"Avoir plus d'un tour dans son sac", "L'affaire est dans le sac" et "Vider son sac".

Ces trois curieuses locutions verbales avec le mot "sac" relèvent du registre familier.

Et elles trouvent  leur origine dans le "sac à procès", un sac en toile de jute, de chanvre ou de cuir qui était utilisé au XVIIe siècle), lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage : dépositions et requêtes, les pièces à conviction, etc. Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac suspendu par un crochet à un mur ou accroché à une poutre, dans le cabinet de l’avocat, afin que les parchemins ne soient pas dévorés par les rats. D'où la formule "Une affaire pendante", désignant toujours, de nos jours, au sens figuré, une affaire pour laquelle un tribunal a été saisi, mais n'a pas encore prononcé (selon le cas) le jugement ou l'arrêt.

Elles signifient ainsi respectivement :

  • "Avoir plus d'un tour dans son sac" :
    • au sens figuré, dans le registre familier : ne pas être arrêté par les obstacles ; être débrouillard, malin ou rusé ; avoir plus d'une idée en tête.

On dit par exemple : "Mon adjoint a plus d'un tour dans son sac : je sais qu'il trouvera une solution".

    • À l'image de l'avocat ou du procureur rusé, qui, autrefois, savait bien exploiter toutes les pièces du "sac à procès". Ou de celui qui fait des tours de prestidigitation, sortis de son "sac à malice" (sens propre).
  • "L'affaire est dans le sac" :
    • autrefois, au sens propre : le dossier judiciaire est prêt et l’ensemble des pièces sont archivées dans le sac scellé.
    • et de nos jours, au sens figuré, dans le registre familier : l'affaire est conclue et ne peut échouer.

On dit par exemple : "L'affaire est dans le sac : je vais pouvoir acheter la maison dont je t'ai parlé".

  • et "Vider son sac" :
    • autrefois, au sens propre : après avoir descendu le "sac à procès" pour l’audience, le procureur (ou l"avocat) pouvait plaider devant la cour et en sortir les pièces nécessaires à sa plaidoirie.
    • et de nos jours, au sens figuré, dans le registre familier : dire tout ce qu’on a à dire, tout ce que l’on a sur le coeur.

On dit par exemple :"Mon épouse a vidé son sac dimanche, et dit à sa soeur ce qu'elle pensait vraiment de cette situation".

Sources : wiktionary.org et www.juritravail.com

"Une hécatombe".

Ce substantif féminin désignait à l'origine, dans la Grèce antique, un sacrifice religieux d'une centaine de boeufs. Parfois moins, lorsque la cité n'était pas assez aisée pour se permettre un tel sacrifice.

Par extension, ce mot qualifie de nos jours un massacre d'un grand nombre d'animaux ou de personnes. Ou leur élimination par un quelconque fléau : maladie, circulation routière, etc.

On parle ainsi de l'hécatombe causée par une guerre, de celle qu'occasionne une vague de chaleur caniculaire ou de l'hécatombe résultant des accidents de la toute.

On ne dit pas : "La plus importante crise sanitaire depuis un siècle, voire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale" !

L'homme politique français, La République en Marche, Christophe Castaner

Comme l'a déclaré, le 1er avril 2021, l'homme politique français, LREM, Christophe Castaner.

Mais : "La plus importante crise sanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, voire depuis un siècle" !

Une méprise inadmissible, à mes yeux, dès lors qu'il s'agissait là d'un discours écrit, lu à la tribune de l'Assemblée nationale par ce triste sire.

"Colomb-Béchar".

Localisation de la ville de Béchar (Algérie)

Il s'agit du nom colonial de la localité algérienne de Béchar, située dans le Sud-oranais.

La ville coloniale de Colomb-Béchar, en Alhérie française

La Poste de Colomb-Béchar, dans les années 1920
La Poste de Colomb-Béchar, dans les années 1920

Située à 1 150 km au Sud-Ouest de la capitale Alger, à 852 km au Nord-Est de Tindouf et à environ 80 km à l'Est de la frontière marocaine, elle est la plus grande ville du Sud-Ouest algérien, et sa population est de 172 000 habitants.

"Colomb" était le nom de l'officier français qui la découvrit en 1870 : le général Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (6 janvier 1823 - 18 novembre 1902).

Le général de division français Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (6 janvier 1823 - 18 novembre 1902)
Le général de division français Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (6 janvier 1823 - 18 novembre 1902)

Ce militaire effectua toute sa carrière en Algérie, où il se distingua à plusieurs reprises. Général de Division, il commanda le 15ème Corps d'Armée et fut mis à la retraite en 1888.

La prise du Ksar Béchar datant de 1903, et la mort du Général Colomb en 1902 incita les autorités françaises à lui donner son nom.

L'aventure spatiale française a débuté à Colomb-Béchar

C'est en effet depuis l'Algérie que la France devint la troisième puissance spatiale avant de rendre les clés de ses champs de tir sahariens le 1er juillet 1967.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les militaires français cherchaient un lieu pour expérimenter de nouveaux systèmes d'armes.

Leur choix se porta sur l'oasis de Colomb-Béchar en Algérie française, dans la partie Ouest du Sahara.

Occupée depuis 1906, la région était une porte ouverte sur le vaste monde saharien. Idéale pour y tester discrètement des missiles sans mettre en danger les populations, celle-ci disposait de grandes richesses minières (charbon, manganèse), d'une main-d'oeuvre qualifiée (française, italienne et espagnole) et d'importants axes de communication (pistes, routes, aérodrome, ligne de chemin de fer "Mer-Niger" jusqu'à Oran).

Véritable havre de prospérité, Colomb-Béchar offrait - du moins pour les Européens - un niveau de vie plus élevé qu'en métropole.

L'armée de terre y implanta le 24 avril 1947 le CEES (Centre d'Essais d'Engins Spéciaux), qui devint l'année suivante un centre interarmées sous le nom de CIEES (Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux). Les premiers champs de tir furent aménagés entre 1949 et 1952.

En pleine guerre d'Algérie, entre 1959 et 1963, quatre champs de tir supplémentaires spécifiques furent aménagés à "Hammaguir", un endroit plat, situé en plein désert, à 120 km au Sud-Ouest de Colomb-Béchar. "Hammaguir" est un mot inventé créé par les militaires français, à partir du mot arabe "Hamada", désignant les plateaux du Sahara et de "Guir", un oued voisin :

  • "Bacchus" pour les fusées-sondes à propergols liquides et solides (Agate, Bélier, Centaure, Dragon, Rubis, Topaze, VE10 Aigle),
  • "Blandine" pour les fusées-sondes à propergol liquide (Véronique, Vesta),
  • "Béatrice" pour des engins testés en coopération (sol-air Hawk américain, fusée Cora pour le lanceur européen Europa),
  • et "Brigitte" pour le lanceur de satellites Diamant A et le programme de fusées expérimentales de la série des Pierres précieuses Agate, Émeraude, et les missiles MSBS M1, Saphir, SSBS S1 ou VE10 Aigle.
Pas de tir Brigitte qui lança en orbite le satellite "Astérix" en 1965
Pas de tir Brigitte qui lança en orbite le satellite "Astérix" en 1965

Avec l'indépendance algérienne, et malgré la proposition du nouvel État de rester, la France décida de quitter le Sahara. Elle craignait que Hammaguir fît l'objet de pressions et s'imaginait mal procéder à des essais en plein coeur d'un État indépendant. Dès lors, le ministre des Armées Pierre Messmer décida le 4 juillet 1962 de transférer progressivement les essais militaires près de Biscarrosse (40), dans les Landes, au plus tard le 1er juillet 1967.

En 1964, il fut par ailleurs décidé que les lancements spatiaux se feraient à partir de 1967 depuis la Guyane française (973). En attendant, les essais continuèrent et de manière spectaculaire.

Tous les ans, plusieurs centaines d'engins furent expérimentés : des missiles, des fusées météorologiques, des fusées-sondes spatiales (avec parfois à leur bord des petits animaux).

Le 26 novembre 1965 ce fut au tour de la fusée Diamant A de décoller et de placer sur orbite "Astérix", le tout premier satellite français.

La France devint alors la troisième puissance spatiale. Quelques mois avant de rendre les champs de tir, deux fuséees Diamant furent lancés en février 1967. Puis les activités de lancement déclinèrent rapidement. Vint ensuite le temps du démantèlement ; tous les instruments de mesure, de suivi et les matériels de télécommunication furent ramenés en métropole.

Le 1er juillet 1967, le général Yves Hautière, le dernier directeur du CIEES, remit officiellement les champs de tir aux autorités algériennes, ainsi que le prévoyaient les accords d'Évian signés en mars 1962.

Une page se fermait, après que plus de 270 fusées aient été lancées depuis ce site.

La base spatiale de Colomb-Béchar

Bien que le site soit inhabité depuis 45 ans, les installations sont toujours en place et notamment le pas de tir de la fusée Diamant.

Sources : www.capcomespace.net, gw.geneanet.org, military-photos.com et lhistoire.fr

Ne pas confondre : "Mettre à bas" et "Mettre bas".

Ces  deux locutions verbales du langage courant possèdent en effet  des significations très différentes.

  • "Mettre à bas" signifie : démanteler, abattre, démolir, détruire.

On dit par exemple : "Nous devons mettre à bas cette bicoque à moitié en ruine".

Ou : "Mettre à bas ce régime corrompu est une priorité".

  • tandis que "Mettre bas" signifie : donner naissance à un ou plusieurs petits, "accoucher" pour un animal, plus particulièrement pour les mammifères.

On dit par exemple : "Ma chienne va mettre bas d'ici peu".

Source : crisco2.unicaen.fr

"Un pianiste".

Un "pianiste", c'est à dire : un opérateur radio de la Résistance

Ce substantif masculin désignait, au sens figuré et dans le registre familier, dans le jargon de la Résistance à l'occupant nazi, durant la Seconde Guerre mondiale : un opérateur radio clandestin.

Pourquoi les romains prenaient-ils du poids après leurs orgies ?

Réponse
Parce qu’ils mangeaient copieux !« .
Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre l’adjectif « Copieux » et la locution adverbiale du registre argotique « qu’au pieu » (uniquement au lit).

Naturellement, l’adverbe « copieusement » conviendrait davantage. Mais il m’aurait privé de ce savoureux calembour.

Une orgie romaine

"C'est Belfast !" ou "Être Belfast", "C'est Beyrouth !" ou "Être Beyrouth", "C'est Sarajevo !" ou "Être Sarajevo" et "C'est Bagdad !" ou "Être Bagdad".

"C'est Bagdad !"

À chaque génération sa ville martyre : Belfast, Beyrouth, Sarajevo, Bagdad... l'horreur se déplace géographiquement au fil des années, faisant ainsi évoluer nos expressions.

Ces locutions interjectives parfaitement synonymes relèvent toutes du registre familier.

Et elles ont eu malheureusement eu tendance à se succéder au cours des 40 dernières années pour signifier, au sens figuré :

  • à tout le moins : c'est la pagaille totale !, c'est le bazar !, c'est le cirque !

On dit par exemple : "Après deux jours de fête, tu verrais mon appart' : c'est Belfast !".

Ou : "Tu aurais vu l'état de la place après le carnaval : c'était Beyrouth !".

  • voire : c'est l'horreur !, c'est un cauchemar !

On dit par exemple : "J'ai vu un reportage sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 : c'était vraiment Sarajevo !".

Ou : "Le train de passagers a déraillé en gare : c'était Bagdad !".

Elles font naturellement référence aux capitales de l'irlande du Nord (Belfast), du Liban (Beyrouth), de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) et de l'Irak (Bagdag), quatre villes ravagées par des années de troubles et de guerres civiles :

  • De 1968 à 1998 pour Belfast,
1969 : Belfast ravagée
1969 : Belfast ravagée
  • de 1975 à 1990 pour Beyrouth,
"C'est Berouth !"
Beyrouth ravagée
  • du 6 avril 1992 au 29 février 1996 pour Sarajevo, dont le siège de 1 425 jours par les forces serbes a fait plus de 11 000 morts et pulvérisé le record du durée du siège de Léningrad redevenue Saint-Pétersbourg depuis le 6 septembre 1991 (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944).
Sarajevo ravagée durant la guerre civile
Sarajevo ravagée
  • et depuis 2003 pour Bagdad.
"C'est Bagdad !"
Bagdad ravagée

Source : wikipedia.org

"Il est interdit d'interdire".

"Il est interdit d'interdire", le slogan de Mai 68 inventé par l'humoriste français Jean Yanne

Contrairement à ce que l'on pense souvent, ce célèbre aphorisme de Mai 68 n'a pas été inventé par les étudiants !

Il s'agit en effet d'une boutade de l'humoriste français Jean Yanne, sur la radio RTL, dans le cadre de son émission du dimanche matin.

La date exacte demeure cependant méconnue. De même qu'il n'existe aucune photographie ou affiche d'époque attestant de son utilisation par les étudiants.

Source : wikipedia.org

"La polysynodie".

Ce substantif féminin très peu connu désigne : un système de gouvernement par conseil instauré en France de 1715 à 1718 par Philippe d'Orléans au début de sa Régence.

Le contrôle général des Finances et les secrétaireries d'État sont remplacés par six, puis huit conseils.

Le système vise à associer la noblesse au gouvernement de la France alors qu'elle s'en était trouvée écartée sous le règne de Louis XIV au profit, généralement, de la bourgeoisie.

Par exemple, une guerre potentielle est discutée par le Conseil de la guerre, qui rassemble des membres de la haute noblesse ainsi que des notables. Ensemble, ils doivent discuter des faits, des solutions possibles, pour finalement apporter au régent et à son Conseil de Régence un bilan et la marche à suivre.

Le système des secrétaires d'État est ainsi cassé dès la mort de Louis XIV.

La polysynodie, en remplaçant chaque secrétaire d'État par un conseil où siègent haute noblesse, magistrats et notables, redistribue les pouvoirs confisqués par Louis XIV et ses proches conseillers.

Mais la lenteur de ce système polysynodique, les oppositions fréquentes entre les membres d'un même conseil, encouragent finalement un retour aux secrétaires d'État, spécialistes et responsables d'un domaine, chargés de conseiller le régent.

La polysynodie fut supprimée le 24 septembre 1718. En revanche, le Conseil de Régence continua de siéger jusqu'à la majorité du roi, le 22 février 1723.

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "L'âge spatial" !

Mais : "L'ÈRE spatialE" !

Ce chrononyme désigne la période couvrant les activités liées à la course à l'espace, la conquête de l'espace, la technologie spatiale et l'évolution culturelle influencée par ces événements.

Elle a commencé avec le missile ballistique V2 ("Vergeltungswaffe 2" ou "Arme de représailles 2") développé par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale et lancé à plusieurs milliers d'exemplaires en 1944 et 1945 contre les populations civiles, principalement au Royaume-Uni et en Belgique.en 1942.

Mais on utilise principalement la formule "Ère spatiale" pour parler des années 1960, durant lesquelles soviétiques et états-uniens s'affrontaient dans la course à l'espace.

Source : wikipedia.org

"C'est reparti comme en 14" ou "Repartir comme en 14" et "C'est reparti comme en 40" ou "Repartir comme en 40".

  • l'expression "C'est reparti comme en 14" ou "Repartir comme en 14" - par ellipse de "C'est reparti comme en 1914" ou "Repartir comme en 1914" - appartient au registre populaire et a commencé à être utilisée dès la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918.

Elle fait référence au début de ce conflit, né de l'assassinat, le 28 juin 1914, à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) de l’archiduc héritier d’Autriche-Hongrie François-Ferdinand, qui embrase rapidement l’Europe toute entière.

Lorsque, le 1er août 1914, la France se mobilise, nombreux sont les Français qui pensent alors que la guerre sera de courte durée et que les soldats seront rentrés avant la fin de l’été. Aussi les hommes mobilisés partent-ils avec entrain et insouciance, persuadés qu'ils vont rapidement gagner la guerre contre l'Allemagne.

La ferveur patriotique nationale est d'abord confortée par la réussite du rapide et efficace acheminement des troupes vers le front, en grande partie du à l'utilisation des chemins de fer qui sont entièrement militarisés.

Mais, comme nous le  savons, la suite se révéla malheureusement infiniment plus dramatique que prévue, le conflit ayant duré quatre ans, fait des dizaines de millions de morts et de blessés, et laissé des régions entières ravagées.

L'expression est employée de façon ironique :

    • pour désigner une situation dans laquelle des personnes s'engagent avec un enthousiasme et un entrain injustifiés, que les circonstances ne justifient guère.

On dit par exemple : "C'est reparti comme en 14 : les gens veulent tous être confinés, à présent !".

    • pour signifier que "Cela recommence".

On dit par exemple : "C'est reparti comme en 14 : le ministre va encore nous dire qu'il faut faire des efforts !".

    • ou pour dénoncer un conflit récurrent.

Elle a ainsi commencé à être utilisée, après la Première Guerre mondiale, dès lors qu’une tension renaissait avec l’Allemagne, ce qui fut le cas dans les années 20 avec l’occupation de la Ruhr (Allemagne) puis, évidemment, en 1939, avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

  • et l'expression "C'est reparti comme en 40" ou "Repartir comme en 40" - par ellipse de "C'est reparti comme en 1940" ou "Repartir comme en 1940" - constitue un simple détournement moderne de l'expression "C'est reparti comme en 14" ou "Repartir comme en 14", qui demeure l'expression de référence.

Utilisée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, elle comporte cette fois une connotation de défaite et d’éternel recommencement des guerres, après celles de 1870, 1914-1918, 1939-1945 ou d'indochine.

Sources : wikipedia.org et www.defense.gouv.fr