"Une cantine".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • le service chargé de la préparation des repas pour les ouvriers ou les employés d'un même établissement, les élèves d'une école, etc.

On dit par exemple : une "cantine scolaire".

Une cantine côté cuisine
Une cantine scolaire côté cuisine

Une cantine scolaire

Et une "cantine d'entreprise".

Cantine d'entreprise, souvent appelée désormais "restaurant d'entreprise"

Mais la locution masculine "restaurant d'entreprise" est aujourd'hui privilégiée par les employeurs, le terme de "cantine" étant jugé péjoratif.

  • le réfectoire où sont pris ces repas.
Une cantine scolaire côté salle
Une cantine scolaire côté salle ou "le réfectoire"
  • par extension : un restaurant dans lequel on prend régulièrement ses repas, fut-il très onéreux.

On dit par exemple : "À cette époque, la cantine du président était un célèbre restaurant de poissons du VIIe arrondissement".

  • un coffre de voyage, une malle métallique, utilisés en particulier par les militaires,

Une cantine métallique ferméeUne cantine métallique ouverte

 

 

  • le service permettant aux détenus d'un établissement pénitentiaire d’acheter des produits courants en complément de ceux fournis gratuitement par l’administration pénitentiaire, ainsi que des journaux, du tabac, etc.
  • pour nos amis Suisses : une vaste tente dressée en plein air pour une fête, une manifestation. Que nous appelons en France un barnum.

Une tente de réception ou "barnum", appelée "cantine" par nos amis Suisses

  • et pour nos amis africains : une petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique.

Un "cantine" africaine : petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique

Sources : Le robert et www.larousse.fr

"Il est minuit Docteur Schweitzer".

Cette expression du langage courant est souvent utilisée lorsqu'il s'agit de donner l'heure à 0H00 ou de commenter le passage au lendemain.

Elle perdure curieusement aujourd'hui alors même qu'elle ne revêt aucune signification particulière.

"Il est minuit Docteur Schweitzer" est le titre d'une pièce de théâtre française de 1952 de Gilbert Cesbron, adaptée la même année au cinéma par André Haguet, avec le grand Pierre Fresnay dans le rôle du "Grand blanc de Lambaréné", Albert Schweitzer.

Les deux oeuvres sont fortement teintées de colonialisme et, il faut bien le dire, pour le film en tous cas, d'assez piètre qualité.

Affiche du film français "Il est minuit Dr Scweitzer" d'André Haguet (1952)

"Un béni-oui-oui".

Ce substantif masculin invariable du langage familier en forme de gémination désigne, de façon péjorative : une personne servile, toujours disposée et empressée à approuver les actes, demandes, initiatives ou propositions de ses supérieurs, du pouvoir en place ou d'une autorité établie.

On dit par exemple : "Dans l'entreprise où travaille ma femme les chefs de service ne sont que des béni-oui-oui".

Ou : "Le président dispose d'une assemblée de béni-oui-oui, prompte à approuver la moindre de ses décisions".

Il ne s'agit pas du tout d'un idiotisme religieux, puisque le mot "Béni" utilisé ici nous vient du mot arabe "Beni" signifiant "enfants, descendants" et constituant le pluriel de "ibn" ou "ben" ("le fils de"), servant à nommer des personnes ou des tribus.

Ce terme de "Béni-oui-oui" est en effet un mot algérien créé, dès le XIXe siècle, durant la période coloniale, et associant le mot arabe de "Beni" à l'adverbe français "Oui", utilisé par certains indigènes répondant systématiquement "Oui, oui" lorsque l'administration coloniale leur posait une question, quelle qu'elle soit.

"Béni-oui-oui" était déjà utilisé en France métropolitaine en 1888-1889 (pour désigner certains membres de l'assemblée nationale) et en 1919 au Maroc.

"Il désignait alors "Les hommes qui disent oui", c'est à dire les collaborateurs indigènes donnant systématiquement leur approbation unanime et s'empressant d'approuver toutes les demandes ou propositions des institutions du colonialisme français.

L'administration française utilisait en effet des musulmans comme intermédiaires de sa politique indigène, notamment comme élus dans les assemblées locales, cadis (juges locaux de droit musulman), receveurs d'impôts ou chefs tribaux.

Soumis au colonisateur auxquels ils se soumettaient servilement, ils étaient naturellement considérés par les nationalistes comme incapables d'initier la moindre initiative d'indépendance.

Sources : Le Robert, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Une go" ou "Une gow".

Cet étrange substantif féminin utilisé par les jeunes est un mot originaire de la Côte d'Ivoire et du Cameroun (sous sa forme "Go" tout du moins, la forme" Gow" constituant une variante orthographique).

Synonyme de "Meuf", "Nana" ou "Gonzesse", il désigne :

  • une petite amie.

On dit par exemple : "J'ai fêté Noël chez mes darons avec ma go".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Ma compagne" en français.

  • et par extension : une jeune fille.

On dit par exemple : "Bon, vous v'nez les go ; on va être à la bourre !".

Source : wiktionary.org

"Une infestation acridienne".

Infestation acridienne, plus communément appelée "Invasion de criquets"

Cette locution nominale féminine étrange désigne généralement ce que l'on appelle plus communément : une invasion de criquets.

  • Le substantif féminin "Infestation" désigne en effet :
    • l'envahissement d’un organisme vivant par des parasites non microbiens, au contraire du terme "Infection", qui désigne l'envahissement d’un organisme vivant par des microbes.
    • et notamment, en agriculture, la contamination et l'envahissement par des parasites ou des adventices.

Infestation acridienne, plus communément appelée "Invasion de criquets"

Infestation acridienne, plus communément appelée "Invasion de criquets"

La Corne de l'Afrique (Somalie, Djibouti, Éthiopie et Érythrée), mais aussi le Kenya et l'Ouganda, ont connu, à partir de décembre 2019, une infestation acridienne comme elle n'en avait pas subi depuis des décennies, avec un essaim de 200 milliards de criquets mesurant 60 kilomètres par 40 (ce qui équivaut au Luxembourg), pouvant se déplacer de 100 à 150 km par jour ,et dévorant quotidiennement 400 000 tonnes de nourriture, correspondant à la consommation de 84 millions d'humains !

La corne de l'Aftrique

  • et l'adjectif "Acridien" (du grec ancien "akridis" qui signifiait "sauterelle") désigne :
    • ce qui ressemble ou est relatif à une sauterelle,
    • ou : ce qui est relatif aux "acrididés", c’est-à-dire aux criquets (autrefois confondus avec les sauterelles).
Un criquet
Un criquet

Source : wikipedia.org

 

 

"Un charlatan".

Ce substantif masculin désigne :

  • autrefois : un vendeur ambulant commercialisant des drogues et des potions sur les places publiques, et arrachant les dents, avec un grand luxe de discours et de facéties ; un bonimenteur.
  • et de nos jours, selon le contexte :
    • un guérisseur ou un médecin ignorant et sans conscience, se vantant de pouvoir guérir diverses maladies,
    • un imposteur exploitant la crédulité publique, en vantant ses produits, sa science, ses qualités,
    • ou : en Afrique : un devin, un guérisseur, un sorcier.

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Salif Keïta".

Il s'agit du nom d'au moins quatre personnalités africaines de renom, qu'il convient naturellement de ne pas confondre :

Le joueur international de football malien Salif Keïta, né le 12 décembre 1946, évoluant au poste d'attaquant et ballon d'or africain
Le joueur international de football malien Salif Keïta, né le 12 décembre 1946, évoluant au poste d'attaquant et ballon d'or africain

  • le musicien et chanteur malien albinos Salif Keïta, né le 25 août 1949, descendant en ligne directe du fondateur de l’Empire du Mali, Soundiata Keïta, et révélé en 1979 avec le titre "Mandjou",
Le joueur international de football centraficain Salif Keïta, né le 10 avril 1990, et évoluant au poste de défenseur
Le joueur international de football centraficain Salif Keïta, né le 10 avril 1990, et évoluant au poste de défenseur
  • le joueur international de football sénégalais Salif Keïta, né le 19 octobre 1975, et évoluant au poste d'attaquant,
Le joueur international de football sénégalais, né le 19 octobre 1975, et évoluant au poste d'attaquant
Le joueur international de football sénégalais, né le 19 octobre 1975, et évoluant au poste d'attaquant
  • et le joueur international de football centrafricain Salif Keïta, né le 10 avril 1990, et évoluant au poste de défenseur.

Source : wikipedia.org

"Comme un nègre", "Bosser comme un nègre", "Travailler comme un nègre" ou "Turbiner comme un nègre".

La locution adverbiale "Comme un nègre" appartient au registre argotique et au registre désuet.

Entachée d'un fort relent colonialiste, elle signifie : intensément, durement, sans relâche.

On dit par exemple : "Les ouvriers de ces camps de travail bossaient comme des nègres".

Source : www.languefrancaise.net

"Le piment oiseau" et "Le piment langue d'oiseau".

Piment oiseau

Il s'agit de deux variétés de piments très miquants, parfois confondues.

  • "Le piment oiseau" ou "Piment martin" est un petit piment rouge ou vert, qui est une variété principalement antillaise.

Dans l'échelle de Scoville simplifiée, qui mesure de la force des piments, il est classé à un degré 8 (torride), légèrement plus fort que le piment de Cayenne.

Autrefois, avant que les traitements chimiques soient utilisés, ces piments se trouvaient en abondance dans les champs de canne.

    • Le nom "Piment d'oiseau" viendrait de ce que les oiseaux en sont très friands et en rejetent les graines dans leurs fientes.
    • Et le nom "Piment Martin" serait issu de celui du "Martin triste", un petit oiseau passereau.

Un Martin triste

Ce piment peut parfois être appelé "Piment langue d'oiseau", mais cette appellation est plus large et correspond à ce que l'on appelle plus communément le "Pili-pili".

Piment oiseau

  • et "Le piment langue d'oiseau" également appelé "Pili-pili", auquel j'ai déjà consacré un article.

Source : wikipedia.org

"Le pili-pili", "Le piri-piri" ou "Le "maguita-tua-tua".

Pili-pili

Il s'agit d'une variété de piment rouge africain, antillais et américain, de petite taille et très piquant, très utilisé en Afrique, au Portugal et au Brésil.

Il est également appelé "Jindungo", "Ndongo" ou "Nedungo", ainsi que "Langue d'oiseau", mais ne doit cependant pas être confondu avec le "Piment oiseau",

Pili-pili

Et est à l'échelon 6/10 de l'échelle de Scoville.

Le piment

Source : wikipedia.org

"La panthère noire", "La perle noire", "La perle noire de Saint-Étienne" ou "La perle noire du Mali".

Le joueur international de football malien Salif Keïta

Il s'agit des différents surnoms du joueur de footbal international malien Salif Keïta, né le 12 décembre 1946.

Né en 1961, j'ai neuf ans lorsque cet attaquant devient le premier vainqueur du Ballon d'or africain en 1970 et - comme pour beaucoup des petits français de l'époque, je crois - l'une de mes idoles.

Salif Keïta avait commencé sa carrière à l'AS Real Bamako avec laquelle il remporte trois fois la Coupe du Mali avant d'être transféré au Stade malien.

Déjà immense vedette au Mali, il rejoint, à 21 ans, en 1967, l'AS Saint-Étienne. Ses débuts en équipe première sont fulgurants (il marque dès son premier match officiel). Il reste cinq saisons à Saint-Étienne où il remporte trois titres de champion et une coupe de France. Lors de la saison 1970-1971, il réalise quatre quadruplés et inscrit 42 buts ce qui lui permet de terminer 2e meilleur buteur du championnat et Soulier d'Argent Européen 1972.

Logos successifs de l'ASSE (Association Sportive de Saint-Étienne)
Logos successifs de l'ASSE (Association Sportive de Saint-Étienne)

Considéré comme une icône à Saint-Étienne (42), c'est son surnom de "La panthère noire", qui a donné naissance au symbole de l'ASSE figurant sur ses logos de 1970 et 1988.

Salif Keïta a ensuite joué à l'Olympique de Marseille, au Valence CF puis au Sporting Clube de Portugal où il a remporté une Coupe du Portugal.

Treize fois sélectionné en équipe nationale pour onze buts inscrits, il est, avec cette équipe finaliste des Jeux africains en 1965 et de la Coupe d'Afrique des nations en 1972.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dit-on souvent des bambaras qu'ils sont de véritables fous furieux ?

Réponse
Parce que ce sont de vrais mandingues !
Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre les locutions nominales « Vrais mandingues » et « Vraiment dingues » ; les bambaras étant un peuple mandingue de l’Afrique de l’Ouest sahélienne, établi principalement dans le Sud de l’actuel Mali , dans l’Ouest du Burkina Faso et au Nord de la Côte d’Ivoire, où ils y sont appelés « Dioulas », ce qui signifie « Commerçants » en langue mandingue.

"Une personne d'origine subsaharienne".

Vous vous interrogez à propos de cette étrange locution nominale ?

Allons, allons, voyons !

Merveille de la novlangue, cette formule absconse, que je commence à entendre, désigne tout simplement... un habitant des régions situées au Sud du Sahara.

Autrement dit : celui que le vil raciste négrophobe que vous êtes peut-être se permet encore d'appeler... un africain de couleur noire ou - par ellipse péjorative - un noir !

"Un renoi" ou "Un kebla" et "Des renois" ou "Des keblas".

Ces mots en verlan du registre argotique sont apparus dans les banlieues dans les années 1980.

Et tous désignent des personnes de couleur noire, ayant la peau noire.

  • "Renoi" vient de "Noir" à l'envers : re-noi,
  • et "Kebla" vient de "Black" ("Noir" en anglais) à l'envers : ke-bla.

On dit par exemple : "J'ai un copain renoi qui travaille chez un boulanger".

Ou : "Le mercredi je reviens de l'entraînement de foot avec deux amis keblas".

Voir également mon article consacré à l'évolution de la façon dont a parlé en France des personnes de couleur noire.

Pourquoi dire : "Un black", "Des blacks" ou "Les blacks" ?

Et pas : "Un noir", "Des noirs" ou "Les noirs" (registre familier) !

Ou : "Une personne de couleur noire" ou "Une personne noire de peau", "Des personnes de couleur noire" ou "Des personnes noires de peau" et "Les personnes de couleur noire" ou "Les personnes noires de peau" (langage courant).

Voir également mon article consacré à l'évolution de la façon dont a parlé en France des personnes de couleur noire.