"Une cantine".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • le service chargé de la préparation des repas pour les ouvriers ou les employés d'un même établissement, les élèves d'une école, etc.

On dit par exemple : une "cantine scolaire".

Une cantine côté cuisine
Une cantine scolaire côté cuisine

Une cantine scolaire

Et une "cantine d'entreprise".

Cantine d'entreprise, souvent appelée désormais "restaurant d'entreprise"

Mais la locution masculine "restaurant d'entreprise" est aujourd'hui privilégiée par les employeurs, le terme de "cantine" étant jugé péjoratif.

  • le réfectoire où sont pris ces repas.
Une cantine scolaire côté salle
Une cantine scolaire côté salle ou "le réfectoire"
  • par extension : un restaurant dans lequel on prend régulièrement ses repas, fut-il très onéreux.

On dit par exemple : "À cette époque, la cantine du président était un célèbre restaurant de poissons du VIIe arrondissement".

  • un coffre de voyage, une malle métallique, utilisés en particulier par les militaires,

Une cantine métallique ferméeUne cantine métallique ouverte

 

 

  • le service permettant aux détenus d'un établissement pénitentiaire d’acheter des produits courants en complément de ceux fournis gratuitement par l’administration pénitentiaire, ainsi que des journaux, du tabac, etc.
  • pour nos amis Suisses : une vaste tente dressée en plein air pour une fête, une manifestation. Que nous appelons en France un barnum.

Une tente de réception ou "barnum", appelée "cantine" par nos amis Suisses

  • et pour nos amis africains : une petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique.

Un "cantine" africaine : petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique

Sources : Le robert et www.larousse.fr

"Corder".

Ce verbe peut avoir différentes significations :

  • tordre des fibres textiles ; les rouler en corde ; leur donner une forme de corde.

On dit par exemple : "Corder du chanvre".

  • entourer de corde, lier, serrer avec une corde.

On dit par exemple : "Corder une malle".

Corder une malle

  • garnir de cordes.

On dit par exemple : "Corder une raquette de tennis".

Corder une raquette de tennis

Mais "Changer les cordes d'une guitare" et pas "Corder une guitare".

Changer les cordes d'une guitare

  • en cuisine : prendre une consistance dure, pour une pâte insuffisamment mouillée, qui n'a pas absorbé assez de liquide.

Ou prendre une consistance élastique et collante pour une purée de pommes de terre trop travaillée.

On dit par exemple : "Ne remue pas trop : elle va corder !".

Corder une purée

  • et autrefois (registre désuet) : s'accorder ; être ou se mettre dans une même disposition de coeur avec quelqu'un.

On disait par exemple, à la fin du XIXe siècle : "Les deux époux cordent parfaitement ensemble".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, chefsimon.com, www.aftouch-cuisine.com et www.linternaute.fr

Pourquoi les romains prenaient-ils du poids après leurs orgies ?

Réponse
Parce qu’ils mangeaient copieux !« .
Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre l’adjectif « Copieux » et la locution adverbiale du registre argotique « qu’au pieu » (uniquement au lit).

Naturellement, l’adverbe « copieusement » conviendrait davantage. Mais il m’aurait privé de ce savoureux calembour.

Une orgie romaine

"Babouiner".

Cet étrange verbe appartenant au registre désuet et au registre argotique signifiait autrefois, selon le contexte :

  • faire des singeries, faire le bouffon,
  • ou : manger.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "mangeré et en particulier "Manger abondamment".

Sources : www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Avoir les crocs".

Cette locution verbale du registre argotique signifie, au sens figuré : être affamé après avoir été longtemps sans manger.

On dit par exemple : "Le lundi soir, quand je rentre chez moi à 23 heures, après mon entraînement de foot, sans avoir bouffé depuis le déjeuner , j'ai vraiment les crocs !".

Et on utilise également, dans le même sens, la locution verbale en forme d'idiotisme corporel "Avoir les dents longues", qui appartient au langage courant.

22 façons de dire "Vomir".

"Dégueuler" et "Gerber" relèvent du registre argotique.

Ainsi que les idiotismes animaliers particulièrement imagés : "Aller au renard", "Balancer un renard", "Cracher un renard", "Écorcher le renard", "Faire un renard", "Lâcher un renard", "Piquer un renard" (le substantif masculin "renard" constitue ici une ellipse de la locution nominale féminine "queue de renard") et "Renarder".

"Renarder", "Aller au renard", "Balancer un renard", "Cracher un renard", "Écorcher le renard", "Faire un renard", "Lâcher un renard" ou "Piquer un renard", c'est à dire "Vomir".

Ou encore "Débecter", "Débecqueter" et "Débequeter", mais ces trois derniers ne sont guère employés en ce sens.

"Dégobiller" et "Dégurgiter" (restituer presque intact un aliment que l'on avait avalé) appartiennent au registre familier.

Ainsi que "Quicher", qui n'est toutefois usité qu'à Marseille (13) et en Provence.

"Rendre" ou "Rendre tripes et boyaux" relèvent du langage courant.

De même que les verbes "Expulser", "Rejeter" ou "Restituer", qui sont parfois utiliser en ce sens, accompagnés de locutions nominales du type "Son repas".

Tandis que "Régurgiter" relève du registre soutenu.

Sources : crisco2.unicaen.fr, wiktionary.org, www.languefrancaise.net et Le Robert

 

"Becter", "Becqueter" ou "Béqueter".

Ce verbe, qui peut s'écrire de trois façons différentes est construit à partir du substantif masculin "Bec".

Et il signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant, pour un oiseau :
Un cormoran bectant un cygne blanc sur le lac d'un parc londonien, c'est à dire : le frappant à coups de bec
Un cormoran bectant un cygne blanc sur le lac d'un parc londonien, c'est à dire : le frappant à coups de bec
Des perroquets qui se bectent, c'est à dire : se frappent du bec et même se mordent
Des perroquets qui se bectent, c'est à dire : se frappent du bec et même se mordent
    • frapper, piquer plus ou moins fortement à coups de bec,Becter, bécqueter ou béqueter
      • saisir de la nourriture ; prendre par becquées.
Des perruchent qui se bectent, c'est à dire : se caressent du bec
Des perruchent qui se bectent, c'est à dire : se caressent à coups de bec
Des pigeons qui se bectent, c'est à dire : se caressent du bec
Des pigeons qui se bectent, c'est à dire : se caressent à coups de bec
    • ou : caresser à coups de bec.
  • et au sens figuré, dans le registre argotique, pour un être humain :

Un couple hétérosexuel en train de s'embrasser

    • embrasser.

On dit par exemple : "Regarde-les ces deux-là : toujours en train de se béqueter".

  • Une femme qui mange
    • ou : manger.

On dit par exemple : "Le temps que j'aille aux toilettes, ce goinfre m'a becté mon dessert !".

J'ai consacré un article aux très nombreuses façons de dire en français "Manger" et notamment "Manger abondamment", dont je permets de vous recommander la lecture.

Sources :wwww.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Rester sur sa faim".

Cette locution verbale du langage courant signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : avoir encore faim ; continuer d'avoir faim après avoir mangé.

On dit par exemple : "Tu imagines bien qu'avec un poulet pour quatre adultes et trois adolescents, nous sommes restés sur notre faim".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : voir ses attentes déçues ; être insatisfait ; ne pas obtenir autant que ce que l'on attendait ou espérait.

On dit par exemple : "Je suis resté sur ma faim avec ce documentaire, car il n'expliquait pas grand chose".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr et wiktionary.org

"Être clair comme de l'eau de roche" et "Être clair comme du jus de boudin" ou "Être clair comme du jus de chique".

Ces trois locutions adjectivales antonymes très imagées signifient respectivement :

  • "Être clair comme de l'eau de roche" : être parfaitement clair (langage courant).

On dit par exemple : "La situation est claire comme de l'eau de roche : ils s'aiment et veulent se marier !".

  • et "Être clair comme du jus de boudin" (idiotisme alimentaire) ou "Être clair comme du jus de chique" : ne pas être clair du tout, être trouble, obscur (registre familier).

On dit par exemple : "L'intrigue est claire comme du jus de chique : on ne comprend rien à rien !".

Ou : "Je n'ai rien compris à ton histoire : c'est clair comme du jus de boudin !".

"Refiler la patate chaude" ou "Renvoyer la patate chaude".

Cette expression du registre familier signifie : se défausser, se débarrasser d'une affaire embarrassante, gênante, difficile ou délicate en confiant sa gestion à une autre personne.

On dit par exemple : "Comme à son habitude, le ministre a refilé la patate chaude à l'un de ses collaborateurs".

Sources : Le Robert, www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et www.joellerochette.com

"Ceinture !".

Cette interjection, qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers et nos jeunes enfants, relève du registre familier.

Et elle constitue une ellipse de "IL VA FALLOIR FAIRE ceinture !".

Elle fait référence à la locution verbale "Faire ceinture", qui est déjà elle-même une ellipse de "Faire USAGE DE SA ceinture".

Dire à quelqu'un "Ceinture !" revient donc à lui ordonner ou, à tout le moins, à l'inviter fermement à se priver de nourriture (au sens propre) ou de quelque chose (au sens figuré).

Un médecin nutritionniste peut par exemple annoncer à un patient : "Vous oubliez complètement les barres chocolatées et les tartines de confiture au petit-déjeuner : ceinture !".

Ou un père, furieux après les mauvais résultats scolaires de son fils : "Terminé les jeux vidéo : ceinture !".

"Débecter", "Débecqueter" ou "Débéqueter".

J'aime bien ce verbe du registre argotique pouvant s'écrire de trois façons différentes.

Construit à partir du verbe du même registre "Becter", "Bécqueter" ou "Béqueter" signifiant notamment "Manger", il signifie lui-même :

Vomir dans la cuvette des toilettes

  • au sens propre : vomir.

On dit par exemple : "Quelle odeur atroce : c'est à débecter (dé-bek-té)".

Ou : "J'ai débecqueté (dé-bek-té) tout ce que j'avais bouffé".

Et : "Riton nous a fait la cuisine mais on a failli tout débéqueter (dé-bek-té)".

Pour les personnes que cela intéresse, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Vomir" en français.

  • et au sens figuré : dégoûter, répugner.

On dit par exemple : "Ce type me débecte : il pue la transpiration dès dix heures du mat (dé-bek-te)".

Ou : "Cet acteur joue toujours des rôles de types malsains ou de salauds qui me débecquettent (dé-bek-te)".

Et : "Ça me débequette (dé-bek-te) de ramasser ce truc avec les mains".

Sources : www.larousse.fr, www.cnrtl.fr, Le Robert et wiktionary.org

"Faire son beurre".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire appartient au registre argotique.

Et elle signifie, au sens figuré : s'enrichir ; faire des bénéfices ; prospérer ; gagner de l'argent ; profiter de quelque chose ; faire son profit de quelque chose, y trouver un intérêt.

On dit par exemple : "Il ne gagne pas d'argent avec ses chambres : c'est avec le restaurant de l'hôtel qu'il fait son beurre".

Ou : "Avec la pandémie de maladie à coronavirus 2019, le commerce en ligne fait son beurre".

Sources : www.languefrancaise.net, www.expressio.fr

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche".

Cuillère de bébé en argent massif "Charlie bear" de chez Christofle

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : être sinon rentier, du moins un privilégié, issu d’une famille très aisée et ayant la chance de n'avoir eu aucune préoccupation financière depuis sa naissance.

Elle comporte en général une connotation négative et est essentiellement utilisée afin de discréditer une personne.

Il s'agit d'une expression qui nous vient d'Angleterre, où elle serait apparue pour la première fois en 1712. Et l'on sait qu'elle est employée aux États-Unis d'Amérique depuis au moins 1780 ("Born with a silver spoon in his mouth" c'est à dire "Né avec une cuillère en argent dans la bouche").

Elle n'a cependant dû s'imposer chez nous que dans la seconde partie du XIXe siècle.

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche" est - comme souvent - une expression directement liée à la religion chrétienne.

Même si elle semble s'être relativement perdu, la tradition voulait en effet que, lorsqu’un bébé venait au monde, son parrain lui offrait une cuillère le jour de son baptême. Une cuillère en argent soulignait la richesse de la famille, puisque dans les milieux moins aisés, on utilisait des cuillères en bois, qui furent par la suite principalement fabriquées en étain. Le mot anglais "Spoon" ("Cuillère") constitue d’ailleurs une déformation du mot "Spon", qui désignait un copeau de bois, la cuillère étant taillée dans un gros éclat de bois.

Offrir une cuillère en argent à son filleul était donc un signe visible de son aisance et de la bonne éducation qu’il recevrait, à l’abri de tout embarras financier.

Source : www.lefigaro.fr, "Les 1001 expressions préférées des Français" (Georges Planelles, 2011)