"Prêter main-forte".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : apporter son aide, son soutien, son secours.

On dit par exemple : "Pense à m'appeler si tu as besoin que je vienne te prêter main-forte pour ton toit".

Ou : "Lorsque je me suis fais attaquer dans la rue par une bande de vieux scandinaves, j'ai été bien content que l'on vienne me prêter secours".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Un coprolithe".

Ce substantif masculin polysémique nous vient du grec ancien "kopros" ("excrément") et "lithos" ("pierre").

Et il désigne, selon le contexte :

  • en géologie et en paléontologie : un excrément humain ou animal minéralisé, fossilisé,
Un coprolithe de dinosaure
Un coprolithe de dinosaure
  • ou, en biologie : une accumulation de matières fécales déshydratées, stagnantes et durcies dans le rectum, également appelée "Fécalome" ou "Fécalithe" (substantifs masculins).

Un "coprolithe", "fécalome" ou "fécalithe"

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"Dormir à l'auberge du cul tourné".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre populaire en forme d'idiotisme corporel.

Et qui signifie, au sens figuré : dormir dos à dos, lorsque sa ou son partenaire est mécontent, de mauvaise humeur, et ne souhaite pas avoir de rapport sexuel.

Tourner ainsi le dos constitue un comportement d'évitement du sexe et signifie à son interlocuteur que ses velléités de rapport sexuel sont vaines en raison de la forte animosité qui continue de vous animer.

Sources : www.laparlure.com, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Pouce, je passe !".

Ce slogan fut lancé conjointement, en mars 1970, par la Prévention routière et la station de radio française Europe 1.

Il avait pour but de sensibiliser les conducteurs à la présence d'enfants pouvant traverser la voie ; ces derniers - dont je faisais partie, puisque je suis né en 1961 - devant lever le pouce pour signaler leur intention de traverser.

"Pouce je passe !"

Aujourd'hui vraisemblablement inconnue ou oubliée de la plupart des français, cette campagne fut relativement éphémère mais massive (pour l'époque), avec la distribution d'autocollants et la sortie d'un 45 tours de Harry et Bruno, largement diffusée sur les ondes d'Europe 1.

Pochette du disque 45t de 1970 "Pouce... je passe", de Harry (Trowbridge) et Bruno (Polius)Verso de la pochette du disque 45t de 1970 "Pouce... je passe", de Harry (Trowbridge) et Bruno (Polius)

Source : www.bide-et-musique.com et www.encyclopedisque.fr

"Le syndrome de tako-tsubo" (ou "takotsubo"), "Le tako-tsubo" (ou "takotsubo"), "La ballonisation apicale", "La cardiopathie de stress" ou "Le syndrome du coeur brisé" : des émotions trop fortes et la perte d'un être cher sont véritablement capables de vous briser le coeur !

Le "tako-tsubo" ou "Syndrome du coeur brisé"

Ce syndrome peu ou mal connu est une maladie du muscle cardiaque, générée par un stress intense, dont le nombre cas ne cesse d'augmenter depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Ce trouble toucherait principalement les femmes.

Tout choc émotionnel ou physique entraînant un stress intense peut conduire à un tako-tsubo, davantage encore lorsque cette situation spécifique est associée à une fatigue intense. Des chercheurs de l'université de Zurich parlent notamment de décès, de rupture amoureuse, d'annonce d'une maladie, mais aussi d'intervention chirurgicale, d'agression, ou encore d'accident.

Autant dire que la pandémie de COVID-19 semble propice au syndrome du coeur brisé. Le nombre de cas aurait même été multiplié par 4,58 dans plusieurs pays pendant la crise sanitaire, comme le rapporte une étude états-unienne dévoilée en juillet 2020.

Des chercheurs de l'université John Hopkins, à Baltimore (Maryland) ont décrit plus précisément cette maladie. En 1999, l'équipe des professeurs Champion et Wittstein notait le caractère inhabituel de certains patients arrivant au centre se plaignant d'attaques cardiaques. Parmi eux, une forte proportion de femmes ménopausées qui venaient d'être victimes d'une émotion intense juste avant leur accident. "L'accumulation de stress conduit à une fragilité émotionnelle, qui peut aboutir à une paralysie du muscle cardiaque. Le coeur se met en état de sidération face à l'événement de trop, qui aurait pu être anodin en d'autres circonstances. C'est le Tako-tsubo, syndrome du cœur brisé ou cardiomyopathie de stress.

Pour mieux comprendre le phénomène, ces chercheurs ont collecté les électrocardiogrammes et différents dosages biochimiques de 19 patients souffrant de cardiomyopathie de stress, caractérisée par un spasme dans la poitrine et un affaiblissement général. Parmi les événements qui avaient amené ces malheureux à consulter, les chercheurs ont répertorié : un accident, un vol à main armée, une violente dispute et même une surprise d'anniversaire ! L'âge moyen de ces personnes était de 63 ans et 95 % étaient des femmes. Ils les ont ensuite comparés avec 7 patients atteints "de crises cardiaques classiques". Le syndrome se manifeste par des symptômes proches de l'infarctus, principalement chez la femme plutôt anxieuse, plus particulièrement au moment de la ménopause et chez les personnes en situation de précarité. C'est une urgence cardio-vasculaire encore trop méconnue, à prendre très au sérieux, tout particulièrement en cette période de COVID.

Une "fausse" crise cardiaque

Potentiellement mortel, ce syndrome a un très bon pronostic de guérison, à condition de bénéficier des traitements adéquats.

L'angiographie ne révélait aucune obstruction des artères alimentant le cœur, l'examen par les tests sanguins ne réussirent pas à déceler dans le sang les enzymes caractéristiques d'un dommage du muscle cardiaque. L'absence de dommage cardiaque a été confirmée par IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). La capacité cardiaque revenait à la normale dans les deux semaines. En comparaison, la récupération partielle après une crise cardiaque peut prendre des semaines ou des mois et fréquemment, le dommage cardiaque est permanent.

Mais les analyses sanguines révélaient d'autres surprises. Les taux sanguins de plusieurs hormones appelées catécholamines (en particulier l'adrénaline) étaient deux à trois fois supérieurs aux autres patients après attaques cardiaques et 7 à 34 fois plus importants que les personnes en bonne santé. Sous l'effet d'une libération massive de ces hormones, une partie du cœur ne se contracte quasiment pas. Il se ballonne et prend une forme d'amphore, ce qui lui vaut le nom de "tako-tsubo" au Japon signifiant "piège à poulpe". Il s'agit d'une paralysie transitoire.

Des troubles du rythme ventriculaire, parfois graves, peuvent alors suivre. Les risques sont la mort subite, une insuffisance cardiaque aiguë, des caillots de sang dans le coeur inerte.

Les femmes davantage touchées que les hommes par le tako-tsubo

Surtout après la ménopause (probablement à cause de la chute du taux d'hormones aux effets cardioprotecteurs). Après cette première hypothèse, émise en 1999, une autre équipe états-unienne confirme cette prédominance féminine en 2005, tout comme l'issue très favorable en cas de traitement approprié.

Comment expliquer cette sensibilité féminine ? On le sait, les femmes réagissent différemment des hommes au stress. Leurs artères sont notamment plus sensibles aux effets du stress, les rendant plus sujettes aux spasmes. Ainsi, cette sensibilité féminine pourrait s'expliquer par les hormones et les liaisons nerveuses de leur cerveau et de leur coeur. Mais l'influence des hormones sexuelles sur les hormones du stress reste cependant largement mystérieuse.

L'importance d'un bon diagnostic

Alors qu'au Japon, ces troubles sont connus depuis de nombreuses années, ces cardiopathies de stress n'avaient suscité que peu d'intérêt en Occident. Les prochains travaux devront permettre de savoir si certains patients ont une vulnérabilité d'origine génétique et surtout savoir pourquoi ce syndrome des coeurs brisés touche principalement les femmes.

Ces travaux permettront demain de distinguer plus aisément ces cardiopathies de stress des véritables crises cardiaques. Bénéficiant du bon diagnostic, ces personnes pourraient éviter d'être soignées toute leur vie pour une maladie cardiovasculaire qu'elles n'ont pas. En attendant, essayez autant que possible de prendre un peu de distance par rapport aux événements stressants.

Le cerveau en cause ?

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'hôpital universitaire de Zurich, en Suisse, et publiée dans l'European Heart Journal, le 5 mars 2019, il y aurait un lien entre ce problème cardiaque et notre cerveau. Les scientifiques ont analysé l'activité cérébrale de 15 personnes souffrant d'un syndrome de tako-tsubo puis l'ont comparé à celle de 39 personnes en bonne santé.

Résultat, les patients atteints du syndrome ont une connectivité cérébrale différente et ne traite pas les émotions de la même manière. Ils seraient plus sensibles aux émotions fortes. Cette découverte permet d'envisager de nouvelles pistes de traitement.

Si la prévention - qui passe notamment par l'activité physique, une alimentation saine, un bon sommeil, ou encore des techniques de relaxation - peut permettre de réduire le risque d'être exposé à ce syndrome, la prise en charge doit elle être immédiate. Pour ce faire, il est primordial d'en connaître les symptômes.

Le syndrome peut être caractérisé par un essoufflement, une douleur brutale dans la poitrine en étau, des palpitations, une perte de connaissance, ou encore un malaise vagal.

Une femme de plus de 50 ans, ménopausée, en situation de rupture, ne doit surtout pas sous-estimer les premiers symptômes liés à un stress émotionnel aigu. Le syndrome de tako-tsubo nécessite une hospitalisation en urgence, pour éviter des complications graves et permettre une prise en charge en unités de soins intensifs cardiologiques. L'appel du 15 est primordial comme dans l'infarctus du myocarde, chaque minute compte !

Source : www.doctissimo.fr

Ne pas confondre "Coup de pied" et "Cou-de-pied" !

Ces deux locutions nominales masculines homophones possèdent en effet des significations fort différentes :

  • "Un coup de pied" est un coup porté avec le pied.

Et cela, que ce soit dans le domaine sportif (football, rugby, karaté, taekwondo), pour se défendre ou agresser quelqu'un, ou encore pour se défouler et passer ses nerfs.

Un coup de pied

  • tandis que "le cou-de-pied" désigne :
    • en anatomie : l'articulation du pied et de la jambe ou "Cheville",

Le cou-de-pied

    • par extension : la partie supérieure du pied, bombée, qui rejoint l'articulation du pied et de la jambe.
    • et par métonymie : la partie de la chaussure recouvrant le cou-de-pied, le dessus du pied.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "les pieds" en français.

Source : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Faire un caca nerveux".

Cette curieuse expression verbale relève du registre populaire.

Et elle signifie, au sens figuré : s'énerver exagérément sans raison réelle ; avoir un accès de mauvaise humeur pour une simple contrariété ou pour des broutilles.

On dit par exemple : "Je n'ai pas compris la réaction de ton père : il m'a fait un caca nerveux parce que j'avais mal replié son journal !".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org www.expressio.fr

"Couper l'herbe sous le pied"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme corporel s'utilise fréquemment dans le registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • supplanter quelqu'un dans une affaire ; l'empêcher de réussir dans une entreprise ; le priver d'un avantage attendu,

On dit par exemple : "En nommant l'un des leurs à ce poste, nous allons couper l'herbe sous le pied de l'opposition".

  • ou : devancer ; prendre de vitesse.

On dit par exemple : "Mon concurrent m'a coupé l'herbe sous le pied en proposant son produit quelques semaines avant le mien".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Un bain de sang".

Un bain de sang

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du langage courant.

Et elle désigne, au sens figuré : un carnage, un massacre, une tuerie, occasionnant de nombreux morts. Ou des morts en quantité relativement limitée - voire un seul - mais "baignant" dans leur/son sang.

"Un fier-à-bras".

Ce substantif masculin en forme d'idiotisme corporel relève du registre familier et - malheureusement - du registre désuet.

Et il désigne, de façon quelque peu péjorative : un fanfaron, un matamore une personne qui fait le brave, qui fait montre de son courage, s'exhibe excessivement et avec fierté, sans forcément avoir de raison de le faire. Ni même peut-être être courageuse.

On dit par exemple : "Mon voisin aime jouer les fiers-à-bras, mais il a été le premier à se cacher le jour où une bagarre a éclater dans notre rue".

Source : www.linternaute.fr, www.larousse.fr, wiktionary.org et Le Robert

"Faire une carte de France".

Cette locution verbale relève du registre désuet.

Et elle désigne, au sens figuré : une tache de sperme résultant d'une éjaculation nocturne.

On la retrouve notamment dans l'excellent film français "Que la fête commence", réalisé en 1975 par le regretté Bertrand Tavernier, avec trois de mes acteurs français préférés dans les premiers rôles : Philippe Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle.

Dans ce film, en effet, son grand-oncle, le régent (Philippe Noiret) s'extasie devant la précocité du jeune roi Louis XV, auteur d'une carte de France a seulement 9 ans.