"Antagonique", "Antagoniste" et "Un antagoniste".

"Antagonique" et "Antagoniste" sont deux adjectifs paronymiques du registre soutenu aux significations proches mais dont on ne peut pas dire qu'ils sont parfaitement synonymes :

  • "Antagonique" signifie en effet uniquement : en antagonisme, opposé, agissant en sens contraire.

On dit par exemple : "Le patronat et les syndicats ont naturellement des intérêts antagoniques".

  • tandis que "Antagoniste" signifie tout à la fois :
    • opposé, rival, adversaire, ennemi ; personnes s'opposant dans une lutte idéologique, dans un conflit,

On dit par exemple : "Lucky-Luke et les Dalton sont personnages antagonistes".

    • en anatomie et myologie : en opposition fonctionnelle, pour des organes et notamment des muscles (voir plus bas),

On dit par exemple : "L'homme possède des muscles antagonistes".

    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule, pour une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire.
  • Enfin, le substantif "Un antagoniste" désigne lui :
    • dans le théâtre grec antique, et par extension dans d'autres arts du récit comme la littérature, la bande dessinée ou le cinéma : un personnage, un groupe de personnages, ou une institution, représentant l'opposition du protagoniste. En d'autres termes : une personne, ou un groupe de personnes s'opposant au(x) personnage(s) principal/principaux.

Par exemple, lorsqu'un héros combat, d'une manière ou d'une autre, un méchant, celui-ci est l'antagoniste du héros, qui est le protagoniste.

L'antagoniste peut également représenter une menace ou un obstacle au personnage principal.

On dit par exemple : "Les frères Dalton sont les antagonistes de nombreux albums de Lucky-Luke".

    • en anatomie et myologie : un muscle ou un groupe de muscles s'opposant au mouvement créé par les agonistes. Lorsqu'un muscle travaille, le muscle opposé ne travaille pas, sinon il empêcherait le mouvement de se produire, car les deux muscles se compenseraient. Lors d'un effort musculaire, le muscle agoniste est celui qui se contracte, et le muscle antagoniste celui qui s'étire en réaction à cette contraction. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste,
    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire et bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

Le prénom et l'origine du nom de "Monsieur De Mesmaeker".

Monsieur De Mesmaeker (mess-ma-ker) est ce personnage de riche homme d'affaires qui doit signer d'importants contrats avec le Journal de Spirou, sans jamais y parvenir dans les aventures de "Gaston Lagaffe".

Monsieur de Mesmaecker fou furieux jetant en l'air les contrats, au grand désespoir de Prunelle
Monsieur de Mesmaecker fou furieux jetant en l'air les contrats, au grand désespoir de Prunelle

Son nom

Et son nom ne constitue nullement un jeu de mots en anglais comme certains le croient parfois ; "mess maker" (mees-mè-keur) signifiant "fouteur de paigaille". Cela n'est qu'une simple coïncidence ; ce qualificatif ne correspondant d'ailleurs aucunement à son rôle dans la série, le fauteur de trouble étant plutôt Gaston, bien sûr !

"Mesmaeker" est un patronyme flamand courant signifiant "Coutelier" en néerlandais. Le "De" n'est pas une particule nobiliaire, mais un article, le nom entier "De Mesmaeker" signifiant "Le coutelier".

Il s'agit du nom de famille de Jidéhem, alias Jean De Mesmaeker, l'assistant de Franquin pendant plus de 400 gags de la série "Gaston Lagaffe".

Le dessinateur et scénariste belge Jean de Mesmaeker, plus connu sous son nom de plume de Jidéhem

Celui-ci avait en effet remarqué que le personnage - récemment apparu, le 17 mars 1960, dans un gag où il n'était pas nommé - ressemblait beaucoup à son père, ce qui décida Franquin à lui donner ce nom.

Le pauvre véritable M. De Mesmaeker étant commercial dans la vraie vie, il lui fut de plus en plus difficile de se faire prendre au sérieux au moment de la signature de contrats, à cause de la popularité croissante de Gaston.

Son prénom

Son prénom, André, n'apparaît que tardivement dans la série, en 1979.

Son rôle : signer "les contrats" !

On ignore tout de la teneur des fameux contrats que De Mesmaeker doit signer avec le journal. Franquin lui-même n'en savait rien, et cela n'a finalement aucune importance puisqu'ils ne sont qu'un prétexte à gags récurrents. On comprend simplement, en voyant l'énergie déployée par Fantasio, Boulier puis Prunelle, que ces contrats sont très importants pour l'avenir du Journal de Spirou. Ils le sont sans doute aussi pour De Mesmaeker, qui revient inlassablement tenter de les signer, alors qu'il quitte le plus souvent les locaux de Spirou dans une violente colère.

À chaque fois qu'il se rend à Spirou pour le signer avec Fantasio puis Prunelle ou, de très rares fois, M. Boulier ou M. Dupuis, une gaffe ou invention de Gaston gâche la signature du contrat. Gaston est pourtant de bonne volonté, mais même ses tentatives pour aider à la signature font capoter l'affaire. Il parvient à faire signer les contrats lui-même en l'absence de ses collègues, mais en se trompant de document. Finalement, la signature des contrats aura échoué à tous les stades : souvent au moment de la signature, mais parfois avant (dans certains gags, De Mesmaeker n'arrive même pas dans les locaux du journal). Il est même arrivé que les contrats soient signés mais détruits ensuite involontairement par Gaston, mais surtout par De Mesmaeker qui les déchire quand il est en colère (en général à cause de Gaston). La signature échoue même hors des locaux de Spirou ou en l'absence de Gaston.

En plus de faire capoter la signature des contrats, les bévues de Gaston ont également comme fréquent effet secondaire de susciter l'ire des locataires des bureaux voisins, MM. Ducran et Lapoigne, deux ingénieurs des travaux publics, taillés comme des piliers de rugby et fort peu diplomates. Il n'est pas rare que leur courroux retombe par erreur sur M. De Mesmaeker alors que c'est Gaston la cause de tous leurs maux. Il est aussi arrivé plusieurs fois que De Mesmaeker soit interpelé par la police suite à une gaffe de Gaston.

Les seuls contrats que De Mesmaeker réussit à passer sont pour deux inventions de Gaston : une première fois pour la recette de sa "chicken soup" (Gaston R3 "Gare aux gaffes du gars gonflé", p. 28) et une seconde pour son horloge en forme de capsule Apollo, qui est d'ailleurs défectueuse (Gaston 8 "Lagaffe nous gâte", p. 59).

Monsieur de Mesmaeker par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)
Monsieur de Mesmaeker par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)

Personnalité

De Mesmaeker est un riche homme d'affaires, d'aspect sévère et imposant. Il dirige une entreprise dont on ignore l'activité exacte, si ce n'est qu'elle fait des "affaires en gros" et qu'il emploie au moins une secrétaire à la chevelure rebelle et au nez pointu, Mademoiselle Kiglouss, qui, comme son nom l'indique glousse à chaque fois qu'elle prend la parole.

Il est visiblement fortuné, il s'offre un jet privé, fume le cigare, et semble nourrir une passion pour les belles automobiles américaines, qui servent de prétexte à de nombreux gags, comme sa Ford Mustang servant de cible à la mouette rieuse de Gaston. C'est aussi un amateur de vins de Bordeaux millésimés.

De Mesmaeker est connu pour son tempérament explosif, à la fois colérique et agressif durant les tentatives ratées de signer des contrats au Journal de Spirou. Persévérant, De Mesmaeker se montre de plus en plus méfiant au fil des épisodes, se demandant quel événement fâcheux fait échouer la signature. Il en devient paranoïaque, persuadé que les gaffes de Gaston Lagaffe sont des coups montés contre lui. La moindre anomalie lui apparaît comme une provocation de la part du Journal de Spirou et la seule vision de Gaston provoque son exaspération.

Toutefois, il lui arrive de faire preuve d'un caractère plus tendre en de rares occasions, en affichant son goût pour le théâtre de marionnettes ou en s'amusant devant une facétie du chat de Gaston. Ces bonnes dispositions ne durent jamais bien longtemps, une gaffe se chargeant de faire revenir le naturel orageux au galop.

On en sait peu sur sa vie privée. Il a une femme, visible dans un gag,10 et au moins deux filles, dont l'aînée ne roule qu'en Alfa Romeo.

Apparitions hors albums de "Gaston Lagaffe"

  • Monsieur De Mesmaeker apparaît à deux reprises dans la série "Spirou et Fantasio" :
    • dans l'extraordinaire histoire "Bravo les Brothers", dessinée par Franquin en 1965 et reprise en 1969 dans l'album "Panade à Champignac", avant de paraître seule, en 2012 et en 2015.

L'album de Spirou et Fantasio "Bravo les Brothers" par André Franquin, sorti en 2012

    • Puis, beaucoup plus tard, en 2015, dans "La colère du marsupilami", de Yoann et Vehlmann, le 55e album de la série, qui marque le retour du personnage du Marsupilami, dont la dernière apparition datait de l'épisode "Le faiseur d'or", publié en 1969 dans "Spirou" et sorti en album en 1970.

"La colère du marsupilami", 55e album des aventures de "Spirou et Fantasio", par Yoan et Vehlmann (2015)

  • Mais on le voit également, en 1969, dans l'album "Tonton Placide" de la série "Benoit Brisefer", créée par Peyo et Walthéry.

"Tonton Placide", le 4e album des aventures de "Benoît Brisefer", par Peyo et Walthéry (1969)

Une drogue absorbée par les voyageurs d'un train les oblige à jeter leurs valises par la fenêtre et, parmi ces derniers, figure De Mesmaeker, furieux car les contrats signés se trouvent dans sa valise.

Source : wikipedia.org

"Jidéhem".

Le dessinateur et scénariste belge Jean de Mesmaeker, plus connu sous son nom de plume de Jidéhem

Il s'agit du nom de plume du dessinateur et scénariste belge Jean De Mesmaecker, né le 21 décembre 1935 et mort le 30 avril 2017.

Jidéhem signait sous ce pseudonyme créé à partir des initiales de son patronyme : Jean De Mesmaeker, un nom naturellement bien connu des lecteurs de "Gaston Lagaffe".

Lorsque André Franquin créa, le 17 mars 1960, le personnage d’un homme d’affaires acariâtre ne parvenant jamais à faire signer ses contrats, il lui donna, en effet, le nom de De Mesmaeker, son assistant, Jidéhem, ayant remarqué qu’il ressemblait à son propre père, qui exerçait le métier de commercial. Son apport à la bande dessinée franco-belge ne se limite cependant pas à cette amusante anecdote.

Monsieur de Mesmaeker par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)
Monsieur De Mesmaeker dessiné par Jidéhem (Jean De Mesmaeker)

Car  Jidéhem fut bien davantage qu’un très précieux collaborateur de Franquin : un auteur à part entière, qui a fait l’essentiel de sa carrière dans l'hebdomadaire belge "Spirou".

Jean De Mesmaeker apprend à dessiner, enfant, en recopiant des aventures de Tintin, avant de suivre les cours de l’Institut Saint-Luc, l’une des écoles d’art belges les plus réputées.

"Ginger"

Très admiratif de Maurice Tillieux, il s’inspire alors de son personnage de "Félix" pour créer une série policière dont le héros est un détective privé du nom de "Ginger".

N°27 de la 12e année (1955) de l'hebdomadaire belge "Héroïc-Albums", avec en couverture "La mort et les 4 petits copains", une aventure de "Ginger", par Jidéhem
N°27 de la 12e année (1955) de l'hebdomadaire belge "Héroïc-Albums", avec en couverture "La mort et les 4 petits copains", une aventure de "Ginger", par Jidéhem

Le premier épisode est publié en 1954, alors qu’il n’a pas encore 20 ans, en quatrième de couverture du journal Héroïc-Albums, dirigé par Fernand Cheneval. La disparition de ce magazine, deux ans plus tard, interrompra par la même occasion les aventures de "Ginger". Jidéhem attendra plus de deux décennies pour les reprendre, en 1979, dans Spirou.

Page 4 de couverture de la série d'albums de bande dessinée belges "Ginger" par Jidéhem

Assistant de Franquin

André Franquin, le père du marsupilami et de Gaston Lagaffe

En 1956, Charles Dupuis, le patron du magazine de Marcinelle (banlieue de Charleroi), l’envoie chez André Franquin qui, débordé par ses multiples séries ("Spirou et Fantasio", "Gaston Lagaffe" et "Modeste et Pompon") a besoin d’un assistant.

Jean de Mesmaeker (Jidéhem) et André Franquin, au début des années 1960
Jean de Mesmaeker (Jidéhem) et André Franquin, au début des années 1960

"Starter"

En 1957, André Franquin lui confie la chronique automobile qu’il tient dans Spirou avec le journaliste sportif Jacques Wauters (qui l'a lancée en 1952) à travers le personnage de "Starter", un jeune mécano-pilote proposant des "essais voiture" à des lecteurs n’ayant pourtant pas l’âge d’avoir le permis de conduire; que Franquin a créé graphiquement en 1956.

"Starter 1963" : un recueil des chroniques et essais automobiles "Starter" parues dans l'hebdomadaire belge "Spirou", publié en 1962
"Starter 1963" : un recueil des chroniques et essais automobiles "Starter" parues dans l'hebdomadaire belge "Spirou", publié en 1962
Starter en Fiat Dino, en couverture du n°1556 de Spirou du 8 février 1968
Starter en Fiat Dino, en couverture du n°1556 de Spirou du 8 février 1968

Jidéhem animera la rubrique jusqu'en 1978, illustrant 700 essais ou reportages.

Un fou de bagnoles

Qu’elle soit sportive, familiale ou utilitaire, Jidéhem aimait la voiture sous toutes ses formes. Combien en dessina-t-il tout au long de sa carrière ? Difficile à dire, mais probablement plusieurs milliers. A celles auxquelles il consacra des illustrations dans les pages du journal "Spirou", il convient en effet ajouter toutes celles qu’il glissa dans les planches d’autres dessinateurs, et tout particulièrement André Franquin, en tant qu’assistant spécialisé dans les décors. Ceci étant, les repérer n’était pas difficile : qu’il s’agisse ou non de modèles existants, les bagnoles "à la Jidéhem" se reconnaissaient immédiatement par leurs courbes élégantes et l’impression de dynamisme qui se dégageait d’elles.

Spirou, Spip et le marsupilami, dans la Turbotraction, par André Franquin et Jidéhem

Bras droit de Franquin pour "Gaston Lagaffe"

Même si le style de Jidéhem est plus proche de celui de Tillieux que du sien, Franquin a acquis une grande confiance en ce collaborateur discret, au point d’envisager de lui abandonner Gaston, ce qu’il ne fera pas.

Deuxième album demi-format de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe" (1963)
Deuxième album demi-format de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe" (1963)

Jidéhem se contentera d’aider son mentor pour les décors, mais aussi dans la mise en place des personnages et dans le scénario. Plus de 400 gags de Lagaffe seront ainsi codessinés par Franquin et Jidéhem jusqu’en 1968.

"Gala de gaffes à gogo", album R1 de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe", dessiné par André Franquin avec des décors de Jidéhem, et reprenant les albums demi-format 1 ("Gala de gaffes") et 2 ("Gaffes à gogo")
"Gala de gaffes à gogo", album R1 de la série de bande dessinée belge "Gaston Lagaffe", dessiné par André Franquin avec des décors de Jidéhem, et reprenant les albums demi-format 1 ("Gala de gaffes") et 2 ("Gaffes à gogo")

Et pour "Spirou et Fantasio"

Plus indispensable que jamais, l’assistant sera également mobilisé, à la même époque, sur "Les Aventures de Spirou et Fantasio", dont il réalisera les décors de nombreux albums cultes tels que "Le nid des marsupilamis" (1960), "Le Voyageur du Mésozoïque" (1960), "Z comme Zorglub" (1961) ou "QRN sur Bretzelburg" (1966).

Sollicité par d’autres dessinateurs pour des décors, comme Roba pour "La Ribambelle" ou Walthéry pour "Natacha", Jidéhem parviendra néanmoins à dépasser son statut de "super-assistant".

"Sophie"

Alors qu’il a beaucoup misé sur "Starter", qui vit ses propres histoires en marge de ses chroniques automobiles, celui-ci va se faire voler la vedette par un personnage secondaire, une petite fille prénommée "Sophie", comme la propre fille de l’auteur, apparue subrepticement dans "L’oeuf de Karamazout", en 1964.

Son principal trait de caractère, la malice, lui est d’un précieux secours pour déjouer les projets d’affreuses crapules s’intéressant de trop près aux prototypes de son papa inventeur. Vingt et un albums suivront, jusqu’en 1995. Jidéhem s’éloignera alors progressivement d’une bande dessinée franco-belge en mal de renouvellement, dont il fut l’un des plus précieux artisans.

"Ginger" et "Sophie" par Jidéhem
"Ginger" et "Sophie"
Sophie, Ginger, Véraline, Starter et Pipette: les personnages du dessinateur belge Jidéhem
Sophie, Ginger, Véraline, Starter et Pipette

Sources : wikipedia.org et wwww.lemonde.fr

"Couic !".

Onomatopée francophone évoquant le son d'un découpage, qu'il s'agisse d'un papier à l'aide d'une paire de ciseaux, d'une haie à l'aide d'un sécateur, ou d'une tête à l'aide d'un instrument tranchant.

C'est également le mot que prononce une personne lorsqu'elle veut signifier à quelqu'un qu'il sera puni de mort pour ce qu'il vient de faire ; l'onomatopée s'accompagnant d'un geste de la main - poing serré, pouce sorti - imitant un égorgement au couteau.

"Une victoire à la Pyrrhus".

Cette locution nominale du registre soutenu désigne : une victoire chèrement acquise, obtenue au prix de terribles pertes pour le vainqueur.

Cette expression fait allusion au roi d'Épire Pyrrhus Ier, dont l'armée remporta en Italie deux grandes victoires contre les Romains.

Buste du roi d'Épire Pyrrhus 1er

D'abord en 280 av. J.-C., à la bataille d'Héraclée (aujourd'hui Policoro (Basilicate)(Italie)) et la seconde à la bataille d'Ausculum (aujourd'hui Ascoli Satriano (Pouilles)(Italie)) en 279 av. J.-C..

Les deux s'avérant formidablement coûteuses en vies humaines, le souverain aurait déclaré : "Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus" ou "Si nous devons remporter une autre victoire comme celle-ci, je rentrerai seul en Épire".

Nota bene : Pyrrhus Ier a régné sur l'Épire (le "continent" en grec), région historique et montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l'Albanie, de 306 à 272.

Localisation du royaume d'Épire, région historique et montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l'Albanie

Il ne saurait donc, bien évidemment, être confondu avec Pyrrhus II, son petit-fils !

Fils d'Alexandre II d'Épire, Pyrrhus II fut en effet également roi, à la suite de son grand-père et de son père, mais de 242 à 234 av. J.-C.

Je sais bien que vous vous en souveniez parfaitement, mais si - par extraordinaire - l'un d'entre vous l'avait oublié, ce petit rappel aura pu lui être utile.

Souvenir personnel

"La zizanie", le 15e album d'Astérix, publié en 1970 par les géniaux Albert Uderzo et René Goscinny

Comme tous les enfants de mon âge, j'imagine, j'ai découvert cette superbe expression en 1970, dans le 15e album d'Astérix, "La zizanie", grâce aux géniaux René Goscinny et Albert Uderzo.

Le garde-chiurme romain Victoiralapirus, sur la galère qui amène en Armorique Tullius Détritus, le 'stratège chargé par César de semer le désordre dans le célèbre village gaulois

"Victoiralipirus" est en effet le nom de l'un des garde-chiourme du navire romain conduisant en Gaulle, Tullius Détritus, le stratège chargé par César de semer le désordre dans le célèbre village gaulois.

Tullius Détritus, le stratège chargé par César de semer le désordre dans le célèbre village gaulois

Source : wikipedia.org

"Kent", "Kent Hutchinson" et "Kent Cokenstock"".

Le chanteur et écrivain français Kent

Il s'agit des noms de scène et noms de plume du chanteur, dessinateur et écrivain français Hervé Despesse, né 31 mars 1957.

Il est le cofondateur, en 1975, à Lyon (69), du groupe punk français Starshooter, dont il était le chanteur et guitariste.

Le groupe punk lyonnais Starshooter (1975-1982)
Le groupe punk lyonnais Starshooter (1975-1982)

À la séparation du groupe, en 1982, il enregistre le premier de ses 16 albums (à ce jour) : "Amours propres".

Le premier 33 tours solo du chanteur français Kent (1982)
Le premier 33 tours solo du chanteur français Kent (1982)

À titre personnel, je garde un excellent souvenir de sa chanson "J'aime un pays", enregistrée en 1990. Extrait du disque "À nos amours", elle constitue une alternative à "La Marseillaise".

Kent a également écrit et dessiné six albums de bande dessinée entre 1982 et 1986. Le titre du premier d'entre eux - "Sales amours" - constitue naturellement un clin d'oeil au titre de son premier 33 tours paru la même année ("Amours propres").

"Sales amours" premier album de bande dessinée, écrit et dessiné en 1982 par le chanteur Kent
"Sales amours" premier album de bande dessinée, écrit et dessiné en 1982 par le chanteur Kent

Il est également l'auteur de huit romans, parus entre 1989 et 2019.

"Peine perdue", le huitième roman du chanteur Kent, paru en 2019
"Peine perdue", le huitième roman du chanteur Kent, paru en 2019

Ainsi que de la chanson "Juste quelqu'un de bien", élue meilleure chanson de l'année en 1994 et interprétée par la chanteuse française Enzo Enzo, avec laquelle il a enregistré l'album "Enfin seuls !" en 1997.

Source : wikipedia.org

"Dino Attanasio".

Il s'agit du nom de plume du dessinateur belge d'origine italienne Edoardo Attanasio, né le 8 mai 1925.

Appartenant à l'École de Marcinelle (ou École de Charleroi), Dino Attanasio alterne bandes dessinées humoristiques et réalistes.

Il est particulièrement connu :

  • pour sa reprise, de 1961 à 1968, de la série "Modeste et Pompon", créée par André Franquin,
  • son adaptation en bande dessinée, de 1959 à 1962, de la série de romans d'aventures d'Henri Vernes "Bob Morane", dont il illustrait les couvertures depuis l'origine.

Né à Milan (Lombardie) (Italie), Dino (diminutif italien de "Edorado") Attanasio est formé à l'Académie des Beaux-Arts et travaille, à partir de 1940, dans l'illustration puis dans le dessin animé.

En 1948, il s'installe en Belgique, avec son frère Gianni Attanasio, également dessinateur.

Il se spécialise alors dans la bande dessinée, publiant en Italie "Criche e Croc" dans Il Giornalino, en Belgique "Fanfan et Polo" (sur des scénarios de Jean-Michel Charlier puis René Goscinny) dans "La Libre junior", à partir de 1950, diverses histoires dans "Petits Belges" au cours des années 1950, "Pastis et Dynamite" pour Line, sur un scénario de Michel Greg, en 1954.

C'est entre 1957 et 1968 que Dino Attanasio connaît ses plus grands succès  :

Spaghetti le héros du dessinateur belge Dino Attanasio

  • Tout d'abord dans "Le Journal de Tintin", avec les aventures de Signor Spaghetti, une série créée avec le grand René Goscinny, qu'il dessine à partir de 1957.

Bob Morane par le dessinateur belge Dino Attanasio

  • Ensuite dans l'hebdomadaire "Femmes d'aujourd'hui", lorsqu'il adapte en bande dessinée, de 1959 à 1962, les aventures de "Bob Morane", d'après les romans dont il illustre les couvertures et les hors-textes depuis leur création, en 1953, par Henri Vernes.
Pompon, Modeste et Félix, par Dino Attanasio
Pompon, Modeste et Félix, par Dino Attanasio
  • Enfin, toujours dans "Le journal Tintin", il reprend, de 1961 à 1968, la série "Modeste et Pompon", lorsque André Franquin quitte le journal.

En 1968, Attanasio quitte à son tour "Le journal Tintin". Il travaille alors avant tout pour les presses italiennes ("Ambroise et Gino" dans le "Corriere dei Piccoli", à partir de 1965) et flamande (notamment "Johnny Goodbye", avec Martin Lodewijk et Patty Klein, dans "Eppo" (1969-1975) et "Pep" (1975-1992).

De 1974 (dans le magazine "Formule 1") à 1986 (en album, aux Éditions des Archers), Attanasio reprend "Signor Spaghetti".

De 1979 à 1984, publiant de moins en moins en revue, il est édité directement en album par l'éditeur Michel Deligne.

En 1991, il adapte, avec son fils Dino Alexandre, "Le décaméron" de Boccace.

Et il reprend le temps d'un épisode le dessin des aventures de "Bob Morane" ("La galère engloutie"), en 1994.

Publiant peu de nouvelles bandes dessinées après cette date, Attanasio fait l'objet d'un travail de réédition de la part de petits éditeurs, comme Point Image et Loup (qui réédite depuis 2002 nombre de ses histoires courtes parues dans Le journal Tintin.

Dino Attanasio

Il a été aidé au cours de sa carrière par deux assistants :

  • à partir de 1962, Pierre Seron ("Les petits hommes") sur les séries "Modeste et Pompon" et "Signor Spaghetti",
  • et en 1972, Daniel Kox ("L'agent 212") sur la série "Signor Spaghetti".

Un important ouvrage bien documenté et illustré retraçant ses 60 années de carrière lui a été dédié en 2006 par Alain de Kuyssche, ancien rédacteur en chef du journal "Spirou".

"Dino Attanasio, 60 ans de BD", une monographie d'Alain de Kuyssche (2006)
"Dino Attanasio, 60 ans de BD", une monographie d'Alain de Kuyssche (2006)

Source : wikipedia.org

"Alain de Kuyssche".

Le journaliste et scénariste belge Alain de Kuyssche

Il s'agit du nom de plume du journaliste et auteur belge Alain Hammerstein, né le 11 septembre 1946.

Juriste et criminologue de formation, il suit une carrière journalistique qui le mène d'abord en Amérique du Sud, à la fin des années 1960.

"Alix l'intrépide", roman d'Alain Hammerstein (2004), tiré de la bande dessinée homonyme, créée en 1948 par Jacques Martin

En 2004, il est l'auteur - sous son propre nom - de l'adaptation en romans de la série de bande dessinée "Alix", créée en 1948 par Jacques Martin (4 titres : "Alix l'intrépide", "Le sphinx d'or", "Le sortilège de Khorsabad" et "L'ombre de César").

Et il publie, en 2015, son premier roman : "Divadlo".

Rédacteur en chef

Entré aux éditions Dupuis, Alain de Kuyssche devient rédacteur en chef de "Spirou" en 1978", puis de "Télémoustique", en 1984, un hebdomadaire qu'il amène à la première place de la presse magazine belge.

Il devient ensuite rédacteur en chef du journal satirique belge "Ubu-Pan" à partir d'octobre 2011. Et de la revue trimestrielle de bande dessinée "L’Aventure", lancée en mars 2019 par les Éditions du tiroir.

Scénariste de bande dessinée

Alain de Kuyssche est l'auteur de plusieurs gags de "Gaston Lagaffe" pour André Franquin. Et de "Germain et nous…" pour Frédéric Jannin ; un dessinateur avec lequel il crée, en 1978, le personnage de "Didi".

"Didi" un album de Frédéric Jannin et Alain de Kuyssche (1982)
"Didi" un album de Frédéric Jannin et Alain de Kuyssche (1982)

Il est également l'auteur d'un conte de Noël pour Mickey, en décembre 2007.

"Londres en péril", 19e album des aventures de Lefranc (2008), dessiné par André Taymans, sur un scénario non crédité de Alain de Kuysche
"Londres en péril", 19e album des aventures de Lefranc (2008), dessiné par André Taymans, sur un scénario non crédité de Alain de Kuysche

Et a écrit le scénario de "Londres en Péril", une aventure de Lefranc, dessinée par André Taymans, en 2008.

Wayne Thunder T1 "Le continent perdu" (1987) de Marcello et Alain de Kuyssche

Enfin, il a créé, avec Marcello, le personnage de "Wayne Thunder" (deux albums parus en 1987 et 1988).

Biographe

"Avec Alix. L'univers de Jacques Martin", une monographie de Thierry Groensteen et Alain de Kuyssche (2008)

Outre la remise à jour, en 2002, de la monographie "Avec Alix. L'univers de Jacques Martin", qu'avait écrite Thierry Groensteen en 1984, Alain de Kuyssche est également l'auteur de trois passionnantes biographies d'auteurs de bande dessinée belges :

"Dino Attanasio, 60 ans de BD", une monographie d'Alain de Kuyssche (2006)

  • "Dino Attanasio, 60 ans de BD" (2006),

Cauvin, l'homme aux cent mille gags (2008), une monographie de Alain de Kuyssche

  • "Cauvin, l'homme aux cent mille gags" (2008),

"Eddy Paape, la passion de la page d'après" une monographie d'Alain de Kuyssche (2008)

  • et "Eddy Paape, la passion de la page d'après" (2008).

Et il a mis en oeuvre et rédigé les textes d'accompagnement de plusieurs intégrales Dupuis : "Spirou", "Tif et Tondu", "Johan et Pirlouit" et "Natacha".

Source : wikipedia.org

"Bring M. Backalive".

J'adore le nom de ce chasseur de fauves, obsédé par la capture du fameux marsupilami, créé le 1er juillet 1965 dans le récit complet "La cage", par le génial André Franquin, assisté du grand Will.

Le chasseur de fauves Bring M. Backalive dans le récit complet "La cage" d'André Franquin et Will (1er juillet 1965)

Pour le savourer, il faut bien entendu lire son nom à voix haute et "à l'anglaise" (brigne-èm-bak-eu-laï-ve), puisque cela donne... "Bring'em back alive", autrement dit "Ramenez les vivants" en français ; une consigne donnée aux chasseurs de fauves par les jardins zoologiques.

Malheureusement, nombre d'enfants ou de personnes ne maîtrisant pas l'anglais ne sont pas à même de comprendre ce jeu de mots, qu'ils ne remarquent donc pas.

Par ailleurs, je pense que beaucoup de gens ignorent - même parmi tous ceux qui ont perçu ce superbe calembour - c'est qu'il est, bien sûr, directement fondé sur le titre du film états-uniens de Clyde E. Elliott, "Bring'em back alive".

Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)
Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)
Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)
Affiche du film états-unien "Bring'em back alive" ("Seigneurs de la jungle") de Clyde E. Elliott (1932)

Le film est sorti en France et en Belgique en 1932 sous le titre "Seigneurs de la jungle", mais l'affiche américaine a également circulé en Belgique, et Franquin (3 janvier 1924 - 5 janvier 1997), alors âgé de huit ans, l'a manifestement vu, comme tous les jeunes belges de son âge.

Affiche du film états-unien "Seigneurs de la jungle" ("Bring'em back alive") de Clyde E. Elliott (1932), improprement attribué à "Franck Buck", son héros principal et l'auteur du roman qui l'a inspiré (dont le nom s'orthographie par ailleurs "Frank" et non "Franck" avec un "c"...).
Affiche du film états-unien "Seigneurs de la jungle" ("Bring'em back alive") de Clyde E. Elliott (1932), improprement attribué à "Franck Buck", son héros principal et l'auteur du roman qui l'a inspiré (dont le nom s'orthographie par ailleurs "Frank" et non "Franck" avec un "c"...).

Le film était tiré du roman éponyme écrit en 1930 par Frank Buck (*), un célèbre aventurier, chasseur et collectionneur états-unien des années 1930 et 1940.

Photographie dédicacée de l'aventurier, chasseur, écrivain et acteur états-unien Frank Buck (17 mars 1884 - 25 mars 1950)
Photographie dédicacée de l'aventurier, chasseur, écrivain et acteur états-unien Frank Buck (17 mars 1884 - 25 mars 1950)
L'équipe de tournage du film, prête à partir pour le tournage en extrême orient, avec, de droite à gauche : le héros du film Frank Buck lui-même et le réalisateur Clyde E. Elliott. Par publicity portrait, photographer unknown — New York Public Library, Domaine public
L'équipe de tournage du film, prête à partir pour le tournage en Extrême-Orient, avec, de droite à gauche : le héros et narrateur du film Frank Buck lui-même et le réalisateur Clyde E. Elliott. Par publicity portrait, photographer unknown — New York Public Library, Domaine public

Le film sera ensuite repris - toujours sous ce nom de "Bring'em back alive" - sous forme de feuilleton télévisé, en 1982, afin de profiter du phénoménal succès remporté par le film de Steven Spielberg "Les aventuriers de l'arche perdue", avec Harrison Ford dans le rôle d'Indiana Jones, sorti l'nnée précédente, en 1981.

Créé par Frank Cardea et George Schenk, ce feuilleton d'aventures exotiques se déroulant, elle aussi, dans l'Entre-deux-guerre, fut diffusé sur CBS entre le 24 septembre 1982 et le 31 mai 1983, et comportait un téléfilm pilote de 90 minutes et 16 épisodes de 47 minutes.

En France, il a été diffusé à partir du 13 novembre 1983 sur TF1 sous le titre "Frank, chasseur de fauves", et rediffusé sous le titre "L'aventurier de la jungle", en 1992, sur Antenne 2.

Les héros du feuilleton états-unien "Frank, chasseur de fauves" (1982-1983)
Les héros du feuilleton états-unien "Frank, chasseur de fauves" (1982-1983)

Avec un générique chanté parfaitement dans l'esprit de ces années-là (celui de "Dallas" et de son "Univers impitoya-a-ble" ne datait alors que de 4 ans) qui fait saigner les oreilles (paroles ET musique)...

(*) Et Edward Anthony (4 août 1895 - 16 août 1971), journaliste et écrivain états-unien.

Source : wikipedia.org

"Tout va très bien, Madame la marquise".

J'adore cette expression proverbiale utilisée pour désigner une attitude d'aveuglement face à une situation désespérée et une tentative maladroite d'en dissimuler la gravité.

Entrée depuis longtemps dans le langage courant, elle appartient même désormais, hélas, je crois, au registre désuet, car son usage me semble réellement se raréfier.

Il s'agit, à l'origine, du titre et du refrain d'une drolatique chanson de 1935 de Paul Misraki, devenue l'un des plus grands succès de l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens.

Écoutez la donc : vous ne serez pas déçus, je crois, car elle n'a - à mes yeux tout du moins - pas pris une ride ! L'énumération des catastrophes progressivement annoncées par un domestique à sa maîtresse est tout aussi hilarante et édifiante que sa façon d'en minorer l'importance.

Un vrai délice qui a merveilleusement traversé le temps !

La chanson interprétée par Ray Ventura et ses collégiens (1935)

Paroles

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Ma jument grise morte aujourd'hui !
Expliquez-moi
Valet fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi
Valet modèle,
Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si l'écurie brûla, Madame,
C'est qu'le château était en flammes.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,
Apprenant qu'il était ruiné,
A peine fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pelle
Qu'il renversa toutes les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !
Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.

Une chanson présente dans les aventures de Tintin

Comme me l'a fort justement rappelé un vieil ami à moi, le grand Hergé lui-même fait référence à cette chanson, déjà devenue une expression en 1948, treize ans après sa sortie.

"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")
"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

Dans l'album "Le temple du soleil", alors que Tintin et Haddock sont condamnés au bûcher par les incas, le capitaine, entendant Tintin - qui a un plan pour les tirer d'affaire - lui dire : "Tout va bien !", lui rétorque en effet : "Tout va très bien !... Tout va très bien, Madame la marquise !...".

Case extraite "Le temple du soleil", le 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

 Souvenir personnel :

J'ai personnellement découvert cette petite merveille très jeune, mais de façon indirecte, grâce à la superbe parodie qu'en avait réalisé, en 1971, l'idole de mes dix ans, Thierry Le Luron : "Tout va très bien, Pompon ça s'organise".

Le deuxième 33t de Therry Le Luron (1971)

Dans celle-ci, dont un demi-siècle plus tard je me souviens encore de la plupart des paroles, tant j'ai pu l'écouter et la récouter, le jeune imitateur de 19 ans faisait appeler le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas par le président de la République Georges Pompidou.

Source : wikipedia.org

Lorsque Jean Giraud trouvait son inspiration dans le pilote d'un feuilleton états-unien...

"Hondo et les apaches" de Lee H. Katzin (1967)
  • "La Piste des Sioux" est le neuvième album de la célébrissime série de bande dessinée western "Blueberry", créée le 31 octobre 1963 sous le nom de "Fort Navajo, une aventure du Lieutenant Blueberry", par Jean Giraud (au dessin) et Jean-Michel Charlier (au scénario).
Couverture de "La piste des sioux" (1971), le 9e album de Fort navajo, une aventure du Lieutenant Blueberry, de Jean Giraud et Jean-Michel Charlier.
Couverture de "La piste des sioux" (1971), le 9e album de Fort navajo, une aventure du Lieutenant Blueberry, de Jean Giraud et Jean-Michel Charlier.

D'abord prépublié dans le journal hebdomadaire Pilote avant d’être publié en album en 1971, il s'agit du troisième volume du "Cycle du cheval de fer", après "Le cheval de fer" (1970) et "L'homme aux poings d'acier"(1970) et avant "Le général Tête jaune" (1972).

Heureuse période où l'on pouvait ainsi se délecter de quatre albums de Blueberry en 2 ans !

Affiche du film états-unien "Hondo, l'homme du désert" de John farrow (1953)
Affiche du film états-unien "Hondo, l'homme du désert" de John farrow (1953)
  • "Hondo, l'homme du désert" ("Hondo") est un film états-unien, réalisé en relief (3-D) en 1953 par John Farrow, le mari de l'actrice Maureen O'Sullivan (la "Jane" des six premiers "Tarzan" avec Johnny Weissmuller) et le père de Mia Farrow, l'ancienne compagne de Woody Allen.
Affiche du film états-unien "Hondo, l'homme du désert" de John farrow (1953)
Affiche du film états-unien "Hondo, l'homme du désert" de John farrow (1953)

Avec John Wayne dans le rôle-titre. Et d'après un roman homonyme ("Hondo") publié la même année (1967) par le romancier Louis L'amour, auteur - entre autres - de la série "Hopalong Cassidy" (sous le nom de Tex Burns).

Hondo (John Wayne) et lson chien Sam, dans "Hondo, l'homme du désert" de John Farrow (1953)
Hondo (John Wayne) et son chien Sam, dans "Hondo, l'homme du désert" de John Farrow (1953)
  • Le succès important du film - une des plus grosses recettes parmi toutes les productions 3-D des années 1950 - entraîne la création, 14 années plus tard, de "Hondo", un feuilleton télévisé états-unien en 17 épisodes de 60 minutes, diffusé entre le 8 septembre 1967 et le 29 décembre 1967 sur le réseau ABC.

Et en France, sur la première chaîne de l'ORTF, à partir du 5 juin 1970.

Avec l'acteur états-unien Ralh Taeger (30 juillet 1936 - 11 mars 2015) dans le rôle-titre.

Ralph Taeger dans le rôle-titre du feuilleton états-unien "Hondo" (1967) sorti en France en 1970.
Ralph Taeger dans le rôle-titre du feuilleton états-unien "Hondo" (1967) sorti en France en 1970.
  • Réalisé par Lee H. Katzin, le pilote du feuilleton est sorti en salle la même année (1967), sous le titre "Hondo et les apaches" ("Hondo and the apaches").
Affiche en anglais du téléfilm "Hondo et les apaches" de Lee H. Katzlin (1967)
Affiche en anglais du téléfilm "Hondo et les apaches" de Lee H. Katzlin (1967)

Au vu des différentes photos et affiches promotionnelles de ce "téléfilm", on peut raisonnablement penser que Jean Giraud s'en est inspiré pour la réalisation de la magnifique couverture de "La piste des sioux".

Et cela bien qu'il n'en ait étrangement jamais parlé à Numa Sadoul lors de leurs nombreux entretiens, lui qui pourtant - je cite Numa - "n’avait aucune gêne à avouer ses sources".

Source : wikipedia.org

"Une bafouille" et "Le raisiné".

J'adore ces deux mots du registre argotique qui désignent respectivement :

Courriers ouverts

  • "une bafouille" : une lettre, un courrier, une missive.

On dit par exemple : "Le dirlo de ma frangine lui a envoyé une bafouille pour la convoquer".

 

Taches de sang

On dit par exemple : "J'te jure que s'i' m'le rend pas, va y avoir du raisiné sur les murs !".

J'en ai pour ma part appris l'existence en 1980, lorsque j'ai pu découvrir dans le numéro 44 du fanzine de bande dessinée "Haga" "Du raisiné sur les bafouilles" ("Du sang sur les lettres" dans le langage courant), un superbe récit complet en six planches de Morris et René Goscinny, publié en 1956 dans le magazine humoristique français "Le hérisson".

Cette courte histoire de malfrats en argot est la seule histoire de Morris à ne pas se situer dans l'univers de "Lucky Luke", ni même dans le décor du Far West. Les auteurs envisagèrent de donner une suite à cette histoire en lançant une nouvelle série, mais l'idée fut vite abandonnée, Morris étant déjà trop pris à l'époque par "Lucky Luke".

Imaginez un peu en effet : 35 albums en 20 ans, entre "Lucky-Luke et Phil Defer" en 1956 et "La guérison des Dalton" en 1975 !

Source : wikipedia.org

"Une panade", "La panade" ou "De la panade".

Ce substantif féminin du langage courant désigne :

Casserole de panade

  • une soupe ou bouillie, faite de pain bouilli dans du lait, additionnée de beurre, de sel et, souvent, d'un jaune d'oeuf.

Casserole de panade ; première étape de fabrication de la pâte à choux

  • en pâtisserie, un mélange d'eau, de beurre, de farine et de sel constituant le résultat de la première étape de fabrication de la pâte à choux.

Panade pour bébé

  • pour nos amis belges : un repas pour bébé, composé de fruits ou de légumes écrasés.
  • et au sens figuré : une mauvaise posture, une situation difficile.

On dit par exemple : "Avec cette pandémie de maladie à coronavirus 2019, je suis véritablement dans la panade !".

Spécial lecteurs de bande dessinée

Ce mot  de "Panade" est, je crois, particulièrement familier aux amateurs de bande dessinée franco-belge, du fait de l'existence du célébrissime dix-neuvième album de la série "Spirou et Fantasio", "Panade à Champignac", paru en 1969.

L'histoire du même titre était précédemment parue dans le journal "Spirou", du au , et elle était dessinée par le génial André Franquin, assisté du fidèle Jidéhem, d'après un scénario de Gos et Peyo.

Dans "Panade à Champignac", en effet, Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac, donne à manger de la panade à son vieil ami Zorglub redevenu un bébé...

Dix-neuvième album de la série belge Spirou et Fantasio "Panade à Champignac" par André Franquin et Jidéhem, sur un scénario de Gos et Peyo (1969)

À la page 24 de l'album le Comte dit d'ailleurs expressément à Spirou : "Ah, important : la préparation de sa petite panade".

L'utilisation de ce mot dans son acception belge de "repas pour bébé" ne devrait donc normalement pas échapper au lecteur français, qui peut - dès la lecture attentive de cette case - comprendre, tout autant que son voisin belge francophone, le double sens du titre de cet album aussi génial que déjanté ; le second sens étant naturellement celui de l'expression "Être dans la panade".

Je me permets cependant d'imaginer que, comme moi, le temps passant, certains lecteurs français n'ayant pas relu l'album depuis leur enfance ont dû totalement oublier cette acception belge du mot "panade" signifiant "aliment pour bébé" et ne plus voir, depuis des années, dans le titre de ce merveilleux album que son sens figuré de "Situation difficile à Champignac" !

Source : wiktionary.org