"À un de ces quatre !" ou "Un de ces quatre".

Voilà bien deux curieuses locutions qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

En forme d'idiotismes numériques, elles appartiennent toutes deux au registre familier.

  • "À un de ces quatre !" est une locution interjective signifiant : à un de ces jours, à bientôt, à la prochaine.
  • et "Un de ces quatre" est une locution adverbiale signifiant : tôt ou tard ; un jour ; un jour ou l'autre ; un de ces jours ; bientôt ; à un moment ou à un autre.

On dit par exemple : "Je retrouverai bien le même un de ces quatre".

Ou : "Un de ces quatre je lui ferai payer sa trahison".

Sources : wiktionar.org et www.expressio.fr

"Un tutu" ou "Le tutu".

Ce curieux et très court substantif masculin en forme de gémination désigne :

  • dans le langage courant :
    • une jupe de gaze évasée, faite de plusieurs rangées superposées de tulle, tarlatane ou mousseline très apprêtées, portée par les danseuses de ballet classique.
Un tutu noir
Un tutu noir
    • et par extension : le costume de danseuse de ballet classique, composé d'une jupe (le "Tutu" proprement dit), montée sur un empiècement décolleté ou "Corselet", et recouvrant une culotte courte appelée "Trousse".

Une danseuse de ballet classique en tutu

"Le tutu" ou "les fesses"

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "les fesses" en français.

Sources : Le Robert et www.cnrtl.fr

"Une cantine".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • le service chargé de la préparation des repas pour les ouvriers ou les employés d'un même établissement, les élèves d'une école, etc.

On dit par exemple : une "cantine scolaire".

Une cantine côté cuisine
Une cantine scolaire côté cuisine

Une cantine scolaire

Et une "cantine d'entreprise".

Cantine d'entreprise, souvent appelée désormais "restaurant d'entreprise"

Mais la locution masculine "restaurant d'entreprise" est aujourd'hui privilégiée par les employeurs, le terme de "cantine" étant jugé péjoratif.

  • le réfectoire où sont pris ces repas.
Une cantine scolaire côté salle
Une cantine scolaire côté salle ou "le réfectoire"
  • par extension : un restaurant dans lequel on prend régulièrement ses repas, fut-il très onéreux.

On dit par exemple : "À cette époque, la cantine du président était un célèbre restaurant de poissons du VIIe arrondissement".

  • un coffre de voyage, une malle métallique, utilisés en particulier par les militaires,

Une cantine métallique ferméeUne cantine métallique ouverte

 

 

  • le service permettant aux détenus d'un établissement pénitentiaire d’acheter des produits courants en complément de ceux fournis gratuitement par l’administration pénitentiaire, ainsi que des journaux, du tabac, etc.
  • pour nos amis Suisses : une vaste tente dressée en plein air pour une fête, une manifestation. Que nous appelons en France un barnum.

Une tente de réception ou "barnum", appelée "cantine" par nos amis Suisses

  • et pour nos amis africains : une petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique.

Un "cantine" africaine : petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique

Sources : Le robert et www.larousse.fr

"Contendant" ou "Contendante" et "Contondant" ou "Contondante".

Ces deux adjectifs paronymiques du registre soutenu ne doivent surtout pas être confondus, car ils possèdent des significations fort éloignées :

  • "Contendant" ou "Contendante" - qui relève également du registre désuet - qualifie en effet : celui ou celle qui est acteur ou actrice d'une situation ; protagoniste d'un conflit ou d'un litige.

On parle par exemple d'un "héritier contendant" ou d'un "prince contendant".

Et d'une "partie contendante", dans le domaine juridique.

Le mot peut également être utilisé comme substantif : "Un contendant" ou "Une contendante".

On dit par exemple : "Il faudrait que l'un des contendants accepte de faire quelques concessions".

  • tandis que "Contondant" ou "Contondante" qualifie : ce qui meurtrit par écrasement, blesse par le choc, sans couper, ni percer, mais en produisant des contusions.

On parle par exemple d'un "objet contondant" ou d'un "outil contondant", lorsqu'une personne a utilisé un gros cendrier ou une statuette pour frapper et assommer ou tuer sa victime.

Et d'une "arme contondante", pour désigner une arme constituée d'un manche pour la prise en main et d'une partie opposée servant à asséner des coups écrasants et non tranchants.

Les gourdins, les masses d'armes, les massues, les marteaux d'armes et les bâtons de combat sont des armes contondantes.

Mais pas les pics à glace ou les haches.

Une arme contondante est

Sources : wikipedia.org et www.cnrtl.fr

"Iconique".

Cet adjectif signifie en français :

  • au sens propre : relatif aux icônes, à la représentation des dieux,
  • et par extension : relatif à l'image, à toute forme de représentation visuelle.

On dit par exemple : "Je suis peu sensible à la littérature iconique que constitue la bande dessinée".

Contrairement à l'anglais "Iconic", il ne peut en revanche s'utiliser, à mon sens, pour qualifier un objet ou un produit, particulièrement représentatif d’une marque et dire par exemple, comme le propose le Larousse : "Le sac iconique d’un célèbre maroquinier".

Ni pour qualifier une personne incarnant un courant, une mode, une époque. Et dire par exemple : "Marilyn Monroe, figure iconique du cinéma hollywoodien"

Nous disposons pour ce faire de l'adjectif français "Emblématique".

Sources : www.larousse.fr et wiktionnary.org

"Être dans les choux".

Cette locution verbale du registre familier signifie, au sens figuré : avoir échoué, figurer parmi les derniers d'une compétition ou d'un classement.

On dit par exemple : "Ce coureur avait pris un bon départ, mais il est dans les choux à l'arrivée".

Ou : "J'espérais que mon fils réussirait son concours mais il est dans les choux".

"Les affaires reprennent".

Cette expression du registre familier signifie, au sens figuré : cela va mieux, il y a une amélioration notable.

Et elle s'utilise par conséquent tout aussi bien :

  • lorsqu'un sportif ou une équipe sportive, très largement mené au score jusque-là, recommence à marquer,
  • lorsqu'un pêcheur recommence à avoir du poisson au bout de sa ligne, après une longue période sans aucune prise,
  • lorsqu'une personne, seule depuis longtemps, est aperçue en galante compagnie,
  • etc.

"Avoir la main", "Avoir la main baladeuse", "Avoir la main croche", "Avoir la main heureuse", "Avoir la main malheureuse", "Avoir la main légère", "Avoir la main leste", "Avoir la main lourde", "Avoir la main sûre" ou "Avoir la main verte".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes corporels possèdent naturellement des significations très différentes :

  • "Avoir la main" (langage courant) :
    • au sens propre, lorsque l'on joue aux cartes :
      • être le premier à jouer.
      • ou : être celui qui distribue les cartes.
    • et au sens figuré : avoir la balle dans son camp, être celui qui a l’initiative.

On dit par exemple : "Tu as la main, c'est toi qui contrôle la situation".

  • "Avoir la main baladeuse" (registre familier) (sens figuré) : être enclin aux caresses intempestives.

On dit par exemple : "Le chef de service de ma copine avait la main balladeuse. Mais elle l'a dénoncé auprès sa direction".

Une main baladeuse

  • "Avoir la main croche" (registre familier) (sens figuré) : être d'un naturel rapace.

On dit par exemple : "Mon patron a la main croche : impossible de lui faire acheter le moindre équipement !".

  • "Avoir la main heureuse" (langage courant) (sens figuré) : avoir de la chance au jeu, être chanceux, avoir bien choisi ; faire un choix avisé ; réussir dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "Tu as eu la main heureuse avec cet achat : moi je ne fais que de mauvaises affaires".

  • "Avoir la main malheureuse" (langage courant) (sens figuré) : ne pas avoir de chance au jeu, être malchanceux, avoir mal choisi ; échouer dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "J'ai eu la main malheureuse : je gagnerai une autre fois".

  • "Avoir la main légère" (langage courant) (sens figuré) : ne pas mettre trop de quelque chose ; opérer adroitement, agir sans brutalité.

On dit par exemple : "Ma tante utilise de l'engrais, mais elle a la main légère".

Ou : "Tu peux lui confier tes vases : il a la main légère".

  • Avoir la main leste" (langage courant) (sens figuré) : être prompt à infliger des gifles ou des coups en guise de réprimandes.

On dit par exemple : "Mon grand-père avoir la main leste avec ses enfants : mon père a reçu des centaines de gifles quand il était jeune".

Avoir la main leste

  • "Avoir la main lourde" (registre familier) (sens figuré) :
    • verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire.

On dit par exemple : "Le serveur a eu la main lourde : je n'ai jamais bu autant de pastis de ma vie !".

Ou : "Tu as eu la main lourde : il y en a deux fois trop !".

Avoir la main lourde : verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire

    • frapper fort, punir sévèrement.

On dit par exemple : "Mon oncle a eu la main lourde avec mon cousin : il a failli l'assommer !".

Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
  • "Avoir la main sûre" (langage courant) : avoir la main ferme, qui ne tremble pas.

On dit par exemple : "Tu peux lui faire confiance s'il te dit qu'il tient la corde : il a la main sûre".

  • et "Avoir la main verte" (langage courant) (sens figuré) : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.

On dit par exemple : "Mon épouse a la main verte mais pas moi : il suffit que je touche à une plante pour qu'elle meurt dans la semaine !".

Et nos amis québecois utilisent un autre idiotisme chromatique : "Avoir le pouce vert".

"Avoir la main verte" ou "Avoir le pouce vert"

Sources : wiktionary.org, www.littre.org, www.linternaute.fr, www.languefrancaise.net, dictionnaire.reverso.net, Le Robert et www.larousse.fr

Le substantif féminin "Succion" (action de sucer, d'aspirer) ne se prononce pas "su-sion"....

La succion : un nourrisson qui suce son index gauche

... à l'instar de la façon dont nous prononçons le verbe "Sucer", le substantif féminin "Sucette" ou le substantif masculin "Suçon".

Mais : "su-k-sion" !

C'est à dire de la même façon que nous prononçons les mots suivants : "Accent", "Accepter", "Accès", "Accession", "Coccyx", "Occident", "Occiput", "Occitan", "Succéder", "Succès", "Successeur", "Succinct", "Vaccin", etc.

 

 

"C'est Belfast !" ou "Être Belfast", "C'est Beyrouth !" ou "Être Beyrouth", "C'est Sarajevo !" ou "Être Sarajevo" et "C'est Bagdad !" ou "Être Bagdad".

"C'est Bagdad !"

À chaque génération sa ville martyre : Belfast, Beyrouth, Sarajevo, Bagdad... l'horreur se déplace géographiquement au fil des années, faisant ainsi évoluer nos expressions.

Ces locutions interjectives parfaitement synonymes relèvent toutes du registre familier.

Et elles ont eu malheureusement eu tendance à se succéder au cours des 40 dernières années pour signifier, au sens figuré :

  • à tout le moins : c'est la pagaille totale !, c'est le bazar !, c'est le cirque !

On dit par exemple : "Après deux jours de fête, tu verrais mon appart' : c'est Belfast !".

Ou : "Tu aurais vu l'état de la place après le carnaval : c'était Beyrouth !".

  • voire : c'est l'horreur !, c'est un cauchemar !

On dit par exemple : "J'ai vu un reportage sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 : c'était vraiment Sarajevo !".

Ou : "Le train de passagers a déraillé en gare : c'était Bagdad !".

Elles font naturellement référence aux capitales de l'irlande du Nord (Belfast), du Liban (Beyrouth), de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) et de l'Irak (Bagdag), quatre villes ravagées par des années de troubles et de guerres civiles :

  • De 1968 à 1998 pour Belfast,
1969 : Belfast ravagée
1969 : Belfast ravagée
  • de 1975 à 1990 pour Beyrouth,
"C'est Berouth !"
Beyrouth ravagée
  • du 6 avril 1992 au 29 février 1996 pour Sarajevo, dont le siège de 1 425 jours par les forces serbes a fait plus de 11 000 morts et pulvérisé le record du durée du siège de Léningrad redevenue Saint-Pétersbourg depuis le 6 septembre 1991 (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944).
Sarajevo ravagée durant la guerre civile
Sarajevo ravagée
  • et depuis 2003 pour Bagdad.
"C'est Bagdad !"
Bagdad ravagée

Source : wikipedia.org

"Le délire des grandeurs" ou "Avoir le délire des grandeurs" et "La folie des grandeurs" ou "Avoir la folie des grandeurs".

"Le délire des grandeurs" et "La folie des grandeurs" désignent, depuis le XIXe siècle, au sens figuré : une sorte de mégalomanie consistant à vouloir "épater la galerie" en faisant de grandes choses, en affichant un train de vie démesuré, dépassant les moyens dont on dispose.

On dit par exemple : "Une piscine dans le jardin de ton pavillon de banlieue : ma fille tu as vraiment la folie des grandeurs !".

"La folie des grandeurs" est un film franco-hispano-italo-allemand réalisé en 1971 par Gérard Oury, adapté de la pièce de Victor Hugo "Ruy Blas" (1838).

Affiche du film français "La folie des grandeurs" de Gérard Oury (1971)

Sources : www.expressio.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org