débit de boisson ou un établissement où l'on consomme des boissons.

 

Un café traditionnelUn bistrot (ou "bistro") traditionnel

Le "bistrotier" qui gère le bistrot peut également parfois proposer des services de restauration.

D'où le néologisme de "bistronomie" désignant la "gastronomie de bistro".

Il existe en français de nombreuses autres façons de désigner en français un établissement de ce type, auxquelles j'ai consacré un petit article, dont je me permets de vous recommander la lecture.

"Une tempête dans un verre d'eau".

Cette amusante locution nominale très imagée était déjà utilisée au 1er siècle av. J.-C. par l'écrivain romain Cicéron, sous la forme "Fluctus in simpulo" ("Tempête dans une petite coupe").

Et elle signifie : beaucoup de bruit ou d'agitation pour pas grand-chose ; on se préoccupe exagérément d'un sujet, somme toute, peu important, voire insignifiant.

On dit par exemple : "Enfin voyons, il ne s'agit que d'une tempête dans un verre d'eau : tout cela sera oublié dans une semaine !".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"The spirit of London since 1820".

Une bouteille de gin "Beefeater"

Tel est le slogan en anglais que se permet de nous imposer la marque de gin britannique Beefeater, du groupe français Pernod Ricard, sur ses affiches publicitaires françaises de juin 2021.

Le gin "Beefeater" a été créé en 1820 par James Burrough. Et depuis l'année de sa création, il est produit à Kennington, près de Londres, avant d'être emporté en Écosse, où il est mélangé et mis en bouteille.

Et la bouteille porte l'effigie d'un "beefeater", l'un de ces Yeomen Warders, gardiens de la Tour de Londres, chargés de faire visiter ce monument.

Source : wikipedia.org

"Un pousse-café".

Ce substantif masculin, qui ne doit pas laisser d'interloquer nos amis étrangers, appartient au registre familier.

Et il désigne : un petit verre d'alcool que l'on prend à la fin du repas, après le café.

On dit par exemple : "Allons Maurice : tu prendras bien un pousse-café, tu as à peine fin ton cinquième quart de rouge !".

Pourquoi dire : "Un cosy" ?

Et pas selon le contexte :

  • "Un couvre-thière", lorsqu'il s'agit de désigner une enveloppe fourrée, généralement en tissu ouatiné, dont on couvre une théière, afin d'en conserver la chaleur,

Un couvre théière "cosy")

  • ou : "Un coin confortable", lorsqu'il s'agit de désigner un ensemble formé par un divan ou lit encastré dans un meuble d'angle, doté d'étagères et situé dans le coin d'une pièce. Que les anglais appellent "Cosy-corner" ("coin confortable") et dont "Cosy" constitue l'apocope.

Un "cosy" ou "cosy corner" des années 1950Un "cosy" ou "cosy corner" actuel

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à l'adjectif "Cosy".

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"La coupe est pleine".

Cette locution nominale du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : c’en est trop, cela suffit ; l'exaspération, l'indignation est à son comble ; les limites de la tolérance ont été dépassées ; cette situation devenue gênante ou contraignante doit cesser.

Mais on ignore souvent qu'elle a manifestement une origine biblique (Jérémie 25:15 : "Prends de ma main cette coupe remplie du vin de ma colère" et Apocalypse 16:19 : "pour lui donner la coupe du vin de son ardente colère"), renvoyant à une scène où l'un des personnages, Jérémie, établit une métaphore avec un verre de vin pour dire que les limites ont été dépassées.

Sources : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.linternaute.fr

"Château La Pompe" ou "Château Chirac".

Une carafe d'eau et un verre à moitié pleins, sur une table, en extérieur

Ces deux locutions verbales en forme de noms de vins appartiennent au registre familier.

Et elles désignent, de façon ironique : l'eau du robinet.

On dit par exemple : "Tu ne bois toujours pas de vin ? Non, je reste au Château La Pompe !".

La formule "Château Chirac" était utilisée à Paris (75), du 25 mars 1977 au 16 mai 1995,  durant les trois mandats de maire de l'homme politique français Jacques Chirac ( (29 novembre 1932 - 26 septembre 2019).

On disait par exemple : "Et toi, que bois-tu ? Du Château Chirac s'il te plaît".

Jacques Chirac, ceint de son écharpe demaire de Paris, devant la devise de la capitale : "Fluctuat nec mergitur"
Jacques Chirac, ceint de son écharpe de maire de Paris, devant la devise de la capitale : "Fluctuat nec mergitur"

 

Pourquoi dire : "Energy drink" ?

Des cannettes de BDE (Boissons Dites Energisantes)

Et pas simplement : "Boisson énergisante" !

Ou plutôt : "Boisson Dite Energisante (BDE)" !

C'est à dire : une boisson censée donner un regain d'énergie à son consommateur, en utilisant un mélange d'ingrédients stimulants.

Ces boissons - qu'il ne faut surtout pas confondre avec les boissons "énergétiques" - contiennent souvent une grande variété de composés organiques excitants comme la caféine, ou d'autres comme les vitamines de la série B, et parfois des extraits de plantes comme la guarana. Ces composés sont associés à des acides aminés comme l'arginine, la taurine qui permettrait d'accroître la durée d'effet des excitants. Quelques plantes contribuent aux arômes et effets proposés, parmi lesquelles la guarana ou différentes formes de ginseng et de ginkgo biloba.

Les boissons dites énergisantes sont également très sucrées, majoritairement à partir de sucre raffiné et parfois avec un édulcorant (succédané de sucre).

L'ingrédient actif principal est la caféine, issue d'extrait de guarana et présente dans le café et le thé. Un format moyen, soit autour de 250 ml selon les pays, contient environ 80 mg de caféine, soit l’équivalent de 2 cannettes de Coca-Cola et de 2 expressos.

Mais les teneurs peuvent monter jusqu'à 150 mg de caféine, et même 300 mg, selon le format et la marque. Alors même que 400 mg par jour est considéré comme un seuil à ne surtout pas dépasser.

Les plus grands consommateurs de ces boissons sont les jeunes, près de 65 % des consommateurs étant âgés de 35 ans et moins

Les boissons énergisantes ont été commercialisées pour la première fois en Écosse en 1901 sous le nom de "Iron Brew". Mais elles n'ont eu de véritable succès qu'au début des années 1960 au Japon et en Corée du Sud. Elles y ont pour cible les personnes sujettes à l'épuisement, principalement les hommes d'affaires pour les aider à travailler de longues heures ou rester éveillé le soir à la maison.

Le marché français a été envahi par ce type de boissons depuis 2008 et plus de cent marques se partagent aujourd'hui ce marché très lucratif : Red Bull, Monster, Burn, Crazy Tiger, etc.

Le rayon "Boissons énergisantes" d'un supermarché françaisUn rayon de boissons énergisantes

L'ANSES (Agence Nationale de SEcurité Sanitaire de l'alimentation) a cependant lancé un appel à la vigilance vis à vis de ce qu'elle appelle les BDE (Boissons Dites Energisantes) en raison des risques prouvés sur la santé des consommateurs.

Caractéristiques des boissons dites énergisantes

Les boissons dites énergisantes sont des sortes de sodas, auxquels on ajoute divers ingrédients censés stimuler l'organisme, voire le doper : de la caféine, de la taurine (dérivé d'acide aminé, classé parmi les neurotransmetteurs, naturellement présent dans l'organisme humain ainsi que dans celui de nombreux animaux), du ginseng (stimulant), du guarana (plante aux propriétés stimulantes, à très forte teneur en caféine), des vitamines B, des édulcorants (produits, le plus souvent artificiels, donnant une saveur sucrée).

Un véritable succès commercial qui se traduit dans les chiffres

Une enquête menée au niveau européen (16 pays, 52 000 personnes) révèle que 18% des enfants (3-10 ans), 68% des ados (10-18 ans) et 30% des adultes consomment ces boissons dites énergisantes.
12% des jeunes (10-18 ans) en boivent même jusqu'à 7 litres par mois. Et plus d'un sur deux mélange boisson dite énergisante et alcool.

Les Français quant à eux en consomment chaque année 40 millions de litres : ​41% autour d'une activité sportive et 32% lors de moments festifs;

25% boivent plus d'1/2 litre en une journée​. Et 16% en mélange avec de l'alcool.

Pourquoi un tel succès ?

Les boissons dites énergisantes sont essentiellement consommées pour leur promesse "d'effet booster" sur l'énergie, permettant d'augmenter les performances physiques et intellectuelles ou de prolonger l'éveil (notamment en soirée, ou pour étudier), et pour leur goût extrêmement sucré.

Ces boissons stimulantes sont donc très prisées par les jeunes, à qui elles sont destinées, notamment par les adolescents et les étudiants qui aiment cultiver leur image rebelle. De plus, cette cible adore les sports que ces marques inondent de publicité : plongeon, football, course automobile, moto, etc.

Pourquoi les boissons énergisantes sont-elles dangereuses ?

  • à cause de leur composition, notamment la caféine (l'équivalent de 2 expressos de 50 ml par canette de 250 ml ) qui est un puissant diurétique (elle augmente la sécrétion d'urine).

Consommée avec excès, la caféine cause accélération du rythme cardiaque, stress, troubles du sommeil, anxiété, palpitations, crises d'épilepsie, sensation d'oppression, etc.

Or, ces boissons sont souvent associées à l'alcool en soirée et alcool + caféine + danse (qui s'apparente parfois à un exercice physique intense et prolongé) entraînent une déshydratation qui peut provoquer des accidents cardiaques (une jeune fille de 16 ans, qui avait bu des mélanges d'alcool et de boissons énergisantes, est décédée de mort subite au cours d'une soirée, juste après s'être arrêtée de danser).

  • à cause du risque accru d'ivresse : la caféine et la taurine diminuent la perception des conséquences de l'absorption d'alcool, sans en diminuer bien évidemment les effets.
  • à cause de leur image trompeuse : en utilisant la notion d'énergie et en misant sur la confusion énergétique/énergisant, ces boissons laissent entendre qu'elles augmentent le potentiel physique.

Or, ces boissons contiennent des excitants qui au contraire fatiguent l'organisme. Leur composition ne convient absolument pas à l'effort physique. Pire, en augmentant la diurèse (sécrétion de l'urine), elles mettent en danger le sportif qui s'expose à la déshydratation (risque de graves troubles rénaux, cardiaques, etc).

On peut également s'inquiéter des multiples ingrédients, dont on ne connaît les interactions ni entre eux, ni avec les médicaments (risques d'AVC ou d'accidents cardiaques).

Ce qu'ont pu constater les médecins :

Il existe 3 types de troubles majeurs que l'on retrouve de façon récurrente chez les consommateurs de boissons dites énergisantes :

  • Troubles cardiaques : tachycardie, troubles du rythme cardiaque,
  • Troubles psychiatriques : agitation, angoisse, confusion, trouble du sommeil (la caféine perturbant le sommeil profond durant lequel le cerveau de l’enfant et de l’adolescent se développe),
  • Troubles neurologiques : augmentation de l’anxiété et de l’irritabilité, tremblements, vertiges, voire crises d'épilepsie.

​​Le Dr Laurent Chevalier a été l'un des premiers à alerter les pouvoirs publics sur la dangerosité des boissons dites énergisantes. Il préconise entre autre la diminution de moitié de leur concentration en caféine, une forte réduction (voire la suppression) de la taurine, un étiquetage qui indique clairement les personnes qui doivent éviter d'en consommer (voir ci-dessous). Cependant, selon lui, les interdire risquerait de renforcer l'attractivité de ces produits, qu'il serait toujours possible de se procurer dans les pays voisins. Or, il y a déjà une forme d'attirance des jeunes pour ces produits, justement parce qu'ils les perçoivent comme un peu transgressifs.

En conclusion, il ne faut donc surtout pas associer :

  • boissons dites énergisantes + alcool,
  • boissons dites énergisantes + activité physique intense,
  • ou boissons dites énergisantes + café.

Et ces boissons dites énergisantes sont donc fortement déconseillées aux catégories suivantes :

  • les femmes enceintes (risque d'accouchement prématuré),
  • les enfants,
  • les adolescents,
  • les personnes sensibles aux excitants,
  • les personnes ayant un rythme cardiaque irrégulier,
  • ainsi que les personnes sous traitement médicamenteux.

Sources : wikipedia.org, www.objectifs-fitness.com et www.vulgaris-medical.com