"Être à la merci de quelque chose ou de quelqu'un".

Cette locution prépositive du registre soutenu signifie : être sous la menace de quelque chose ou sous le pouvoir de quelqu’un.

On dit par exemple : "Perdu, isolé, sans armes, j'étais à la merci d'une bête féroce".

J'explique dans un autre article, dont je vous recommande la lecture, comment le substantif féminin "Merci" employé ici n'a rien à voir avec le substantif masculin homophonographe du langage courant, synonyme de "remerciement", que l'on utilise pour remercier.

Source : wiktionary.org

"Qu'est-ce-que tu fous ?", "Qu'est-ce que tu fiches ?", "Qu''est-ce que tu fabriques ?" ou "Que fabriques-tu ?".

Ces différentes locutions verbales interrogatives, qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers signifient simplement : "Que fais-tu ?" ou "Qu'est-ce que tu es en train de faire ?" (langage courant).

Ou "Qu'es-tu en train de faire ?" (registre soutenu).

  • "Qu'est-ce-que tu fous ?" appartient au registre argotique,
  • "Qu'est-ce que tu fiches ?" appartient au registre familier,
  • tandis que "Qu''est-ce que tu fabriques ?" et "Que fabriques-tu ?" appartiennent au langage courant.

Il ne faut pas confondre : "Bio", "Une bio" et "La bio".

Ces trois mots homophonographes sont des apocopes et ils appartiennent donc au registre familier.

  • Mais "Bio" désigne, selon le contexte, les adjectifs "biographique" ou "biologique",
  • tandis que "Une bio" désigne le mot "biographie",

"Un combat sans merci", "Un duel sans merci" ou "Une lutte sans merci" n'opposent pas forcément que des personnes impolies !

Il existe en effet en français deux mots "Merci", qui peuvent être, selon le contexte :

  • un substantif masculin du langage courant, synonyme de "remerciement", que l'on utilise pour remercier.

Lorsque l'on dit par exemple : "Un grand merci pour votre accueil".

Ou : "Il est parti sans un merci".

  • ou un substantif féminin du registre soutenu signifiant : pitié, grâce.

Et c'est ce second "Merci" qui est utilisé dans les locutions verbales "Un combat sans merci", "Un duel sans merci" ou "Une lutte sans merci", qui désignent : un combat, un duel ou une lutte impitoyable.

On dit également : "Être à la merci de quelque chose ou de quelqu'un".

Source : wiktionary.org

 

"Flinguer quelqu'un" ou "Fusiller quelqu'un" et "Flinguer quelque chose" ou "Flinguer quelque chose".

Ces différentes locutions verbales relèvent de différents niveaux de langue et possèdent des significations très différentes :

  • "Flinguer quelqu'un" appartient au registre argotique et signifie : tirer sur une personne avec une arme à feu. Et éventuellement la tuer.

On dit par exemple : "Le type s'est fait flinguer en sortant de la banque".

  • "Fusiller quelqu'un" et signifie :
    • au sens propre, dans le langage courant : exécuter une personne condamnée à mort en la passant par les armes, c'est à dire en lui faisant tirer dessus par un peloton d'exécution muni de fusils.
    • et au sens figuré, dans le registre familier :
      •  dire du mal ou écrire du mal.

On dit par exemple : "Le nouveau ministre s'est fait fusiller dans le Canard enchaîné de mercredi dernier !".

      • lancer un regard.

On dit par exemple : "Elle m'a fusillé lorsqu'elle m'a aperçu".

      • photographier rapidement, en rafale (on dit plus souvent "Mitrailler").

On dit par exemple : "L'actrice s'est fait fusiller sur les marches".

  • tandis que "Flinguer quelque chose" et "Fusiller quelque chose" relèvent toutes deux du registre argotique et signifient : âbimer, casser, détériorer, détraquer, voire détruire, souvent par inexpérience ou du fait d'une mauvaise manipulation.

On dit par exemple : "Le nouveau stagiaire a flingué le photocopieur !".

Ou : "Mon mari a flingué ma bagnole samedi dernier !".

Source : www.languefrancaise.net

"Lèche-cul" ou "Un lèche-cul" et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") ou "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes").

  • "Un lèche-cul"  est un substantif masculin du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes") est un substantif masculin du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire.

Les deux désignent, de façon très imagée, au sens figuré : une personne servile envers sa hiérarchie ou envers les puissants ; un flagorneur ; quelqu'un qui flatte servilement celui qui détient un pouvoir ou représente une autorité.

On dit par exemple : "L'assistant de mon directeur est un vrai lèche-cul".

Ou : "Je n'ai jamais pu jouer les lèche-botte(s) avec mes supérieurs hiérarchiques".

  • "Lèche-cul" est un adjectif du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") est un adjectif du registre familier.

Les deux qualifient ce type de personnes, de façon très imagée, au sens figuré.

On dit par exemple : "Je recherche un collaborateur dévoué et efficace, pas un secrétaire lèche-cul".

Ou : "Les employés lèche-botte(s) sont bien vus dans cette société".

Sources : www.cnrtl.org, wiktionary.org et www.larousse.org

"D'autrefois" et "D'autres fois".

Ces deux locutions homophones du langage courant ont des significations totalement différentes puisque :

  • "D'autrefois" signifie : du temps passé, d'il y a longtemps, de jadis.

On dit par exemple : "Ici les gens continuent d'utiliser les instruments d'autrefois".

Ou : "J'adore ces vêtements et costumes d'autrefois".

  • tandis que "D'autres fois" signifie : dans d'autres cas, moments, occasions ou circonstances.

On dit par exemple : "Des fois j'aime voir du monde, rencontrer des amis. Et d'autres fois je préfère rester seul".

Ou : "Des fois il neige toute la journée. Et d'autres fois je profite du beau temps pour effectuer de longues randonnées".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Si non" ou "Sinon" : comment ne plus jamais se tromper !

Il existe un moyen mnémotechnique très simple pour savoir si l'on doit écrire "Sinon" en un seul mot ou "Si non" en deux mots !

  • "Si non" en deux mots - qui est une ellipse de "Si c'est non" - ne s'écrit que lorsqu'il est précédé de la formule "Si oui" (pour "Si c'est non"), et en réponse à une question.

On dit par exemple :

    • "Tu peux me prêter de l'argent pour le ciné ? Si oui, je vous rejoins volontiers. Si non, je ne peux pas me joindre à vous",
    • "Veux-tu venir en courses avec moi ? Si oui, dépêche-toi car je pars maintenant. Si non, merci de mettre la table pour le déjeuner".
    • "Aimes-tu le cinéma ? Si oui, nous pourrions allez voir un film. Si non, préfères-tu aller à la patinoire ?".
  • et "Sinon" en un seul mot - qui est une conjonction signifiant "Autrement", "Ou alors" ou "Faute de quoi" - s'utilise dans tous les autres cas.

On dit par exemple :

    • "J'espère parvenir à la gare à temps pour prendre mon train. Sinon je ne serai pas là pour dîner",
    • "Il ne faut pas qu'il pleuve, sinon nous devrons interrompre les travaux",
    • ou : "Si tu aimes les légumes il y a une salade composée. Sinon je peux te  réchauffer un reste de hachis Parmentier".

"Inclinaison" et "Inclination".

Ces deux subtantifs féminins paronymiques ont la même origine latine, le verbe "Inclinare".

Mais ils ont malheureusement tendance à être confondus, alors qu'ils possèdent des significations distinctes et ne doivent donc pas être employés l'un pour l'autre :

  • "Inclinaison"appartient en effet au langage courant et désigne :
    • L'ÉTAT DE CE QUI EST INCLINÉ, penché ou courbé par rapport à un axe de référence ; l'obliquité d'une ligne, d'un plan par rapport à un autre plan, en particulier celui de l'horizon ; la position inclinée d'un corps, ou d'une partie d'un corps par rapport à la verticale.

On dit par exemple : "La forte inclinaison de ce toit (ou de ce terrain) facilite l’écoulement des eaux.

Ou : "L'inclinaison de ce mur m'inquiète assez".

  • tandis que "Inclination" désigne :
    • au sens propre : L'ACTION D'INCLINER en avant la tête ou la partie supérieure du corps, de courber la tête, le buste, souvent en signe d'acquiescement, de respect, de politesse ou de salutation.

On dit par exemple : "Il m'a remercié par une petite inclination du buste, et sa femme a approuvé ma remarque par une inclination de la tête".

    • et au sens figuré : un penchant, une tendance, une force intérieure et naturelle orientant spontanément ou volontairement une personne vers un objet, un genre d'activité, d'occupation, etc.

On dit par exemple : "Mon fils a une inclination à la paresse".

Ou : "Mon épouse a une véritable inclination pour les langues et les apprend avec plaisir et facilité".

    • dans le registre désuet : un mouvement spontané de l'âme entraînant une personne vers une autre, inspiré par la sympathie, l'affection, l'amitié, voire l'amour.
    • On dit par exemple : "Avoir une inclination pour son petit-fils".

Ou : "Éprouver une vive inclination pour la fille de son meilleur ami".

Même si elles phonétiquement très ressemblantes et qu'elles possèdent des significations très proches, les formules "Une inclinaison de la tête" et "Une inclination de la tête" ne sont donc absolument pas synonymes !

Sources : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, www.academie-francaise.fr et www.larousse.fr

"Être sur ses tablettes", "Écrire sur ses tablettes", "Inscrire sur ses tablettes", "Noter sur ses tablettes" ou "Rayer de ses tablettes".

La présence du substantif féminin "Tablette" au pluriel au sein de ces différentes locutions verbales du langage courant ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Le mot "Tablette" fait en effet référence ici aux petites plaquettes, à l'origine en argile (dès le IVe millénaire av. J.‑C. en Mésopotamie, au sein des civilisations sumérienne, babylonienne, assyrienne et hittites), puis de bois ou de métal, couvertes de cire, sur lesquelles on écrivait à l'aide d'un poinçon, dans l'Antiquité et au Moyen Âge.

 

Écrire des caractères cunéiformes (constitués de traits terminés en forme de "coins" ou "clous" ("cuneus" en latin) sur des tablettes d'argile à l'aide d'un calame (roseau taillé en pointe)
Écrire des caractères cunéiformes (constitués de traits terminés en forme de "coins" ou "clous" ("cuneus" en latin) sur des tablettes d'argile à l'aide d'un calame (roseau taillé en pointe)

Et non, bien évidemment aux tablettes tactiles apparues au XXIe siècle.

Une tablette tactile
Une tablette tactile

Ces différents locutions verbales signifient donc respectivement :

  • "Être sur ses tablettes" : avoir présent à l'esprit, ne pas avoir oublié (quelque chose ou quelqu'un).

On dit par exemple : "Tu n'oublieras pas d'écrire un article sur ce que je t'ai dit ! C'est sur mes tablettes, ne t'inquiète pas".

  • "Écrire sur ses tablettes", "Inscrire sur ses tablettes" ou "Noter sur ses tablettes" : noter pour s'en souvenir (quelque chose).

On dit par exemple : "Pense à l'anniversaire de ton père le mois prochain ! Oui, c'est sur mes tablettes".

  • et "Rayer de ses tablettes" : ne plus compter sur (quelque chose ou quelqu'un) ; en effacer volontairement le souvenir.

On dit par exemple :"Moi non plus je n'aime pas cette façon d'agir et d'ailleurs, j'ai rayé ce fournisseur de mes tablettes".

etite planche ou plaque horizontale destinée à recevoir divers objets.
Tablette graphique
Tablette unguéale

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org