"Un cautère sur une jambe de bois".

Cette curieuse locution nominale ne manque naturellement pas d'étonner nos jeunes enfants ou nos amis étrangers.

Elle désigne en effet : une mesure ou une action complètement inutile, parfaitement inefficace, sans aucun effet.

On dit par exemple : "Cette subvention tardive et limitée aura l'effet d'un cautère sur une jambe de bois".

Ou : "Ce changement d'appellation n'est qu'un cautère sur une jambe de bois".

L'expression "Un cautère sur une jambe de bois" fait référence :

D'anciens cautères vétérinaires
D'anciens cautères vétérinaires
  • au cautère, un instrument médical utilisé pour brûler les tissus vivants afin de cicatriser et guérir.

Une jambe de bois

  • ainsi qu'à la jambe de bois, ancêtre de la prothèse de jambe ou jambe artificielle, portée par les pirates des romans d'aventure, à l'instar du célèbre Long John Silver de "L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson (1882).
Le pirate Long John Silver dessiné par Alberto Belmonte (© Alberto Belmonte)
Le pirate Long John Silver dessiné par Alberto Belmonte (© Alberto Belmonte)

Ou du Triple-Patte de la bande dessinée belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier.

Les pirates Barbe-Rouge, Éric, Baba et Triple-patte, de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier
Les pirates Barbe-Rouge, Éric, Baba et Triple-Patte, de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier

Et caricaturé par Albert Uderzo et René Goscinny dans Astérix à partir de 1962.

Le pirate Triple-patte caricaturé par Albert Uderzo dans "Astérix", à partir de 1962, d'après le personnage de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier

Sources : www.expressio.fr et www.medecine-des-arts.com

"Lucky Luke".

Le joueur de football international français Bruno Bellone

Il s'agit du surnom de l'ancien joueur de football international français Bruno Bellone, né le 14 mars 1962.

Évoluant au poste d'ailier gauche du début des années 1980 au début des années 1990, cet attaquant était surnommé "Lucky Luke" en référence à sa rapidité de tir, digne de celle du héros de Morris ; un surnom dont le journaliste Didier Roustan serait à l'origine.

Le joueur de football international français Bruno Bellone

Formé à l'AS Monaco, il y effectue l'essentiel de sa carrière, de 1980 à 1987, et remporte avec elle le championnat de France en 1982 et la Coupe de France en 1985.

Il joue ensuite encore trois saisons à l'AS Cannes et au Montpellier PSC, avant de terminer précocément sa carrière, à seulement 28 ans, pour cause de blessure (deux fractures consécutives de la cheville gauche).

Le joueur de football international français Bruno Bellone

Équipe de France

Il dispute son premier match avec l'équipe de France le 14 octobre 1981, contre l'Irlande, à seulement 19 ans et 7 mois.

Le joueur de football international français Bruno Bellone

Il compte 34 sélections et a participé aux trois épopées glorieuses de l'équipe de France (Coupe du monde 1982 et 1986, Euro 1984). Il remporte avec la sélection le championnat d'Europe 1984, et il termine quatrième de la Coupe du monde 1982 et troisième de l'édition 1986.

Bien que rarement titulaire chez les Bleus, il reste dans les mémoires pour ses deux buts inscrits sous le maillot tricolore :

  • le second but de la victoire deux à zéro contre l'Espagne, en finale de l'Euro 1984,
  • ainsi que pour son tir au but chanceux (le ballon a rebondi sur le poteau, puis sur le dos du gardien) contre le Brésil en quart de finale du Mondial 1986.

Anecdote surprenante :

La voiture de la princesse Grace de Monaco a atterri sur le parking de sa villa, le 13 septembre 1982 !

Absent au moment du drame, Bruno Bellone, alors âgé de 20 ans, jouait à l'époque à l'AS Monaco et était colocataire de la maison sur le parking de laquelle la voiture de la princesse s'est écrasée, après avoir quitté la route.

La corniche d'où la voiture de la princesse Grace de Monaco a plongé dans le vide, sur la route de la Turbie, le 13 septembre 1982, pour atterrir sur le parking de la villa loué par le jeune joueur de football international français Bruno Bellone

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un cow-boy" ou "Un cowboy" et "Des cow-boys" ou "Des cowboys" ?

"Un bouvier" ou "un vacher" (""un cowboy")

Et pas simplement, en français : "Un bouvier" ou "Un vacher" !

Et : "Des bouviers" ou "Des vachers" !

Ces personnages essentiels de la légende de l'Ouest états-unien avaient en effet pour principale fonction de garder et d'acheminer à cheval des troupeaux principalement constitués de boeufs et et de vaches.

"Un bouvier" ou "un vacher" (""un cowboy")

Quels sont les prénoms de Tanguy et Laverdure ?

Réponse
« Michel Tanguy et Ernest Laverdure ! »

Michel Tanguy et Ernest Laverdure

Ces deux pilotes de chasse français sont apparus :

"L'école des aigles" (1961), premier album de la série de bande dessinée franco-belge "Tanguy et laverdure", créée en 1959 par Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier
"L'école des aigles" (1961), premier album de la série de bande dessinée franco-belge "Tanguy et laverdure", créée en 1959 par Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier
  • dans la série de bande dessinée franco-belge "Tanguy et Laverdure", créée le 29 octobre 1959, dans le numéro 1 du journal "Pilote", par le scénariste belge Jean-Michel Charlier (par ailleurs co-créateur de "Barbe Rouge", "Blueberry", "Buck Danny" et tant d'autres) et le dessinateur français Albert Uderzo (par ailleurs co-créateur, le même jour, de la série de bande dessinée française "Astérix le Gaulois", avec son complice René Goscinny).

Puis reprise par de nombreux dessinateurs :

    • Jijé (1968),
    • Patrick Serres (1982),
    • Al Coutelis (1988),
    • Yvan Fernandez (2002),
    • Renaud Garreta (2005),
    • Frédéric Toublanc (2015)
    • Julien Lepelletier (2015),
    • Sébastien Philippe (2015)
    • et Matthieu Durand (2016).

Les acteurs français Jacques Santi (Michel Tanguy) et Christian Marin (Ernest laverdure), dans le feuilleton télévisé "Les chevaliers du ciel"

Source : wikipedia.org

"Antagonique", "Antagoniste" et "Un antagoniste".

"Antagonique" et "Antagoniste" sont deux adjectifs paronymiques du registre soutenu aux significations proches mais dont on ne peut pas dire qu'ils sont parfaitement synonymes :

  • "Antagonique" signifie en effet uniquement : en antagonisme, opposé, agissant en sens contraire.

On dit par exemple : "Le patronat et les syndicats ont naturellement des intérêts antagoniques".

  • tandis que "Antagoniste" signifie tout à la fois :
    • opposé, rival, adversaire, ennemi ; personnes s'opposant dans une lutte idéologique, dans un conflit,

On dit par exemple : "Lucky-Luke et les Dalton sont personnages antagonistes".

    • en anatomie et myologie : en opposition fonctionnelle, pour des organes et notamment des muscles (voir plus bas),

On dit par exemple : "L'homme possède des muscles antagonistes".

    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule, pour une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire.
  • Enfin, le substantif "Un antagoniste" désigne lui :
    • dans le théâtre grec antique, et par extension dans d'autres arts du récit comme la littérature, la bande dessinée ou le cinéma : un personnage, un groupe de personnages, ou une institution, représentant l'opposition du protagoniste. En d'autres termes : une personne, ou un groupe de personnes s'opposant au(x) personnage(s) principal/principaux.

Par exemple, lorsqu'un héros combat, d'une manière ou d'une autre, un méchant, celui-ci est l'antagoniste du héros, qui est le protagoniste.

L'antagoniste peut également représenter une menace ou un obstacle au personnage principal.

On dit par exemple : "Les frères Dalton sont les antagonistes de nombreux albums de Lucky-Luke".

    • en anatomie et myologie : un muscle ou un groupe de muscles s'opposant au mouvement créé par les agonistes. Lorsqu'un muscle travaille, le muscle opposé ne travaille pas, sinon il empêcherait le mouvement de se produire, car les deux muscles se compenseraient. Lors d'un effort musculaire, le muscle agoniste est celui qui se contracte, et le muscle antagoniste celui qui s'étire en réaction à cette contraction. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste,
    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire et bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

Le prénom et l'origine du nom de "Monsieur De Mesmaeker".

Monsieur De Mesmaeker (mess-ma-ker) est ce personnage de riche homme d'affaires qui doit signer d'importants contrats avec le Journal de Spirou, sans jamais y parvenir dans les aventures de "Gaston Lagaffe".

Monsieur de Mesmaecker fou furieux jetant en l'air les contrats, au grand désespoir de Prunelle
Monsieur de Mesmaecker fou furieux jetant en l'air les contrats, au grand désespoir de Prunelle

Son nom

Et son nom ne constitue nullement un jeu de mots en anglais comme certains le croient parfois ; "mess maker" (mees-mè-keur) signifiant "fouteur de paigaille". Cela n'est qu'une simple coïncidence ; ce qualificatif ne correspondant d'ailleurs aucunement à son rôle dans la série, le fauteur de trouble étant plutôt Gaston, bien sûr !

"Mesmaeker" est un patronyme flamand courant signifiant "Coutelier" en néerlandais. Le "De" n'est pas une particule nobiliaire, mais un article, le nom entier "De Mesmaeker" signifiant "Le coutelier".

Il s'agit du nom de famille de Jidéhem, alias Jean De Mesmaeker, l'assistant de Franquin pendant plus de 400 gags de la série "Gaston Lagaffe".

Le dessinateur et scénariste belge Jean de Mesmaeker, plus connu sous son nom de plume de Jidéhem

Celui-ci avait en effet remarqué que le personnage - récemment apparu, le 17 mars 1960, dans un gag où il n'était pas nommé - ressemblait beaucoup à son père, ce qui décida Franquin à lui donner ce nom.

Le pauvre véritable M. De Mesmaeker étant commercial dans la vraie vie, il lui fut de plus en plus difficile de se faire prendre au sérieux au moment de la signature de contrats, à cause de la popularité croissante de Gaston.

Son prénom

Son prénom, Aimé, n'apparaît que tardivement dans la série, en 1979.

Son rôle : signer "les contrats" !

On ignore tout de la teneur des fameux contrats que De Mesmaeker doit signer avec le journal. Franquin lui-même n'en savait rien, et cela n'a finalement aucune importance puisqu'ils ne sont qu'un prétexte à gags récurrents. On comprend simplement, en voyant l'énergie déployée par Fantasio, Boulier puis Prunelle, que ces contrats sont très importants pour l'avenir du Journal de Spirou. Ils le sont sans doute aussi pour De Mesmaeker, qui revient inlassablement tenter de les signer, alors qu'il quitte le plus souvent les locaux de Spirou dans une violente colère.

À chaque fois qu'il se rend à Spirou pour le signer avec Fantasio puis Prunelle ou, de très rares fois, M. Boulier ou M. Dupuis, une gaffe ou invention de Gaston gâche la signature du contrat. Gaston est pourtant de bonne volonté, mais même ses tentatives pour aider à la signature font capoter l'affaire. Il parvient à faire signer les contrats lui-même en l'absence de ses collègues, mais en se trompant de document. Finalement, la signature des contrats aura échoué à tous les stades : souvent au moment de la signature, mais parfois avant (dans certains gags, De Mesmaeker n'arrive même pas dans les locaux du journal). Il est même arrivé que les contrats soient signés mais détruits ensuite involontairement par Gaston, mais surtout par De Mesmaeker qui les déchire quand il est en colère (en général à cause de Gaston). La signature échoue même hors des locaux de Spirou ou en l'absence de Gaston.

En plus de faire capoter la signature des contrats, les bévues de Gaston ont également comme fréquent effet secondaire de susciter l'ire des locataires des bureaux voisins, MM. Ducran et Lapoigne, deux ingénieurs des travaux publics, taillés comme des piliers de rugby et fort peu diplomates. Il n'est pas rare que leur courroux retombe par erreur sur M. De Mesmaeker alors que c'est Gaston la cause de tous leurs maux. Il est aussi arrivé plusieurs fois que De Mesmaeker soit interpelé par la police suite à une gaffe de Gaston.

Les seuls contrats que De Mesmaeker réussit à passer sont pour deux inventions de Gaston : une première fois pour la recette de sa "chicken soup" (Gaston R3 "Gare aux gaffes du gars gonflé", p. 28) et une seconde pour son horloge en forme de capsule Apollo, qui est d'ailleurs défectueuse (Gaston 8 "Lagaffe nous gâte", p. 59).

Monsieur de Mesmaeker par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)
Monsieur de Mesmaeker par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)

Personnalité

De Mesmaeker est un riche homme d'affaires, d'aspect sévère et imposant. Il dirige une entreprise dont on ignore l'activité exacte, si ce n'est qu'elle fait des "affaires en gros" et qu'il emploie au moins une secrétaire à la chevelure rebelle et au nez pointu, Mademoiselle Kiglouss, qui, comme son nom l'indique glousse à chaque fois qu'elle prend la parole.

Il est visiblement fortuné, il s'offre un jet privé, fume le cigare, et semble nourrir une passion pour les belles automobiles américaines, qui servent de prétexte à de nombreux gags, comme sa Ford Mustang servant de cible à la mouette rieuse de Gaston. C'est aussi un amateur de vins de Bordeaux millésimés.

De Mesmaeker est connu pour son tempérament explosif, à la fois colérique et agressif durant les tentatives ratées de signer des contrats au Journal de Spirou. Persévérant, De Mesmaeker se montre de plus en plus méfiant au fil des épisodes, se demandant quel événement fâcheux fait échouer la signature. Il en devient paranoïaque, persuadé que les gaffes de Gaston Lagaffe sont des coups montés contre lui. La moindre anomalie lui apparaît comme une provocation de la part du Journal de Spirou et la seule vision de Gaston provoque son exaspération.

Toutefois, il lui arrive de faire preuve d'un caractère plus tendre en de rares occasions, en affichant son goût pour le théâtre de marionnettes ou en s'amusant devant une facétie du chat de Gaston. Ces bonnes dispositions ne durent jamais bien longtemps, une gaffe se chargeant de faire revenir le naturel orageux au galop.

On en sait peu sur sa vie privée. Il a une femme, visible dans un gag,10 et au moins deux filles, dont l'aînée ne roule qu'en Alfa Romeo.

Apparitions hors albums de "Gaston Lagaffe"

  • Monsieur De Mesmaeker apparaît à deux reprises dans la série "Spirou et Fantasio" :
    • dans l'extraordinaire histoire "Bravo les Brothers", dessinée par Franquin en 1965 et reprise en 1969 dans l'album "Panade à Champignac", avant de paraître seule, en 2012 et en 2015.

L'album de Spirou et Fantasio "Bravo les Brothers" par André Franquin, sorti en 2012

    • Puis, beaucoup plus tard, en 2015, dans "La colère du marsupilami", de Yoann et Vehlmann, le 55e album de la série, qui marque le retour du personnage du Marsupilami, dont la dernière apparition datait de l'épisode "Le faiseur d'or", publié en 1969 dans "Spirou" et sorti en album en 1970.

"La colère du marsupilami", 55e album des aventures de "Spirou et Fantasio", par Yoan et Vehlmann (2015)

  • Mais on le voit également, en 1969, dans l'album "Tonton Placide" de la série "Benoit Brisefer", créée par Peyo et Walthéry.

"Tonton Placide", le 4e album des aventures de "Benoît Brisefer", par Peyo et Walthéry (1969)

Une drogue absorbée par les voyageurs d'un train les oblige à jeter leurs valises par la fenêtre et, parmi ces derniers, figure De Mesmaeker, furieux car les contrats signés se trouvent dans sa valise.

Source : wikipedia.org

"Jidéhem".

Le dessinateur et scénariste belge Jean de Mesmaeker, plus connu sous son nom de plume de Jidéhem

Il s'agit du nom de plume du dessinateur et scénariste belge Jean De Mesmaecker, né le 21 décembre 1935 et mort le 30 avril 2017.

Jidéhem signait sous ce pseudonyme créé à partir des initiales de son patronyme : Jean De Mesmaeker, un nom naturellement bien connu des lecteurs de "Gaston Lagaffe".

Lorsque André Franquin créa, le 17 mars 1960, le personnage d’un homme d’affaires acariâtre ne parvenant jamais à faire signer ses contrats, il lui donna, en effet, le nom de De Mesmaeker, son assistant, Jidéhem, ayant remarqué qu’il ressemblait à son propre père, qui exerçait le métier de commercial. Son apport à la bande dessinée franco-belge ne se limite cependant pas à cette amusante anecdote.

Monsieur de Mesmaeker par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)
Monsieur De Mesmaeker dessiné par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)

Car  Jidéhem fut bien davantage qu’un très précieux collaborateur de Franquin : un auteur à part entière, qui a fait l’essentiel de sa carrière dans l'hebdomadaire belge "Spirou".

Jean De Mesmaeker apprend à dessiner, enfant, en recopiant des aventures de Tintin, avant de suivre les cours de l’Institut Saint-Luc, l’une des écoles d’art belges les plus réputées.

"Ginger"

Très admiratif de Maurice Tillieux, il s’inspire alors de son personnage de "Félix" pour créer une série policière dont le héros est un détective privé du nom de "Ginger".

N°27 de la 12e année (1955) de l'hebdomadaire belge "Héroïc-Albums", avec en couverture "La mort et les 4 petits copains", une aventure de "Ginger", par Jidéhem
N°27 de la 12e année (1955) de l'hebdomadaire belge "Héroïc-Albums", avec en couverture "La mort et les 4 petits copains", une aventure de "Ginger", par Jidéhem

Le premier épisode est publié en 1954, alors qu’il n’a pas encore 20 ans, en quatrième de couverture du journal Héroïc-Albums, dirigé par Fernand Cheneval. La disparition de ce magazine, deux ans plus tard, interrompra par la même occasion les aventures de "Ginger". Jidéhem attendra plus de deux décennies pour les reprendre, en 1979, dans Spirou.

Page 4 de couverture de la série d'albums de bande dessinée belges "Ginger" par Jidéhem

Assistant de Franquin

André Franquin, le père du marsupilami et de Gaston Lagaffe

En 1956, Charles Dupuis, le patron du magazine de Marcinelle (banlieue de Charleroi), l’envoie chez André Franquin qui, débordé par ses multiples séries ("Spirou et Fantasio", "Gaston Lagaffe" et "Modeste et Pompon") a besoin d’un assistant.

Jean de Mesmaeker (Jidéhem) et André Franquin, au début des années 1960
Jean de Mesmaeker (Jidéhem) et André Franquin, au début des années 1960

"Starter"

En 1957, André Franquin lui confie la chronique automobile qu’il tient dans Spirou avec le journaliste sportif Jacques Wauters (qui l'a lancée en 1952) à travers le personnage de "Starter", un jeune mécano-pilote proposant des "essais voiture" à des lecteurs n’ayant pourtant pas l’âge d’avoir le permis de conduire; que Franquin a créé graphiquement en 1956.

"Starter 1963" : un recueil des chroniques et essais automobiles "Starter" parues dans l'hebdomadaire belge "Spirou", publié en 1962
"Starter 1963" : un recueil des chroniques et essais automobiles "Starter" parues dans l'hebdomadaire belge "Spirou", publié en 1962
Starter en Fiat Dino, en couverture du n°1556 de Spirou du 8 février 1968
Starter en Fiat Dino, en couverture du n°1556 de Spirou du 8 février 1968

Jidéhem animera la rubrique jusqu'en 1978, illustrant 700 essais ou reportages.

Un fou de bagnoles

Qu’elle soit sportive, familiale ou utilitaire, Jidéhem aimait la voiture sous toutes ses formes. Combien en dessina-t-il tout au long de sa carrière ? Difficile à dire, mais probablement plusieurs milliers. A celles auxquelles il consacra des illustrations dans les pages du journal "Spirou", il convient en effet ajouter toutes celles qu’il glissa dans les planches d’autres dessinateurs, et tout particulièrement André Franquin, en tant qu’assistant spécialisé dans les décors. Ceci étant, les repérer n’était pas difficile : qu’il s’agisse ou non de modèles existants, les bagnoles "à la Jidéhem" se reconnaissaient immédiatement par leurs courbes élégantes et l’impression de dynamisme qui se dégageait d’elles.

Spirou, Spip et le marsupilami, dans la Turbotraction, par André Franquin et Jidéhem

Bras droit de Franquin pour "Gaston Lagaffe"

Même si le style de Jidéhem est plus proche de celui de Tillieux que du sien, Franquin a acquis une grande confiance en ce collaborateur discret, au point d’envisager de lui abandonner Gaston, ce qu’il ne fera pas.

Deuxième album demi-format de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe" (1963)
Deuxième album demi-format de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe" (1963)

Jidéhem se contentera d’aider son mentor pour les décors, mais aussi dans la mise en place des personnages et dans le scénario. Plus de 400 gags de Lagaffe seront ainsi codessinés par Franquin et Jidéhem jusqu’en 1968.

"Gala de gaffes à gogo", album R1 de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe", dessiné par André Franquin avec des décors de Jidéhem, et reprenant les albums demi-format 1 ("Gala de gaffes") et 2 ("Gaffes à gogo")
"Gala de gaffes à gogo", album R1 de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe", dessiné par André Franquin avec des décors de Jidéhem, et reprenant les albums demi-format 1 ("Gala de gaffes") et 2 ("Gaffes à gogo")

Et pour "Spirou et Fantasio"

Plus indispensable que jamais, l’assistant sera également mobilisé, à la même époque, sur "Les Aventures de Spirou et Fantasio", dont il réalisera les décors de nombreux albums cultes tels que "Le nid des marsupilamis" (1960), "Le Voyageur du Mésozoïque" (1960), "Z comme Zorglub" (1961) ou "QRN sur Bretzelburg" (1966).

Sollicité par d’autres dessinateurs pour des décors, comme Roba pour "La Ribambelle" ou Walthéry pour "Natacha", Jidéhem parviendra néanmoins à dépasser son statut de "super-assistant".

"Sophie"

Alors qu’il a beaucoup misé sur "Starter", qui vit ses propres histoires en marge de ses chroniques automobiles, celui-ci va se faire voler la vedette par un personnage secondaire, une petite fille prénommée "Sophie", comme la propre fille de l’auteur, apparue subrepticement dans "L’oeuf de Karamazout", en 1964.

Son principal trait de caractère, la malice, lui est d’un précieux secours pour déjouer les projets d’affreuses crapules s’intéressant de trop près aux prototypes de son papa inventeur. Vingt et un albums suivront, jusqu’en 1995. Jidéhem s’éloignera alors progressivement d’une bande dessinée franco-belge en mal de renouvellement, dont il fut l’un des plus précieux artisans.

"Ginger" et "Sophie" par Jidéhem
"Ginger" et "Sophie"
Sophie, Ginger, Véraline, Starter et Pipette: les personnages du dessinateur belge Jidéhem
Sophie, Ginger, Véraline, Starter et Pipette

Sources : wikipedia.org et wwww.lemonde.fr

"Couic !".

Onomatopée francophone évoquant le son d'un découpage, qu'il s'agisse d'un papier à l'aide d'une paire de ciseaux, d'une haie à l'aide d'un sécateur, ou d'une tête à l'aide d'un instrument tranchant.

C'est également le mot que prononce une personne lorsqu'elle veut signifier à quelqu'un qu'il sera puni de mort pour ce qu'il vient de faire ; l'onomatopée s'accompagnant d'un geste de la main - poing serré, pouce sorti - imitant un égorgement au couteau.

"Une victoire à la Pyrrhus".

Cette locution nominale du registre soutenu désigne : une victoire chèrement acquise, obtenue au prix de terribles pertes pour le vainqueur.

Cette expression fait allusion au roi d'Épire Pyrrhus Ier, dont l'armée remporta en Italie deux grandes victoires contre les Romains.

Buste du roi d'Épire Pyrrhus 1er

D'abord en 280 av. J.-C., à la bataille d'Héraclée (aujourd'hui Policoro (Basilicate)(Italie)) et la seconde à la bataille d'Ausculum (aujourd'hui Ascoli Satriano (Pouilles)(Italie)) en 279 av. J.-C..

Les deux s'avérant formidablement coûteuses en vies humaines, le souverain aurait déclaré : "Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus" ou "Si nous devons remporter une autre victoire comme celle-ci, je rentrerai seul en Épire".

Nota bene : Pyrrhus Ier a régné sur l'Épire (le "continent" en grec), région historique et montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l'Albanie, de 306 à 272.

Localisation du royaume d'Épire, région historique et montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l'Albanie

Il ne saurait donc, bien évidemment, être confondu avec Pyrrhus II, son petit-fils !

Fils d'Alexandre II d'Épire, Pyrrhus II fut en effet également roi, à la suite de son grand-père et de son père, mais de 242 à 234 av. J.-C.

Je sais bien que vous vous en souveniez parfaitement, mais si - par extraordinaire - l'un d'entre vous l'avait oublié, ce petit rappel aura pu lui être utile.

Souvenir personnel

"La zizanie", le 15e album d'Astérix, publié en 1970 par les géniaux Albert Uderzo et René Goscinny

Comme tous les enfants de mon âge, j'imagine, j'ai découvert cette superbe expression en 1970, dans le 15e album d'Astérix, "La zizanie", grâce aux géniaux René Goscinny et Albert Uderzo.

Le garde-chiurme romain Victoiralapirus, sur la galère qui amène en Armorique Tullius Détritus, le 'stratège chargé par César de semer le désordre dans le célèbre village gaulois

"Victoiralipirus" est en effet le nom de l'un des garde-chiourme du navire romain conduisant en Gaulle, Tullius Détritus, le stratège chargé par César de semer le désordre dans le célèbre village gaulois.

Tullius Détritus, le stratège chargé par César de semer le désordre dans le célèbre village gaulois

Source : wikipedia.org

"Kent", "Kent Hutchinson" et "Kent Cokenstock"".

Le chanteur et écrivain français Kent

Il s'agit des noms de scène et noms de plume du chanteur, dessinateur et écrivain français Hervé Despesse, né 31 mars 1957.

Il est le cofondateur, en 1975, à Lyon (69), du groupe punk français Starshooter, dont il était le chanteur et guitariste.

Le groupe punk lyonnais Starshooter (1975-1982)
Le groupe punk lyonnais Starshooter (1975-1982)

À la séparation du groupe, en 1982, il enregistre le premier de ses 16 albums (à ce jour) : "Amours propres".

Le premier 33 tours solo du chanteur français Kent (1982)
Le premier 33 tours solo du chanteur français Kent (1982)

À titre personnel, je garde un excellent souvenir de sa chanson "J'aime un pays", enregistrée en 1990. Extrait du disque "À nos amours", elle constitue une alternative à "La Marseillaise".

Kent a également écrit et dessiné six albums de bande dessinée entre 1982 et 1986. Le titre du premier d'entre eux - "Sales amours" - constitue naturellement un clin d'oeil au titre de son premier 33 tours paru la même année ("Amours propres").

"Sales amours" premier album de bande dessinée, écrit et dessiné en 1982 par le chanteur Kent
"Sales amours" premier album de bande dessinée, écrit et dessiné en 1982 par le chanteur Kent

Il est également l'auteur de huit romans, parus entre 1989 et 2019.

"Peine perdue", le huitième roman du chanteur Kent, paru en 2019
"Peine perdue", le huitième roman du chanteur Kent, paru en 2019

Ainsi que de la chanson "Juste quelqu'un de bien", élue meilleure chanson de l'année en 1994 et interprétée par la chanteuse française Enzo Enzo, avec laquelle il a enregistré l'album "Enfin seuls !" en 1997.

Source : wikipedia.org