"Être endimanché" ou "Être en habits du dimanche", "Endimancher" ou "Mettre en habits du dimanche", "Habiller en dimanche" ou "S'habiller en dimanche" et "S'endimancher" ou "Se mettre en habits du dimanche".

Trois enfants "en habits du dimanche" ou "endimanchés" (© frvocabulary.blogspot.com)

Ces différentes locutions verbales du registre familier appartiennent désormais également au registre désuet.

Et elles signifient :

  • au sens propre : avoir revêtu, revêtir de ou revêtir ses plus beaux habits, des habits qui sortent de l'ordinaire.

On dit par exemple : "Lorsque j'étais en vacances dans le Lot (46), dans les années 1960-1970, les gens se mettaient encore en habits du dimanche même s'ils n'allaient pas à la messe dominicale".

  • et par extension : avoir revêtu, revêtir de ou revêtir des habits trop apprêtés, différents des habits quotidiens, dans lesquels on n'est pas à l'aise, ce qui enlève un certain naturel, donne une allure empruntée.

On dit par exemple : "Ayons une pensée émue pour tous ces gamins que l'on endimanchait pour rendre visite à la famille".

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org

"Des péniches".

Ce substantif féminin désigne :

  • dans le langage courant :
    • autrefois : de petites embarcations pontées et armées, à aviron et à voile, servant d'auxiliaire à un navire de guerre ou utilisée comme garde-côtes.
    • de longs bateaux de transport fluvial, à fond plat, également appelés "Barges" (substantif féminin) ou "Chalands" (substantif masculin).

J'en ai personnellement souvent et beaucoup vu, ayant vécu, entre ma 8e et ma 25e année (soit de 1969 à 1986), à Conflans-Sainte-Honorine (78), la capitale française de la batellerie, qui accueille chaque troisième week-end de juin, depuis 1960, le "Pardon national de la batellerie", également appelé "Grand pardon de la batellerie".

    • des bateaux militaires à fond plat, remorqués ou à moteur, également appelés "Barges" (substantif féminin) ou "Chalands" (substantif masculin), utilisés pour débarquer des troupes et du matériel sur les plages.

Une péniche de débarquement

Des soldats jaillissant d'une péniche de débarquement, sur une plage

Une péniche de débarquement, sur une plage

  • et dans le registre argotique : des chaussures trop grandes.

Des "péniches", c'est à dire : des chaussures beaucoup trop grandes (registre argotique)

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Des chaussures".

Source : www.cnrtl.fr

11 façons de dire "Des chaussures".

Des chaussures

"Des écrase-merde" relève du registre scatologique et du registre vulgaire.

"Des croquenots", "Des galoches", "Des godasses", "Des groles" (ou "Des Grolles"),"Des pompes" et "Des tatanes" relèvent du registre argotique.

Ainsi que "Des péniches", qui désigne des chaussures trop grandes.

"Des ribouis" et "Des godillots" appartiennent au registre populaire. Et désignent de grosses chaussures usagées.

Tandis que "Des souliers" relève du registre soutenu.

Des chaussures (© M. Richier)

Sources : www.linternaute.fr, www.synonymo.fr, crisco2.unicaen.fr et www.cnrtl.fr

"Un corsaire".

Ce substantif masculin polysémique désigne, selon le contexte :

  • un navire civil autorisé par une "lettre de marque" (également appelée "lettre de commission" ou "lettre de course") à attaquer en temps de guerre, tout navire battant pavillon d'États ennemis, et particulièrement son trafic marchand, laissant à la flotte de guerre le soin de s'attaquer aux objectifs militaires.

Un corsaire ne doivent donc pas être confondus avec un pirate puisqu'il exerce son activité selon les lois de la guerre, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de son gouvernement. Aussi a-t-il droit, lorsqu'il est capturé, au statut de prisonnier de guerre.

Un navire corsaire

  • une personne civile : l'armateur, le capitaine ou le membre de l'équipage d'un navire corsaire,
Le capitaine corsaire dunkerquois Jean Bart (21 octobre 1650 - 27 avril 1702), célèbre pour ses exploits au service de la France durant les guerres de Louis XIV
Le capitaine corsaire dunkerquois Jean Bart (21 octobre 1650 - 27 avril 1702), célèbre pour ses exploits au service de la France durant les guerres de Louis XIV
  • ou : un bas de vêtement s'arrêtant entre le genou et le mollet, à mi-chemin entre le pantalon et le "pantalon court" ("short"), également appelé "Pantacourt" ou "Pantalon cigarette", et originellement conçu en 1948 par la styliste allemande Sonja de Lennart sous le nom de "Capri".

Un corsaire (le vêtement féminin)

Source : wikipedia.org

"À la botte", "Être à la botte", "Avoir quelqu'un à sa botte".

La locution adverbiale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire "À la botte" appartient au registre familier.

Et elle signifie : être sous la domination de (quelqu'un), à la disposition de, au service de, sous l'emprise de, aux ordres de ; tout dévoué à ; constamment prêt à obéir.

On dit par exemple : "Comme souvent, ce Premier ministre est à la botte du président".

Ou : "Mon patron a des chefs de service à sa botte".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Porter le chapeau" ou "Faire porter le chapeau".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotisme textiles et vestimentaires appartiennent au registre familier.

Remontant - sous cette forme - au début du XXe siècle, elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Porter le chapeau" : endosser la responsabilité d’une action ou être tenu pour responsable à la place d'un autre ; assumer des faits souvent indépendants de sa volonté.

On dit par exemple : "On sait bien que dans cette affaire, le ministre mis en cause porte le chapeau".

Ou : "Pas question pour moi de porter le chapeau !".

Cette expression trouve son origine dans le fait qu’à cette époque là, seuls les hommes - alors juridiquement considérés comme les seuls responsables de leurs familles - portaient généralement un chapeau.

"Porter le chapeau " est ainsi devenu synonyme de "être juridiquement responsable".

On retrouve d'ailleurs la même association d’idées dans l’expression "Porter la culotte".

  • et  "Faire porter le chapeau" : rejeter sa responsabilité sur quelqu'un d'autre, faire endosser à quelqu'un la responsabilité d’une action ou l'en tenir pour responsable ; lui faire assumer des faits souvent indépendants de sa volonté, nuisant ainsi clairement à sa réputation.

On dit par exemple : "IL est classique que le président de la République fasse porter le chapeau à ses collaborateurs ou ministres".

Ou : "Je n'accepterai pas que la direction me fasse porter le chapeau dans ce dossier".

Sources : wiktionary.org et www.projet-voltaire.fr

"Faire de la dentelle" et "Ne pas faire de la dentelle".

Faire de la dentelle artisanale avec un "Dentellier"

Ces deux locutions verbales font référence à la "Dentelle", un ouvrage de passementerie originaire de la région de Venise (Vénétie) (Italie), où elle serait apparue au XVIe siècle.

Tissée à la main, la dentelle nécessite un travail de longue haleine basé sur la patience, la persévérance et la méticulosité, ce qui en fait le symbole de la délicatesse et de la précision.

En vertu de quoi, ces deux expressions signifient respectivement, au sens figuré :

Faire de la dentelle artisanale avec un "Dentellier"
Faire de la dentelle artisanale avec un "Dentellier"
  • "Faire dans la dentelle" (langage courant) : être méticuleux, délicat, précis ; entrer dans les détails.

On dit par exemple : "Ta maison de poupée est incroyable ; tu as vraiment fait dans la dentelle".

Ou : "Toutes les hypothèses possibles - ou presque - ont été envisagées par les auteurs de ce texte, qui ont vraiment fait dans la dentelle".

Une dentellière au travail

  • et "Ne pas faire de la dentelle"  (registre familier) : travailler ou agir de façon brutale, sans faire attention, sans aucun raffinement ni aucune délicatesse.

On dit par exemple : "Ton oncle a voulu m'aider pour l'entretien du jardin, mais il ne fait pas dans la dentelle".

Ou : "Robert est un collaborateur efficace, mais on ne peut pas dire qu'il fasse dans la dentelle".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

5 façons de dire "Avoir mauvaise haleine".

Avoir mauvaise haleine

On dit dans le registre argotique "Refouler du goulot" ou "Puer du bec".

L'idiotisme animalier "Avoir une haleine de chacal" ainsi que l'idiotisme textile "Avoir avalé une chaussette sale" appartiennent au registre familier.

Et la locution verbale "Souffrir d'halitose" relève naturellement du registre soutenu.

Avoir mauvaise haleine

"Porter la culotte".

Albert Dubout : illustration en noir et blanc "La femme porte la culotte"

Cette curieuse locution verbale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire appartient au registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : assurer le rôle dominant dans un couple ; être celui ou celle qui décide, qui détient et exerce l'autorité. À l'instar du mari, qui, seul autrefois, détenait tout à la fois l'autorité conjuguale et le droit de porter la culotte (au sens propre).

On dit par exemple : "Dans ce couple, c'est la femme qui porte la culotte".

Ou : "Moi je peux te dire que je ne risque pas de laisser ma femme porter la culotte".

Que l'on ne s'y trompe pas en effet : la "Culotte" en question ne désigne absolument pas le sous-vêtement féminin actuel qui porte ce nom, mais ce que nous appelons de nos jours un "Pantalon".

Autrement dit, un vêtement aujourd'hui mixte, mais qui était à l'origine strictement masculin.

Et qu'il était parfaitement inconcevable de porter pour une femme jusqu’au début du XXe siècle.

Une loi de 1 800 en interdisait même officiellement le port jusqu'en... 2013, en complète contradiction, bien sûr, avec l'évolution des pratiques vestimentaires !

Du moins celles en vigueur dans la rue, puisque nos élues féminines à l'Assemblée et au Sénat ont dû attendre 1980 pour pouvoir porter un pantalon en séance.

Et cela, malgré le célèbre coup d'éclat de 1972 de la jeune députée gaulliste Michèle Alliot-Marie, qui, habillée d'un pantalon, s'était vu refuser l'entrée dans l'hémicycle. Et avait alors rétorqué du tac au tac à l'huissier : "Si c’est mon pantalon qui vous gêne, je l’enlève dans les plus brefs délais" (selon Christine Bard dans Une histoire politique du pantalon, 2014).

La femme politique française Les Républicains Michèle Alliot-Marie

On retrouve la même association d’idées, entre vêtement typiquement masculin et responsabilité juridique, dans l’expression "Porter le chapeau".

Sources : wiktionary.org, www.cnews.fr et www.rtl.fr

"Avoir le petit doigt sur la couture du pantalon", "Avoir le doigt sur la couture du pantalon" ou" Avoir le doigt sur la couture".

"Le petit doigt sur la couture du pantalon" ou "Le doigt sur la couture"

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotisme corporel, d'idiotisme textile et d'idiotisme militaire signifient, au sens figuré : obéir sans discuter, être respectueusement soumis à une autorité que l'on craint un peu.

On dit par exemple : "On a vu le Premier Ministre, nous expliquer le doigt sur la couture, avec quelle efficacité le chef de l'État s'était investi dans cette lutte contre la pandémie".

Ou : "Comme souvent, les députés de la majorité ont le petit doigt sur la couture du pantalon lorsqu'ils commentent les propos du gouvernement".

Ces formules font naturellement référence au "garde-à-vous" dans l'armée, une position dans laquelle on doit se tenir debout, droit, les talons joints, la tête haute, immobile, les bras serrés le long du corps et les doigts touchant la couture du pantalon. Et qui est un signe de respect, d'obéissance et de soumission à l'autorité.

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Mettre la viande dans le torchon".

Cette amusante locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme textile ne manque pas de surprendre nos jeunes enfants et nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie tout simplement, au sens figuré : se mettre au lit pour dormir.

Dans l'excellent film d'Étienne Chatiliez "La vie est un long fleuve tranquille", sorti en 1988, Ghislaine Groseille (Sylvie Cubertafon) dit par exemple à son mari : "J'chuis crevée, j'vais mettre la viande dans l'torchon".

Cette expression très imagée a vraisemblablement pour origine le milieu de la charcuterie, où elle a dû commencé à être utilisée par analogie avec la locution nominale féminine "Jambon au torchon", qui désigne un jambon cuit dans un bouillon entouré d'une "Chaussettte à jambon" également appelée "Sac mousse" ou "Torchon".

Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage

Le jambon au torchon est fabriqué à partir des muscles de la cuisse du porc, qui sont rassemblés et comprimés aussi fort que possible, pour en faire une sorte de pain de viande, non pas dans un moule métallique comme pour le jambon industriel, mais plus traditionnellement dans une sorte de grande chaussette de textile, nouée à la fin, ce qui le fait ressembler avant cuisson à une sorte de grosse baudruche de viande.

Sources : www.consoglobe.com, www.caminteresse.fr et wiktionary.org