"Le protoxyde d'azote" ou "Le proto".

Cette locution nominale et son apocope désignent ce que l'on appelle couramment "le gaz hilarant".

Ce composé chimique, également appelé "Oxyde nitreux" ou "Hémioxyde d'azote", est un gaz incolore a l'odeur et au goût légèrement sucrés.

Il s'agit d'un puissant gaz à effet de serre, 298 fois plus puissant que le gaz carbonique, devenu le premier contributeur à la destruction de la couche d'ozone !

Utilisations traditionnelles

Ce gaz est utilisé :

  • comme comburant, pour accroîre la puissance des moteurs, en compétition automobile,
  • avec l'acétylène dans certains appareils d'analyse,
  • comme gaz dépoussiérant, pour les ordinateurs,
  • comme gaz propulseur, dans les bombes de crème chantilly,
  • et pour les siphons à crème Chantilly, crème fouettée ou mousses chaudes ou froides.

Siphon à Chantilly

Utilisation comme drogue

On le surnomme "gaz hilarant" car il euphorise à l'inhalation, d'où son usage comme drogue récréative hallucinogène.

Sa consommation par les jeunes français a littéralement explosé ces derniers temps, du fait de :

  • son extrême simplicité d'utilisation :
Un jeune inhalant du protoxyde d'azote à l'aide d'un ballon de baudruche préalablement gonflé à l'aide d'une cartouche de gaz pour siphon
Un jeune inhalant du protoxyde d'azote à l'aide d'un ballon de baudruche, préalablement gonflé à l'aide d'une cartouche de gaz pour siphon ©La Voix du Nord/Pascal Bonnière

Il suffit en effet de remplir un ballon de baudruche avec le contenu d'une cartouche, puis d'inhaler le gaz ainsi transféré dans le ballon.

Cartouches de protoxyde d'azote et ballons de baudruche jetés sur un trottoir après usage

Ainsi s'explique le grand nombre de cartouches argentées vides et de ballons dégonflés que vous avez certainement dû remarquer depuis quelques temps, au moins dans certains quartiers, jonchant souvent les pelouses des parcs et des cités, ainsi que les trottoirs de nos villes...

Cartouches de protoxyde d'azote et ballons de baudruche jetés après usage

  • son extrême facilité d'accès :

Le protoxyde d'azote est en effet en vente libre dans sa version "gaz pour syphon", ce qui permet de se droguer en toute légalité !

  • et son prix absolument dérisoire :

On trouve ce "gaz pour syphon" à un prix défiant toute concurrence et à la portée de n'importe quel jeune enfant, puisque par exemple à 4 euros les 6 cartouches chez Casino, soit seulement 66 centimes pièce !

Blister de 6 cartouches de gaz pour siphon en vente dans les magasins Casino

Et même à 134,95€ les 400 cartouches sur le site bienmanger.com, mis en avant par Google, soit 33,7 centimes pièce !

Lot de 400 cartouches de "gaz siphon professionnelles N2O pour chantilly" en vente sur le site bienmanger.com
Lot de 400 cartouches de "gaz siphon professionnelles N2O pour chantilly" en vente sur le site bienmanger.com

Ou encore à 219€ les 600 cartouches chez le même fournisseur, pour les crétins ne sachant pas compter (36,5 centimes pièces, soit 8,3% plus cher !).

Source : wikipedia.org

"Être bien brave", "Être gentil" ou "Être très gentil".

Ces différentes formules s'utilisent pour qualifier :

  • au sens propre : une personne serviable, honnête, bonne, obligeante.
  • et dans le registre familier : une personne gentille ou très gentille, mais un peu stupide.

On dit par exemple :

  • "Cindy est bien brave, mais je ne lui prêterais pas ma voiture",
  • "Kevin est gentil mais il a encore oublié d'éteindre l'enseigne en partant",
  • ou : "Gonzague est très gentil. Il collectionne les ticket de loto perdants".

"L'odontologie", "La médecine bucco-dentaire", "La médecine dentaire", "La chirurgie dentaire", "L'art dentaire" et "La dentisterie".

Ces six dénominations synonymes (désolé, il n'y en a pas davantage !) désignent toutes la même chose :

  • une spécialité médico-chirurgicale,
  • exercée par des praticiens, nommés "odontologistes", "odontologues", "médecins bucco-dentaires", "chirurgiens-dentistes", "médecins-dentistes" ou - par ellipse - "dentistes",
  • couvrant l'étude de l'organe dentaire (émail, dentine, pulpe dentaire), des maxillaires (os maxillaire, os mandibulaire) et des tissus attenants,
  • ainsi que la prévention, le diagnostic et le traitement des pathologies de l'ensemble des structures anatomiques oro-faciales.

Novlangue oblige, "La médecine bucco-dentaire" - appellation la plus récente -  remplace officiellement, depuis le 15 décembre 2010, celle de "L'art dentaire".

Source : wikipedia.org

"Une buse".

Ce substantif féminin polysémique peut avoir en français différentes significations, selon le contexte et le niveau de langage :

  • dans le langage courant, il s'agit :

Une buse : oiseau rapace diurne

    • avant toutes choses d'un nom vernaculaire d'animal, désignant un oiseau de proie diurne (falconiforme), au plumage brun tacheté, aux formes lourdes, au bec et aux serres faibles, que l’on considère comme dépourvu d’intelligence.

Il existe plusieurs espèces de ce rapace en Europe, la plus commune étant la "buse variable".

Buses en laiton
Buses en laiton
    • mais également d'un embout - parfois également appelée "ajutage" - placé à l'extrémité d'un tuyau dans lequel circule un ou plusieurs fluides et destiné à assurer une des fonctions suivantes :
      • dispersion de ce(s) fluide(s) dans un grand volume,
      • ou projection à grande vitesse ou/et mélange de ces fluides.

C'est par exemple le cas de la pièce du carburateur qui augmente la vitesse de l'air lors de son passage au niveau du gicleur.

Les fonctions assurées par la buse reposent sur la forme du conduit qui exploite les propriétés de la tuyère.

    • ou d'un conduit rigide de gros calibre servant à l'écoulement d'un fluide.

Également appelé "Ponceau", la buse (du néerlandais "buis" signifiant "tube") est constituée d'un ou de plusieurs éléments en ciment, céramique, fonte, mais aussi :

Buses de béton armé
Buses en béton armé
      • béton armé,
Buses métalliques en acier galvanisé
Buses en acier galvanisé
      • ou acier galvanisé.
D'argent au tourteau de gueules (blason de la famille de Montpellier)
D'argent au tourteau de gueules (blason de la famille de Montpellier)
    • ainsi que, en héraldique, d'un "meuble" (une figure) représentant un disque de couleur rouge dans les armoiries, ensuite appelé "tourteau de gueules", et parfois "tourteau de pourpre".
  • et dans le registre familier :
    • au sens figuré : d'une personne particulièrement stupide ou bornée ; d'un sot, d'un idiot, d'un imbécile.

On dit par exemple : "Sibeth Ndiaye, Muriel Pénicaud, Christophe Castaner : que des buses ! Édouard Philippe devait vraiment apprécier la fauconnerie... ou la vraie connerie ?".

    • et, dans le Nord de la france, en Champagne, ainsi que pour nos amis belges : d'un échec à une élection, à un examen, etc.

On dit par exemple : "Mon neveu s'est pris une buse à son examen d'urine, c'est te dire s'il est con !".

Nota bene : "La buse" était l'un des surnoms du pirate français Olivier Levasseur.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org, www.languefrancaise.net et www.larousse.org

Pourquoi dire : "Un sprinkler" ou "Un sprinkleur" !

Et pas : "Un asperseur" !

C'est à dire un appareil qui disperse de l'eau en fines goutelettes.

On retrouve ce terme dans deux domaines précis :

  • La lutte contre l'incendie :

Où l'asperseur est appelé "Gicleur d'incendie", "Gicleur" (par ellipse), "Tête d'extincteur automatique à eau", "Tête d'extincteur automatique d'incendie", "IEA (Installation d'Extinction Automatique à eau)"... ou "IFEA (Installation Fixe d'Extinction Automatique à eau)".

Ces six appellations désignent un appareil d'extinction fonctionnant seul en cas de chaleur excessive dans un local ou un site à protéger lors d’un incendie.

Ce système est mis en réseau au-dessus de la zone à protéger et comporte trois éléments constitutionnels : des têtes extinctrices (ou "buses"), vissées sur des canalisations, le tout relié à un poste de contrôle qui régule l'arrivée de l'eau.

Une augmentation anormale de la température entraîne la rupture de l’ampoule ou la fonte du fusible qui maintient la tête fermée.

La canalisation d’eau sous pression permanente, connectée à la tête, alimente alors celle-ci pour arroser par brumisation la zone enflammée.

Son déclenchement ne nécessite aucune intervention humaine. La circulation d’eau dans les canalisations actionne une cloche hydraulique donnant l’alarme au niveau du poste de contrôle (et renvoie une alarme vers le poste de sécurité grâce à un pressostat.

  • Le jardinage et l'agriculture.

l'asperseur constitue une composante d'un système d'arrosage.

On parle alors d'"arroseur automatique enterré", avec, selon les cas :

Turbine arrosage

    • des tuyères d'arrosage, à jet fixe, qui arrosent en pluie fine sur un rayon de 3 à 5 mètres,

 

    • ou des turbines d'arrosage, à jet circulaire ou oscillant, en arc de cercle, couvrant un rayon de 5 à 15 mètres.

Source : wikipedia.org

"Inculte".

On l'ignore souvent, me semble-t-il, mais cet adjectif polysémique du langage courant peut avoir, selon le contexte, trois significations différentes :

  • Qui n'est pas cultivé : une "terre inculte".
  • Qui n'est pas peignée ou entretenue, pour une chevelure ou une barbe : une "tignasse inculte".
  • Qui n'a aucune culture intellectuelle : un "esprit grossier et inculte".

C'est assurément dans ce troisième sens que cet adjectif est le plus utilisé.

Source : www.larousse.fr

"La rosacée" ou "La couperose".

"Rosacée" ou "Couperose"

Ces deux substantifs féminins du langage courant désignent une maladie cutanée incurable au départ bénigne qui se manifeste par des rougeurs chroniques au niveau du nez, des joues, ainsi parfois qu'au niveau du menton et du front.

Ces symptômes s'accompagnent d'une sensation de picotement, notamment au niveau des yeux.

De petits vaisseaux sanguins, caractéristiques des varicosités sont souvent visibles dans les zones touchées associées à des télangiectasies.

La maladie est évolutive et peut provoquer des crises d'acné, notamment en cas de stress ou de fatigue, et, à un stade avancé, faire enfler le nez du sujet qui reste rouge et bosselé (rhinophyma).

Lorsque la rosacée est à un stade plus avancé, ou soumise à différents facteurs, elle peut aussi sévèrement affecter la vie sociale du sujet qui en est atteint et un examen dermatologique est recommandé.

Cette maladie se distingue de l'érythrose faciale qui est un érythème diffus disparaissant à la vitropression.

Elle touche plus souvent les femmes entre 40 et 50 ans, et plus volontiers les individus à peau, yeux et cheveux clairs.

Le terme "Couperose" est aussi une ancienne dénomination de différents sulfates : ferreux, de zinc ou de cuivre.

Sources : wikipedia.org et sante.journaldesfemmes.fr

"Une agrafe".

Ce substantif féminin polysémique peut désigner, selon le contexte, pas moins de sept objets différents :

Une agrafe de vêtementUne agrafe de vêtement

  • un crochet que l'on engage dans un anneau, une boucle ou une bride et qui sert à joindre les bords opposés d'un vêtement.

Agrafes pour le papier

  • un fil ou une lamelle métallique recourbé(e) aux extrémités, permettant d'attacher, de fixer, d'assembler ensemble plusieurs éléments (feuilles de papier, pièces de cuir, de bois, etc.).

Agrafeuse et agrafes cutanées

  • notamment dans le domaine chirurgical, où l'agrafe permet de souder et de suturer bord à bord les deux berges d'une plaie.
Agrafes métalliques de stylo
Agrafes métalliques de stylo

Stylo bille plastique avec agrafe

  • une languette de métal ou de plastique destinée à accrocher un stylo au rebord d'une poche.
  • dans le bâtiment : une pièce métallique scellée entre les pierres d'un mur, ou entre un placage et un mur, afin de les solidariser.

Un mascaron

  • un mascaron ornant la clef d'un arc de fenêtre ou de porte ; c'est à dire un ornement représentant généralement un masque, une figure humaine, parfois effrayante, à la fonction apotropaïque : il s'agit d'éloigner les mauvais esprits afin qu'ils ne pénètrent pas dans la demeure.
  • dans les chemins de fer : un dispositif permettant - sur un aiguillage - d'immobiliser les lames d'une aiguille dans l'une ou l'autre de ses deux positions possibles.

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Cutané" ou "Cutanée".

Cet adjectif qualifie ce qui relève de la peau.

On parle par exemple :

  • de "lésions cutanées" (une écorchure, une griffure, etc.),
  • ou d'"agrafeuse cutanée", un outil utilisé dans le domaine chirurgical, où il permet de souder et de suturer bord à bord les deux berges d'une plaie.

Agrafeuse et agrafes cutanées

"Héraldique" et "L'héraldique".

  • "Héraldique" est un adjectif qualifiant ce qui est relatif aux blasons, aux armoiries.
  • Tandis que "L'héraldique" est un substantif féminin désignant la science des blasons et des armoiries.

Ce mot est à rapprocher du mot "Héraut", qui désignait, sous le régime féodal, l'officier chargé des publications solennelles et des messages importants ; celui-ci ayant, en outre, des fonctions administratives dans la vie publique et dans la gestion des cérémonies.

Source : wiktionary.org

"Excentrique" ou "Un excentrique".

Cet adjectif et ce substantif masculin polysèmiques du langage courant peuvent avoir différentes significations en fonction des circonstances :

  • "Excentrique" :
    • en géométrie : dont le centre s'éloigne d'un point donné.
    • éloigné du centre (un "quartier excentrique")
    • bizarre, extravagant(e), original(e), singulier(ère) (un "garçon excentrique").
  • "Un excentrique" :
    • un mécanisme conçu de telle sorte que l'axe de rotation de la pièce motrice n'en occupe pas le centre.
    • un individu, une personne bizarre, extravagant(e), original(e), singulier(ère).

Source : www.larousse.fr

"La cochonnaille", "Une cochonnerie" et "Une cochonceté".

Voilà bien trois substantifs féminins paronymes que nos amis étrangers peuvent malheureusement souvent confondre, alors qu'ils ne désignent pas vraiment la même chose !

  • "Cochonnaille" appartient au registre familier et désigne la viande et les abats de cochon diversement apprêtés, traditionnellement appelés dans le langage courant "Charcuterie".

On dit par exemple : "Jacques Chrirac ne résistait pas à une bonne assiette de cochonailles".

  • "Cochonnerie" relève du langage courant et désigne :
    • l'état d'une chose ou d'une personne extrêmement malpropre ; d'une malpropreté digne du cochon.

On dit par exemple : "Cet appartement est d'une cochonnerie repoussante".

Ou : "Ce type est d'une cochonnerie incroyable";

    • une chose sale, mauvaise ou malsaine ;

On dit par exemple : "Arrête de faire des cochonneries".

Ou : "Cesse-donc de manger des cochonneries à longueur de journée".

    • une chose sans valeur, de très mauvaise qualité ; une "Cochonceté".

On dit par exemple : "Tu devrais jeter toutes ces cochonneries".

Ou : "Ce fauteuil en promotion était une véritable cochonnerie !".

    • ou : une parole ou une action obscène, indécente, relevant de la paillardise, de la grivoiserie, de la gaudriole, voire de la pornographie ; une "Cochonceté".

On dit par exemple : "Il ne cesse de lui dire des cochonneries".

  • et "Cochonceté" - un mot que j'aime beaucoup - appartient au registre familier et désigne également :
    • une chose sans valeur, de très mauvaise qualité ; une "Cochonnerie".

On dit par exemple : "Pour mon ancienne copine, les légumes sous plastique n'étaient que des cochoncetés !".

    • ou : une parole ou une action obscène, indécente, relevant de la paillardise, de la grivoiserie, de la gaudriole, voire de la pornographie ; une "Cochonnerie".

On dit par exemple : "Ce type est connu pour ne proférer que des cochoncetés".

Ou : "Mon fils et sa copine s'étaient enfermés dans la chambre pour faire des cochoncetés !".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr