"Les propos de nos hommes et femmes politiques sont de plus en plus aseptisés".

L'adjectif "aseptisé" signifie en effet :

  • au sens propre : rendu aseptique.

Autrement dit, en langage courant : sans microbes.

  • et au sens figuré, comme dans le titre de cet article : édulcoré.

Il est donc parfaitement adapté pour qualifier les propos de nos hommes et femmes politiques, de plus en plus édulcorés, politiquement corrects, faits de formules toutes faites, que je dénonce régulièrement dans ma collection d'articles consacrés à la novlangue.

On ne prononce pas : "Les gestes eu d'sécurité" !

Ainsi que j'ai pu l'entendre dire par un conducteur de prototype de véhicule blindé militaire, dans le magazine mensuel "Le journal de la défense", diffusé le 3 mai 2021 sur la chaîne de télévision publique LCP-AN et consacré à "Armement : 60 ans de programmes".

Mais bien évidemment : "Les gestes dE sécurité" !

Je le concède, cette façon très prolo de prononcer ce type de locution me donne de l'urticaire.

"Plein axe".

La journaliste sportive française Candice Rolland

Cette locution adverbiale est utilisée par les commentateurs sportifs français pour qualifier ce qui est exactement dans l'axe longitudinal du terrain.

Et en particulier les mouvements du ballon.

On dit par exemple : "Un dégagement plein axe", "Une passe plein axe" ou "Un tir plein axe".

Par ellipse, dire "Mbappé plein axe" signifie que ce joueur vient d'effectuer un dégagement, une passe ou un tir dans l'axe longitudinal du terrain".

Certains commentateurs usent et abusent malheureusement de cette ellipse, au point que la locution adverbiale "Plein axe" se transforme presque en un véritable tic de langage.

C'est par exemple le cas de la journaliste sportive française Candice Rolland, qui l'a utilisé au moins cinq fois en queleques dizaines de minutes à peine, au cours de la deuxième mi-temps de la rencontre PSG - Manchester United, le 28 avril 2021, dans l'émission "La grande soirée", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

 

"Pêle-mêle" et "Un pêle-mêle".

Le mot "Pêle-mêle"appartient au langage courant et ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

  • Il s'agit tout d'abord d'un adjectif signifiant : dans un désordre complet, dans une grande confusion.

On dit par exemple : "Si tu voyais son bureau : tous les documents sont entassés pêle-mêle !".

Un bureau très mal rangé

Ou : "J'ai failli m'évanouir en découvrant la chambre de mes petits-enfants : tout y était entassé pêle-mêle".

Une chambre d'enfant en grand désordre, où tout s'entasse "pêle-mêle"

Ou encore : "Le bibliophile-bibliomane que je suis ne comprends pas que l'on puisse entasser ses livres pêle-mêle".

Des livres entassés pêle-mêle

  • mais également un substantif masculin invariable désignant : un cadre destiné à recevoir plusieurs photos.

Un cadre photo de type pêle-mêleUn cadre photo de type pêle-mêle

Sources : Le robert et www.cnrtl.fr

"Donner de l'urticaire" ou "Filer de l'urticaire".

Cette locution verbale appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : énerver, irriter.

On dit par exemple : "C'est triste à dire, mais presque tout, désormais, dans la façon de parler de la plupart de mes concitoyens me donne de l'urticaire".

Ou : "Impossible pour moi d'écouter du rap : cela me file de l'urticaire".

On ne dit pas : "Une partouse à plusieurs" ni "Une partouze à plusieurs" !

Mais simplement : "Une partouse" ou "Une partouze" !

Ce substantif féminin du registre familier désigne en effet : des relations sexuelles en groupe.

Aussi les locutions nominales féminines "Une partouse à plusieurs" et "Une partouze à plusieurs" ne sont-elles que d'affreux pléonasmes.

On notera au passage que l'aphérèse "Touse" ou "Touze" est également employée.

Source : www.larousse.fr

"Monter la tête" à quelqu'un et "Monter le bourrichon" à quelqu'un ou "Se monter la tête" et "Se monter le bourrichon".te".

Ces différentes locutions verbales appartiennent au registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré, selon le contexte :

  • "Monter la tête" à quelqu'un : le manipuler, l'influencer, l'inciter à faire quelque chose, l'exciter contre quelqu'un, lui faire croire quelque chose,

On dit par exemple : "Mon voisin à monté la tête/le bourrichon à sa femme contre leur fils aîné, pour qu'elle ne l'invite plus chez eux".

  • "Se monter la tête" :
    • s'emballer, s'emporter ; être mécontent , en vouloir à quelqu'un pour des choses imaginaires,

On dit par exemple :"J'ai malheureusement perdu successivement mes trois meilleurs amis de lycée - des jumeaux et leur soeur cadette - après qu'ils soient monté la tête/le bourrichon à mon encontre",

    • s’inquiéter exagérément, se faire du mauvais sang,

On dit par exemple :"Ma mère a une fâcheuse tendance à se monter la tête/le bourrichon pour un rien".

    • ou: se bercer d’illusions, s'illusionner, s'échauffer, s'exalter, s'imaginer, s'enthousiasmer, rêver.

On dit par exemple : "Je ne dois pas me monter la tête/le bourrichon à propos de l'impressionnante croissance de la fréquentation de J'aime les mots car tour repose sur l'algorithme de Google et peut donc s'arrêter du jour au lendemain".

On ignore souvent que c'est à l'écrivain français Gustave Flaubert que nous devons la création de ce mot de "bourrichon" et son amusante utilisation au sens figuuré comme synonyme de tête.

Celui-ci écrit en effet, en 1860, dans sa "Correspondance" : "Oh! Comme il faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature et que bienheureux sont les épiciers".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Une crédence" n'est pas uniquement ce que vous croyez !

Ce susbtantif féminin polysémique nous vient de l'italien "credenza", "croyance").

Et il désigne, selon le contexte :

  • dans la religion catholique : un dispositif destiné à recevoir les objets liturgiques nécessaires au culte et utilisés pendant la messe (table, tablette, console, desserte ou niche, parfois fermée par une porte),
Une crédence style Louis-XVI, à l'église Saint-Étienne de Beauvais (60) (© www.terre-meuble.fr)
Une crédence style Louis-XVI, à l'église Saint-Étienne de Beauvais (60) (© www.terre-meuble.fr)

Définition de la crédence dans le domaine religieux

Une crédence niche, creusée dans le mur d'une église
Une crédence niche, creusée dans le mur d'une église
  • autrefois : un buffet ou une table destiné(e) à recevoir les plats et les boissons goûtés par un officier de bouche, afin de s'assurer que les mets présentés aux princes n'étaient pas empoisonnés,
Une crédence italienne du XVIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
Une crédence italienne du XVIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
  • la partie d'un buffet située entre le corps supérieur et le corps inférieur, dont les étagères permettent l'exposition de pièces de vaisselle,
La crédence d'un vaisselier de l'Est de la France du XVIIIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
La crédence d'un vaisselier de l'Est de la France du XVIIIe siècle (© www.terre-meuble.fr)
  • et, de nos jours, dans une cuisine, la partie du mur située entre le plan de travail et les meubles hauts.

Généralement recouverte de carrelage, de pierre ou d'inox, elle permet :

    • de protéger le mur d'éventuelles éclaboussures d'eau à l'arrière de l'évier et de graisse à proximité de la plaque de cuisson,
    • de faciliter le nettoyage,
    • tout en enjolivant cet espace.

Un crédence

Sources : wikipedia.org, www.terre-meuble.fr et www.cnrtl.fr

"Du dimanche".

Cette locution adjectivale appartient au registre familier.

Et elle signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : qui ne se livre à certaines activités que le dimanche et s'y révèle de ce fait malhabile ou inexpérimenté.

On dit par exemple : "Ce que je redoute le plus ce sont ces conducteurs du dimanche, qui ne savent pas ou plus conduire correctement".

  • et au sens figuré, de façon péjorative et dans le registre familier : amateur, maladroit ou inexpérimenté.

On dit par exemple : "Oui, je peins, mais je ne suis qu'un peintre du dimanche".

Un peintre du dimancheSources : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Des péniches".

Ce substantif féminin désigne :

  • dans le langage courant :
    • autrefois : de petites embarcations pontées et armées, à aviron et à voile, servant d'auxiliaire à un navire de guerre ou utilisée comme garde-côtes.
    • de longs bateaux de transport fluvial, à fond plat, également appelés "Barges" (substantif féminin) ou "Chalands" (substantif masculin).

J'en ai personnellement souvent et beaucoup vu, ayant vécu, entre ma 8e et ma 25e année (soit de 1969 à 1986), à Conflans-Sainte-Honorine (78), la capitale française de la batellerie, qui accueille chaque troisième week-end de juin, depuis 1960, le "Pardon national de la batellerie", également appelé "Grand pardon de la batellerie".

    • des bateaux militaires à fond plat, remorqués ou à moteur, également appelés "Barges" (substantif féminin) ou "Chalands" (substantif masculin), utilisés pour débarquer des troupes et du matériel sur les plages.

Une péniche de débarquement

Des soldats jaillissant d'une péniche de débarquement, sur une plage

Une péniche de débarquement, sur une plage

  • et dans le registre argotique : des chaussures trop grandes.

Des "péniches", c'est à dire : des chaussures beaucoup trop grandes (registre argotique)

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Des chaussures".

Source : www.cnrtl.fr