"Une personne d'origine subsaharienne".

Vous vous interrogez à propos de cette étrange locution nominale ?

Allons, allons, voyons !

Merveille de la novlangue, cette formule absconse, que je commence à entendre, désigne tout simplement... un habitant des régions situées au Sud du Sahara.

Autrement dit : celui que le vil raciste négrophobe que vous êtes peut-être se permet encore d'appeler... un africain de couleur noire ou - par ellipse péjorative - un noir !

"Un renoi" ou "Un kebla" et "Des renois" ou "Des keblas".

Ces mots en verlan du registre argotique sont apparus dans les banlieues dans les années 1980.

Et tous désignent des personnes de couleur noire, ayant la peau noire.

  • "Renoi" vient de "Noir" à l'envers : re-noi,
  • et "Kebla" vient de "Black" ("Noir" en anglais) à l'envers : ke-bla.

On dit par exemple : "J'ai un copain renoi qui travaille chez un boulanger".

Ou : "Le mercredi je reviens de l'entraînement de foot avec deux amis keblas".

Voir également mon article consacré à l'évolution de la façon dont a parlé en France des personnes de couleur noire.

Pourquoi dire : "Un black", "Des blacks" ou "Les blacks" ?

Et pas : "Un noir", "Des noirs" ou "Les noirs" (registre familier) !

Ou : "Une personne de couleur noire" ou "Une personne noire de peau", "Des personnes de couleur noire" ou "Des personnes noires de peau" et "Les personnes de couleur noire" ou "Les personnes noires de peau" (langage courant).

Voir également mon article consacré à l'évolution de la façon dont a parlé en France des personnes de couleur noire.

"Le Congo français", "Le Moyen-Congo", "La république du Congo" et "La république populaire du Congo".

Localisation du Congo français, en Afrique centrale

Il s'agit des noms successifs, entre 1891 et 1992, du pays actuellement connu sous le nom de "République du Congo" (forme longue) ou - par ellipse - "Congo" (forme courte) et le plus souvent dénommé "Congo Brazzaville".

Entre 1882 et 1906, cette ancienne colonie française d'Afrique centrale incluait également l'actuel Gabon.

La capitale était Libreville jusqu'en 1904, puis Brazzaville.

Et ce pays a successivement porté les noms de :

  • "Le Congo français", de 1891 à 1903,
  • "Le Moyen-Congo", de 1903 à 1960,
  •  "La république du Congo", de son indépendance, le 15 août 1960 jusqu'en 1969,
  • et "La république populaire du Congo" entre 1969 et 1992.

Source : wikipedia.org

Les dérives de la novlangue : mais que va-t-on donc pouvoir - ou devoir - dire la prochaine fois pour désigner les personnes de couleur noire et celles originaires d'Afrique du Nord ?

On a en effet successivement utilisé les termes ou formules suivants (*) :

Deux formules du langae courant, à mon sens purement factuelles et sans aucune connotation raciste ou négative. 

Puisque l'on disait de la même façon : "Les blancs" pour désigner il est vrai les personnes de couleur plutôt "crème" ou "rose"... et "les Sud-Américains" pour désigner les les personnes originaires d'Amérique du Sud.

  • On a ensuite parlé des "maghrébins",
  • puis des "personnes d'origine africaine".

Pourtant celle-ci peut parfois être des plus lointaines... : les ascendants de l'un de mes amis noir sont tout de même parisiens depuis... 1810 ! Soit un demi-siècle avant que les Niçois et les Savoyards ne soient rattachés à la France, le 24 mars 1860 ! Or je n'ai jamais entendu quiconque dire de ces derniers qu'ils sont d'origine italienne.

  • Dans les années 1980, on s'est mis à parler anglais et verlan et on a dit : "Les blacks" (registre familier), "Les keblas", "Les renois" (registre argotique) et "Les beurs" (registre familier).
  • Avec l'apparition de la novlangue et du politiquement correct - que j'abhorre et que je conchie - est d'abord apparue la formule "Personnes de couleur"...

Comme si le périgourdin ou le normand n'étaient pas "de couleur" mais transparents !

  • puis la locution nominale "minorités visibles"...

Que je trouve personnellement nettement plus discriminante que l'adjectif qualificatif "noir".

  • et aujourd'hui la formule "personnes issues de la diversité"...

Alors, à l'instar de mon maître, le vénéré Coluche, je me pose la question : "Mais dites-moi... jusqu'où s'arrêteront-ils ?".

Et surtout : que va-t-on donc pouvoir - ou devoir - dire la prochaine fois ?

(*) : J'ai sciemment exclu de ma liste l'ensemble des termes à connotation expressément raciste, auxquels je consacrerai ultérieurement un autre article.

 

"Le grand blanc de Lambaréné".

Le Dr Albert Schweitzer

Il s'agit du surnom du docteur Albert Schweitzer, né le 14 janvier 1875 et mort le 4 septembre 1965.

Ce médecin alsacien protestant, nourri d'une double culture allemande et française, qui était également pasteur, théologien, philosophe et musicien, fut un pionnier de la médecine humanitaire.

Le Dr Albert Schweitzer

Il développa en effet à Lambaréné (Gabon),en pleine forêt équatoriale, à partir de 1913, un hôpital qui lui valut une énorme visibilité médiatique et le fit connaître dans le monde entier.

Le Dr Albert Schweitzer

Avant que le prix Nobel de la paix ne lui apporte, en 1952, la consécration.

À titre personnel, je me suis très tôt passionné pour la vie de cet homme étonnant, car mes grands-parents maternels et ma mère avaient vécu au Gabon de 1938 à 1947.

Affiche du film français "Il est minuit Dr Scweitzer" d'André Haguet (1952)

Et que c'est à l'âge de 10 ans envion, que j'ai vu pour la première fois, à la télévision, "Il est minuit Dr Shweitzer", le film réalisé par André Haguet en 1952, d'après la pièce homonyme, écrite la même année par Gilbert Cesbron.

jeanne Moreau et Pierre Fresnay dans le film français "Il est minuit Dr Scweitzer" d'André Haguet (1952)

Avec Pierre Fresnay dans le rôle d'Albert Scweitzer - l'un de mes acteurs français préférés - et la jeune Jeanne Moreau dans celui de son infirmière, pour son cinquième rôle au cinéma.

Source : wikipedia.org

"Le pays de la Téranga".

Le mot "Téranga" signifie "hospitalité" en Wolof et cette expression désigne le Sénégal.

Les Sénégalais l'utilisent eux-mêmes pour parler de leur pays et elle a été largement popularisée à travers le monde pour avoir servie de devise publicitaire dans les campagnes de promotions touristiques du pays ("Le Sénégal, pays de la Téranga").

Et cela au point d'avoir engendré, par extension et de façon abusive, l'expression "Les lions de la Téranga" pour désigner l'équipe nationale de football du Sénégal.

 

"L'effet Mandela".

Cette appellation désigne une fausse croyance collective ou un faux souvenir partagé par un certain nombre de personnes.

Origine du nom

Elle doit son nom au fait qu'à la mort de l'homme politique sud-africain Nelson Mandela, en 2013, nombre d’anglo-saxons étaient convaincus qu’il était déjà décédé, trente ans auparavant, dans les années 1980. Et "convaincus" est un doux euphémisme, car des dizaines de milliers de personnes étaient absolument certaines d’avoir vu des reportages à la télévision sur sa mort !

Nous en sommes tous victimes

C'est en effet ce que semble démontrer l'exemple qui suit.

Tout le monde - qu’il ait vu ou non le film d'animation de Walt Disney "Blanche-Neige et les sept nains" - croit savoir comment la reine-sorcière interroge son miroir magique : elle s'adresse à lui en disant "Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?".

Nous sommes bien d’accord ? C’est bien ce qu’elle dit ?

Et bien non : cette formule, que tout le monde répète à l’envi en étant parfaitement convaincu qu’elle a bien été prononcée par cette satanée reine-sorcière, n’a jamais existé que dans notre seule imagination !

La reine Grimhilde n’a jamais prononcé cette formule. En réalité, elle en appelle à son miroir par la formule : "Miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ?".

Étonnant n'est-ce pas ?

www.alternativesante.fr

Sur des sujets similaires, je vous recommande mes articles consacrés à : "Le syndrome Bugs Bunny" et "Le syndrome de Brulard".

"Le céraste".

Ceraste ou "Vipère à cornes"

Il s'agit du vrai nom, venu directement du latin "Cerastes", de la vipère à cornes.

Ce serpent venimeux et nocturne extrêmement dangereux, dont il existe différentes espèces, appartient à la famille des Vipéridés.

Ceraste ou "Vipère à cornes"

Vivant en Afrique et en Asie, il se caractérise par deux espèces de cornes, dues au développement des écailles sus-orbitaires et qui lui valent son surnom.

 

"La myrrhe".

On retrouve souvent ce mot dans la Bible, où l'on évoque son parfum.

Le mot "Myrrhe" - avec deux "r" ! - désigne tout à la fois :

  • la gomme ou résine aromatique produite par le "Balsamier", également appelé "Arbre à myrrhe", un arbre d'Afrique et d’Asie, utilisée pour son parfum et ses propriétés stimulantes et antispasmodiques.
  • et cet arbre lui-même.

Shakespeare, toujours d'actualité !

Façade de Pharmacie-Homéopathie

Un jeune africain, fraîchement débarqué en France, demande à un ami étudiant s'il veut bien lui lire les différentes enseignes des commerces situés sur le trottoir d'en face, auxquelles il n'est pas encore habitué : Café-Tabac, Coiffeur, Pharmacie-Homéopathie...

De bonne volonté, l'ami s'exécute gentiment et commence à énoncer à haute et intelligible voix, en distinguant parfaitement chaque syllabe, : "ca-fé", "ta-ba", "koi-feur", "far-ma-ssi", "o-mé-o-pa-ti"...

Lorsque le jeune africain commente, visiblement affecté, : "Ah ! Pauv'e Juliette !".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le mot « Homéopathie » et la locution « Roméo parti ». Et fait naturellement référence à la célèbre pièce de théâtre britannique « Roméo et Juliette », écrite en 1597 par William Shakespeare.

Vous n'êtes vraisemblablement guère nombreux à pouvoir situer l'"Eswatini" ou "eSwatini" sur un carte ?

Carte de situation de l'Eswatini (ex-Swaziland) en Afrique australe

Il s'agit en effet du nouveau nom, depuis le 19 avril 2018, du "Swaziland", que - déjà, je pense, - peu de gens connaissaient.

Ce petit pays d'Afrique australe sans accès à la mer, bordé par l'Afrique du Sud et le Mozambique, mesure moins de 200 km du Nord au Sud et de 130 km d'Est en Ouest.

Carte de l'Eswatini (ex-Zwaziland)

"Eswatini" signifie "le pays des Swazis" en langue swati, et c'est le roi Mswati III qui a souhaité que le pays reprenne son nom d'origine d'avant la colonisation, pour les 50 ans de l’indépendance du pays.

"Swaziland" était en effet un nom hybride entre l’anglais et la langue nationale et il s'agissait du seul pays d’Afrique à avoir conservé son nom de l’époque coloniale.

Le royaume d’Eswatini, parfois écrit "eSwatini" selon la graphie swati, parfois appelé "Ngwane" ou "Ngwané", doit son nom au roi du XIXe siècle Mswati II, dont le nom signifiait "Bâton de commandement" en zoulou.

Source : wikipedia.org