"S'en jeter un derrière la cravate" ou "S'en jeter un".

"S'en jeter un derrière la cravate" ou "S'en jeter un", c'est à dire : boire un verre

Cette locution verbale en forme d'idiotisme vestimentaire relève du registre argotique.

Elle fait naturellement référence - par ellipse - au contenu d'un verre.

Et elle signifie par conséquent, au sens figuré : boire un verre.

On dit par exemple : "T'as cinq minutes ? On pourrait aller s'en jeter un derrière la cravate au bistrot du coin".

Personnellement j'ai toujours eu une pensée émue pour nos amis étrangers entendant cette formule pour la première fois !

"Écraser" et "S'écraser".

  • Le verbe "Écraser" change de signification en fonction du registre de langue dans lequel il est utilisé.

Et il peut ainsi signifier :

    • dans le langage courant :
      • aplatir, déformer (voire broyer) quelque chose en exerçant une forte compression, ou sous l'effet d'un choc violent.

On dit par exemple : "Mon voisin a écrasé ma brouette avec son tracteur".

      • renverser et blesser ou tuer une personne ou un animal par un véhicule automobile.

On dit par exemple : "Un piéton a été écrasé par un camion à la sortie du village".

    • dans le registre familier :
      • appuyer fortement sur quelque chose,

On dit par exemple : "Écraser l'accélérateur".

      • ou : détruire un fichier informatique et effacer les données existantes, en copiant un autre fichier à la place qu'il occupait, ou en inscrivant de nouvelles données sur des anciennes,

On dit par exemple : "J'ai écrasé par erreur ma liste de recettes".

    • et dans le registre argotique : dormir profondément.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Dormir" en français.

  • quant au verbe "S'écraser", il signifie de la même façon :
    • dans le langage courant : venir heurter violemment la surface d’un objet plus rigide et plus large, au point de se déformer, voire de se détruire,

On dit par exemple : "L'avion s'est écrasé au sol".

Ou : "Le véhicule s'est écrasé contre un mur".

    • et dans le registre argotique : renoncer à une prétention ou revendication.

On dit par exemple : "J'ai préféré m'écraser quand j'ai vu que le type qui avait fait trébucher ma copine mesurait près de deux mètres".

Sources : www.cnrtl.fr et Le Robert

"Un cours de tennis" et "Un court de tennis".

Ces deux locutions nominales masculines homophones ne doivent surtout pas être confondues.

  • "Un court de tennis" avec un "t" (comme "terrain", petit moyen mnémotechnique) désigne en effet : le terrain sur lequel on pratique le tennis.

 

Il s'agit d'un rectangle aux dimensions réglementaires très précises : 23,77 mètres de long pour 8,23 m de large, les tolérances admises sur le traçage du court étant de 2 cm sur la longueur et de 1 cm sur la largeur.

Les dimensions d'un court de tennis

    • Il existe des surfaces dites "dures" comme le béton alvéolaire.
Un court de tennis en béton alvéolaire, un matériau stable qui permet de jouer au tennis quelle que soit la météorologie
Un court de tennis en béton alvéolaire, un matériau stable qui permet de jouer au tennis quelle que soit la météorologie
    • Et la résine synthétique.
Un court de tennis en résine synthétique
Un court de tennis en résine synthétique
    • Mais il y a également la terre battue (comme à Rolland-Garros).
Un court de tennis en terre battue
Un court de tennis en terre battue
    • Le gazon naturel (comme à Wimbledon).
L'un des rarissimes (11 en 2015 selon la Fédération Française de Tennis) courts de tennis français en gazon naturel, aux Alleuds (49), propriété de la société ALF, numéro un mondial dans la production et la sélection de semences de gazons pour les professionnels des espaces verts et terrains de sports
L'un des rarissimes (11 en 2015, selon la Fédération Française de Tennis) courts de tennis français en gazon naturel, aux Alleuds (49), propriété de la société ALF, numéro un mondial dans la production et la sélection de semences de gazons pour les professionnels des espaces verts et terrains de sports
    • Et le gazon synthétique.
Un court de tennis en gazon synthétique
Un court de tennis en gazon synthétique
  • tandis que "Un cours de tennis" avec un "s" désigne : une leçon de tennis, au cours de laquelle un professeur enseigne ce sport à un élève.

Un cours de tennis

Sources : www.lefigaro.fr et www.tennissables.com

On ne dit pas : "Je ne savais pas ce mot", "Je ne savais pas cette expression", "Je ne savais pas cette règle" ni "Je ne savais pas ce verbe" !

Mais : "Je ne CONNAISSAIS pas ce mot", "Je ne CONNAISSAIS pas cette expression", "Je ne CONNAISSAIS pas cette règle" et "Je ne CONNAISSAIS pas ce verbe" !"

Ou : "J'IGNORAIS ce mot", "J'IGNORAIS cette expression", "J'IGNORAIS cette règle" et "J'IGNORAIS ce verbe" !"

"S'en payer une bonne tranche" ou "S'en payer une tranche".

Voilà bien deux locutions verbales relevant du registre familier qui ne manquent pas manquer d'interloquer nos jeunes enfants et amis étrangers.

Elles signifient en effet, par ellipse des locutions nominales "de rigolade" ou "de bon temps" : beaucoup s'amuser, bien rigoler, se régaler.

On dit par exemple : "Tu devrais venir avec nous chez Jean-Charles, on va s'en payer une bonne tranche".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Beaucoup rire" ou "Bien rire" en français.

 

On n'écrit pas : "Circonscrir", "Conduir", "Construir", "Contredir", "Décrir", "Déduir", "Détruir", "Écrir", "Élir", "Enduir", "Frir", "Inscrir", "Instruir", Interdir", "Introduir", "Luir", "Maudir", "Médir", "Nuir", "Prédir", "Prescrir", "Produir", "Reconduir", "Reconstruir", "Recuir", "Redir", "Réduir", "Réélir", "Réinscrir", "Réintroduir", "Reluir", "Reproduir", "Retranscrir", "Séduir", "Sourir", "Souscrir", "Traduir" ni "Transcrir" !

Mais : "CirconscrirE", "ConduirE", "ConstruirE", "ContredirE", "DécrirE", "DéduirE", "DétruirE", "ÉcrirE", "ÉlirE", "EnduirE", "FrirE", "InscrirE", "InstruirE", "InterdirE", "IntroduirE", "LuirE", "MaudirE", "MédirE", "NuirE", "PrédirE", "PrescrirE", "ProduirE", "ReconduirE", "ReconstruirE", "RecuirE", "RedirE", "RéduirE", "RéélirE", "RéinscrirE", "RéintroduirE", "ReluirE", "ReproduirE", "RetranscrirE", "SéduirE", "SourirE", "SouscrirE", "TraduirE" et "TranscrirE" !

Avec un "e".

Je ne saurais trop vous recommander à ce sujet la lecture de mon article : Les terminaisons de l'infinif ou Pourquoi il convient d'écrire "Suffire" et "Boire" et non "Suffir" et "Boir".

On dit "Faire UNE sieste" ou "Faire LA sieste". Et on dit "Faire UN somme" mais pas "Faire LE somme" !

Une jeune femme effectuant une sieste sous des arbres

Ce qui étonne bien sûr fréquemment nos amis étrangers lorsqu'ils apprennent notre langue.

  • Le substantif féminin "La sieste" (langage courant) désigne en effet : une pratique consistant en un bref temps de repos pris au cours de la journée (ou de la nuit pour les travailleurs nocturnes), le plus souvent après l'heure du déjeuner (même si l'on a pas mangé), lorsque la fatigue apparaît et l'attention diminue.

On dit par exemple : "Faire la sieste vers 13H30 est très recommandé".

  • tandis que "Une sieste" désigne : ce que l'on fait lorsque l'on pratique la sieste.

On dit par exemple : "Je vais aller faire une sieste, cela me fera du bien".

  • et que le substantif masculin "Un somme" (langage courant) désigne lui : un bref temps de sommeil pris à n'importe quel moment de la journée.

On dit par exemple : "Ton père était fatigué en rentrant de son travail, il est allé faire un somme".

Alors qu'il n'existe pas de verbe spécifique correspond à la sieste, le verbe correspondant au substantif masculin "Un somme" est "Sommeiller", dont il faut savoir qu'il s'agit d'un verbe polysémique.

Sources : www.cnrtl.fr et www.lalanguefrancaise.com

14 façons de dire "Se déshabiller".

Une femme de dos, assise sur une plage, se débarrasse de son haut

"Se défroquer", "Se dépoiler", "Se désaper", "Se foutre à oilpé" (verlan), "Se foutre à poil", "Se mettre à oilpé" (verlan) et "Se mettre à poil" relèvent du registre argotique.

"Retirer ses habits", "Retirer ses vêtements"  et "Se mettre nu" appartiennent au langage courant.

Tandis que "Ôter ses habits", "Ôter ses vêtements", "Se dénuder" et "Se dévêtir" relèvent du registre soutenu.

"Énième", "Nième", "Ixième" ou "Xième".

Ces quatre adjectifs parfaitement synonymes appartiennent au registre soutenu.

Et ils signifient : occupant un rang non précisé, une place indéterminée dans une suite considérée comme trop longue.

On dit par exemple :

  • "Je vous répète pour la énième fois que je ne souhaite pas acheter de nouvelles fenêtres !",
  • "C'est la nième fois que je te dis de ranger ta chambre !",
  • "Ce n'est jamais que la ixième fois que le président nous annonce que la situation est maîtrisée",
  • ou : "J'ai vu hier soir qu'il repassait La grande vadrouille à la télévision pour la xième fois".

La graphie "Nième" (qui se prononce é-ni-èm) est peu fréquente.

Et la graphie "Xième" très rare.

Sources : Le Robert, wiktionary.org et www.larousse.fr