"À Rome, fais comme les Romains".

Cette expression proverbiale signifie : il faut se plier aux règles et s' accoutumer aux usages du lieu où l'on se trouve.

Elle est directement issue de la phrase en latin médiéval du IVe siècle "Si fueris Romae, Romano vivito more; si fueris alibi, vivito sicut ibi", attribuée à Ambroise de Milan et signifiant littéralement "Si tu es à Rome, vis comme les Romains ; si tu es ailleurs, vis comme on y vit".

Ambroise de Milan
Ambroise de Milan

Telle est en effet la réponse que celui-ci aurait fait à saint Augustin, lorque préparant son voyage à Rome, il aurait demandé à Ambroise si le jour de repos devait se prendre le samedi comme à Milan ou le dimanche comme à Rome.

Sources : wiktionary.org et miscellanees.me

"Monter sur ses grands chevaux".

Cette étrange locution verbale en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré : s'énerver, se mettre en colère, hausser le ton, menacer ; être hautain, prendre son interlocuteur de haut.

Il s'agit d'une expression d'origine à la fois militaire et moyenâgeuse.

Au Moyen Âge, en effet, les chevaux les plus grands et les plus robustes étaient utilisés comme "chevaux de bataille" ou "destriers" (appelés ainsi parce qu'ils étaient tenus de la main droite par l'écuyer lorsque les chevaliers ne les montaient pas).

Deux chevaliers en armure sur leurs destriers (reconstitution)

Et cela pour de nombreuses raisons :

  • pouvoir porter un chevalier combattant avec une lourde armure lors des batailles,
  • donner fière allure aux chevaliers et constituer un symbole de puissance,
  • et leur permettre d’observer le champ de bataille et de dominer leurs adversaires.

L'expression "Partir sur ses grands chevaux" était donc, à l'époque, utilisée au sens propre et signifiait simplement "Partir à la bataille sur de grandes montures".

Des chevaliers du Moyen Âge, "montés sur leurs grands chevaux" au sens propre

Sources : www.projet-voltaire.fr, www.linternaute.fr et wiktionary.org

On ne dit pas : "Réparties T-un peu partout sur le territoire" !

Rémy Lacaze, le fondateur de l'association française "Mémorial du front du Médoc"

Comme peut le déclarer Rémy Lacaze, le fondateur de l'association française Mémorial du front du Médoc, dans le documentaire "Les villes françaises sous l'Occupation. Bordeaux", réalisé en 2018 par Vincent Néquache, et diffusé le 26 juin 2021, sur la chaîne de télévision française RMC Découverte.

Mais simplement : "Réparties UN peu partout sur le territoire" !

Un magnifique "cuir", ce procédé de langage consistant à lier les mots entre eux avec un "t" ne faisant partie d’aucun mot.

"Mettre sa main au feu".

"Mettre sa main au feu" (© Ça m'intéresse)

"Cette locution verbale appartient au langage courant.

Et elle signifie, au sens figuré : être sûr de quelque chose ; affirmer, assurer énergiquement, fermement quelque chose ; soutenir une idée, une opinion avec ferveur, par tous les moyens ; et montrer la force de sa conviction en acceptant d'en répondre à ses risques et périls.

On dit par exemple : "C'est vrai mon chéri qu'il s'agit de ton assistante . Car elle semble n'avoir qu'à peine 20 ans et ne pas parler le français. J'aurais mis ma main au feu qu'il s'agissait d'une prostituée !".

Ou : "Je mettrais ma main au feu que la Macédoine du Nord, pour sa première participation au championnat d'Europe de football, en juin et juillet 2021, ne parviendra pas en demi-finale".

L'expression fait référence au Moyen Âge, une période durant laquelle l'une des manières de rendre la justice consistait à soumettre l’accusé à l’épreuve du feu (généralement un fer rouge) du jugement de Dieu (ou "Ordalie"). Cela consistait par exemple à saisir avec la main droite une barre de fer rougie au feu et à la porter pendant une dizaine de pas. Ou à placer la main dans un gantelet de fer également rougi au feu. La main était par la suite bandée dans un sac de cuir scellé par le juge. Pour savoir si l'accusé était coupable ou innocent, on regardait trois jours plus tard l'évolution de la plaie. Une "belle" plaie, correctement cicatrisée était considérée comme synonyme d'innocence. Une vilaine plaie au contraire prouvait la culpabilité ; la sentence étant proportionnelle à l'état de la plaie !

Mais inutile de préciser que - les miracles étant peu fréquents - les "belles" plaies se faisaient rares.

Instaurée par les Francs au VIème siècle, cette pratique barbare sera interdite par un édit de Saint Louis, en 1258.

Sources : www.expressio.fr, wiktionary.org,www.caminteresse.fr et www.historia.fr

"Un homard rouge".

Cette locution nominale en forme d'idiotisme animalier et d'idiotisme chromatique désignait au XVIIe siècle, en Amérique du Nord, dans le registre familier et de façon péjorative : un soldat britannique.

Et cela, bien sûr, par analogie avec le grand crustacé marin décapode, aux pattes antérieures armées de grosses pinces,

Un homard

Ce sont les révolutionnaires américains qui qualifiaient ainsi les soldats de la Couronne britannique durant la guerre d'indépendance américaine.

Les jeunes garçons nés comme moi dans les années 1950-1970 (je suis de 1961) connaissent bien cette formule pour l'avoir lue et relue dans les aventures de Yann Duroc, un athlétique trappeur américain d'origine bretonne dit "Blek" ou "Blek le Roc", un personnage de bande dessinée créé en 1954, par le studio EsseGesse composé de Pietro Sartoris, Dario Guzzon et Giovanni Sinchetto, pour l'éditeur italien Dardo sous le nom de "Il grande Blek". La série fut publiée 14 années durant, jusqu'en 1967, lorsqu'un litige opposa les auteurs à l'éditeur, les amenant à abandonner le personnage pour en créer un autre similaire chez un concurrent : "Capt'ain Swing" ("Comandante Mark" en Italie).

Le héros de bande dessinée "Blek le Roc"

En France, ces aventures ont été publiées simultanément dans deux revues petit format noir et blanc des éditions LUG (pour "Lugdunum", le nom romain de la ville de Lyon (69) où elles avaient leur siège) :

  • "Kiwi" : 582 numéros de septembre 1955 à décembre 2003,
Le trappeur Blek le roc agressant un "homard rouge" en couverture du n° 329 de septembre 1982 de la revue petit format "Kiwi"
Le trappeur Blek le roc agressant un "homard rouge" en couverture du n° 329 de septembre 1982 de la revue petit format "Kiwi"
  • et "Blek" ("Les albums du grand Blek") : 519 numéros de juillet 1963 à mars 1994.
Le jeune trappeur Roddy et Blek le Roc se débarrassant de deux "homards rouges", en couverture du n°1 de la revue petit format (Les albums du grand)"Blek", en juillet 1963
Le jeune trappeur Roddy et Blek le Roc se débarrassant de deux "homards rouges", en couverture du n°1 de la revue petit format (Les albums du grand)"Blek", en juillet 1963
Blek le Roc se débarrassant d'un "homard rouge", en couverture du n°9 de la revue petit format (Les albums du grand)"Blek", en novemnre 1963
Blek le Roc se débarrassant d'un "homard rouge", en couverture du n°9 de la revue petit format (Les albums du grand)"Blek", en novemnre 1963

N'est-ce pas les gars que vous vous souvenez de Blek et de sa fameuse exclamation "Mille putois !".

Ou de ses fidèles compagnons, le jeune trappeur Roddy ainsi que le professeur Occultis ?

Blek le Roc, Roddy et le professeur Occultis
Blek le Roc, Roddy et le professeur Occultis

Ce site incroyable vous en propose toutes les couvertures : https://www.bdovore.com/serie-bd-12313-les-albums-du-grand-blek-petit-format

Source : wikipedia.org

On n'écrit pas : "Laurent Deutsch" !

L'acteur français Lorant Deutsch

Mais : "LORAnt Deutsch" !

Cet acteur, animateur et écrivain français, né le 27 octobre 1975 possède en effet un prénom hongrois, hérité de son père, l'homme politique français d'origine hongroise Jean-Pierre Deutsch, ayant fui la répression communiste de 1956.

Laurent Deutsch a débuté comme acteur adolescent, dans le feuilleton télévisé franco-québecois "Les intrépides" (1992).

Et sans doute vous souvenez vous de cette publicité de 1997 pour le premier yaourt à boire" Yop" (mis sur le marché dès 1974, on l'ignore souvent).

Il est révélé dans des comédies comme "Le ciel, les oiseaux et... ta mère !" de Djamel Bensalah (1999), "Trois zéros" de Fabien Ontenente (2002) ou "Ripoux 3", de Claude Zidi (2003).

L'acteur français Lorant Deutsch

Et on a peu le voir dans une trentaine de films, une trentaine de téléfilms et feuilletons télévisés et une vingtaine de pièces de théâtre.

Surtout, Lorant Deutsch est devenu très connu du grand public pour avoir publié plusieurs ouvrages de vulgarisation sur l'histoire de France, dont "Métronome : l'histoire de France au rythme du métro parisien", paru en 2009 et vendu à plus de 500 000 exemplaires.

"Métronome : l'histoire de France au rythme du métro parisien", un livre de vulgarisation historique de l'acteur français Lorant Deutsch paru en 2009 et écoulé à plus de 500 000 exemplaires

Ou "Hexagone : sur les routes de l'histoire de France", paru en 2013 et tiré initialement à 220 000 exemplaires et réimprimé dès sa parution.

"Hexagone. Sur les routes de l'histoire de France", un livre de vulgarisation historique de l'acteur français Lorant Deutsch paru en 2013

L'daptation sous forme de quatre documentaires télévisé de "Métrononome" et sa diffusion, en mai 2012, sur France 5, ont fait l'objet de diverses critiques de la part de plusieurs professeurs d'histoire et de militants politiques, qui reprochent à l'ouvrage diverses erreurs et l'accusent d'être biaisé par les opinions monarchistes de son auteur, et de ne fournir qu'une vision réactionnaire des faits historiques, caricaturale, biaisée et linéaire.

Époux de l'actrice française Marie-Julie Baup, Lorant Deutsch se définit politiquement comme "royaliste de gauche".

L'actrice française Marie-Julie Baup, épouse de l'acteur français Lorant Deutsch

Source : wikipedia.org

"Un corsaire".

Ce substantif masculin polysémique désigne, selon le contexte :

  • un navire civil autorisé par une "lettre de marque" (également appelée "lettre de commission" ou "lettre de course") à attaquer en temps de guerre, tout navire battant pavillon d'États ennemis, et particulièrement son trafic marchand, laissant à la flotte de guerre le soin de s'attaquer aux objectifs militaires.

Un corsaire ne doivent donc pas être confondus avec un pirate puisqu'il exerce son activité selon les lois de la guerre, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de son gouvernement. Aussi a-t-il droit, lorsqu'il est capturé, au statut de prisonnier de guerre.

Un navire corsaire

  • une personne civile : l'armateur, le capitaine ou le membre de l'équipage d'un navire corsaire,
Le capitaine corsaire dunkerquois Jean Bart (21 octobre 1650 - 27 avril 1702), célèbre pour ses exploits au service de la France durant les guerres de Louis XIV
Le capitaine corsaire dunkerquois Jean Bart (21 octobre 1650 - 27 avril 1702), célèbre pour ses exploits au service de la France durant les guerres de Louis XIV
  • ou : un bas de vêtement s'arrêtant entre le genou et le mollet, à mi-chemin entre le pantalon et le "pantalon court" ("short"), également appelé "Pantacourt" ou "Pantalon cigarette", et originellement conçu en 1948 par la styliste allemande Sonja de Lennart sous le nom de "Capri".

Un corsaire (le vêtement féminin)

Source : wikipedia.org

"Un conflit asymétrique" ou "Une guerre asymétrique".

"Un conflit asymétrique" et "Une guerre asymétrique" sont deux locutions nominales relevant du vocabulaire et du jargon militaire.

Et elles désignent :

  • un conflit armé ou une guerre opposant des belligérants de taille très différente,
  • et notamment : un conflit armé ou une guerre opposant une armée régulière constituée à des forces irrégulières (de type guérilla) ou à une force non conventionnelle (groupe terroriste, mafia).

Source : wiktionary.org

"Une guérilla".

Ce substantif féminin nous vient directement de l'espagnol "guerilla", qui désignait initialement la résistance espagnole par des troupes irrégulières contre l'armée française, lors de la tentative d’annexion de l’Espagne par Napoléon Ier, entre 1808 et 1813.

La guérilla espagnole de résistance aux troupes napoléoniennesLa guérilla espagnole de résistance aux troupes napoléoniennes

Et il désigne :

  • au sens propre : un corps franc, une bande de partisans, une troupe irrégulière, en lutte contre une armée régulière constituée.

On dit par exemple : "Le gouvernement doit faire face à plusieurs guérillas disséminées à travers l'ensemble du pays".

Des guérilleras et des guérilleros

  • et par extension, dans le domaine militaire : la technique de combat de ces corps francs, faite d’escarmouches et d’évitement de tout engagement frontal.

Un guérillero colombien combattant dans la jungleDes guérilleros combattant dans la jungle

 

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la "Guérilla urbaine".

Sources : wiktionary.org et wikipedia.org

"Avoir plus d'un tour dans son sac", "L'affaire est dans le sac" et "Vider son sac".

Ces trois curieuses locutions verbales avec le mot "sac" relèvent du registre familier.

Et elles trouvent  leur origine dans le "sac à procès", un sac en toile de jute, de chanvre ou de cuir qui était utilisé au XVIIe siècle), lors des affaires judiciaires, et qui contenait tous les éléments du dossier à des fins d’archivage : dépositions et requêtes, les pièces à conviction, etc. Une fois l’affaire terminée, ces différentes pièces étaient rassemblées et suspendues dans le sac suspendu par un crochet à un mur ou accroché à une poutre, dans le cabinet de l’avocat, afin que les parchemins ne soient pas dévorés par les rats. D'où la formule "Une affaire pendante", désignant toujours, de nos jours, au sens figuré, une affaire pour laquelle un tribunal a été saisi, mais n'a pas encore prononcé (selon le cas) le jugement ou l'arrêt.

Elles signifient ainsi respectivement :

  • "Avoir plus d'un tour dans son sac" :
    • au sens figuré, dans le registre familier : ne pas être arrêté par les obstacles ; être débrouillard, malin ou rusé ; avoir plus d'une idée en tête.

On dit par exemple : "Mon adjoint a plus d'un tour dans son sac : je sais qu'il trouvera une solution".

    • À l'image de l'avocat ou du procureur rusé, qui, autrefois, savait bien exploiter toutes les pièces du "sac à procès". Ou de celui qui fait des tours de prestidigitation, sortis de son "sac à malice" (sens propre).
  • "L'affaire est dans le sac" :
    • autrefois, au sens propre : le dossier judiciaire est prêt et l’ensemble des pièces sont archivées dans le sac scellé.
    • et de nos jours, au sens figuré, dans le registre familier : l'affaire est conclue et ne peut échouer.

On dit par exemple : "L'affaire est dans le sac : je vais pouvoir acheter la maison dont je t'ai parlé".

  • et "Vider son sac" :
    • autrefois, au sens propre : après avoir descendu le "sac à procès" pour l’audience, le procureur (ou l"avocat) pouvait plaider devant la cour et en sortir les pièces nécessaires à sa plaidoirie.
    • et de nos jours, au sens figuré, dans le registre familier : dire tout ce qu’on a à dire, tout ce que l’on a sur le coeur.

On dit par exemple :"Mon épouse a vidé son sac dimanche, et dit à sa soeur ce qu'elle pensait vraiment de cette situation".

Sources : wiktionary.org et www.juritravail.com

"Une hécatombe".

Ce substantif féminin désignait à l'origine, dans la Grèce antique, un sacrifice religieux d'une centaine de boeufs. Parfois moins, lorsque la cité n'était pas assez aisée pour se permettre un tel sacrifice.

Par extension, ce mot qualifie de nos jours un massacre d'un grand nombre d'animaux ou de personnes. Ou leur élimination par un quelconque fléau : maladie, circulation routière, etc.

On parle ainsi de l'hécatombe causée par une guerre, de celle qu'occasionne une vague de chaleur caniculaire ou de l'hécatombe résultant des accidents de la toute.