"Les propos de nos hommes et femmes politiques sont de plus en plus aseptisés".

L'adjectif "aseptisé" signifie en effet :

  • au sens propre : rendu aseptique.

Autrement dit, en langage courant : sans microbes.

  • et au sens figuré, comme dans le titre de cet article : édulcoré.

Il est donc parfaitement adapté pour qualifier les propos de nos hommes et femmes politiques, de plus en plus édulcorés, politiquement corrects, faits de formules toutes faites, que je dénonce régulièrement dans ma collection d'articles consacrés à la novlangue.

"Effectuer une miction".

"Effectuer une miction"

Cette locution verbale appartient au registre soutenu ainsi qu'au vocabulaire et jargon médical.

Il s'agit en effet de la façon idoine de désigner ce que nous appellons dans le langage courant "Uriner " et dans le registre familier "Faire pipi".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Uriner" en français.

"Graveleuse" ou "Graveleux".

Cet adjectif du langage courant possède plusieurs significations fort différentes, puisqu'il qualifie :

  • au sens propre :
    • qui est mêlé de graviers, qui contient du gravier (une "terre graveleuse", un "terrain graveleux", voire - par analogie - des "lentilles graveleuses" ou des "petits pois graveleux"),
    • par extension : dont la chair contient de petits corps durs, pour un fruit (une "poire graveleuse"),
    • et, dans le domaine médical : qui est relatif à la gravelle ; qui contient des gravelles (une "urine graveleuse", un "rein graveleux"),
  • et au sens figuré : qui est d'un caractère licencieux, proche de l'obscénité (une "anecdote graveleuse", une "histoire graveleuse", un "propos graveleux").

Source : www.cnrtl.fr

"Une gravelle" et "La gravelle".

Ces deux substantifs féminins du registre désuet désignent :

  • "Une gravelle" : une concrétion rénals granuleuss plus petits qu'un calcul, ordinairement de la grosseur d'une tête d'épingle,
  • et "La gravelle" : par métonymie, la maladie caractérisée par la formation de ces concrétions, dont l'élimination peut causer de vives douleurs. Que l'on appelle désormais "la lithiase rénale".

"La pulvérulence".

Ce substantif féminin du registre soutenu désigne :

  • l'état de ce qui est réduit en poudre ou en très fines particules,
De la farine de blé
De la farine de blé
  • par métonymie, au pluriel : de fines particules,
  • par analogie : l'état de ce qui est perçu comme étant pulvérisé ou en poudre,

"Tomber en poussière"

  • le caractère poussiéreux, l'état d'une chose couverte de poussière,

Un livre couvert de poussière

  • et, dans le domaine médical : l'état des narines se caractérisant par une sécheresse de la muqueuse et l'accumulation de poussières sur les poils, observé lors d'affections fébriles graves ("pulvérence des narines" ou "pulvérence nasale").Source : www.cnrtl.fr

Quelle est la différence entre "Un bibliophile" et "Un bibliomane" ou entre "La bibliophilie" et "la bibliomanie" ?

Le collectionneur invétéré que je suis a longtemps été tout à la fois "Un bibliophile" et "Un bibliomane" !

Ces deux substantifs masculins du registre soutenu possèdent des significations relativement distinctes :

De jolies reliures anciennes pour "Bibliophile"

  • "Un bibliophile" est en effet une personne qui aime les livres ; qui recherche et conserve les livres rares et précieux.

Pas forcément les jolies reliures ou les livres très anciens. Il peut par exemple s'agir de premières éditions, d'éditions à tirages limités ou de livres dédicacés.

Le bibliophile est atteint d'une passion appelée "La bibliophilie".

  • tandis que "Un bibliomane" est une personne accumulant les livres de façon déraisonnable, que ce soit en terme de quantité ou de finances.

Au point que cela puisse éventuellement nuire à la qualité de sa santé ou de ses relations sociales.

Le bibliomane est atteint d'un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) appelé "La bibliomanie".

Personnellement, je n'ai par exemple jamais déballé un livre acheté sous plastique scellé, même après plus de 30 ans. Et je n'ai, de toutes façons, de manière générale, pratiquement lu aucun de mes livres, de crainte de les abîmer, préférant emprunter un exemplaire en bibliothèque ou aimablement prêté par l'un de mes libraires...

Une collection d'albums de bande dessinéeUne collection de recueils du journal "Spirou"

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"C'est l'hôpital qui se fout de la charité", "C'est l'hôpital qui se moque de la charité", "Être l'hôpital qui se fout de la charité" ou "Être l'hôpital qui se moque de la charité" !

Une entrée d'hôpital

Cette expression en forme d'idiotisme médical relève du registre familier lorsque l'on utilise le verbe "moquer" et du registre vulgaire lorsque l'on utilise le verbe "foutre".

On l'utilise couramment, au sens figuré, pour signifier qu'une personne ou une entité se permet de reprocher à autrui une chose qui la caractérise elle-même.

On dit par exemple : "L'opposition reproche au gouvernement d'agir sans informer la population : c'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité !".

Ou : "Tu ose m'accuser d'égoïsme, toi : c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité !".

Cette expression constitue une variante de l’expression lyonnaise "C’est la Charité qui se moque de l’Hôpital", attestée à partir de 1865 et tombée en désuétude. L’hospice de la Charité (détruit en 1933) et l’Hôtel-Dieu - couramment appelé "l’Hôpital" - étaient en effet deux grands hôpitaux lyonnais, proches de la place Bellecour, qu’opposait une rivalité de prestige.

L'hôtel-Dieu de Lyon (69)
L'hôtel-Dieu de Lyon (69)
Hôpital de la Charité, à Lyon (69)
L'hôpital de la Charité, à Lyon (69)

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "La plus importante crise sanitaire depuis un siècle, voire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale" !

L'homme politique français, La République en Marche, Christophe Castaner

Comme l'a déclaré, le 1er avril 2021, l'homme politique français, LREM, Christophe Castaner.

Mais : "La plus importante crise sanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, voire depuis un siècle" !

Une méprise inadmissible, à mes yeux, dès lors qu'il s'agissait là d'un discours écrit, lu à la tribune de l'Assemblée nationale par ce triste sire.

Il ne faut pas confondre "Déboisage" et "Déboisement" !

Bien que possédant des significations fort différentes, ces deux substantifs masculins paronymiques sont malheureusement souvent confondus :

  • Le "Déboisage" désigne en effet : l'action de dégarnir une galerie de mines, un puits de mine ou une construction de son soutènement en bois ; de défaire un boisage, un coffrage, d'enlever les poteaux et les planches.
  • tandis que le "Déboisement" désigne :
    • au sens propre :
      • l'action de déboiser, c'est à dire : dégarnir un terrain des bois qui le couvraient,

On dit par exemple : "Cette vallée est en plein déboisement".

An Arborist Cutting Down a Maple Tree Piece by Piece
      • ou : le résultat de cette action.

On dit par exemple : "Le déboisement de cette région est une catastrophe".

"Le déboisement" ou "Un terrain déboisé"

On dit par exemple : "Un début de déboisement est visible sur le crâne de mon frère".

Un déboisement du front

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être chauve".

Sources : www.universalis.fr, www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr